lundi, 02 mars 2009

Lundi, nouveau départ

Je rentre vendredi soir. J’aurai fait des photos. J’aurai des anecdotes à raconter, enfin j’espère. J’aurai vu des choses. Côtoyé des gens. Géré des trucs.

 

J’ai bouclé mes bagages dans un minimum d’espace. Une trousse de toilette, quelques vêtements, le moins possible. Je n’emporte pas le pc, mais un petit carnet où je pourrai noter mes impressions. L’appareil photo, évidemment. Je tiens à faire partager tout ça, au retour.

 

A chaque fois que je fais mes bagages sans TiNours, j’ai une sorte de vague à l’âme. Regrets de ne pas pouvoir l’avoir près de moi, si fort et rassurant, là où j’irai.

 

Enfin, là où je vais, ce n’est pas le bout du monde tout de même.

 

Betty me racontait l’autre jour que son mari a réussi à avoir un congé de deux mois qu’il mettra à profit pour faire une randonnée à pied jusqu’à Saint Jacques de Compostelle. Je dis bien « randonnée » et non « pèlerinage ». Il est athée, il n’est pas question pour lui d’élan mystique, sinon celui de la cinquantaine. Il tient peut-être à se prouver des choses, ou bien à se retrouver seul face à lui-même pendant cette expérience.

 

Elle ne comprend pas, et lui en veut de cette décision. Certes, il lui en avait parlé il y a longtemps, mais c’était quelque chose qui restait dans les limbes,  et elle ne croyait pas qu’il réussirait à avoir un long congé à son boulot, d’ailleurs elle ne pensait même pas que s’il l’obtenait ce serait sur une si longue durée. L’idée d’être séparée de lui pendant cette période l’ennuie, l’effraie, la rend malheureuse, et je dois avouer que je la comprends. J’aurais eu du mal à l’accepter de la part de TiNours si je n’avais pas été du voyage.

 

Mais aimer quelqu’un, c’est aussi accepter de le laisser en tête à tête avec lui-même. Qu’on le veuille ou non, il y a toujours des jardins, chez l’autre, où l’on ne peut jamais pénétrer. Même avec les meilleures intentions du monde. Aimer c’est aussi accepter de fermer les yeux sur ce que l’autre ne veut, ne peut partager. Tout amour est, je crois, à ce prix. La préservation chez chacun d’une minuscule zone d’intimité, si petite soit-elle. Une chambre, une pièce, où même l’amour n’a pas le droit de pénétrer. C’est une chose que l’on accepte facilement en théorie, mais en pratique, lorsqu’on se retrouve face à la porte fermée, en sachant que l’autre, l’aimé, est derrière, et l’a refermée volontairement, c’est dur de ne pas gratter, toquer, frapper. S’asseoir sur le seuil ? Oui, sans faire de bruit. Pour être prêt à l’accueillir au retour, avec le sourire et les bras tendus.

 

Bon.

 

Je ne sais pas pourquoi je parle de cela ce soir. Sans doute parce que j’aime bien Betty. Et que nous allons passer cette semaine ensemble, elle et moi. Ni une randonnée, ni un pèlerinage. Ca va être culturel. Chut... A samedi prochain. Bonne semaine à tous.

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