samedi, 14 novembre 2009
Fiso en trois actes
L’intrigue : Au cours de l’une des étapes de son tour de France professionnel, une blogueuse qui croque la vie avec gourmandise vient rendre visite à deux ours dans leur tanière.
Acte 1 : La météo n’est pas terrible, et TiNours m’appelle pour me dire que son train est encore en rade. Je vais le chercher au tram. Entretemps Fiso, bataillant avec son GPS, a retrouvé le chemin de Graal-Land. On se retrouve, elle et moi, au clair de lune sur la place devant notre portail « chabada bada, encore une fois bada bada, dabada bada, un homme... une femme... ». Et puis elle me complimente sur mon bouc ! Décidément les avis à ce sujet sont TRES divers et partagés ! Bisous, retrouvailles avec mon mari, et on fonce à trois, faire les courses pour le repas du soir. Plein de bonnes choses. En vrac, et au hasard, des chanterelles fraîches, du rôti de veau pour y découper des grenadins, une sublissime tarte géante aux fruits d’automne qui nous tendait les bras en nous criant « Mangez-moi ! ». On n’a pas eu le cœur de la laisser orpheline...
Ca change, d’avoir une femme à la maison. J’aime bien, et TiNours aussi. Ca apporte une touche exotique au sein de notre foyer ! Elle propose gentiment de nous aider dans les préparatifs culinaires, et j’adore lui répondre « Sois belle et tais-toi ! ». Mais on a tout de même consenti à lui laisser disposer les fruits de mer sur le plateau, et à nous lire à haute voix la recette des grenadins de veau aux girolles pendant qu’on s’activait autour des fourneaux. Le résultat, c’est une soirée toute en douceur, où les bons plats s’enchaînent, avec des vins qui font s’exclamer de bonheur la jolie dame... Trois composantes épicuriennes immortalisées par mon numérique ! Le vin, c’est du rouge du domaine de Faugères, cuvée 2006. Le décolleté de Fiso, toujours aussi irréprochable et affriolant. L’assiette, TiNours m’a fait remarquer en regardant la photo qu’elle ressemble à la présentation d’un kebab, mais ça n’a rien à voir ! Ne confondez pas une vulgaire sauce blanche industrielle avec ma sublime sauce crème au cognac et au poivre vert, ni mes champignons (25 euros le kilo !!!) avec des bouts de viande découpés. Ah mais...
Sur le coup des minuit, Fiso s’enfuit, mais on se bise le sourire aux lèvres et sans désespoir au creux du cœur, parce qu’on sait qu’on va se retrouver le lendemain.
Acte 2 : Il a fait beau toute la journée, et vers les 17h on retrouve Fiso à son hôtel, à une dizaine de kilomètres de la maison. C’est le grand luxe, avec golf, piscine, jardins, et même un spa à l’intérieur ! C’était là qu’elle voulait nous inviter, la coquine. On a donc essayé, en sa compagnie, jacouzi bouillonnant, hammam transpirant (j’ai pas pu tenir plus de dix minutes, ni TiNours ; Fiso, elle a été plus résistante) piscine chauffée, douche, lors d’un petit circuit sympa où l’on évoque nos souvenirs communs en ces lieux divers. TiNours nous décrit des films d’horreur où les gens sont enfermés dans des hammams par des sadiques qui montent la température à fond depuis l’extérieur (ce genre d’idée fait monter la tension et la pression, en plus !). Fiso essaie de prendre des photos, elles sont tout embuées, pas de risque de violation de notre image privée si elle publie ça sur son blog ! Dans le jacouzi je repense à Heather, mon Américaine, avec qui j’avais eu envie de faire l’amour dans le bain bouillonnant de la maison hyper-luxe où je logeais, et ça n’avait pas été possible, parce qu’elle avait ses ragnagnas ce jour-là... Et moi je repartais deux jours après... Elle m’avait cassé mon phantasme de sexe luxueux, de luxe sexuel, façon Dynasty... lol
Le soir, bien détendus par toute cette vapeur, nous nous retrouvons au restau de l’hôtel, avec un pote de boulot à elle. Le courant passe immédiatement. Il est marié à une prof, ça crée des liens ! Et c’est reparti pour un moment agréable où l’on discute de nos professions respectives tout en nous faisant goûter nos plats respectifs... une mention spéciale pour l’avocat en croûte sur sa salade, que nous avons tous essayés (sauf Fiso, mais elle en avait mangé la veille, et nous en avait fait une description extatique... elle avait raison, c’est EXQUIS !).

Acte 3 : Fiso finissait sa semaine de boulot le vendredi après-midi et devait regagner ses brumes parisiennes le soir même. Moi qui ai la chance de finir à 12h30 ce jour-là, j’avais pensé qu’on pourrait glisser encore un petit repas en amoureux, elle et moi. On s’était donc donné rendez-vous là où elle faisait sa formation. Mais, voyez-vous, quand elle m’a dit qu’elle bossait au MaxiCarouf d’Enguières, moi j’avais compris le MégaCarouf de LeBrée. La confusion n’est pas si étonnante, vous savez. Déjà pour moi la différence entre « Maxi » et « Méga », en matière de supermarchés, elle me passe à 100 km au-dessus de la perruque. Ensuite, les communes de LeBrée (où je bosse) et d’Enguières, sont limitrophes. Qui aurait pu imaginer que Fiso et moi ne parlions pas du même Carouf ? Je me suis donc comporté comme un goujat en faisant attendre une demi-heure une jolie dame, qui a quand même fini par commencer à manger sans moi, elle a eu bien raison. Je suis arrivé hors d’haleine et le gérant m’a souri en me disant, avant même que je n’ouvre la bouche « Vous êtes attendu »... OUPSSSS ! J’étais mort de honte mais j’ai été pardonné, enfin j’espère. On a tout de même pu passer une demi-heure ensemble, autour de plats exotiques variés et délicieux, encore une fois. Elle m’a invité, ma Fiso, est-ce que j’ai pensé à lui dire merci ?
Fiso, c’est un oiseau qui s’envole toujours trop vite. Elle se pose, on voudrait lui caresser les ailes, on tend la main, hop, elle a déjà repris son vol.
Fiso, un jour, elle est devenue ma sœur.
La serrer dans ses bras, c’est un privilège rare et précieux. Que j’apprécie à chaque fois. Et je ne suis pas le seul, TiNours en veut sa part.
Jusqu’à la prochaine fois, ma toute belle.

20:47 Publié dans Les blogpotes à Lancelot | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : fiso, restaurant, gastronomie, amitié
jeudi, 28 mai 2009
Sunday Happiness

J’avais déjà écrit une note un peu indentique l’an dernier au lendemain de la fête de la musique, oui, et puis après ?
On ne va tout de même pas bouder devant le caractère récursif, "cyclique", même, du bonheur.
Les détails similaires :
-Une météo parfaite.
-Une eau à la température idéale.
-Un super-bon repas (bon, là je m’envoie des fleurs, mais si j’en juge d’après l’état des assiettes, que ce soit après le déjeuner ou après le souper, les convives n’ont pas été trop déçus... D’ailleurs c’est surtout le Chef TiNours ( photo côté Nord-Ouest) qu’il faut féliciter pour sa sublime daube d’agneau au curry. Moi (au Nord-Est sur la photo) je m’étais cantonné au dessert : tarte aux poires et à la noix de coco).
-Des invités de marque.
-Des fous-rires.
Les détails qui changent tout :
-Cette année Mimi (la talentueuse photographe) et Noël (le météore volant sur la photo) ont amené un sixième convive, bien caché.... Oh, plus pour longtemps. Deux semaines encore... ? Et puis il nous montrera le bout de son mignon nez que nous avons déjà entr’aperçu, échographie oblige.
-Ma Soeurette de Blog (photo, au Sud Est ! ) est venue nous rejoindre en fin de repas, et a pu prendre le dessert avec nous, et prolonger ça sur un après-midi de soleil, baignade et farniente intense, ainsi que sur une délicieuse soirée au clair de lune sur la terrasse, avec grenouilles en fond sonore, pour ajouter au romantisme des étoiles..
-Fiso avait amené une boîte de macarons de chez Ladurée : si seulement ils pouvaient mériter leur nom.... on voudrait que ça dure toujours !!! Excusez mon ignorance crasse de provincial, Msieurs-Dames, je ne connaissais pas la marque. Pour reprendre une expression à elle : ces gâteaux-là, ils déchirent leur race !!! TiNours et mi avons héroïquement réussi jusqu’ici à faire durer la boîte depuis qu’on l’a... on en prend un, deux maximum, et puis on la referme très vite et on la cache : à mourir de bonheur tellement c’est bon...
Alors, au total, un dimanche comme on aimerait en revivre tous les jours...
Merci, qui que tu sois...
PS : Oui je sais, Noël, tu vas me dire que je n’ai pas publié les photos compromettantes de nos ébats, à toi et moi, dans la piscine. Mais comme tu vas bientôt endosser le rôle respectable de Papa, je ne voudrais pas que ces clichés nuisent à ta réputation sans tache et que Junior ait à en souffrir plus tard... La censure a donc fonctionné ! Les bacchanales des phoques dans leur bassin devront continuer à circuler sous le manteau...
00:25 Publié dans Les extases de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : mimi, léon, fiso, été, piscine, amis
jeudi, 30 octobre 2008
Fiso, Lancelot et la météo, eh oh !
Lundi :
Matinée brumeuse, atmosphère humide. Je me rends à la gare en regardant le ciel avec inquiétude. Que décidera-t-on, en haut lieu ? Quels auspices, quelles couleurs du temps vont venir teinter cette parenthèse de bonheur de l’avoir avec nous, elle qui est si rare ?
J’attends appuyé à un pilier du quai. Elle arrive, souriante et détendue « Tu ne me voyais pas ? » Ben non, j’étais trop occupé à te regarder…
Les nuages laissent entrevoir des lucarnes de bleu sur l’esplanade de Saint Roch. Il fait frais, mais on se réchauffe en parlant, en marchant vers le Grenier. TiNours va venir nous y rejoindre. Comme d’habitude avec elle, il n’y a pas de temps mort. Comme toujours avec moi, il n’y a pas de blancs. Et dès qu’il s’est joint à nous, la balle de la connivence à trois rebondit dans la chaleur de la salle, auprès de la convivialité un peu bourrue de la patronne, qui « ressemble à Bénédicte » Tiens c’est vrai ! Une brise de Paris-Carnets flotte dans l’air…
Et, bien sûr, la bonne humeur entraîne la météo dans son sillage : le soleil resplendit, la température remonte en flèche. J’ôte mon blouson en ressortant, elle son écharpe. TiNours retourne travailler, mon Nours…. Pas de chance. On se retrouvera ce soir.
Place de la Comédie, la lumière d’un automne encore chaud nous environne. Vue panoramique des quartiers des Aubes, comme une animation satellite, depuis la terrasse qui surplombe le Corum. On arpente Montpellier. Ma honte d’être encore capable de m’y perdre. Mais c’est amusant aussi, de musarder à deux, d’être deux touristes sur un pied d’égalité, à la recherche de la cathédrale St Pierre. Fiso-flash, Fiso-extase, Fiso-photo.

Passage par les jardins du Peyrou, après un café gourmand comme une boule de neige. Lodovicus Magnus sur son cheval, bravant les éléments. Et la re-découverte du bel aqueduc, un des monuments que j’aime le plus à Montpellier.
Après un passage éclair chez les gays, attablés en terrasse, et une dégustation-test-surprise de biscuits miel-céréales, (« le trouvez-vous trop craquant, assez craquant, craquant, peu craquant, pas du tout craquant…. ? »), on redescend chercher TiNours qui prend les commandes de la voiture. L’air frissonne et semble se rafraîchir à nouveau. Qu’importe, on cocoone, bien serrés dans la petite Clio.
Mardi :
Vent fort, mistral force 8. Temps humide. Les températures chutent. Sortirons-nous ? On passe la matinée à se le demander. Pour oublier le gris, elle fait naître des bleus sur l’écran, sur le clavier de mon pc qui n’a pas l’habitude de son style doux. De mon côté je m’active à la cuisine, en chantant à pleine voix en karaoké sur mes CD. Lalanne, Phil Collins, Duran Duran, Kate Bush, tout y passe… Elle rit, la Petite Sœur. Aux éclats. « Tu t’éclates en cuisine et en chansons ? » Ben oui. On reçoit ce soir. Cuisiner m’apaise. Chanter m’enchante. Et la savoir là, tout près, ça m’amuse et me réjouit.
« …L’ami, j’me suis shooté pour rien… »
« …Saupoudrer les fruits rouges de vergeoise… »
« ….l’ami, j’ai comme une crampe au cœur, à vouloir trop me faire du bien…. »
« …mélanger le beurre ramolli avec 150 g de sucre et 200 g de farine…. »
« …. J’me suicide au marteau piqueur… »
« …répartir le mélange sur les fruits dans un moule beurré… »
Bon, le résultat (et les commentaires le soir) valaient quand même bien que je me défonce :

L’après midi, le ciel est de plus en plus noir. La dépression tente une percée. Seuls dans la salle à manger, assis face à face dans le demi-jour qui s’éteint, nous glissons vers les confidences tristes. Les cœurs lâchent leurs béquilles, les âmes fondent un peu. La pluie coule sur les portes-fenêtres. J’écoute ses mots pleins de souvenirs brillants, sanglants, je suis attentif. J’interviens, je pose de temps en temps des questions. Sa voix se brise un peu, comme un nuage trop gorgé d’eau. Moi aussi, sans presque m’en apercevoir, je sens les flaques de mes yeux se remplir et déborder doucement. Trop-plein d’émotions réciproques. Je tends la main, je caresse ses doigts qui frémissent un peu, chagrin captif. Et tout à coup, un éclair dans ses yeux verts, une nouvelle vanne s’ouvre, et on éclate de rire en pleurant, comme des giboulées…
Mercredi :
Alternances de passages nuageux et d’éclaircies. Il fait froid. TiNours est resté ce matin pour pouvoir se reposer après le souper entre amis, prolongé tard la veille. Il faut tout de même prendre tôt notre déjeuner, car il reprend le bureau à 13h30. Après l’avoir emmené à Montpellier, je rejoins Petite Sœur qui me fait explorer les cyclones du Monde des Blogs. Le Blog-Monde. Le Beau Monde. (« Car je suis plus mince que vous, plus belle que vous, et les hommes aiment mon corps… »). Je m’esclaffe, je me tords. Peut-on imaginer écrits plus ineptes…. ? Lancelot se retransforme illico en Bozo. Photos de pleines lunes, et commentaires de chiens qui hurlent après la Lune. Talons aiguilles, dessous chics. « Rendez vous au petit Trianon, j’y serai, là… dans un lit à baldaquin, pour rêver à des étreintes Moyenâgeuses. J’y serai, là… Dans la baignoire mousseuse de la suite royale au Carlton, j’y serai, là …et aussi au cœur de la savane en feu, pour y faire l’amour comme deux bêtes sauvages affolées, car j’y serai, là… »
Le temps est très instable, mais on décide de braver les éléments. Après tout, Fiso n’a pas encore vu la Méditerranée depuis qu’elle est arrivée. Elle ne peut pas décemment repartir demain en ayant raté ça. Direction, la plage de Palavas et la cathédrale de Maguelonne. Froid mordant, on essuie même quelques gouttes de pluie, mais rien n’entame notre bonne humeur et nos bavardages. On blague, on blablate, on blogue à l’oral. On blablogue. Mérites comparés d’artistes variés du web. « J’adore le style de Carcafouille » « Ah oui, et tu connais Ptitvier Mou, ce vieil alcoolique libidineux ? » « Moi une que j’ai en horreur c’est Mzelle Nitouche, elle laisse toujours des commentaires à la con ». « Attends, tu n’as jamais lu ceux de PineurMan ? Lui il tient un blog soi-disant érotique mais depuis le temps il n’érotise plus que lui-même… »
La mer est étale, vierge aujourd’hui de tout baigneur. Aucun kite-surfeur, pas de hors-bords. Que des galets, paisiblement étalés sur la plage, et elle invente un jeu, auquel nos appareils numériques refusent de participer. Pour finir, on les a eus !
Jeudi :
Il ne pleut plus, mais il fait sombre. Et froid. (5° !) Et gris. Pour la dernière fois cette année, nous errons côte à côte dans le froid mordant des rues. On se réchauffe, dans un café sur la place. Dans un Virgin au rayon des bouquins érotiques (oui, l’érotisme, encore et toujours…). Dans un snack où elle commande des en-cas libanais.
Pour finir, câlins sur un quai de gare bien froid. Pour elle, direction Bordeaux, où les racines de son arbre généalogique la réclament. Quand la reverrai-je, ma Petite Sœur ? Elle sait tellement bien me faire rire, sortir de moi-même, décortiquer les faux-semblants, débusquer les faux-fuyants.…
Elle a aimé mon TiNours, elle a aimé chez nous, elle a aimé notre cuisine.
Elle nous a laissé un magnolia, comme une promesse de retour.
Ce soir, on s’installe dans l’automne et on attend sereinement que l’arbre refleurisse.

20:02 Publié dans Lancelot en vacances | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : fiso, vacances, montpellier