jeudi, 13 août 2009
Des mosaïques
Jeudi 30 août
Nous sommes partis ce matin pour la villa Casale, à une trentaine de km au Sud-Est d’Enna, ville située presque au centre de la Sicile.
J’avais pris le volant et j’ai eu pour la Xème fois l’occasion de vitupérer contre les panneaux routiers italiens . On ne cesse de faire allusion au fait que les Siciliens conduisent comme des fous. Ce n’est pas ce qui nous dérange le plus ! Ca, on s’y fait. Non, le drame, le cauchemar, même, ce sont les panneaux indicateurs qui sont soit inexistants, soit cachés par les arbres, soit écrits en caractères microscopiques. C’est abominable lorsque l’on est dans une grande ville et qu’il faut effectuer rapidement un choix de direction. Nous sommes ressortis de Piazza Armerina et avons dû revenir en arrière pour trouver le bon embranchement en centre ville, passage obligé pour se rendre à la Villa Casale. Si vous passez dans le coin et que vous recherchez le site vous aussi, ne ratez surtout pas ce panneau, sur votre droite, en plein centre, à Piazza Armerina ! Le manquer m’a coûté une bonne dose de hurlements, glapissements divers, et deux bons litres d’adrénaline.
Fin de mon coup de gueule.
La Villa Casale est une merveille à ne rater sous aucun prétexte, si comme moi vous êtes fans de mosaïques. Au British Museum en mars, en me voyant m’extasier devant elles, Betty m’avait dit : « Il faut absolument que tu ailles en Sicile si tu aimes ça ». J’ai suivi son conseil ; bien m’en a pris, pour beaucoup d’autres raisons. Mais la Villa Imperiale (son autre nom) est effectivement une splendeur pour les amateurs de ce style d’art. J’ai toujours aimé le côté à la fois naïf et artistique des représentations. Les figures humaines m’évoquent toujours ce côté appliqué et propret des dessins publicitaires des années 50, avec à chaque fois une précision et une douceur dans l’aspect final, qui me fascinent.
La villa date du IV° siècle ap JC. Le propriétaire en était sûrement un sénateur, membre de la classe aristocratique de l’époque. La propriété s’étend sur 1.5 hectare et le bâtiment s’organise principalement sur 4 éléments principaux, selon un plan délibérément irrégulier. Elle a été découverte en 1929 et remise en valeur à partir de 1954.
Les visiteurs déambulent sur des échafaudages permettant une vue en hauteur des mosaïques, sous des verrières. Nous y étions entre onze heures et midi, ce qui avait deux inconvénients : il faisait bien sûr très chaud ; mais surtout, le soleil dessinait des jeux de lumière et d’ombre sur les carrelages, ce qui a nui à mes photos.
Selon certaines études, le propriétaire pourrait être cet homme, au centre, représenté lors d’une chasse. Incroyable de se dire que plus de mille six cents ans après, sa maison et son portrait ont subsisté alors que son nom et sa vie ont été oubliés. Reconnaitrait-il les restes de sa villa où déambulent tranquillement une horde d’étrangers effrontés, armés de numériques ?
L’après-midi : Enna, la Centrale, la Magnifique, la Belle Assoupie.
Comparée à la beauté agressive de Catania, Enna m’a fait le même effet que Sienne après Florence, il y a deux ans. L’impression d’une ville sage, douce, et bienveillante, qui prend les voyageurs dans ses bras avec amitié. Qui les invite à admirer, découvrir, s’étonner et sourire sans jamais s’abîmer dans la fatigue ou le stress.
Moment magique, hors du temps : assis dans un coin d’ombre au pied du Castello di Lombardia, vers les 15h, surplombant une vallée splendide écrasée par la torpeur de cet après-midi d’été, TiNours et moi nous rendons compte que nous sommes pratiquement au centre, au cœur de l’île. Et tout vibre de silence autour de nous.
Mmmm.
00:10 Publié dans Les extases de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : mosaïques, enna, piazza armerina
