dimanche, 29 mars 2009
Histoires d'eau

Hier, à l’initiative de la World Wildlife Foundation, le monde entier (ou une bonne partie) coupait l’électricité pendant une heure. Résultat enregistré, -1% de consommation en France par rapport aux chiffres habituels à 20h30 sur l'hexagone.
Eh ben TiNours et Lancelot, ils ont fait encore mieux.
Une heure d’EDF en moins : quelle idée ! Nous avons eu une idée encore plus grandiose : 48 heures de consommation d’eau réduite au strict minimum. Plus rien ne sort des robinets. Il faut aller chercher quelques seaux d’eau au puits (ou presque...). La vaisselle se fait à la bouteille. La douche, interdite : on utilise des gants de toilette dans un lavabo rempli à moitié. La lessive, tant pis, elle attendra.
Bien sûr, c’est une initiative que nous avons prise contraints et forcés, mais, au final, seul le résultat compte, non ?
Tout a commencé lundi dernier : il y avait une petite fuite bizarre dans le garage. Examen fait des tuyaux, cela semblait provenir de la conduite d’eau chaude. Qu’à cela ne tienne, une petite soudure et ça repart.
Hélas, la petite soudure a recommencé à laisser perler, filtrer, couler de l’eau dans la journée de vendredi, jusqu’à ce que la conduite explose en cataractes. Je n’étais pas là, parti aux courses. Par chance, TiNours venait de finir de prendre sa douche, et s’est précipité, armé de serpillières, raclettes, seaux, et tout ce qui va avec. Après avoir, bien sûr, coupé l’alimentation en eau de toute la maison.
Bon, il n’était plus question de soudure à la sauvette. Notre Hans national, contacté, ne pourra pas venir refaire le tuyau avant lundi soir. Il a sa vie aussi, c’t’homme, c’est sûr. Eh ben, en attendant, on a tout de même de la chance : nous avons une autre source d’eau au fond du jardin, qui ne dépend pas de l’alimentation en eau potable. Il faut aller remplir des seaux. Bon, c’est plutôt amusant, non ? Ca rappelle l’époque des pionniers...
Eh oui, sauf que... La météo s’en mêle, histoire de compliquer les choses. Alors que toute la semaine avait été radieuse, hier samedi il s’est mis à tomber des trombes de pluie. Littéralement. De quoi on se plaint ? On voulait de l’eau, Dieu nous en envoie ! Sauf que : nous, on en voudrait à l’intérieur, et on nous en sert à l’extérieur.
Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c’est délicieux de courir sous la pluie pour aller remplir des seaux et des jerricanes à l’autre bout du jardin, de rentrer tout « trempassassé », en faisant attention à ne pas faire déborder les seaux, et en laissant malgré tout des traces partout sur le beau sol bien propre, pour s’apercevoir 10 minutes après qu’il faut retourner en chercher parce que la vaisselle, après l’avoir lavée, il faut la rincer....
Et puis, bien sûr, l’eau, pour certaines choses (plats gras par exemple...) il faut la chauffer....
Et il faut aussi faire la vaisselle à deux : l’un verse les marmites d’eau (chaude ? trop ? pas assez... ?), l’autre maintient les ustensiles de cuisine sous la cascade. Là aussi, faire attention à ne pas éclabousser partout.... faire couler doucement, doucement....
Le pire, c’est lorsqu’on veut se rincer les mains : on a dû machinalement ouvrir mille fois le robinet et ponctuer ça d’un « Merde ! c’est vrai... » désespéré au cours du week-end (et ce n’est pas fini...). On a utilisé énormément de Sopalin... Ah et puis j’oubliais de vous parler des WC, où l’on a entreposé un énorme arrosoir.... qu’il faut retourner remplir régulièrement... Je vous passe les détails....
Mais ! A quelque chose malheur est bon. C’est tellement horrible de devoir ressortir chercher de l’eau, qu’on l’économise au maximum ! On ne se rend compte de la dépendance que l’on a par rapport au robinet, ou à l’interrupteur électrique (ça, on avait testé il y a quelques semaines aussi, lors de la panne géante du samedi après-midi...) que lorsque l’on n’y a plus accès. Je serais très curieux de pouvoir comparer notre consommation d’eau de ce week-end très spécial, à celle que nous faisons d’ordinaire. Hélas, impossible.
Il n’empêche, on positive : nous aussi avons œuvré pour la planète, à notre façon, et on s’est musclés en allant remplir nos seaux et nos arrosoirs. Pas trop loin, je dois le confesser. J’ai honte quand je repense à ce reportage que j’avais vu il y a un ou deux ans, sur une femme en Erythrée qui partait tôt le matin pour aller chercher de l’eau à un puits distant de plusieurs kilomètres, et ce quotidiennement.
Chap'eau bas.

16:45 Publié dans Emmerdes au quotidien | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : eau, coupure, edf, wwf
lundi, 26 janvier 2009
Ambiance panne
Samedi après-midi, la tempête annoncée par Météo-France s’est déchaînée sur l’Hérault.
Les tuiles volaient, les chiens aboyaient, les alarmes des voitures se déclenchaient, les enfants hurlaient... (bon oui j’exagère, mais à peine...) Au milieu de toute cette panique, TiNours et moi avons tout de même réussi à conserver un calme olympien, en nous souvenant de Dorothy dans le Magicien d’Oz, quand la tornade arrive et que sa maison décolle du Kansas et est emportée au pays des petits Munchkins... quand elle atterrit, elle écrase la méchante sorcière de l’Est... On rigolait comme des fous en évoquant tout ça et en préparant à l’avance le repas du dimanche (quiche au thon, porc au curry, panacotta), quand tout à coup nos rires se sont figés nets : la musique s’éteint, plus d’électricité.
Evidemment, par ce temps-là, on risquait davantage une coupure EDF que des millions au loto. Ca n’est pas bien grave, me direz-vous. Mais notre hilarité a été coupée net, et pour cause.
Un détail important, c’était d’anticiper la durée possible de la panne. Parce que figurez-vous que chez nous, tout, tout, absolument tout, fonctionne grâce à la fée électricité.
Alors d’abord, la chaîne stéréo s’éteint. Bon, pas grave. Si Fiso était là, elle pourrait témoigner : je fonctionne très bien en mode karaoké, même sans musique de fond. La chanson, je peux assurer « a capella » comme on dit. TiNours, indulgent, fronce le nez et continue à éplucher ses tomates, en refrénant une furieuse envie de... de RIEN, mauvaises langues....
Constatation numéro deux, nos préparations culinaires sont en souffrance. Alors on met les légumes épluchés et crus, ainsi que la viande en cubes, dans des plats qu’on recouvre d’un film plastique, et on range la tarte prête mais non cuite dans le frigidaire, qui est éteint aussi, au fait. Vite refermer la porte, pour qu’il ne perde pas trop rapidement le froid à l’intérieur...
Constatation numéro trois : en attendant, on ne peut se distraire ni en regardant la télé ni en surfant sur internet. Oui je sais, vous me direz : quand on est seuls à deux, il y a d’autres distractions possibles. Simplement on s’était déjà levés à 11h du matin après avoir longuement « pratiqué » cette activité-là depuis notre réveil, vers 9h environ....
Constatation numéro 4, la plus ‘angoissante’ : on était prudemment restés dans la cuisine afin de moins ‘disperser’ l’énergie, car chez nous le chauffage aussi est UNIQUEMENT électrique. Aucune possibilité de se rabattre sur une cheminée à bois ou un poêle à pétrole. Et la température descendait doucement mais sûrement de quart d’heure en quart d’heure : 19°, 18°, 17°.... La panne avait commencé à 15h15, il était 17h30... et ça durait, ça durait....
Je me donc suis mis à corriger des copies (à défaut d’autre chose...) pendant que TiNours déployait un journal. Mais là aussi, il ne fallait pas croire que ça allait être si facile : le jour baissait, baissait.... On a pris chacun une bougie pour nous éclairer.... Tout ça avait des allures de Paris sous l’occupation, c’était palpitant... « Et au fait si on est obligés de faire un repas froid ce soir, qu’est-ce qu’on mangera ? Il n’y a rien pour faire des tartines... » « Et si ce n’est pas revenu quand on va se coucher, on a intérêt à mettre une double couette... » « Et les stores électriques, on ne pourra pas les refermer à la main, on va devoir utiliser les gros volets en bois qui d’habitude restent toujours ouverts... » Oufff....
Le pire c’était surtout qu’un copain devait passer vers 19h pour nous faire un devis sur des travaux chez nous (couloir et hall d’entrée à repeindre) et je sentais qu’on allait devoir lui faire faire la visite à la bougie ! Ca allait être gai ! On a eu envie de l’appeler pour lui dire que dans ces conditions ce ne serait pas la peine, mais nos téléphones fonctionnent eux aussi à l’électricité, et le portable de TiNours avait bien sûr sa batterie à plat.... Affreux, affreux je vous dis. Heureusement lui s’est rappelé qu’on avait conservé un providentiel vieux téléphone-coucou fonctionnant sans électricité. J’étais en train de mettre une caisse sens dessus dessous pour le retrouver, quand tout à coup, miracle de la technique, l’électricité est revenue. Aaah, extase. Au bout de deux heures et demie, tout de même...
Constatation rétrospective : si la panne avait perduré jusqu’au lendemain on aurait été obligés de prendre notre douche à l’eau froide... Brrr
C’est dans des cas comme celui-là qu’on se rend compte à quel point on est dépendant. Je suis sûr qu’on vivrait beaucoup moins cela comme un drame si ces coupures étaient plus fréquentes. On prendrait l’habitude de développer des stratégies, des trucs pour ne pas être coincés. On anticiperait, on prévoirait, on s’en sortirait beaucoup mieux. On prévoirait d’aller couper des rondins à la hache, d’aller casser la glace pour tirer des seaux du lac et les réchauffer dans des bassines de grand-mère. On prévoirait de sortir du fumoir le cochon que nous avions tué l’an dernier. Ah, tout ce qu’on prévoirait....
Samedi, en revanche, nous avions l’air très bête devant nos deux bougies qui faisaient tristement vaciller sur le mur nos ombres accablées....
Et encore, le pire nous a été évité : la panne est survenue en plein jour, à un moment où nos volets électriques étaient OUVERTS.... La nuit, ils se ferment automatiquement..... Et si l’électricité avait été coupée alors qu’ils étaient en position basse, alors il aurait fallu attendre, enfermés à double tour dans notre cocon-prison....
Heureusement qu’on y est bien.
19:27 Publié dans Lancelot et TiNours | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : panne, edf, tempête