dimanche, 30 novembre 2008

Vilaine

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Mélanie Lupin, jumelle en négatif d’Amélie Poulain, décide un beau jour qu’elle en a marre d’être moche, trop gentille, et, de fait, exploitée par tous ceux qui la connaissent. Elle se lance donc dans une croisade de vengeances et de coups bas afin de se faire plaisir et de retrouver une autre forme de dignité dans la méchanceté.

 

Franchement pas convaincant, à mon humble avis. J’avais beaucoup apprécié Marylou Berry dans « Comme une Image » où elle incarnait de façon très juste et sans fausse note une jeune fille peu gâtée par la nature. Or, le personnage et l’histoire de cette Mélanie sonnent faux de A à Z. Face à tout ce qu’elle doit subir de la part des gens qui gravitent autour d’elle (au départ) il est absolument inconcevable qu’elle n’ait pas pensé à se révolter bien avant. Elle, elle est bien trop gentille, et son entourage beaucoup trop affreux. C’est TROP, et tout le potentiel de crédibilité de l’histoire s’effondre très vite. Que ce soit avec son patron (un gérant de bar station service), bellâtre exploiteur et fainéant, ses ‘amies’ , trois pétasses hystériques et sadiques, marinant dans la méchanceté caricaturale, ou sa mère, une cossarde qui lui fait faire son ménage,  le scénario pousse le bouchon beaucoup trop loin. On n’y croit pas une seconde. On a l’impression de voir défiler une sorte de patchwork d’Amélie Poulain (bien sûr, mais ça c’est voulu, donc pas grave), mais aussi de Tatie Danièle, Plus belle la vie, les Filles d’à côté, bref un condensé de toutes les « Franchouillarderies » censées plaire au ‘grand public’ de nos jours. Au final, le film laisse une impression d’inachevé, ou plutôt de mal conçu. Quelques bonnes idées de gags (trois ou quatre chansons célèbres en toile de fond bien adaptées pour certaines situations, ou les relations de l’héroïne avec les animaux, ou ses errances sur les chats internet, notamment) sont noyées dans un torrent de clichés et de dénouements très prévisibles. Pas marrant.

 

Pour couronner le tout, dans le cinéma, avec nous, il y avait trois ou quatre « Franchouillards », justement, qui se gondolaient de joie à chaque gag et le faisaient savoir à haute voix : « Aïe ! elle a fait mal celle-là !! » « Ohlàlà, ça va chauffer !! » « Attention, son portable sonne !! » « Bravo, cogne-là ! ».  On baignait dans la Beaufitude…

 

Le rôle de  la fille au physique ingrat, j’espère que Marylou Berry va avoir la possibilité de tirer un trait dessus. Elle est vraiment talentueuse et mérite bien mieux que ce style de personnage convenu et trop facile.