samedi, 28 février 2009

Entre front de mer et arrière-pays

Plus j’écris, plus il est évident que je ne suis pas très doué dans le genre ‘reportage touristique’. J’ai sans cesse envie de rattacher les paysages et les lieux à des gens ou à des histoires. Or, lorsqu’on visite une région sans s’y attarder en profondeur, comme nous l’avons fait la semaine passée, TiNours et moi, il est toujours difficile de donner dans ce registre.

 

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Après Nice et avant Monaco, nous avions fait une belle excursion entre Villefranche sur Mer et St Jean Cap Ferrat, où nous avons eu la surprise, en nous promenant sur le cap, de recevoir un coup de fil de Mimi, qui nous a parlé de son heureux évènement à venir. Un cap pour elle aussi !

 

 

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Plus tard dans l’après-midi, Eze, « un des plus beaux villages de France » (mais il y en a tant, selon le Routard, vous savez...) où nous avons attrapé un fou-rire en entendant une anglaise demander « la visite c’est trois francs ? » et le gardien lui répondre, un peu sec : « Non madame c’est trois euros ». Le conservatisme britannique fonctionne aussi bien dans l’espace que dans le temps....

 

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Après Monaco, dont j’avais déjà parlé, nous avions fini notre promenade du mercredi  à Menton, ville presque italienne, où nous avons eu le plaisir de voir la lumière baisser progressivement, sur la ville et sur la mer.

 

 

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Le lendemain, nous avons entrepris la visite de la vallée de la Roya. Etape à Sospel, où nous avons bien mangé, quoique très simplement.

 

 

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Puis le village de Saorgue, quasi-désert cet après midi là, avec ses vieilles bâtisses au charme sauvage accrochées au flanc de la montagne :

 

 

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Au fur et à mesure que l’on grimpait le col, la neige paraissait de plus en plus proche. Isola 2000 n’était pas loin ! J’avais des fringales de ski, hélas nous n’étions pas équipés pour cela, et en outre on n’avait pas prévu de ‘journée de glisse’ dans notre semaine, ce que je regrette un peu, rétrospectivement.

 

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Le soir nous avons mangé à Cagne sur mer, dans une pizzeria où j’ai failli m’étouffer avec un « Calzone » trop gros pour moi ! Mais le pire restait à venir : au moment de payer, on a constaté avec affolement que Ni TiNours ni moi n’avions sur nous nos cartes de crédit. Lui était sûr d’avoir laissé la sienne dans la voiture, il est donc ressorti pour aller la chercher. Pendant ce temps je fouillais frénétiquement mon sac à dos parce que j’étais sûr et certain, moi, de ne l’avoir laissée ni à l’hôtel ni dans la voiture. Je nous voyais déjà empêtrés dans les procédures d’opposition et tutti quanti... Le patron était bienveillant et très rassurant : « Ne vous inquiétez pas, c’est arrivé aussi à mon fils pas plus tard que cet après-midi... L’essentiel est de ne pas paniquer, ça ne sert à rien... ». Et au moment où TiNours, revenu avec la sienne, payait, PAF, j’ai retrouvé la mienne au fond de la poche de mon manteau. Qu’est-ce qu’elle foutait là, mystère. En tout cas, on a l’impression dans ces cas-là qu’un poids de 100 kilos vous tombe des épaules.... Et puis, à quelque chose malheur est bon : en sortant du restaurant, sur le pas de la porte, on a pu longuement discuter des problèmes que peut causer la perte de ce style de choses avec le fils, qui travaillait là lui aussi : la trentaine, brun, 1m80 environ, yeux bleus... Lui en revanche n’avait pas retrouvé  la sienne. On l’aurait presque pris dans nos bras pour le consoler....

 

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Nous avons terminé notre périple dans l’arrière pays le vendredi, par les gorges de la Vésubie et la Vallée des Merveilles, bien nommée. Frustration de ne jamais avoir eu le temps d’explorer TOUS les petits villages perchés à flanc de montagne, parce que la nuit tombait vite après 18h, et que les routes étaient raides et sinueuses...

 

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J’adore les vacances d’hiver. Entre les excès gargantuesques de Noël et les marées humaines de l’été, je trouve qu’elles ont toujours un côté sauvage, perdu (en tout cas TiNours et moi avons toujours soigneusement choisi nos destinations dans cette optique) bien plaisant.

 

Et puis, la région de Nice, par association d’idées, m’a rappelé les premières semaines de mon blog. Et celui qui a été mon premier blogpote, mon premier copain, mon premier ami dans la blogosphère.

dimanche, 22 février 2009

Nice City

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Arrivés mardi dernier sur le coup de midi, après un rapide repas avalé dans un fast-food, nous nous sommes lancés, pleins de confiance, dans la belle ville côtière.

 

Le temps était magnifique, on a trouvé immédiatement une place en ville, un peu excentrée, mais peu importe : justement, après presque trois heures de voiture, ce dont nous avions envie, c’était de nous dégourdir les pattes ! Et on en a eu pour nice-17.jpgnotre argent. Je n’étais allé à Nice qu’une fois dans ma vie, quelques jours, lorsque j’avais 8 ou 9 ans (autant dire, il y a une éternité...). J’en gardais un souvenir très flou et vague, mais pas déplaisant. La ville est en fait un curieux mélange des clichés auxquels on se raccroche, et de surprises étonnantes. Elle foisonne de mamies bijoutées et de vieux messieurs péremptoires, c’est vrai. Mais on y trouve aussi un assez fort pourcentage d’immigrés (pour autant que j’aie pu en juger), et, bien sûr, de touristes. L’ensemble finit par constituer un patchwork  bien plaisant ! Le front de mer, j’ai pas pu m’en lasser. Contrairement à Deauville où la plage est morte et pue le fric sclérosé, il y a une vie incessante qui évolue, ondule, passe à toute vitesse, en un ballet plaisant : joggers, bikers, rollers, avec ou sans chiens (une composante essentielle dans le paysage !) tout ce monde se frôle, ondule, serpente, et se caresse avec légèreté. C’est fascinant. J’en suis même venu à apprécier les embouteillages (sur la Promenade) qui me permettaient de prendre le temps d’écarquiller les yeux devant ces vagues de Niçois et de touristes.

 

nice-3.jpgLa vieille ville, par laquelle nous avons bien sûr commencé, rappelle l’Italie (forcément) ce qui n’était pas pour nous déplaire, depuis que nous étions tombés amoureux de la Toscane, pendant l’été 2007.  Délicieuse impression de pénétrer dans des rues sombres aux hautes façades, avec le point de repère du ciel bleu et de la luminosité, loin au-dessus. Les rues désertes alternent avec des échos des grandes artères, plus bas, où les commerces attirent les gens. Les volets s’ouvrent vers le haut. Les petites épiceries improbables voisinent avec de vieux immeubles apparemment déserts, mais où l’on devine de la vie derrière les façades. Hum. On ne trouve cela qu’au bord de ma  Méditerranée chérie.

 

La colline du château, sans château, on l’a gravie à pied, dédaignant l’ascenseur. Le panorama sur la baie des anges et le cap d’Antibes, ainsi, bien sûr, que sur la ville elle-même, vaut largement les efforts. S’asseoir en haut, contre de vieux pins dont l’écorce conserve une sorte de chaleur. Rêvasser en regardant mourir l’après midi.

 

carnaval-de-nice-nuit%20(3).jpgAprès un solide souper pris à Pasta Basta, rue de la Préfecture, on avait besoin de perdre des calories. Là encore, nous sommes bien tombés : 21 heures, le défilé des chars du carnaval commençait. Ah c’est quelque chose ! Je l’avais déjà vu la première fois où j’étais allé à Nice, quand j’étais gamin, mais je l’avais oublié. Le carnaval est une tradition européenne et sud-américaine, d’après ce que j’ai entendu l’autre jour à la radio. Je dirais même que c’est éminemment méditerranéen. Défilé incroyable de machines toutes plus improbables les unes que les autres, avec des poupées russes (et un guignol-Poutine !) , un char de Zorro, un autre véhiculant les Mousquetaires, et, clou du spectacle, un dragon crachant de la fumée, qui est tombé en panne devant nous et a stoppé le cortège durant vingt bonnes minutes ! Les concepteurs doivent passer des mois à cogiter sur leurs effets spéciaux, c’est vraiment spectaculaire. On a ignoré le froid glacial pendant 90 bonnes minutes, entourés de gens hilares qui lançaient serpentins (en papier et en bombe !), confettis, au rythme des flonflons, tout ça dans une ambiance très décontractée et bon enfant. Pas une demi-gramme d’agressivité, où que ce soit. Un moment vraiment agréable.

 

Il n’y a eu que deux ombres au tableau : pour la première, je ne peux m’en prendre qu’à moi : j’avais oublié mon appareil photo à l’hôtel et j’ai donc dû me contenter de clichés piqués sur internet pour mon « reportage » ! La seconde : le fléchage est très mal fait dans la ville. A pied, aucun problème, on peut prendre son temps. En voiture, c’est affreux : les croisements se suivent et s’imbriquent à toute allure, et il faut vraiment être du coin pour pouvoir repérer à l’avance les voies sur lesquelles il est bon de s’engager, sous peine d’être obligé au dernier moment de tourner à gauche, ou à droite, et d’être aiguillonné dans une mauvaise direction. De plus il est ensuite hyper-difficile de revenir sur ses pas.

 

Le lendemain, je n’avais pas oublié mon Nikon. Monaco, son prince et son rocher nous attendaient.

 

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