vendredi, 07 août 2009
Vues, ici et là...
Jeudi 23 juillet (soir)
Lors de cette heure de détente, je me suis amusé à photographier :
Une bouée oubliée :
Un galet ramassé au fond de l’eau. Il me faisait penser à un cœur, mais en le tournant, on pourrait aussi imaginer un rein droit :
Ce pied-là, à qui peut-il bien appartenir.... ?
Et cette main... ?
Après 20h, une grue passe devant le soleil couchant...
Et tout redevient calme....
Au loin, un point sur la mer. Je le fixe intensément. Un bras se lève, s’agite dans ma direction. Un signe que mon TiNours, tout heureux de nager et de se prélasser dans les vagues, m’envoie depuis la mer chaude vers la plage désertée.
A moi.
18:54 Publié dans Lancelot et TiNours | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : plage, détente
mercredi, 05 août 2009
Le premier dimanche
Je parle trop ; j’écris trop. Alors, comme le dimanche est avant tout le jour de repos (j’entends ‘le vôtre’, je ne veux pas saouler), voici le résumé de la journée en photos :
Le matin, lever tôt pour des courses de première nécessité : on n’avait rien au gîte, ni pour déjeuner ni pour grignoter.
A 10H, après avoir rangé tout le bordel qui restait de la veille, petit déjeuner bien mérité, en terrasse :
... avec découverte de la vue du haut du toit :
Puis une sieste (ben oui, on s’était levés tôt...)
Ensuite un tour à la plage. Le drapeau rouge était dressé. L’eau avait la température idéale (28° ou 30°, à vue d’épiderme) mais les fortes vagues auraient en effet pu être dangereuses. Ca m’a rappelé mon exploit de nageur émérite, il y a quelques années, à San Diego, quand les vagues du Pacifique m’avaient littéralement catapulté sur la plage alors que je prenais mon pied à me faire secouer par les mouvements ascendants et descendants de la marée.
Le soir, après un café froid (délicieux...) en compagnie de nos hpôtes, ballade dans Balestrate en fête, où nous nous sommes achetés les incontournables glaces. Vanille-coco pour TiNours, Vanille-café pour moi. On a des goûts simples, mais encore beaucoup de temps aussi pour essayer des parfums plus originaux. Comment, mais COMMENT font-ils pour les faire si incroyablement BONNES ?
Vocabulaire du jour : ‘croissant’ : cornetto ; ‘brioche’ : brioscia ;
(Et, bien sûr, pour faire plaisir à cette garce de KarregWenn : ‘Prendre de la brioche’ : metter su pancia)
17:24 Publié dans Lancelot en vacances | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : plage, vacances, balestrate
dimanche, 24 août 2008
Le regard - Conte (semi) érotique

Hier en fin d’après-midi, sur la plage des Aresquiers.
Je suis seul, ils sont deux.
J’ai senti, plutôt que vu, au départ, son regard fixé sur moi. Ce regard qui dit « Veux-tu… ? » très courant chez les mecs. En général, il me fait sourire en coin. Echange fugace, clin d’œil rapide d’un passant dans la rue, ou plus appuyé dans un magasin. Souffle de sexe. Eclat de désir. Habituellement, ça ne va pas plus loin. Les yeux se disent « Tu me plais » « Moi non ». Ou bien c’est moi qui envoie un « Mmmm… » qui ne rencontre pas d’écho. Ou alors, plus rarement, c’est « Bordel, oui…. » murmuré des deux côtés, par les deux regards à l’unisson, mais les circonstances, le temps, le lieu font que… ce sera non.
J’ai déjà discuté dans une note précédente sur mes capacités personnelles à séduire physiquement, sur lesquelles je m’attarderai pas. Comme 90% de la population, je ne me plais pas. Ce qui ne signifie pas que je me trouve hideux. Mais je mérite, selon mes critères personnels, un gentil 11 sur 20, et c’est tout. J’ai appris depuis longtemps à faire la distinction entre ce à quoi je peux prétendre, ou pas. Les « bombes », les « canons », je sais que ce n’est pas pour moi. Ils ne me remarquent pas.
Sauf hier.
Ce regard se fait si insistant que je dévisage, moi aussi, en retour. Il a enlevé ses lunettes de soleil. Un regard bleu perçant et éclatant. La quarantaine environ. Un torse large comme un bouclier. Visiblement un adepte de la gym : ventre plat et biceps saillants. Une fine couche uniforme de poils. Slip de bain vert bien rembourré là où il faut…. Jambes bronzées, noueuses de muscles. Hummm. TOP.
Après avoir détaillé tout cela, je remonte sur le visage : ce n’est pas possible que CE MEC-LA me regarde MOI ? Honnêtement, je me demande où se cache l’erreur. Et lorsque mes yeux croisent à nouveau les siens, il m’assène l’estocade.
Grand sourire. Dents blanches parfaites. Des fossettes. La totale.
A partir de ce moment nous avons passé une bonne heure montre en main à nous caresser par le regard, lui et moi. Après l’échange de sourires (oui, j’ai répondu…) est venu un passage que je trouve délicieux entre tous : on a progressivement arrêté les risettes mais nos yeux ont continué à se chercher, pour se quitter le moins possible.
C’est une des étapes dans la drague homo qui a l’art de me mettre dans tous mes états : j’aime ce regard masculin, sérieux et dénué d’artifices, qui traduit le désir à l’état brut. Il y a là-dedans une intensité, une force, un appel sexuel, une virilité exacerbée, et en même temps une douceur, une complicité, une tendresse, même. Ce mélange fait plus que me troubler, il me déchaîne. La respiration s’accélère, la bouche s’assèche, les jambes deviennent molles et le reste dur… Je RAFFOLE littéralement de ça. J’ai souvent entendu parler de « coup de foudre » sans jamais savoir à quoi les gens faisaient allusion. En ce qui me concerne, je parlerais bien plus volontiers de « coup de testostérone », et sur cette plage à cinq heures de l’après-midi, sous le regard fixe de ce Canon sorti je ne sais d’où, mes veines en charriaient un torrent !
Désirer un mec, c’est banal. Mais savoir que tu es toi-même désiré, ET simultanément, par le même, clone physique de tout ce qui te plaît, ça c’est plus rare et c’est GEANT. Mon désir se nourrit de celui de l’autre. Mélange électrisant. Summum du plaisir anticipé. Je me suis mis sur le ventre. Impossible autrement. Tant pis pour mon dos qui proteste sous la morsure du soleil. C’est comme ca. Une demi-heure, au moins…
Envie démentielle de concrétiser. Laisser tout tomber, tout oublier, juste pour un instant. Crever la bulle de cristal. Baisser les bras. Accepter que la vague m’emporte. Troquer mes bonnes manières contre un peu de plaisir et un peu de poussière. Jouir, jouir jusqu’à mourir (vous affolez pas, c’est pas de moi, c’est de Lynda Lemay… LOL).
Eh oui, mais les circonstances… les contingences… la conjoncture… Son mec est là, (beaucoup moins à mon goût, celui-là…) et visiblement pas partant pour un plan à trois, dont je n’ai de toute façon pas envie. Ce désir, cette envie brute, c’est d’autant plus intense que ça se passe entre un + un = deux mâles. Lui me veut, moi j’ai envie de lui. Rien d’autre. Pas de fioritures. Mais « il » est visiblement coincé et dans le bleu de son regard, je peux lire aussi, clair comme si c’était clamé par un haut-parleur « Putain j’en crève moi aussi, mais je PEUX PAS, bordel ! » et dans un sens ça m’excite encore plus.
Ils sont allés nager, un peu. J’ai constaté avec délectation qu’ « il » écourtait le bain, et est revenu se coucher sur sa serviette (la fraîcheur de l’eau n’avait pas calmé ses ardeurs à lui non plus, apparemment). Et là, il se met à farfouiller dans son sac, tout en continuant à me jeter des coups d’œil… Qu’est-ce qu’il écrit ? Il démarre des mots croisés ? Un Sudoku ? (Je t’en foutrais, moi du SodoCul…)
Retour du conjoint. Ca se sèche, ça papote. MERDE ! Ils se lèvent. Plient les serviettes… Ca va être la fin de l’heure « sexe ». Profites-en au moins pour lui lancer un dernier regard bestial quand ils vont passer devant toi, Lancelot. Prépare-toi. Je le fixe. Ils s’approchent. Il ne me regarde même pas, ce c…
Ils sont passés. Mais j’oublie de suivre du regard son postérieur musclé. Mes yeux sont hypnotisés par autre chose : en passant, il a subrepticement desserré les doigts et laissé tomber devant moi une minuscule boulette de papier. J’ai compris. Il faut que je reste sur le ventre… sinon ça le fera pas. Mon cœur se remet à cogner, ma testostérone recommence à circuler. Je déplie le petit papier. Je sais déjà ce qu’il y a dedans…
« Jean 06 15 etc etc etc »
Bien sûr il ne s’appelle pas Jean. Qui s’appelle encore Jean, de nos jours ? C’est une technique courante en matière de drague homo. Si j’appelle et que je dis « Allo Jean ? » il saura que c’est moi. Classique. Je souris, je me retourne. Son beau cul moulé dans son maillot vert est déjà bien loin. Lui ne regarde pas en arrière. Evidemment….
Je renverse la tête dans le soleil qui descend. Je souris encore. Putain que c’était bon. Meilleur, même, qu’une baise classique, à la limite. La torture de ce désir exacerbé qui renverserait tout, mais qui ne peut trouver d’exutoire. Ce regard. Son regard bleu. Il y avait écrit « sexe » dedans.
Je vais me baigner à mon tour, je reviens. Pas trop s’attarder. Je replie ma serviette. Le papier est bien là, j’avais pris la précaution de le caler sous ma paire de baskets. Je les mets. J’ignore le petit papier enfoui à demi dans le sable. A quoi bon ? Le désir, le moment, sont passés. C’était cet après midi, là, tout de suite, que j’aurais été prêt à céder et à me rouler dans l’adultère. Maintenant qu’il est parti, l’envie s’est envolée avec lui. Et, tiens, au fait, le papier s’envole, lui aussi. Je tourne le dos tranquillement, je reviens à la voiture. Ca va encore « plaire » à TiNours ce soir, quand je vais lui raconter l’histoire de ce « Jean 06 15…… » Euh ? C’était comment après déjà…. ? P***** de mémoire de M***** …… !!

10:14 Publié dans Les extases de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : sexe, regard, bomec, plage, aresquiers