vendredi, 03 juillet 2009
Weak in the presence of beauty
Un de nos deux volets électriques à l’étage est coincé depuis dix jours. J’appelle lundi l’entreprise qui s’est occupée de les poser.
Le réceptionniste : « Le technicien est surbooké en ce moment, il vous rappelle demain pour vous fixer un r-v »
Moi : « Euh oui mais vers quelle heure ? Je travaille et ne serai pas forcément là. »
Le réceptionniste : « Je ne peux pas vous dire »
Mardi soir :
Moi : « Euh, je n’ai eu aucun appel ? »
Le réceptionniste : « Euh oui mais il était en déplacement, il vous rappelle demain sans faute, excusez-nous. »
Mercredi, aucun appel.
Jeudi :
Moi : « Bon ça commence à bien faire, je fais comment pour avoir un rendez-vous ? Et SVP ne me répondez pas : ‘Je ne peux pas vous dire’ ! »
La fille à la réception (ils avaient changé entretemps, et celle là avait l’air un peu plus efficace) : « Attendez je vous passe Monsieur Glandru, le technicien, directement sur son portable »
Le technicien : « Ah, euh, oui, euh, en ce moment je suis très pris » (à sa voix j’avais plutôt l’impression qu’il se réveillait d’une grosse sieste, mais bon...) « ...alors je peux vous proposer de venir lundi »
(Ca tombait mal, c’était justement la journée où j’étais occupé matin et après-midi.)
Moi : « Et mardi, plutôt, ce serait envisageable... ? »
Lui : « Oui, mais entre midi et deux uniquement »
Moi : « Pas de problème, je vous attends dans ce créneau-là. »
Mardi : 12h30. Rien. 13h30. Rien. 14H. Rien.
Je rappelle à 16 h, et il me répond avec sa voix endormie de Tête à Claques : « Ah oui j’avais confondu avec un autre rendez-vous, autant pour moi, je vous présente mes excuses, c’est vraiment de ma faute... »
Moi (réfrénant de toutes mes forces mon énervement parce que j’ai quand même besoin d’eux pour la réparation) : « Bon on fait quoi alors ??? »
Lui : « Je peux vous proposer demain, l’heure qui vous arrange »
Moi : « Eh bien, 12h30 mais soyez à l’heure parce que je dois partir à 13h30, je travaille l’après midi. »
Mercredi : 12h30. Rien. 12h40. Rien. A 12h45 j’appelle le bureau mais il est fermé, pause déjeuner oblige. A 12h50 la sonnette retentit. Je marche vers le portail, tel le général Patton : « Putain qu’est-ce que je vais lui passer à ce CON, il va m’entendre, il... »
Le portail s’ouvre, et ma colère tombe d’un seul coup. Je me retrouve face à un jeune homme brun de 25 ans en short et tee-shirt. Bronzé. Les yeux dorés. Des muscles de partout.
Moi (bégayant) « Euh, mais... euh, vous êtes le, euh, technicien pour le volet roulant... ? »
Lui (un peu interloqué, sourire à fossettes) : « Oui, c’est Monsieur Glandru qui m’envoie, pour vérifier ce qui ne va pas... »
Moi (voix douce) : « Vous avez eu du mal pour trouver, peut-être ? »
Lui : « Oui effectivement votre rue n’est pas mentionnée dans le GPS »
Alors on est montés à l’étage, et pendant une demi-heure il a tâté, manipulé, caressé... le volet, pendant que je me tenais derrière lui, prêt à l’aider s’il fallait lui passer un tournevis, ou autre chose... La bouche sèche, je détaillais son dos musculeux moulé dans le tee-shirt, et ses fesses rondes et dures, avec des pensées qui m’auraient fait exclure immédiatement de la Croix-Rouge. Hélas il a fait son diagnostic en 15 minutes chrono, et j’ai eu beau lui proposer de prendre un café à la fin, il a décliné avec un sourire éblouissant (fossettes sur les joues, rangée impeccable de dents blanches) en m’expliquant qu’il n’avait même pas déjeuné, et qu’il devait rentrer chez lui parce qu’il avait faim (mais pas de moi, hélas).
Tant pis : pour le Fun(tasme) je vais vous la réécrire façon Gérard de Villiers :
SAS fait réparer ses volets roulants :
Après le devis, Lancelot fit le fit étendre sur son propre lit
« Comme vous êtes gentil », murmura le jeune homme.
Il soupira. Ses pecs doublèrent de volume. Lancelot se sentit au bord de la folie.
« Je vais vous faire couler un bain, cela vous détendra », proposa-t-il d’une voix étranglée.
Le jeune homme le retint par la main. Ses yeux dorés se révulsèrent presque pendant qu’il passait ses deux mains dans la toison recouvrant la poitrine de Lancelot. En même temps, son bassin se soulevait du lit.
« J’aime les hommes comme vous » dit-il.
Il l’attira et glissa une langue soyeuse dans sa bouche mince. Les artères de Lancelot charriaient de la fonte en fusion. Fiévreusement, ses mains parcouraient le corps dur du jeune mec sans rencontrer la moindre résistance. Cette familiarité ne l’étonnait pas outre mesure. Sur la Méditerranée, en ces époques estivales de relâchement des mœurs, le slip était aussi démodé qu’une bottine à lacets. On faisait l’amour comme on buvait des cocktails. Sans inhibition et sans prolongement métaphysique...
Le jeune réparateur se dégagea et murmura « Vous m’aviez promis un bain.. »
Le phantasme du plombier sexy (enfin, bon, du réparateur, mais peu importe), il m’a longtemps fait ricaner parce que je croyais qu’il ne se situait qu’au niveau du phantasme justement. De par le passé, tous les dépanneurs et réparateurs que j’avais rencontrés étaient vieux, moches, et gros. Ca, c’était à l’époque où je vivais seul. Magiquement, après avoir emménagé avec TiNours, je me suis mis à en rencontrer des beaux, jeunes et musclés ! C’est rageant tout de même ! Un exemple entre mille : il y a deux ans, quand la même société de volets roulants m’avait envoyé deux ouvriers pour la pose de minuteurs, ils étaient venus eux aussi en juin. Déjà en les voyant débarquer je m’étais mis à saliver, jusqu’à ce que l’un des deux me dise (re-sourire, re-dents blanches, re-fossettes) : « Il fait horriblement chaud... Ca ne vous dérange pas si on travaille torse nu ? ». J’ai carrément frisé l’apoplexie.
Comme dirait Alison Moyet « I’m weak in the presence of beauty... »
Oui, mais ! Pas si ‘weak’ que ça, hein !! Ne pas perdre de vue les objectifs initiaux ! Il faut qu’ils nous réparent ça dare-dare ! C’est bien beau d’être mimi, musclé, et d’avoir la fesse ronde et dure, mais... rendement, rendement ! Si cet idiot de Monsieur Glandru s’imagine qu’il va m’avoir au sentiment avec ses ouvriers made in Chippendale, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coccyx...
19:04 Publié dans Les extases de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : réparateur, dépannage, bomec