jeudi, 03 décembre 2009

Je déblogue

Jeudi 26 novembre

 

 

Samedi soir, j’ai eu une discussion avec mon TiNours. Je lui expliquais ce qui ne va pas depuis quelques jours. Mon sentiment que quelque chose ne tourne pas rond en moi, et que c’est lié au blog. Qu’à trop attendre des autres, je finis forcément par être déçu.

 

Alors il me regarde. Souvent dans ses yeux, je vois deux êtres. Un enfant très innocent, et un homme très mûr. Les deux en même temps.

En même temps.

Et à chaque fois, à chaque fois, je me dis que c’est lui seul, et pas un autre. Que, même si ça paraît emphatique et un peu ridicule exprimé ainsi, le jour où l’on s’est rencontrés, il y a eu une intervention extérieure. De qui ? J’ai une petite idée, mais je la garde pour moi. Au fond, peu importe. C’est dans ces moments-là que je sais que lui seul sait me parler, me comprendre. A la fois mon père, mon fils. Mon frère. Mon mec aussi, évidemment. Aucun des quatre séparément, mais simultanément, c’est bien lui.

 

Mon TiNours.

 

« C’est bien pour toi que tu écris, non ? Pour toi et personne d’autre ? »

 

Et, là aussi, comment exprimer cette dualité ? Il a raison et il a tort en même temps.

 

« Oui, mais je sais bien que si je me contentais d’écrire sans poster, sans attendre, lire, écouter les réactions des uns et des autres, et y réfléchir, ce ne serait plus pareil. Ca n’aurait plus le même intérêt. »

 

Comme à l’époque des journaux intimes, il y a des décennies. Le seul souvenir de ce « sport » a un côté un peu suranné, vieillot. Et pourtant... Déjà, à l’époque, on avait instauré un système pour contourner la solitude, le narcissisme, l’égocentrisme de ces cahiers : on avait un petit club (quatre copains, mais il pouvait y avoir des arrivages ou des départs, en fonction des amitiés fluctuantes) au sein duquel on échangeait nos « journals » comme on disait (le pluriel normal du terme rappelait trop la Presse) et où on se faisait des commentaires, en marge ou sur des feuilles volantes, en référence aux pages, qu’on numérotait.

 

J’ai conservé les cahiers de cette époque. Je ne les relis jamais. Même pas un extrait. Je sais qu’à chaque fois que j’y plongerais le nez, j’hésiterais entre amusement et confusion devant mes préoccupations, mes naïvetés, mes joies, mes désespoirs, de ces années-là de ma vie. Je ne renie pas l’ado que j’ai été, surtout pas, mais je dois reconnaître que j’aime mieux l’adulte que je suis aujourd’hui. Or les pages que j’écrivais alors crient ce que j’étais, elles en sont un reflet dont j’ai un peu honte, je l’avoue. Ce que je suis aujourd’hui est certainement tout aussi critiquable et même risible, mais j’ai appris à mieux l’assumer, l’affiner, le défendre. Les Lancelot du passé se mélangent avec celui du présent. Ce ne sont pas des strates qui se sont déposées les unes sur les autres, mais plutôt une recette, un mélange. Le petit garçon du départ, c’est le noyau. L’ado l’a enrobé d’un fruit, un peu amer, un peu ridé aussi. L’adulte a versé de l’alcool par-dessus, pour tenter d’améliorer la boisson. Pour procurer de l’ivresse ? Plutôt de l’illusion. Une boisson où percent sans cesse les hésitations de l’enfant caché, l’âpreté du jeune homme. Un breuvage que l’adulte sert à son comptoir de blog, après l’avoir fait chauffer, décanter, passer par l’alambic des mots, des phrases, des blablas, quoi...

 

La question, c’est : si la gnôle de Lancelot n’est pas bonne, qu’est-ce qu’il est censé en faire ? Que je le veuille ou pas, la distillerie continue de fonctionner, jusqu’à ma mort. Au moins dans ma tête. Ca clapote, ça bouillonne. Ca glougloute, ça déborde. Ca coule, ça éclabousse quelquefois. En postillons d’éclats de rire, en sanglots trop violents. Ca suinte, ça sourd goutte à goutte. Frayeurs, tremblements, sueurs. ¨Peu ragoûtant, tout ça.

 

L’alambic, il est contraignant à manier. Il est quelquefois difficile, capricieux à mettre en marche. Mais, je l’aime, ce con. J’aime jouer au petit chimiste, distiller et humer les vapeurs qui sortent de la cornue, avec tout ce que cela implique de narcissisme. J’aime cette alchimie miraculeuse qui, quelque part, entre le cliquetis d’un clavier auquel on ne prend même pas garde, et la rumeur floue qu’on entend dans sa tête, accouche d’un texte où l’on peut lire, entre les lignes, le reflet trouble de ce que l’on a été pendant un instant fugace.

 

Ce soir, j’écris pour moi. Ce soir, je ne publierai pas. Mais je sais que c’est un leurre, un mensonge, une plaisanterie. Je ne publierai pas tout de suite, voilà où est la nuance. Elle est bien minime. Je suis un lâche. Je sais bien que je n’écrirais pas ce texte si je ne prévoyais pas de l’exhiber dans quelques jours. « Oooh le joli caca-popo qu’il a fait, mon Lancelot ! » J’ai besoin, un besoin maladif, pathologique, insensé, du regard et de l’avis des autres. Je ne peux pas en faire abstraction, sinon l’écriture perd tout son intérêt. L’autre alternative, moi face à moi, Lancelot qui s’écrit, le « chevalier » qui se relit, à quoi rime ce cirque ? Même Bozo, le frère jumeau, il n’en veut pas, de ce dialogue à un seul, de cet « unilogue ». Bozo, il a besoin d’un public devant qui faire ses cabrioles.

 

J’aime le moment où, après avoir tapé ma note, je mets en forme police et paragraphe, je fais le copié-collé, et je clique pour publier. Comme on agite le foulard au-dessus du chapeau, juste avant que le lapin blanc n’en sorte. Pour le public. Comme une recette qu’on laisse mitonner doucement, dans un fait-tout, quelques heures, avant de servir le plat. Pour les invités. J’aime cette sensation. Même si le plat sort brûlé, trop salé, ou trop coriace. Des risques, on en prend toujours. Mais faire la cuisine, c’est toujours un plaisir agréable.

 

Ce soir, je me refuse le plaisir du service. J’enregistrerai le texte dans Word, et je le laisserai quelques jours au frigidaire. Je veux voir l’impression que je ressentirai en le ressortant. J’avais déjà fait cela quand nous étions en vacances à l’étranger. Publication à retardement. Mais c’était contraint et forcé. Ce soir, aucune impossibilité technique ne m’empêcherait de me connecter sur mon blog. Sauf que je ne veux pas. Je tiens à ce « sevrage ». Je veux savoir si je supporte seul mon propre reflet, sans le soumettre aux autres.

 

J’ai essayé de voir si mon TiNours avait raison.

 

Mais je n’en suis pas sûr.

 

mercredi, 02 décembre 2009

Frissonnant

J’ai l’impression d’être en train de grelotter au bord d’une piscine où je devrais plonger....

 

L’eau est calme, étale, sans remous. Aucun cri ne fait retentir le gymnase. Tout est désert et silencieux. Il n’y a que moi, qui serre frileusement ma serviette sous le bras.

 

Cliquer, c’est ouvrir la porte sur un grand PLOUFFF et tout recommencera comme dans un film de science fiction où le temps reprend son cours après s’être interrompu. Choc mouillé brutal, le goût et l’odeur du chlore qui irrite, les cris des nageurs et des enfants qui s’ébattent dans les bassins, les oreilles qui se remplissent d’eau au fil des mouvements qu’on doit apprendre à coordonner à nouveau.

 

En fait il y aura forcément plusieurs « clics » successifs :

 

1)     « A vos marques »  à ‘Mes Favoris’ + ‘Blogs’ + ‘Lancelot’

2)     « Prêt ? » à ‘Ecrire une note’ + copié-collé

3)     « Partez ! » à ‘Publier’

 

Je me retourne, mais les vestiaires béants sont eux aussi déserts et silencieux ; Je ne vais quand même pas passer ma vie là-dedans, non.... ?

 

Et puis, une chose que j’ai oubliée depuis quelque temps, c’est que j’ai toujours mis un point d’honneur à être un blogueur poli, qui répond aux commentaires qu’on lui a laissés.

 

La piscine, le plafond vitré, les vestiaires disparaissent. Changement de décor.

 

Je me retrouve devant ma boîte aux lettres, la clé à la main. Là encore, excusez-moi, oui, je sais que je dois être horripilant avec mes hésitations de pucelle, mais je m’immobilise, les doigts en l’air. Qu’est-ce qui se cache là-dedans ? Plein d’enveloppes remplies de messages amicaux ? Des lettres d’insultes ? Des factures, ou plutôt des impayés depuis plusieurs jours, vu que j’ai délaissé mes potes, depuis mon départ sans tambour ni trompette ?

 

Et puis, ça aussi, il va falloir s’en occuper. Retourner voir les amis chez eux, boire un verre en leur compagnie. Ca m’a manqué bien sûr. Faire des bisous, serrer des mains, lancer de nouvelles vannes....

Mais avant, appuyer sur des sonnettes, toquer aux portes. Je n’ai pas prévenu de mon retour, et si elles ne s’ouvraient pas, les portes ? Si eux aussi, étaient partis entretemps ? Tout le monde a le droit de se mettre en vacances, et pas seulement moi.... Bien attrapé que je serais, hein....

 

Lancelot et ses métaphores,

Lancelot et ses petits inconforts,

Lancelot et sa frousse de sortir du château-fort.

 

16 h : Eh ben.... Je vais aller corriger des copies, tiens.

 

22h30 : Encore des mails ! « On » pense à moi !

Bon, j'ai trempé un pied dans l’eau. Le plus dur est fait... A demain

vendredi, 25 septembre 2009

De blog en blog

Quand je suis en manque d’inspiration côté écriture, je lève l’ancre et je laisse dériver mon bateau personnel, d’un blog à l’autre.

 

Le voyage peut être bref : il se peut que je mouille dans le premier port où je pénètre : une note m’aura accroché, fait réfléchir. Je lis, je relis. Je gamberge. Des échos naissent en moi. Des souvenirs, ou des sentiments. Je ne peux pas continuer à dériver. Je fais escale. Je commente. Quelquefois même, il m’arrive d’être tellement touché, interpelé, que je tiens à soigner mon commentaire. J’ouvre Word, je rédige, j’arrange, je réorganise, je fais ensuite un copié-collé.  C’est exceptionnel, mais ça peut arriver.

 

Je peux aussi entrer en mode ‘navigation rapide’ : je fais une sorte de tournée, je suis rassuré, tout le monde va bien. Croisière tranquille. Charlemagne raconte une blague, Casanova publie une photo. Messaline explique une recette de cuisine qui a eu un succès fou. Hermès fait le résumé d’un livre, d’un film qui lui a plu. Je feuillette, je picore, le cœur tranquille. La journée, le week-end, ont été bons pour tout le monde, ça fait plaisir. Quelques plaisanteries rapides, deux ou trois bises, je déconnecte et je rentre au port.

 

Mais il peut arriver aussi que les choses aillent plus mal. Hier, trois blogs amis lus à la suite contenaient des nouvelles dérangeantes. Pour eux, pour d’autres. Pour moi aussi. Encore une fois, mon bateau ralentit. Il tangue. Et même si c’est moi qui tiens la barre, à savoir, la souris magique, je tangue aussi. Je ressens les effets du roulis, voire de la tempête. Qu’est-ce que je dois faire ? M’attarder, trouver une banale parole consolante, parce que c’est maintenant ou jamais ? M’éloigner, réfléchir et revenir avec un discours plus élaboré ?

 

Par le passé, j’ai déjà essayé de fuir, lâchement. Ca paraît si facile, de cliquer  pour ressortir du port incognito. Ca ne marche pas. Pas avec moi, en tout cas. Je rumine, je garde mes amis au fond de mon crâne. Je peux les isoler pour faire face aux affaires courantes, mais le souci ne meurt pas d’inanition. Je sais que je reviendrai dans le port, au moins pour dire que j’ai été là. Que je pense à toi. Que je me sens nul et impuissant, mais que je suis là quand même.

 

La lecture successive de plusieurs blogs, dans ce style de contexte, provoque toujours d’étranges sensation, (j’ai presque envie d’écrire « langueurs » !) au sortir du voyage. J’ai pu vibrer d’émotion, ou être sincèrement désolé, ou me mettre franchement en colère, ou éclater de rire, tout à tour et sans transition. Phénomène d’empathie, un peu trop prononcé chez moi, à mon goût. Hier soir le mélange des trois impressions provoquées par trois blogs différents m’avait franchement déboussolé. Je suis physiologiquement incapable de lire et de rester indifférent face aux histoires des gens que je connais, ceux que j’aime, ceux que j’aime moins, et ceux que je n’aime pas. Oui, il y en a aussi, bien sûr. Pourquoi aller les lire, alors ? J’y vais le moins souvent possible. Mais il existe un phénomène dont Valérie avait parlé, il y a un peu plus d’un an, et que je m’étais promis d’approfondir sans jamais le faire : pourquoi retourne-t-on lire les blogs qui nous énervent ? Un débat que je n’entamerai pas ce soir.

 

Pour en revenir à hier, le remède nécessaire au trouble provoqué a été une soirée passée en tête à tête avec TiNours. La vie réelle a par moments un côté curieusement apaisant par rapport aux rapports virtuels du blog. Trop de fenêtres ouvertes sur d’autres vies, trop à la fois, il arrive que cela me donne le vertige. Dans ces moments-là, je sais que je dois refermer les volets, au moins momentanément. C’est la multiplication de ces fenêtres qui est quelquefois dure à gérer. Plus je connais de blogueurs, plus j’ai du mal à faire face. La grande diversité des notes écrites par les uns, les autres, s’apparente parfois, pour moi, à un stade olympique que je dois parcourir comme un coureur de fond. Pourquoi est-ce que, une fois que je me suis pris d’affection pour quelqu’un, surtout, je ne peux passer devant lui ou elle, en me disant « on verra plus tard » ? Ca m’est presque impossible.

 

Navigation ou course à pied, je demande à tous de pardonner mes lenteurs, mes échecs sportifs entre vos pages. Je sais : on n’est pas aux jeux olympiques ! Mais bloguer implique aussi, je m’en aperçois de plus en plus, avoir du souffle, tenir la distance, savoir ne pas lâcher.

 

Et je voudrais ne jamais avoir à lâcher personne.

 


podcast

samedi, 22 août 2009

Deux deux deux

22 août. Deux ans de blog. Ce qui me plairait, comme cadeau ? Qu’on y glisse une nouvelle fonctionnalité.

 

Avec internet, tellement de choses sont possibles que par moments on est tout étonné de ne pouvoir en faire certaines.

 

Dans une discussion autour d’une table, si l’on n’est pas d’accord sur le titre d’un film, le nom d’un acteur, la date d’un évènement historique, hop, on peut courir vérifier rapidement, pour mettre tout le monde d’accord...

 

On a le souvenir d’un poème qu’on a lu, d’une réplique dans une pièce de théâtre, de certaines phrases d’une chanson, on ne se rappelle ni du nom de l’auteur, ni du titre, hop, on gougolise, et on trouve.

 

On a un air dans la tête, on l’a pas en CD, hop on... se branche sur Deezer (évidemment, what else... ?)

 

On veut savoir si tel ou tel acteur, ou chanteuse, dont on n’a plus entendu parler depuis longtemps, a vieilli physiquement, hop on Gougolimagise.

 

On veut retrouver des vieux copains de sa préhistoire lycéenne ou universitaire, hop, on peut se brancher sur des sites... ça j’ai jamais fait, ça me fait peur. Mais bon, c’est possible.

 

On veut retrouver ce à quoi on pensait, ce sur quoi on pleurait, ce qui nous amusait, il y a 6 mois, un an : hop, on clique et on revient en arrière. Ce n’est pas exactement la même chose que de feuilleter à l’envers les pages d’un journal intime écrit dans un cahier. Là, il y a des commentaires : tiens lui a disparu depuis, c’est vrai. Tiens, je l’avais oubliée celle-là, qu’est-ce qu’elle devient, est-ce qu’elle tient toujours un blog ? Et puis, d’autres personnes ont pu réagir, après, sur de vieilles notes qu’on avait écrites à l’époque, en remuant de vieilles sensations. Même si c’est plus rare.

 

Etc etc....

 

Alors, quelle nouvelle fonctionnalité, liée au blog ?

 

Une fois et une seule (ne pas abuser, sinon ça pose problème) cliquer sur un lien magique : il nous envoie sur la note qu’on écrira dans un an pile. Pouvoir la lire, ainsi que les commentaires.

Si on n’a pas écrit ce jour-là, c’est PERDU ! Allez en prison, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20000 francs. Vous pourrez retenter votre chance l’an prochain.

Ce qui sous-entend qu’il vaut mieux prévoir soigneusement son jour à l’avance, pour éviter ce style de gaspillage.

 

Corollaire : Après l’avoir lue, dès qu’on clique sur la note pour quitter la page, on oublie tout de ce qu’elle contenait.... Terrible, non ? Sinon on s’enverrait les numéros du loto à travers le temps.... Trop facile. Ou bien, on chercherait à bousculer sa vie pour éviter certains inconvénients : dangereux, dangereux.

 

Dans un mois, dans un an, où serons-nous Seigneur ?

 

Les gens apparaissent, disparaissent. C’est la loi de la vie, et elle se reflète dans les rapports interblogs. J’ai déjà longuement gribouillé (« platussé » comme dirait ma mère) sur ça.

 

Je ne sais pas pourquoi mais j’en reviens toujours à cet extrait de dialogue qui me paraît receler toute la vérité du monde :

« Tu te souviens de cette période où je disais que tout allait bien trop vite, et de notre dispute, quand tu voulais que ça aille encore plus vite ? Et si on avait tort, tous les deux ? Pourquoi est-ce que tout ne se passerait pas exactement au bon moment ? C’est vrai... Pourquoi est-ce que certaines personnes arrivent dans nos vies ? Et pourquoi d’autres s’en vont sans qu’on sache pourquoi ? »

« Je ne sais pas... Une porte s’ouvre et une autre se ferme. »

 

Ces « portes » conduisent souvent vers des chemins qui me surprennent, avec du recul. Le CLIC sur le LIEN peut avoir quelquefois, des conséquences stupéfiantes, quand on regarde les évènements a posteriori.

 

Ouvrir une porte qu’on ne connaît pas, c’est toujours avec l’appréhension, l’angoisse, ou l’excitation, l’impatience de savoir ce qu’il y a derrière. Il flotte toujours un peu de magie dans ce processus-là. Les clics nous ont tellement habitués à tout cela qu’on n’y prend plus garde. Mais ralentir, s’arrêter, et regarder le talisman, quelquefois. C’est ce que je voudrais pouvoir faire.

 

Mais le temps tourne, comme d’habitude, et je dois publier mon blabla avant minuit, heure où le penseur redevient citrouille.

 

Clic.

 

 

 

 

mercredi, 01 avril 2009

Voilà, Sir Ponds...

EPILOGUE...

 


podcast

 

Bloguer, écrire, parler, déblatérer, s’étaler, se dévêtir, se rhabiller....

 

Depuis quelque temps, je mesure la vacuité de tout cela.

 

C’est un sentiment qui avait commencé à s’infiltrer en moi il y a déjà plusieurs semaines : repasser sur ce que l’on a écrit, en se disant que tout est bon à jeter à la corbeille. Malgré tout, cliquer, par paresse,  avec lassitude, sur « publier » en ayant honte de faire lire des bêtises à un public d’amis. Bien sûr, j’avais déjà connu cela avant, mais jamais avec la même intensité, la même régularité.

 

Relire des notes passées en pensant « C’est moi qui ai rédigé des inepties pareilles ? » Un peu comme d’apercevoir son reflet par surprise dans un miroir et de se dire « QUOI ??? MOI, ça ?? Pas possible, j’étais tellement mieux dans mon souvenir !!! » Et puis, faire des constatations désabusées pour se consoler : « Après tout, aujourd’hui, je ne fais qu’arborer la tête que j’aurai dans dix ans... autant commencer à m’habituer... »

Ou bien, c’est comme d’entendre sa voix sur un enregistrement. Aigue, mal timbrée, caquetante. Un timbre à se faire virer de la radio séance tenante. Et tu OSES imposer cela à des personnes que tu considères comme tes amis ???

 

Des histoires de prof aigri, d’homo bien dans sa peau sans intérêt, de mec qui se laisse glisser sur une vie sans relief, quel intérêt, bordel, quel intérêt ?

 

S’épiler le nombril quasi-quotidiennement sous le regard des autres, trop gentils pour admettre qu’ils s’ennuient. Applaudissements polis quand les vocalises ratées de la Prima Donna sont terminées. Regarder le rideau usé jusqu'à la corde descendre dans une odeur de naphtaline, pouah !

 

Je voudrais présenter mes excuses à tous mes amis lecteurs qui m’ont accompagné jusqu’ici. Vous êtes ce qui m’est arrivé de meilleur dans l’aventure. Encouragement, joie, plaisir, tendresse. Chagrin, déception, désillusion aussi. On se relève des seconds en s’appuyant sur les premiers. Mais au fond, tout cela se chevauche et s’additionne pour donner un total très positif.

 

Je ne tire pas complètement ma révérence : je reviendrai bien sûr, en commentaire, chez tous les blogpotes ! On ne se débarrasse pas de moi si facilement, ah non.  Je reviendrai embrasser ma Bougrenette, vibrer chez Calyste, asticoter (gentiment !) Olivier Autissier. Je continuerai à discuter longuement sur MSN avec mon Christophe. Serrer fort les mains de ma soeurette Fiso, de mon frérot Sammy... Je continuerai à faire mes incursions si agréables en Bretagne, chez tous mes potes ‘de là-bas’, Kab-Aod, Karagar, et Karregwenn, la « petite dernière ». Et puis, j’espère bien garder le contact avec les commentateurs non blogueurs, Arnaud et Phiragust. Sans oublier mon tout premier blogpote, mon Panpan, retrouvé récemment au détour d’un mail qui m’a fait plaisir. Et Valérie, je ne désespère pas de faire un jour un Kougloff en sa compagnie ! Et Farfalino, qui vit dans une région que j’ai bien connue, lui que je regrette de n’avoir pu voir à Noël. Et puis, BIEN SUR, mon Orpheus dont je ne me lasse pas, et mon petit Chondre à moi chez qui je me suis fait trop rare ces derniers temps, mais je vais pouvoir rattraper du retard, maintenant, puisque j’aurai moins de boulot d’écriture sur moi. Je pourrai commenter plus souvent chez eux, chez vous.

 

Quant au « Sir Ponds » que j’ai mis en exergue dans le titre de cette note, lui se reconnaîtra, en anagramme...

 

Bisous affectueux à vous tous....

 

Avant de partir, je vous offre un denier verre ? Allez, c’est ici.

jeudi, 05 février 2009

Kab-Aod, vainqueur du Grand Marathon

En juin dernier j’ai opéré le transfert depuis mon ancien blog vers celui-ci en me disant qu’il n’y aurait aucune rupture, et que tout continuerait comme avant. J’ai changé de bannière, mais je n’ai pas changé de style, je n’ai pas changé d’amis, je n’ai pas changé de vie. Il m’était resté une cicatrice datant du mois de juin, c’est vrai. Douloureuse à l’époque. Estompée aujourd’hui. Pratiquement invisible, sous les poils... J

 

Restait la question de la comptabilité. Combien de notes, combien de commentaires ?  Je l’ai déjà dit plusieurs fois : je n’attache aucune importance au nombre de visiteurs de mon blog. La popularité m’importe peu, seules comptent les amitiés, la fidélité. Les lecteurs anonymes, ils sont bien gentils mais ils ne m’intéressent pas. Seuls comptent la trace, les messages, les fils d’Ariane qui permettent de tisser des amitiés nouvelles, ou d’en renforcer d’autres, plus anciennes.

 

Mais, pour le fun, j’ai toujours tenu à marquer les chiffres ronds. La centième, la deux centième note. Le millième commentaire, qui m’avait été laissé sur mon blog numéro 1, à propos de la dictature de l’ignoble Mugabe et sa confiscation du pouvoir. C’était Olivier Autissier qui avait remporté le César ce jour-là !

 

Et pour le deux millième ? Alors là il a fallu faire encore plus attention dans les comptes. Ce deuxième blog se rattachant au premier, sans rupture, je m’étais dit qu’il faudrait calculer soigneusement. J’avais laissé l’ancien avec 1035 commentaires. Ce qui signifiait donc que pour atteindre l’échéance magique des 2000, je devrais en comptabiliser 965 sur celui-ci.

 

Ah oui mais entretemps Orpheus a modifié la donne : il a rajouté sur « Boat on the Sea » , l’ancien blog, un commentaire à la note où je parlais du scandale des fiches de recensement qui ignorent la situation des couples pacsés. 1036 commentaires. Donc le millième, c’était le numéro 964 ici. Il est tombé aujourd’hui !

 

Pas de suspense cette fois, tout était écrit dans le titre. Today, the Winner is ... Kab-Aod ! Avec son commentaire sur l’ennui de devoir passer le permis et l’obligation d’acheter une voiture. Explosion de la fanfare, les confettis volent. Les majorettes lui font une haie d’honneur jusqu’au fauteuil du lauréat. « Vous êtes le deux millième commentateur chez Lancelot... Comment vous sentez-vous après toutes ces émotions ... ? Avez-vous un message, quelque chose à dire à vos proches ? Vous rendez-vous compte de tous les gens qui aimeraient être à votre place... ??? »

 

« Au fait, et j’ai gagné quoi ? »  demande-t-il, rose d’émotion. 

 

Ce qui serait vraiment bien en l’occurrence, ce serait de pouvoir te dire que tu as gagné une voiture. Ou un bon pour passer le permis ! Avec des options sympas, par exemple : l’essence offerte pour que toi et Pêr puissiez faire un petit voyage en amoureux ... qui vous entraînerait sur la côte méditerranéenne, pas loin de chez nous. Une occasion pour se voir... Hélas, la voiture, ce n’est pas dans mes moyens. L’essence, un peu plus, mais je surveille déjà la consommation de notre Clio, avec des mines d’oncle Picsou.... En revanche, l’invitation, elle, est très sérieuse. TiNours et moi serions très contents de vous rencontrer, vous mitonner un dîner, un jour ou l’autre.

 

On prend rendez-vous ?

 

Et merci encore à toi, pour ta fidélité et ta gentillesse.

 

 

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dimanche, 28 décembre 2008

Blog et Spleen

 

Il y a presque un an, je rencontrais en chair et en os, pour la première fois, mes tout premiers blogueurs, à Paris. C’était le 2 janvier, il faisait beau et froid ; je me souviens, en allant au rendez-vous, dans le métro, j’étais tout excité. TiNours, en face de moi, souriait, toujours indulgent, calme et serein… Juste avant de sortir à la station Opéra, il m’avait balancé une de ces vannes inattendues et décapantes dont il a le secret, qui me font régulièrement attraper des fous-rires durables.

 

Les deux blogueurs en question, Franck et Yannick, pour ne pas les nommer, ont aujourd’hui mis la clé sous leurs portes respectives. Pas de façon définitive, c’est cela qui est troublant. Aucun d’eux n’a annoncé, comme cela arrive souvent dans la blogosphère, « J’arrête »,  quitte à y revenir plus tard. Ils ont simplement un jour cessé d’écrire. Leurs blogs existent toujours, mais lorsqu’on s’y rend, ils restent désespérément coincés sur les mêmes dernières notes. Je n’ose plus aller voir. A chaque fois j’ai l’impression de me retrouver dans un appartement déserté où mes pas résonnent de façon incongrue.

 

Et, tout en restant persuadé qu’il s’agit bien sûr d’une coïncidence, j’ai toujours trouvé étonnant qu’il s’agisse justement de ces deux-là, qui, à quelques jours près, ont arrêté pratiquement en même temps, de la même façon, et bien sûr sans se concerter, je suppose, même s’ils se connaissent, de loin. Mes deux premiers blogueurs vus en chair en os. Disparus, presque simultanément, sans laisser de traces. Peut-être réapparaîtront-ils un jour. Je ne sais pas. Je me perds en conjectures.

 

Au mois de septembre, Calyste avait écrit une note (« les Habits Neufs de l’Empereur ») qui avait remué pas mal de choses en moi. Je m’attendais à ce qu’elle suscite un vaste débat, il n’en a rien été. C’est cela aussi, les aléas du blog. Mon Grand, j’espère que tu me permettras de reproduire une partie de ton texte ici (pour les droits d’auteur, tu me donneras le numéro de téléphone de ton attaché commercial…) ;-)

 

« …j’ai pensé un moment à la possibilité que tous ces fils tissés, invisibles ou non, ces contacts virtuels, ces amitiés à distance, susceptibles de disparaître dans le silence absolu d’un écran,, pourraient n’être en fin de compte qu’une illusion, un trompe-l’œil où l’intellect se perd, prenant ce miroir aux alouettes pour la réalité. Une autre télévision, juste un peu plus réelle, mais si peu. C’est assez sinistre, comme constat, mais n’y a-t-il pas, dans ces pensées, comme un petit fond de vérité ? »

 

La différence, pour le cas auquel je pense aujourd’hui, c’est que Yannick, Franck et moi avions justement dépassé le stade du « silence de l’écran » pour mettre du son, des images et du réel sur ce que je pensais être une amitié naissante. Mais au fond les blogueurs fonctionnent  comme les gens réels. Trop, même.

 

Ce que j’essaie de formuler n’est pas vraiment paradoxal. Dans la vie de tous les jours, sans cesse des amitiés naissent, évoluent, quelquefois pour se renforcer, quelquefois pour se ternir et disparaître. Parfois on se retrouve, un lien se renoue. Parfois seul le silence, les souvenirs et les interrogations demeurent. Sur la durée tout comme sur le court terme, tout est possible. Il n’y a aucune règle prédéfinie. Un coup de foudre amical peut très bien se transformer en amitié avortée, et une vague connaissance peut parfaitement devenir une relation très proche, fidèle et importante si on lui en laisse le temps. Et bien souvent, il ne s’agit pas que d’une question de personnalités ou d’atomes crochus. Les circonstances et le hasard ont une grande part à jouer dans ce jeu de cartes de la vie. Une part énorme, même. Les rapports humains dépendent du sort et de la chance de façon obscène, désespérante.

 

J’ai toujours du mal à admettre cet état de fait. Même si je veux bien reconnaître avec mon esprit et même mon cœur que finalement, oui, je n’aurais pu maintenir longtemps des liens avec untel ou une telle, et qu’eux pas plus que moi n’ont rien à se reprocher dans ce constat, que c’est simplement la vie qui nous éloigne les uns des autres, mes tripes ont toujours du mal à reconnaître ces choses-là. Il y a une espèce de souffrance là-dedans, que je refuse d’intégrer. Je disais plus haut que les blogueurs fonctionnent, paradoxalement, comme les gens réels. C’est paradoxal parce que, contrairement aux relations de la ‘vraie vie’, (amis, collègues de travail) on côtoie régulièrement les blogueurs à travers leurs écrits. Ne serait-ce qu’une fois par semaine, ou même une fois par mois, pour les moins prolixes. Lorsque ce lien se rompt, c’est difficile à admettre parce qu’on ne les a plus là, à portée de main, derrière l’écran, liés à nous grâce au clic facile d’une souris. Ils nous manquent de façon peut-être plus aiguë que d’autres, hors de la blogosphère, que nous n’avons plus vus depuis longtemps, mais dont nous savons qu’on peut les joindre par téléphone, ou autrement. C’est la suppression de cette intime « immédiateté » qui est dure à subir.

 

Un jeu de loterie cruel et définitif.

 

« Pourquoi est-ce que certaines personnes entrent dans nos vies, et pourquoi est-ce que d’autres s’en vont, sans qu’on ne comprenne jamais pourquoi… ?

« Je ne sais pas… Une porte se referme sur une autre qui s’ouvre… »

(Once and Again, Saison 1, épisode 22 ‘A door about to open’)

 

 

 

 

 

 

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vendredi, 07 novembre 2008

Le 5° élément ? Le 3° type ? Non, le 8° blogueur

Tout commence par des commentaires inter-blog, sur fond de plaisanteries et taquineries mutuelles. Au bout de quelques bons mois, par la gentillesse alléché, on court-circuite l’étape de l’envoi des mails pour passer directement sur MSN. Et après quelques conversations où le courant passe encore mieux, on branche la cam, et on se VOIT, enfin, tel qu’on s’était toujours imaginé l’autre (moi en tout cas). Aucun choc, aucun déplaisir. On a l’impression de s’être toujours connus. Je suis à l’aise, je sens en face de moi une présence bienveillante, un regard gentil et indulgent. Je fais mon numéro de Bozo habituel, ça passe encore. Il réussit tous les tests, çuilà !

 

Après Bruxelles, pendant Paris, entre un TGV et deux métros, pourrons-nous trouver un moment pour nous effleurer, nous croiser, nous rencontrer, au cours de cette semaine de vacances ? OUI. Peut-être lundi après-midi. Veine : il fait un temps superbe ce jour-là. Meryl, TiNours et moi avions prévu d’aller voir l’exposition Prévert, mais la longueur ridicule de la file d’attente nous désespère. C’était prévisible d’ailleurs, vu la météo et le fait que l’expo est gratuite. De toute façon,  Meryl doit aller à 17h voir le résultat d’un examen qu’elle a passé (et réussi, ça lui a porté chance, on a sablé le champagne le soir même !). Les portables sonnent, on s’appelle mutuellement. Il est près du Louvre, on y va nous aussi. A pied, pour profiter de la délicieuse ballade le long des quais de Seine. Devant le Louvre, on s’appelle encore « Vous y êtes ? J’arrive ». Et pour finir, une dernière sonnerie : « Tu portes bien un blouson rouge ? ». Oui c’est cela. Je me retourne, le voici.

 

Bisous, sourires, que va-ton faire après le départ de Méryl ? Tout simplement s’installer en terrasse autour de trois cafés, pour profiter du beau temps, et discuter, parler, mettre du son et lumière sur ce blogueur que je ne connais depuis des semaines qu’à travers ses jolies notes, ses écrits pleins d’esprit et de sensibilité. Ses yeux pétillent, ses cheveux bouclent. On parle boulot, et TiNours a (enfin !) une occasion d’expliquer un peu le sien. On parle blog, ah, les blogs ! On discute examens, géographie, lieux où nous avons vécu, ou travaillé. Le monde (homo) est petit : nous avons (eu) une connaissance commune hors du net ! Comme quoi… il y a une vie après, et même avant, le blog. Les élections américaines, les questions qu’elles soulèvent, Obama, O pas bama, gagnera, gagnera pas… Deux heures s’écoulent dans la bonne humeur et la cordialité, sans même qu’on les voie passer. Ma volubilité, sa gentillesse. Les clins d’œil de TiNours, sa modestie à lui. Son vécu, notre passé. Nos projets, ses examens imminents. Mais l’heure tourne, nous devons aller au théâtre. Il nous raccompagne gentiment jusqu’au métro le plus proche. On lui demande de venir nous voir, dans le Sud, quand il le voudra. S’il veut se renseigner sur le rapport qualité-prix de notre auberge, il peut demander des détails à Fiso ! Un petit pincement au moment de se séparer, hop, il a déjà disparu. Mon Dieu, qu’on était bien. Je suis tout content. J’ai rencontré Christophe.

dimanche, 07 septembre 2008

Deux notes en une

1) Aaaaaah ! Back at last !

 

 

 

Alors, quand Toto le PC tombe en panne le matin même de la pré-rentrée, qu’est-on censé faire ?

 

Tout d’abord, prudemment, en bon profane, on se renseigne sur les raisons possibles de la panne…

 

Le jour de la rentrée, on aborde donc (avec mille précautions) le spécialiste informatique du lycée (surnommé par moi « le Bachelor » en raison de son physique insolent de bonne santé –il vient en short jusqu’en novembre pour faire admirer ses beaux mollets poilus) pour qu’il daigne jeter un coup d’œil à Toto. Rendez-vous est pris pour le lendemain, dans le bureau personnel du Bachelor.

 

Le lendemain il arrive une demi-heure en retard (mais c’est pas grave, je sais, par expérience, depuis longtemps, qu’en matière d’informatique, une vertu première, c’est la PATIENCE) mais il m’accorde tout de même 40 minutes de son temps précieux (alors qu’il avait d’autres choses à faire, je dois reconnaître qu’il a été vachement sympa, le Bachelor…) pour me dire que probablement mon disque dur était mort.

 

Horreur.

Stupeur.

Malheur.

 

Le plus affreux (et ceux qui ont déjà été soumis à ce style de panne ne me contrediront pas), ce n’est pas le prix de la réparation (un disque dur tout neuf, ce n’est pas si onéreux…). Non, le plus terrible c’est que selon l’état du vieux disque dur, on ne pourra rien récupérer dessus, à moins de l’envoyer dans des boîtes spécialisées sur Paris, qui facturent la récupération de données dans les mille euros, en étant optimiste… Bon.

 

Comme le Bachelor avait tout de même d’autres ordinateurs à fouetter après ce premier diagnostic sur le mien, j’ai emmené Toto chez Gentil Docteur qui m’avait été conseillé par Betty (vous vous souvenez ? J’en avais parlé ici…).

L’avis médical de gentil Docteur a confirmé celui du Bachelor : il fallait pratiquer l’ablation et une greffe. Lobotomiser mon Toto et lui insérer un nouveau cerveau, plus puissant.

 

Adieu, tous mes favoris patiemment enregistrés.

Adieu, les cours et devoirs surveillés qui étaient emmagasinés dans mes documents.

Adieu, surtout, toutes les archives de mes notes de blog écrites depuis un an, que j’avais toujours pris la précaution d’enregistrer sur Word avant de les publier.

Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées…

 

Heureusement :

J’avais pris la précaution de conserver toutes nos photos de vacances sur un disque dur externe…

Des favoris, en farfouillant, ça se retrouve.

Les cours et DS que je n’avais pas déjà sauvegardés, je les possède sur papier, car je les avais imprimés, et je garde toujours prudemment un exemplaire papier dans mes pochettes. C’est déjà ça.

Enfin, les notes du blog… elles existent encore sur le blog… Sauf que… Plus de 200 notes à ré-emballer en copié-collé, ça va faire du boulot… J’attendrai les prochaines vacances pour me lancer dans ce boulot titanesque…en espérant que Haut et Fort ne soit pas victime entre-temps d’un bug thermonucléaire.

 

Merci au passage à Gentil Docteur et à son assistant, qui cumulent pour moi de nombreux avantages : 1) leur boutique n’est pas loin de la maison  2) ils sont gentils et disponibles  3) ils expliquent très clairement ce qu’il en est et ne sont pas âpres au gain  4) ils acceptent de dépanner et aider, sur leur temps de travail, même hors du domaine de la panne.

 

MAIS SURTOUT : reconfigurer la totalité d’un ordinateur que l’on possède depuis plus de quatre ans, avec plein de petits programmes sympas auxquels on tient, c’est pas évident…. Déjà, remettre la connection internet, ça m’a causé bien du tracas, et hier soir et ce matin. Nombreuses crises d’hystérie, hurlements et glapissements variés devant mon écran, jusqu’à ce que je trouve la solution (idiote et évidente, comme d’habitude en matière d’informatique) : mon mot de passe était bon, mais c’est mon adresse d’utilisateur qui était fausse. « Connexion impossible » « Erreur n°971 » « Veuillez vérifier votre mot de passe », autant de formules qui m’ont fait hurler à la lune tel Croc-Blanc perdu dans le blizzard, jusqu’à ce que j’aie une illumination ce matin. Veine ! J’ai pu accéder à mes mails, à mon blog, bref tout ce qui rend l’ouverture d’un PC plus excitante et agréable.

 

Une semaine sans internet (sauf ponctuellement, depuis le lycée, où je suis venu visiter en douce mon blog, tel un cambrioleur honteux… mais il fallait bien répondre aux commentaires sur la dernière note). A ce sujet, une remarque ! C’est logique, mais je n’y avais pas pensé avant : si l’on espace les notes de plusieurs jours, elles attirent de nombreux commentaires, parce que les copains s’étonnent de notre « absence ». Les lecteurs prennent connaissance de la dernière note, une fois, deux fois, trois fois, sans rien en dire, puis, après,  envoient un petit coup de semonce, genre « Bon alors qu’est-ce que tu fous ? » Inversement, si l’on est très « prolixe » et que l’on pond une note par jour, ou tous les deux jours, alors, les commentateurs n’auront pas le temps de faire fonctionner leur starter, et donc le nombre de commentaires sera inversement proportionnel à la vitesse de publication. Logique.

Cruel dilemme donc : écrire beaucoup pour être peu commenté, ou bien réduire le nombre des notes, pour aiguiser la rage commentatrice des copains… Que choisir ?

 

 

 

2) Les profs, ça passe leur temps à se plaindre

 

 

 

 

 

 

J’en ai en tout cas profité pour vivre une semaine « déconnectée » au propre et au figuré, me permettant de me concentrer sur ma pré-rentrée. Bilan :

-un emploi du temps pas terrible (notamment le jeudi, c’est une horreur, un morceau de gruyère plein de trous, mais je ne détaillerai pas, j’aurai maintes fois l’occasion d’en reparler cette année)

-une classe que je devais avoir et que je n’aurai pas, on m’en a fourgué, à la place une autre, dont je ne voulais pas, tagada tsouin tsouin…

-des réductions d’effectifs qui entraînent des réductions horaires. J’avais l’an dernier une classe de BTS à 27, qui suite à des démissions variées, est passée à 23. Et au-dessous de 25, la politique c’est qu’on ne dédouble plus pour les cours en demi-groupes. Je perds donc deux heures de cours, et je ferai dorénavant des TP en classe entière, à 23. C’est la fête chez les oursons… On privilégie l’oral pour les langues vivantes, c’est évident.

-un refus de faire suivre, dans l’emploi du temps, deux heures d’option, qui sont séparées dans la semaine, même si sur ma fiche de vœux j’avais bien mentionné qu’il était nécessaire de les regrouper, pour gagner du temps (10 minutes d’interclasse gagnées par séance et par semaine, ce n’est pas négligeable pour la progression dans le programme !). Non, refus catégorique. C’était pourtant bien pour les élèves, et non pour moi, que j’avais réclamé ça. Qui s’en soucie ? Quand j’ai réitéré, « on » m’a fait comprendre que j’emmerdais mon monde….

 

Mais c’est vrai que les profs passent leur temps à se plaindre et ne pensent qu’à eux….

 

Tout ce que je remarque (et je ne suis pas le seul), c’est qu’avec ce style de politique de l’économie à tout prix, on fait sauter tous les cours à faible effectif (latin, grec, allemand…) ce qui à long terme va se révéler catastrophique pour la bonne réputation des lycées dont l’administration n’aura pas eu assez de couilles pour maintenir les options malgré les restrictions budgétaires. Tous les élèves à profil « Allemand langue 1, Anglais langue 2, option Latin » sont découragés de rester. On leur suggère de permuter leurs deux langues vivantes, et de virer l’option. S’ils tiennent légitimement à leurs choix, ils vont devoir émigrer vers d’autres lycées, qui attireront ces bons élèves. Car il ne faut pas se voiler la face ni tenir de discours hypocrite, la configuration que j’ai mentionnée ci-dessus est celle du profil d’un « bon » élève. Au final, d’ici deux à trois ans, mon lycée aura réalisé de super-économies et fait plaisir à Nicolou et à Wortz, et se retrouvera avec une myriade de classes à effectif 36 : « Anglais LV1  Espagnol LV2  Crétinisme option 3 ». Trop belle la vie.

 

N’oublions pas la POSITIVE attitude : en tant que prof d’anglais, je suis loin d’être menacé de chômage. Je travaille plus pour gagner moins, mais je travaille. Tant d’autres m’envieraient cette chance incroyable. Merci, merci.

mardi, 19 août 2008

Blog et chagrin

Quand j’étais ado, ma sœur a eu le chagrin d’amour de sa vie. Le seul, l’unique. Celui dont elle a gardé à jamais la marque en elle. Pendant des mois elle a été brisée, abattue, détruite. Je me souviens de la façon qu’elle avait de me terrifier dans sa douleur. On discutait calmement de choses et d’autres et tout à coup, brusquement, sans que rien ne le laisse prévoir, elle fondait en larmes  au détour d’une phrase. Elle passait des nuits entières les yeux ouverts dans le noir à repenser son histoire, son mal. Le dynamisme, la force, l’enthousiasme, l’entrain qui la caractérisaient avaient totalement disparu

J’ai été à ses côtés, comme j’ai pu, à cette époque. Lui parler, l’écouter. L’écouter, surtout. Ses mots qui me parlaient de cœur, de sentiments, de sexualité, d’enfants, de famille. Du bonheur et du malheur. De la fusion et du rejet. De la passion et de l’oubli.

Après que son mec l’ait quittée, elle lui a envoyé une lettre, une seule, une fois, et devant l’absence de réponse, elle ne l’a plus jamais rappelé, jamais supplié, jamais harcelé. Il vivait pourtant dans la même ville, et travaillait dans le même établissement qu’elle.

J’ai conservé de tout cela le souvenir confus d’un tunnel gris dans lequel nous avions cheminé pendant plusieurs mois, avant qu’elle ne commence à remonter, doucement, la pente. Les conversations que nous avions eues au moment de sa crise  ne sont pas restées gravées clairement en moi. A une exception près : elle m’a dit un jour une phrase qui m’a marqué :

« En amour, dans une histoire malheureuse, comme celle que je suis en train de vivre, il n’y a qu’une chose qu’on ne doit jamais, au grand jamais, sacrifier : sa dignité. On peut tout, tout, jeter pardessus bord, mais c’est la dernière chose qu’il faut garder, dans nos mains crispées, la dernière chose qui nous reste, parce que, même si elle paraît de peu d’importance sur l’instant, c’est elle qui nous maintient debout et nous donne les bases pour repartir, par la suite ».

 

Je n’ai jamais oublié ça.

 

Et aujourd’hui, quelques semaines après ma « tempête » interne personnelle, je suis content, heureux de m’être toujours accroché (entre autres choses) à ce principe, à ce rocher.

  

Je n’ai pas eu cet amour,mais j’ai échappé à cette lapidation.

A ce lynchage.

A cette boucherie…

  

A quoi sert d’avoir tant parlé d’amour par le passé pour toucher le fond dans le présent.. Cracher, par désespoir, sur l’être qu’on dit avoir aimé. Se dire que de toute façon on a des excuses, parce qu’il s’agit d’un hurlement d’amour dévié, et non de haine. Déconstruire point par point, au physique et au moral, aussi bien sur le plan professionnel que social, la personne dont on était amoureux, pour la piétiner. Chercher, dans un feu de malheur dérisoire, à brûler tout ce à quoi on a cru, à quoi on croit encore, en espérant ainsi exorciser un amour, ou, encore pire, provoquer une réaction chez l’autre. Hurler et se rouler dans la boue, dans la fange de l’humiliation. Dans le grotesque. La mascarade. Qu’est-ce que ça peut bien rapporter… ?

 

Et, tout ça, en public, sous les yeux des autres. Non pas parce que la crise de désespoir est survenue à un moment inattendu, mais le faire de façon calculée et préméditée, par des écrits, sur un blog. Espérer que le poids du regard des lecteurs, des « commentateurs », pourra changer quoi que ce soit. Offrir en pâture les moments intimes, les joies et les larmes, le plaisir et le désespoir, la tendresse et le manque, les baisers et les coups, dans une gigantesque curée dont tout le monde, acteurs et lecteurs, sort meurtri, souillé, humilié.

 

La Beauté est trompeuse. Le dire est une Lapalissade. Mais je ne parle pas ici que de la beauté physique. Il y a la beauté du talent, de l’écriture qui peut séduire. Eblouir. Aveugler. Hypnotiser. Cependant, un cœur peut s’habiller de mille façons possibles, se dissimuler derrière des textes vibrants, des mots éclatants, des phrases poignantes. La valeur humaine d'une personne ne se mesure pas à l'aune de la qualité de son écriture. Au final, les artifices finissent toujours par tomber. Nous ne sommes pas la somme, le résultat de ce que nous écrivons. Même si nous voudrions bien l’être. Au mieux, notre blog peut nous ressembler, un peu. Etre un reflet flou de nous-mêmes. Mais l’humain est à la fois tellement moins et plus que cela. Ces lignes que nous rédigeons, jour après jour, elles ne sont qu’un jeu. Un jeu agréable, délicieux même par moments. Mais une illusion, un artifice au bout du compte. Un fil d’écriture que nous avons tendu entre les autres, et nous-mêmes. Rien d’autre. Nous sommes ce que nous sommes. Et surtout, nous sommes ce que nous faisons. Pas ce que nous écrivons. Ne jamais perdre de vue que la réalité de la vie, et même de l’âme, est toujours ailleurs. Et qu’un blog n’est pas un être. Un blog n’est pas une arme. Un blog ne doit pas servir à régler des comptes. Un blog n’est pas un téléphone. Juste un espace, où l’on peut déposer un microscopique fragment d’émotion, ou de pensée, ou de sensation, de souvenir, à un instant donné. Les lecteurs qui passent en diront quelque chose. Ou pas. Quelquefois le téléphone sonne, ou pas. C’est agréable, ou pas. Mais notre vie, notre moi, n’est là que partiellement, "parcellairement", même, et seulement pour un instant fugace.

 

Ressaisis-toi. Il est temps. Il est grand temps.

    

Et ma phrase n'est pas un coup de fil. Parce que les chances pour que tu lises, que tu reçoives le message, sont très faibles.

 

Juste un espoir, que je lance dans le vent.

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