dimanche, 22 mars 2009
Du rose au jaune, ou : les couleurs du temps (2)
Non, ce n’est pas de fleurs qu’il s’agit, malgré l’arrivée du printemps.
Il y a 15 mois, en janvier 2008, je faisais ici le serment de modifier avant la fin de l’année notre hall d’entrée et notre couloir, qui, bien avant que nous n'emménagions, avaient été badigeonnés (au torchon, qui plus est !) dans un rose tyrien horrible. Affreux. Epouvantable. A vomir. Chaque fois que de nouveaux invités arrivaient chez nous, j’avais honte de les faire passer par cette « cage » horrible, le rose accentuant l’impression d’exiguïté.
Ca y est. C’est fait. Depuis bientôt un mois. On ne savait pas trop à quel entrepreneur s’adresser. Un peu comme pour un médecin, un conseiller fiscal, un notaire : tout ce qui touche à la vie intime, je n’aime pas le mettre entre les mains d’étrangers, voilà pourquoi j’apprécie de pouvoir avoir des amis appartenant à ces catégories socio-professionnelles. Et puis, quoi de plus intime que sa propre maison ?
Miss B. qui bosse avec moi, vit avec son mec, Hans, un Allemand qui sait tout faire. Mais quand je dis tout, c’est bien TOUT. Peinture. Plomberie. Electricité. Toitures. Réparation mécanique. Ferrer un cheval. Egorger un cochon. Faire du pâté. Elaguer des arbres. Les traiter. Les replanter. Pardessus le marché, il parle couramment trois langues et est un as en informatique. Eh oui, Msieurs-Dames, ça existe, des perles pareilles.
Alors, à force d’entendre vanter les capacités polyvalentes de Hans, j’ai demandé à Miss B s’il ne voulait pas venir faire un devis chez nous. Ils sont venus avec leur petite fille, le soir du samedi de la coupure de courant, vous vous souvenez ? Et après nous avoir fait parvenir un devis très raisonnable, Hans a débarqué chez nous, au début des vacances de février, pour la Grande Guerre du Rose et du Jaune. Avec victoire de ce dernier.
Pourquoi jaune ? Ben, d’abord c’est une couleur que j’ai toujours bien aimée. Ensuite, on voulait donner un côté lumineux à l’entrée et au couloir, pour les faire paraître plus vastes, moins exigus. Enfin, on ne voulait pas de blanc, pour éviter la sensation « hôpital ». On avait déjà repeint chambre et bureau nous-mêmes en blanc, il y a deux ans (après avoir arraché des tapisseries saumon et verte...) en égayant l’ensemble avec des pochoirs. Alors, du blanc partout, non. Pour donner de la lumière, il restait le jaune clair, avec des variations de nuance autour des portes : qu’en pensez-vous ? Bien sûr, il va falloir qu’on rajoute des décorations et des cadres ici et là, mais déjà notre moral s’améliore lorsqu’on rentre à la maison. On est tout surpris ! Ce que c’est bien par rapport à avant....
Et puis, côtoyer Hans pendant trois semaines, ça a été un véritable plaisir. Quelquefois il amenait des plats cuisinés, et tenait absolument à les partager avec moi. Ou bien, quand TiNours était là, on se faisait des bouffes sympas à trois, avant sa pause-cigarette. J’aimais bien l’écouter. Un ex-soixante-huitard dans toute sa splendeur. Catogan, vêtements décontractés. Il a roulé sa bosse en Europe, il a retapé de vieilles maisons dans des coins perdus de Dordogne, de Lozère. Des chiens, des chèvres, etc. Il a été marié une première fois. Il a deux grands enfants. Maintenant, il s’est reconstruit une autre vie avec Miss B, ils ont une petite fille, adorable. L’autre jour, en écoutant aux informations l’histoire de Xavier Fortin, je l’imaginais trait pour trait semblable à Hans.
On l’a tellement apprécié, qu’on lui a laissé les clés de notre maison pendant notre semaine de vacances à Nice. Et puis, il va falloir refaire une partie du toit. On a pris rendez-vous pour un nouveau chantier ! Un vrai bonheur de se dire qu’on a trouvé un « ouvrier » sérieux et fiable. Et marrant. Mais aussi et surtout, un ami avant tout.
Etre un manuel polyvalent. Une lacune chez moi, que je ne saurai jamais combler. J’admire ça chez les autres. Chapeau bas, Msieur Hans. On espère vous conserver longtemps parmi nos potes.
Pour conclure en persistant dans l’optimisme, j’ai repris la même photo que celle que j’avais publiée le 5 janvier 2008, depuis la fenêtre de mon bureau, en vitupérant sur ‘les couleurs du temps’. Bien plus sympas aujourd’hui, les couleurs en question, n’est-ce pas... ?
11:34 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : hans, miss b., peinture, travaux