jeudi, 29 octobre 2009

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Calyste sans jamais oser le demander

Le reporter Lancelot comptait bien mettre à profit ces quatre jours passés à Lyon, chers lecteurs, pour publier dans un numéro exclusif de Lyon-Match de sensationnelles révélations sur un blogueur adulé par les foules : l’inoubliable interprète de Potomac mon Amour, de Rio Blogo, de la Bataille de Marathon, celui à qui tant de jeunes gens et jeunes filles écrivent des tonnes de lettres (gérées par son service communication), et des poèmes dans leurs journaux intimes, j’ai nommé le grand Calyste.

 

Mon acolyte et moi avions réussi à décrocher une invitation chez la star... vous imaginiez notre enthousiasme. Passer devant tant d’autres qui se damneraient pour seulement partager un verre avec lui, en terrasse ! Grâce à des interventions hauts placées (mais les coups de fils nécessaires furent nombreux, et les négociations âpres !) nous fûmes invités dans son bel appartement lyonnais, le Saint des Saints, où il fuit les projecteurs et les foules enthousiastes. Non pas un jour, non pas deux ni même trois, mais quatre ! Sans parler des nuits.... On nous aurait tués pour prendre notre place. Mais même morts, nous ne l’aurions cédée à personne. TiNours prenait des notes lors des nombreuses interviews, et moi je mitraillais à coups de Canon. C’est ainsi que nous pûmes arracher quelques-uns de ses secrets (oh, pas tous, bien sûr) au King.

 

La retranscription des interviews viendra plus tard, les photos aussi. Actuellement, tout ça est en gestation sur le bureau du directeur de la rédaction. Mais je peux, en avant-première, vous livrer quelques petits secrets.

 

Tout d’abord, Calyste a une réputation d’homme gentil et pacifique. Ne vous y fiez pas : c’est un prédateur sexuel qui ne recule devant rien pour assouvir son inextinguible soif libidineuse. Par exemple, il n’hésite devant aucun artifice pour troubler ses victimes, les mettre dans des situations impossibles. Vous avez déjà entendu parler du coup de la panne d’essence ? Eh ben Calyste il fait ça en plus sournois, il fait le coup du pneu crevé. Juste en revenant de la gare ! Vous conviendrez avec moi que dans la vie normale, ça arrive une fois sur un million, ça ! Eh ben samedi matin, c’était LA fois ! Le pauvre Lancelot a été mis à contribution pour changer le pneu qui avait crevé inopinément, tout ça pour que Calyste puisse le reluquer le postérieur relevé. TiNours surveillait, mais il était un peu désemparé, et nous ne dûmes notre salut qu’à l’arrivée d’un charmant père de famille sur qui Calyste jeta son dévolu. Ouf.

 

Ensuite, Calyste fait courir le bruit qu’il est nul en cuisine. Mon œil. Tout ça c’est des histoires pour pas faire à manger à ses amis. En fait c’est une grosse feignasse qui ne supporte pas les tablées de plus de cinq convives. Mais si vous voulez aller manger chez lui, ne l’écoutez pas quand il raconte dans son blog qu’il sait pas cuisiner et que pati et que pata. Il sait faire une tarte aux navets et à la muscade absolument sublime, des saucisses de Morteaux accompagnées de plats de légumes à tomber, des pommes au four délicieuses (au micro-ondes, une idée qu’on lui a piquée ici à la rédaction). Enfin bref, moi je vous jure qu’il sait très bien se débrouiller derrière les fourneaux. Bon c’est vrai que question vaisselle, on l’a un peu aidé... Mais il est tellement amusant quand il tremble pour ses assiettes dès qu’il voit Lancelot en brandir une d’un air décidé, je pouvais par résister. Je la lui ai faite, sa plonge. Et puis, en papotant, le travail, ça ressemble à des vacances. Ah oui, parce qu’il est bavard, Calyste. Comment... ?  C’est pas un scoop... ? Vous le saviez déjà... ? Bon, OK, alors, mais j’ai encore d’autres secrets à vous révéler.

 

Calyste, il fait semblant d’être un crac en matière de photos, et c’est vrai qu’il fait illusion, mais il ment ! Sa technique pour nous proposer des clichés beaux et/ou originaux, dans son blog, repose sur deux points bien précis. 1) Il a un excellent appareil  2) Il PIQUE les idées des autres ! Tout le temps où nous avons arpenté Lyon, dès qu’il me voyait zoomer et mitrailler, il venait se coller derrière moi pour me COPIER !   Alors si dans les jours à venir vous voyez chez moi des photos que vous aurez déjà vues chez lui au préalable, ne venez pas me dire « Beuh t’es moins bon que lui, les siennes sont plus belles... » Ce ne sont pas mes talents de photographe (ni les siens !) qui sont en question, c’est la qualité de nos appareils respectifs ! Question technique, nous sommes encore des prolétaires, TiNours et moi ! Le talent ne devrait pas tenir à de sordides détails matériels... C’est une honte, une vraie HONTE.

 

Calyste, il engueule les gens en voiture. Il les agonit d’injures, derrière son volant. Et à pied, aussi ! Il fait peur... Plusieurs fois nous avons dû intervenir en tant que pacificateurs, pour éviter la bagarre. Même qu’une fois, il a failli en venir aux mains avec une cycliste qui avait commis l’erreur impardonnable de rouler sur le trottoir réservé aux piétons. Un mot en entraînait un autre, et le dérapage verbal s’annonçait. Ca a commencé de façon très policée : « Très chère Madame je vous assure que la loi ne vous autorise nullement à faire tinter votre sonnette pour que les piétons vous laissent le passage » pour finir sur « Espèce de p**asse tu vas la fermer ou bien je t’enfonce ton guidon par l’anus jusqu’à ce qu’il te ressorte du côté des amygdales... ??? ». La malheureuse a dû fuir. Et nous, nous avons dû le retenir à bras le corps pour qu’il ne se lance pas à sa poursuite, l’écume aux lèvres et l’œil injecté de sang....

 

Calyste, il joue les profs bcbg très à cheval sur les devoirs et les leçons des élèves, mais en fait il donne des conseils subversifs. Emerveillé devant son immense bibliothèque, je cherchais à faire parler le Maître sur sa passion (enfin quoi, un Calyste, c’est censé aimer la littérature, non ???). Eh ben pensez-vous ! Il n’a fait que me dire du mal des plus grands auteurs et me les déconseiller. Ou bien il avait oublié : « Quoi ? Christiane Rochefort ? Je sais pas, ça m’est sorti de la tête, je l’ai lue il y a trop longtemps. » ou bien il tapait sur les plus grands sans pitié : « Hein ? Les Thibault ? Oh non, j’en suis jamais venu à bout, il me tombait des mains... » « Pardon ? ‘Jean-Christophe’ de Romain Rolland ? Ne lis surtout pas ça, c’est chiant comme la mort... ». Bon ! Il m’a bien fallu me résoudre à ce triste constat : c’est pas Calyste qui remplacera Bernard Pivot dans la prochaine émission littéraire devant les caméras... Rien ne trouve grâce à ses yeux....

 

Enfin, Calyste, une fois qu’il vous a attiré dans son repaire, il fait tout pour que vous n’en sortiez plus, et pour vous faire rater votre train. Le coup de la crevaison, ça ne peut pas marcher deux fois. Alors d’abord il vous fait vous attarder devant l’écran de son pc sous prétexte de vous montrer de belles photos d’éphèbes, mais c’est du chiqué. Ensuite il feint d’avoir oublié l’heure du TGV pour faire son surpris : « Hein ? 11H37... ? Mais je croyais que c’était à 11H50... ». Ensuite « Mais j’ai oublié où j’ai garé ma voiture.... » et puis : « Non, je peux pas vous accompagner, j’ai mal au dos... J’ai horreur des scènes d’adieu, etc etc... » Autant de prétextes  fallacieux, sournois et mensongers, qui ne visaient qu’à nous retarder dans sa tanière pour mieux nous croquer, mon enfant.

 

Donc au final, un personnage libidineux, paresseux, plagieur, bilieux, subversif et manipulateur... Ce n’est qu’in extremis que nous avons réussi à échapper à ses griffes...

 

Le seul ennui, c’est qu’on n’a qu’une envie, c’est de nous faire griffer à nouveau. Par ses grosses papattes.

Parce que, malgré tous ces défauts, elles sont bien douces, les papattes de Calyste.

lundi, 24 août 2009

Bertrand et le bonheur

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Bertrand, en vacances chez nous ce week-end, se prélasse dans l’eau :

« Aaaah demain à cette heure-ci je serai au boulot dans mon bureau » (ton de délectation intense)

 

Visages ahuris et yeux interrogateurs des trois acolytes présents.

 

Bertrand reprend d’un air malin : « Eh bien oui, laissez-moi vous expliquer ma philosophie personnelle. La plupart des gens basent leur idée du bonheur sur le regret des instants passés. Or il ne faut pas oublier qu’on peut aussi anticiper un futur pénible pour mieux jouir de l’instant présent : donc demain je serai en train de bosser, et je déguste d’autant plus le plaisir d’être aujourd’hui en train de me prélasser au soleil... »

 

C’est effectivement d’une logique incontournable. Rien à dire.

 

Sauf que ça peut mener loin. J’imagine très bien des présentateurs du JT : « Xavier Darcos est très satisfait. Les statistiques du chômage en France pour l’année 2009 sont inférieures de 5% à celles de 2010... »

samedi, 15 août 2009

Ultime ore in Sicilia



podcast

 

Samedi 1er août

 

salma-hayek-decollete-4.jpgCe matin, pendant que TiNours range les valises, je prépare un pique-nique pour le trajet du retour, la télé allumée, tout en écoutant d’une oreille distraite un talk-show sur une des chaînes italiennes nationales. Le thème du débat, c’est : « Est-il choquant pour une femme d’allaiter son enfant dans un lieu public ? » Personnellement, je n’ai aucun avis sur la question, mais en italien, la discussion était absolument irrésistible. Il y avait notamment une belle jeune femme (plantureuse, cela va de soi...). Médecin ? Sociologue ? J’ai pris l’émission en cours de route et je n’ai pas pu saisir quelle était sa fonction. Elle argumentait : « Ma è une funziona naturale, quando il latte vienne dal segno della donna ! » avec tant de véhémence que j’ai même cru à un moment qu’elle allait faire une démonstration pratique sur le plateau.

 

Et puis sur le coup de 11h, Antonio et Valeria arrivent pour nettoyer la maison car l’arrivée de la famille suivante (encore des Français !) est déjà prévue pour cet après-midi. Valeria parle français. Pas Antonio, mais avec sa gentillesse naturelle, les angles de l’incompréhension s’adoucissent. On a eu de franches rigolades, ensemble, à plusieurs reprises, notamment le soir où ils étaient venus et où les plombs avaient sauté. Oui, « poissard » je suis, « poissard » je reste. Je n’ai pas voulu développer cet épisode-là de peur de lasser....

 

Valeria est aussi ‘innamorata della Francia’ que nous de l’Italie. Ca a donné lieu à de curieux dialogues où elle s’adressait à nous en français et où je lui répondais en italien, l’un complétant les lacunes linguistiques de l’autre sur la forme. Pendant ce temps, TiNours et Antonio étaient là, eux, pour assurer le fond, notamment en matière de géographie ou de culture politique, domaines où je ne brille guère !

 

Pour la route du retour, nous avons encore une fois dédaigné l’axe principal Catane-Palerme. Il fallait être au port à 19h, le bateau repartait à 21h. On avait le temps. On a donc choisi le chemin des écoliers, l’autoroute qui longe la côte nord de l’île.

 

Nous sommes dans un premier temps montés au Nord-Est, à Messina, qui ne présente strictement aucun intérêt esthétique. TiNours avait repéré dans le guide un joli village sur notre itinéraire, Savona, mais bien sûr, on avait oublié qu’on était en Italie et donc qu’aucun panneau nulle part ne nous permettrait de le localiser et de faire un petit détour par là. Pas plus que le duomo de Messina, seule chose belle à voir dans la ville, d’après le Routard, d’ailleurs. Peu importe. La vue des côtes calabraises, et l’émotion de se dire qu’on se trouvait presque à la pointe nord-est de l’île, valaient bien le déplacement. C’est là que le pont reliant la Sicile à l’Italie pourrait voir le jour... un jour. 5 Km au-dessus de l’eau, ce serait le plus grand pont suspendu du monde. Mais même si Berlusconi promet que les travaux commenceront l’an prochain, la plupart des Italiens émettent des doutes, devant l’ampleur colossale du chantier, et le coût phénoménal que tout cela engendrerait.

 

 

 

 

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L’autoroute du Nord était un choix judicieux : le paysage défile, la Mer Tyrrhénéenne à notre droite, les Monts de Nebrodie et de Madonie à notre gauche. Nous avons aussi pu apercevoir, au loin sur la mer, une partie des îles éoliennes. Un des regrets que nous emporterons : ne pas avoir eu le temps de passer une journée sur l’une d’elles, non plus qu’à Ragusa, Caltagirone ou Noto. Nous nous sommes arrêtés plusieurs fois pour prendre les dernières photos. Jusqu’à la conclusion magique sur Palerme.

 

 
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Contrairement à ce que nous craignions, aucun problème pour retrouver le chemin du port, qui était très bien indiqué, en arrivant par l’est. La ville a dû nous reconnaître et nous sourire avec bienveillance. Pour elle, nous n’étions plus des touristes. Hélas, nous repartons. Nous nous sommes garés, facilement. Nous avons pris des glaces, les dernières... On s’est promenés sur la jetée baignée de soleil, un lieu commun dans ce pays. La douceur de la fin de l’après-midi adoucit notre tristesse de partir, tout en l’intensifiant. Un paradoxe qui s’appelle Vague à l’Ame. Dans « Palerme » on peut retrouver « mer », « perle » et « larme ». Tout se qui se bouscule dans nos yeux alors qu’il est déjà l’heure d’embarquer.

 

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samedi, 08 août 2009

De Balestrate à Mascali

Samedi 23 juillet

 

Selon une habitude têtue qui nous est propre, nous avons refusé de suivre l’itinéraire classique. Il existe une autoroute limitant à deux heures le trajet Palermo-Catania, mais non, non, non, pas question. Nous avons suivi la côte du Nord de l’île jusqu’à Capo d’Orlando. Etape courte par Cefalu, belle cité côtière. Nous l’avons surtout admirée de loin, en pique-niquant. Le passage par le centre-ville (on aurait voulu au moins jeter un coup d’œil au célèbre Duomo) s’est effectué sans pause : le marché du jour et l’affluence rendaient le parking impossible. P7250009.JPGimpossible.

 

Nous avons ensuite obliqué sur le sud-est par une route montagneuse qui passait par Randazzo, petite ville médiévale qui a toujours échappé aux coulées de l’Etna. Le chemin en a certes été rallongé, mais il était bien plus agréable.

 

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Et, à propos de l’Etna, nous avons fait sa connaissance par surprise et progressivement, en arrivant par les collines. Au loin, une montagne. Au bout de quelques minutes, c’est TiNours, qui conduisait, qui m’a dit : « Je crois que c’est le volcan que nous avons en face de nous sans même nous en rendre compte ! » Il avait raison.

 

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Nous nous trouvons donc à Mascali, petite station balnéaire à une quinzaine de kilomètres de Catania, la plus grande ville de Sicile après Palerme.

 

P7270108.JPGNotre nouveau « logeur » (le terme me déplaît mais je n’en trouve pas d’autre ; « hôte » fait beaucoup trop cérémonieux !), notre nouveau logeur donc, s’appelle Antonio. Tout comme pour Rosalia, je n’avais communiqué avec lui que par mail. Je les avais décrits à TiNours tels que je les imaginais physiquement. Je me suis planté de A à Z, sur les deux. Je me représentais Rosalia comme une petite dame posée et distinguée d’une cinquantaine d’années alors qu’elle doit avoir dans les 38-40, qu’elle est pétulante et dynamique. Quant à Antonio, je l’imaginais de mon âge, grand, et préoccupé par bien d’autres choses que ses locations. Il a la trentaine, est tout petit (dans les 1m60) et très préoccupé de notre bien-être et de ce que nous avons prévu de faire comme ballades touristiques ! Rosalia parlait un peu le français, pas lui. Il s’en est excusé lors deP8010012.JPG notre arrivée. Mais il s’est présenté aussi, avec une deuxième vague d’excuses, comme un terrible bavard. Avec moi en face, on est bien barrés. Manquerait plus que Calyste en plus pour que la réunion se transforme en débat aux Nations Unies ! Heureusement pour mon pauvre TiNours, Valeria, la copine d’Antonio, parle très bien le français pour avoir effectué des séjours Erasmus à Arras et à Paris. Après nous être installés et avoir fait quelques courses, nous avons eu droit à une deuxième visite de leur part vers les 22h. Soirée d’éclats de rire, et de voix ! On a déjà prévu de faire une sortie à quatre. Le bambino se présente très bien !

 

L’appartement où nous logeons est situé au premier étage d’une résidence qui n’en comporte qu’un. Personne au rez-de-chaussée. (ou, devrais-je dire, EN rez-de-chaussée... ?). Il est plus petit que celui que nous occupions chez Rosalia, mais il y a l’air conditionné dans la chambre, ce qui règle l’abominable problème des moustiques qui nous avaient dévorés (surtout TiNours) à Balestrate. Une route passe devant le bâtiment. La circulation n’y est pas intense mais les voitures circulent à tombeau ouvert, ce qui la rend malheureusement assez bruyante depuis le salon, mais nous dormons côté jardin. En revanche, nous avons une vue imprenable, à couper le souffle, sur les monts de l’Etna, juste en face de notre balcon. Hier soir il y avait un petit incendie sur le flanc droit de la montagne (hélas...) en même temps qu’un feu d’artifice lointain, dans un village situé sur le flanc gauche. Pour nous souhaiter la bienvenue... ?

 

Alors, après ces amuse-gueules, à quand la véritable éruption volcanique.... ?

 

Vocabulaire du jour : chiacchierone = ‘grand bavard’ !

 

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Fin de la première semaine

Vendredi 24 juillet (soir)

 

Après avoir fait notre lessive et l’avoir mise à sécher, l’après midi nous sommes allés visiter Scopello, mignon village de pêcheurs rempli de fleurs et de cactus incroyables. Nous avons terminé l’après-midi là, de façon classique ces jours-ci, sur la plage là-bas.

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Le soir, dernière soirée à Balestrate. Le restaurant s’imposait. Nous avons pris en antipasto, un peu au hasard, deux « miste siciliane » et nous avons eu le plaisir de voir arriver deux assiettes immenses remplies de merveilles : courgettes, aubergines et poivrons frits, beignets de poisson, d’autres à la pomme de terre, olives agrémentées d’une sauce pimentée, fromage blanc frais... Un repas complet en soi !

Mais on a tout de même su faire honneur aux lasagnes qui ont suivi... Et si les deux Pythies habituelles, KarregWenn et Calyste, pour ne pas les nommer, me prédisent encore l’obésité à court terme, il va y avoir du grabuge... ‘Petits meurtres entre amis’ vous connaissez.... ?

 

A êine avions-nous fini notre repas que sur la place juste en face de nous a démarré un tournoi de danse avec messieurs en habit et dames en robe à paillettes. Tous les âges et toutes les danses étaient représentés. Ca a virevolté et pirouetté au rythme des rocks, sambas, et autres cha-cha-chas, pour notre plus grand plaisir, jusqu’à 11h du soir.

(Comment font-ils –entre autres-  pour effectuer cette torsion brutale de la tête sans démantibuler toutes leurs cervicales... ? ça me laisse pantois...)

 

Demain, nous quittons le Nord de l’île et la région de Palerme, pour l’Est, et Catania.

jeudi, 06 août 2009

Segeste et lo Zingaro

Mardi 21 juillet

 

Ce matin nous nous sommes levés à 7h30 mais nous avons un peu traîné..... Résultat : nous sommes arrivés à Ségeste à 11h, en même temps que la vague de chaleur, et de touristes.

 

 

 

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Ca ne nous a pas empêchés de découvrir un site grandiose. Segeste était, dans les années 400 av JC, la rivale de Selinunte, que nous avions visitée hier. Demeurent principalement un temple élégant au sein des collines, et un théâtre grec. L’architecture du temple et le cadre naturel sont en accord parfait. L’édifice n’avait probablement pas été terminé déjà à l’époque, car ses 36 colonnes ne sont pas cannelées. Les habitants de Ségeste étaient de culture hellénique (ils utilisaient les caractères de l’alphabet des Grecs mais  ne parlaient pas leur langue, ni ne sacrifaient aux mêmes divinités. C’est pourquoi le « temple » pourrait bien ne pas en être un. On n’aura probablement jamais la réponse exacte.

A 1.5 km de là se trouve le théâtre (datant, lui,  du III° siècle av JC). Nous avons dédiagné le bus pour effectuer le chemin (en montant !) sous un soleil de plomb. L’art, ça se mérite ! Avec tout de même une bienfaisante halte à mi-chemin, sous l’ombre fraîche d’un gros olivier.

 

 

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Construit en calcaire local, le théâtre pouvait accueillir 4000  personnes. Il a été restauré à la perfection et offre une vue magnifique sur la vallée, le golfe de Castellamare, et.... le viaduc de l’autoroute !

 

 

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Pour la pause-déjeuner, délicieux repas de panini chauds et de pastèque fraîche, à Castellamare justement, avant d’enchaîner pour l’après-midi sur la réserve naturelle du Zingaro : 6 km de côtes protégées comme espace naturel, au sein du golfe. Là encore, l’excursion à pied nous a coûté des litres de transpiration, mais la beauté des paysages en valait chaque goutte ! Après environ 1h30 de P5240073.JPGmarche le long de la côte, nous avons tout de même crié grâce et fait halte sur la 3° plage de l’itinéraire, la Cala Beretta (minuscule).  On a pu se rafraîchir dans un eau peuplée de minuscules poissons noirs. J’ai aussi découvert un passage entre les rochers où les vagues pénétraient avec un amusant bruit de succion. L mer y était plus fraîche et j’ai pu y faire dix minutes de conversation avec un amusant petit crabe qui me menaçait vaillamment de ses pinces, probablement indigné de voir cette grosse bête envahir son royaume.

 

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Ce soir nous avons fêté l’anniversaire de TiNours. Du fait d’être né en été il a toujours des célébrations exotiques. Il a déjà soufflé ses bougies dans un avion qui survolait Tadoussac au Québec, près du château de Cahir en Irlande (où a été tourné ‘Excalibur’), sur les routes du Rif au Maroc, et j’en passe.

 

Cette année à Balestrate, nous nous sommes offert un succulent restaurant de poisson, installés dans la rue. Ici les clichés les plus galvaudés prennent corps, et c’est merveilleux. Oui, les gens se parlent d’un balcon à l’autre et, oui, les enfants-rois font des scènes tonitruantes à leurs parents en pleine rue. Tout le monde se met sur son trnte et un pour sortir après 22h : les jeunes filles semblent toutes calquées sur le modèle d’Eva Longoria, les jeunes hommes ont cette désinvolture irrésistible propre à l’Italie. Les vieux ont une dignité que iles rend beaux même s’ils ne le sont pas. Et puis, quel plaisir, comme si l’on était figurants dans un vieux film d’Antonioni, d’entendre fuser ces phrases :

« Te l’ho fatto stretto, è percio ! »

« Meno male se possiamo andare domani in città »

« Era impazzicante ! »

«  Ma lo faccio a la romana ! »

 

Le plaisir par les yeux, par les oreilles. On n’a pas non plus oublié celui des papilles : après le repas de poisson, nous sommes allés engloutir une triple glace dans notre gelateria (déjà) préférée : Urbania. Et en plus, les serveurs sont beaux !

 

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Demain, le grand saut : Palerme.

 

Vocabulaire du jour : impazzicante = ‘démentiel, affolant’ (le mot avait longtemps bourdonné dans mon oreille après que je l’aie entendu. J’ai vérifié dans le dico, en rentant, ce qu’il signifiait. C’est joli non ?)

Selinunte et Erice


podcast

 

 

Lundi 20 juillet :

 

       P5220017.JPGCourageux (comme d’habitude...) nous nous sommes levés tôt pour nous rendre au premier des deux sites (Sud-Ouest de l’île), constitué de temples érigés au V° et VI° siècle avant JC, seuls vestiges d’une des plus importantes cités grecques de Sicile.

La chaleur était encore supportable entre 9h30 et 11h30, et les touristes (des Français principalement) assez clairsemés.

Seul un temple consacré autrefois à Héra (épouse de Zeus) est encore à peu près debout. Les destructions ont été causées principalement par des guerres avec les cités rivales de l’époque (Ségeste principalement) et les tremblements de terre. L’ensemble a été découvert puis progressivement exhumé à partir de 1825.

 

 

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Le reste du site se résume à des tas de blocs détachés des structures initiales, curieux mélange triste rappelant parfois des compositions d’art moderne.

 

 

 

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Nous avons fait une merveilleuse promenade entre les deux pôles principaux du site.

 

 

 

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Nous avons ensuite longé la côte ouest : Marsala et Trapani, villes de taille moyenne, n’ont pas grand intérêt, pour autant que nous ayons pu en juger. Mais l’après midi nous avons fait une longue étape à Erice, ville médiévale, point trop encore envahie par les touristes même à cette époque de l’année. Peut-être attendaient ils août ? Peu importe. Après avoir longuement déambulé entre ruelles pavées, passages voûtés, après avoir perdu le compte des églises qui peuplent la ville, telles une congrégation assoupie, on reçoit comme un coup de poing en plein cœur la vue du haut des remparts. On ne s’y attend pas, et au détour d’une ruelle montante, les yeux s’écarquillent devant un paysage incroyable. Vue sur la baie, et sur Trapani, au-dessous.

 

 

 

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Au retour, comme si on n’en avait pas au assez encore, la route nous inflige la beauté des belles carrières de marbre de Custonaci. Hélas, aucun coin pour s’arrêter le long de la nationale. Je trépigne ! TiNours met les warnings, s’immobilise sur le bas-côté, le temps que je numérise. Immortalisé.

 

 

 

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Dans la voiture, c’est Sting qui nous a accompagnés pendant une bonne partie de la journée. Coïncidence amusante, en compulsant le guide ce soir, TiNours a vu qu’il possédait une propriété dans l’île sicilienne de Pantelleria au Sud-Ouest. Sting, pas TiNours, évidemment. Une maison dans une île méditerranéenne ! Un luxe sur lequel nous pouvons seulement phantasmer. Sur Sting aussi, d’ailleurs...

 

 

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mercredi, 05 août 2009

Le premier dimanche

 

Je parle trop ; j’écris trop. Alors, comme le dimanche est avant tout le jour de repos (j’entends ‘le vôtre’, je ne veux pas saouler), voici le résumé de la journée en photos :

 

Le matin, lever tôt pour des courses de première nécessité : on n’avait rien au gîte, ni pour déjeuner ni pour grignoter.

 

 

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A 10H, après avoir rangé tout le bordel qui restait de la veille, petit déjeuner bien mérité, en terrasse :

 

 

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... avec découverte de la vue du haut du toit :

 

 

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Puis une sieste (ben oui, on s’était levés tôt...)

 

 

 

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Ensuite un tour à la plage. Le drapeau rouge était dressé. L’eau avait la température idéale (28° ou 30°, à vue d’épiderme) mais les fortes vagues auraient en effet pu être dangereuses. Ca m’a rappelé mon exploit de nageur émérite, il y a quelques années, à San Diego, quand les vagues du Pacifique m’avaient littéralement catapulté sur la plage alors que je prenais mon pied à me faire secouer par les mouvements ascendants et descendants de la marée.

 

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Le soir, après un café  froid (délicieux...) en compagnie de nos hpôtes, ballade dans Balestrate en fête, où nous nous sommes achetés les incontournables glaces. Vanille-coco pour TiNours, Vanille-café pour moi. On a des goûts simples, mais encore beaucoup de temps aussi pour essayer des parfums plus originaux. Comment, mais COMMENT font-ils pour les faire si incroyablement BONNES ?

 

 

 

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Vocabulaire du jour : ‘croissant’ : cornetto ; ‘brioche’ : brioscia ;

(Et, bien sûr, pour faire plaisir à cette garce de KarregWenn : ‘Prendre de la brioche’ : metter su pancia)

 

Finalmente ci siamo !

Dimanche 19 juillet :

 

La fin du voyage a été interminable. Ou plutôt l’arrivée, devrais-je dire. On était bien à Palerme à 17H comme prévu, mais nous ne sommes pas sortis du bateau avant 18h15 parce que l’un des passagers (Guiseppe Beluomo, pour ne pas le nommer) n’était pas descendu en soute au moment de l’appel, et, les voitures devant sortir en files précises, il bloquait tout le monde. Il a été rappelé au moins 20 fois par les hauts parleurs. Ne l’ayant pas vu, je ne saurais dire s’il était vraiment un bel uomo, mais je lui aurais volontiers arrangé sa belle gueugueule à coups de sac de voyage....

 

Bon, c’est connu : les lois de la circulation propres à Palerme défient à la fois celles de la jungle et de la pesanteur, mais nous avons décidé de prendre ça avec bonne humeur, tout comme les Siciliens eux-mêmes. Ca nous rappelle notre périple au Maroc : les voitures se jettent les unes à l’assaut des autres dans une pagaille innommable, on se double par la droite, on se coupe la priorité, on s’arrête en double, en triple file, mais sans agressivité ni insultes, et même avec des saluts et de grands sourires. A force, on se prend au jeu et au se sent obligé de se mettre au diapason, sinon des infractions, du moins de la joie ambiante !

 

Après avoir obstinément refuser de fonctionner à Gènes, le téléphone portable de TiNours s’est magiquement remis en service à Palerme, ce qui nous a permis de contacter, comme prévu par mail, Rosalia, la dame qui nous louait sa maison, et qui est venue nous chercher au lieu du rendez-vous, à 40 km de Palerme. C’est donc une petite ville côtière qui s’appelle Balestrate. Accueil chaleureux, avec son mari. Thé froid à la pêche, pastèque en tranches sous la terrasse. Ils nous emmènent repérer les diverses commodités en ville. On ne fait pas plus aimable. Le français de Rosalia et mon italien s’équilibrent, avec bien sûr, des bourdes de part et d’autre, qui occasionnent quelques fous-rires et aident à briser la glace. Alors qu’elle nous fait visiter l’appart, on n’échappe pas à la sempiternelle interrogation : « J’avais préparé une sola camera, mais je peux faire rapidement un autre lit supplémentaire, se voi volete » « No, grazie, è benissimo cosi... » Rosalia ha capito, et malgré les quelques images pieuses (Padre Pio, l’Abbé Pierre Sicilien) que nous avons vues affichées dans le couloir, je ne pense pas qu’ici, foi et tolérance soient incompatibles.

 

Sans même avoir déballé nos bagages, comme l’heure tournait, nous sommes allés vers 22h souper en ville dans une pizzeria, où nous avons dû attendre trente minutes pour avoir une table. Sans transition, nous sommes mis à l’heure italienne, dans tous les sens du terme. A l’entrée, nous avons pu observer avec fascination (mais discrétion tout de même) une tablée d’une quinzaine de personnes sourdes et muettes (pardon, mais ‘malentendants’ je trouve vraiment cet euphémisme un peu niais). C’est bien vrai que les Siciliens parlent avec les mains, dis donc ! Côté éclats de voix, des enfants hurlant à une table voisine ont compensé le déficit. Les serveurs, précis, efficaces et professionnels sans amabilité forcée, évoluent à toute vitesse entre les tables surchargées de l’immense salle. Une fois assis, nous avons été très rapidement servis :une Capricciosa et une Vulcania, délicieuses. Nous les avons imprudemment arrosées d’une demi litre de vin de la réserve locale. Un alcool lourd et capiteux rappelant certains vins espagnols gorgés de soleil. A minuit, lorsque nous sommes rentrés, nous avons poliment décliné l’offre de café de Rosalia. Juste pris le temps de nous brosser les dents avant de tomber raides morts au lit comme deux masses, dans les bras, non pas de Morphée, mais d’un Bacchus comateux !

 

(Vocabulaire du jour : Anguria = pastèque)

 

 

 

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L’arrivée en vue des côtes, avant Palerme. Les quelques nuages nous avaient fait froncer les sourcils, mais une fois le pied posé sur l’ïle, le soleil nous a refait risette. Bene bene bene....

mardi, 04 août 2009

Chaleur bonheur

 

Jeudi 16 juillet :

 

 

Première étape chez mes parents, à un tiers du chemin qui nous mène à Gênes,. Un avant-goût des repas italiens ; à peine arrivés hier, vers 13H, mon père nous sert son muscat, accompagné d’antipasti variés. Ma mère nous a mitonné des cuisses de poulet farcies (primo piatto) avec des petits pois. Il n’y a pas de secondo piatto, mais après le fromage et une délicieuse tarte aux abricots (faite maison évidemment) mon père veut nous faire goûter une de ses dernières trouvailles : de la glace à l’île flottante. On décline poliment. Sous l’œil réprobateur de ma mère, il s’en sert quelques boules « pour attendre le café ». Quant à nous, flottant suffisamment comme cela sans île, après toutes ces bonnes choses bien arrosées, nous sommes all&s faire une sieste ! La chaleur est bien plus intense que du côté de Montpellier, et, bien sûr, pas de clim. Heureusement, nous avons dégotté, bien caché au fond d’un placard, un vieux ventilateur centenaire dont personne ne veut. Son ronronnement bienveillant nous a aidés à traverser l’après-midi, et la nuit !

 

Quand j’étais gamin, en été, il nous arrivait souvent de décider de déplacer la table de la cuisine, pour avoir moins chaud lors du repas de midi. Et l’endroit le plus frais et aéré de la maison, si l’on ouvrait les pièces attenantes, c’était le couloir. Manger dans le couloir ! Je trouvais ça follement amusant. Pour moi, c’était la fête à chaque fois. Il en faut bien peu lorsqu’on a sept ans ! Il y avait là ma grand-mère, mes frère et sœurs, ma mère. Mon père, c’était plus rare. A midi, il travaillait. La couloir bruissait, retentissait de nos conversations et de nos éclats de rire. Il y avait par moments des courants d’air qui nous chatouillaient. On avait coincé les portes pour qu’elles ne claquent pas. Et en musique de fond, la scie des cigales qui s’en donnaient. Le chant de juillet, et d’août.

 

Plus personne ne mange dans le couloir aujourd’hui. Mais les cigales sont toujours là pour me servir de vrombissantes madeleines.

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