mardi, 22 septembre 2009
22 septembre, 3° édition
T’as 50 ans aujourd’hui.
Ton téléphone restera muet.
Mon blog, non.
Bon anniversaire.
Je pense à toi.
Et tu le sais.

19:16 Publié dans Famille | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire
samedi, 22 août 2009
Deux deux deux
22 août. Deux ans de blog. Ce qui me plairait, comme cadeau ? Qu’on y glisse une nouvelle fonctionnalité.
Avec internet, tellement de choses sont possibles que par moments on est tout étonné de ne pouvoir en faire certaines.
Dans une discussion autour d’une table, si l’on n’est pas d’accord sur le titre d’un film, le nom d’un acteur, la date d’un évènement historique, hop, on peut courir vérifier rapidement, pour mettre tout le monde d’accord...
On a le souvenir d’un poème qu’on a lu, d’une réplique dans une pièce de théâtre, de certaines phrases d’une chanson, on ne se rappelle ni du nom de l’auteur, ni du titre, hop, on gougolise, et on trouve.
On a un air dans la tête, on l’a pas en CD, hop on... se branche sur Deezer (évidemment, what else... ?)
On veut savoir si tel ou tel acteur, ou chanteuse, dont on n’a plus entendu parler depuis longtemps, a vieilli physiquement, hop on Gougolimagise.
On veut retrouver des vieux copains de sa préhistoire lycéenne ou universitaire, hop, on peut se brancher sur des sites... ça j’ai jamais fait, ça me fait peur. Mais bon, c’est possible.
On veut retrouver ce à quoi on pensait, ce sur quoi on pleurait, ce qui nous amusait, il y a 6 mois, un an : hop, on clique et on revient en arrière. Ce n’est pas exactement la même chose que de feuilleter à l’envers les pages d’un journal intime écrit dans un cahier. Là, il y a des commentaires : tiens lui a disparu depuis, c’est vrai. Tiens, je l’avais oubliée celle-là, qu’est-ce qu’elle devient, est-ce qu’elle tient toujours un blog ? Et puis, d’autres personnes ont pu réagir, après, sur de vieilles notes qu’on avait écrites à l’époque, en remuant de vieilles sensations. Même si c’est plus rare.
Etc etc....
Alors, quelle nouvelle fonctionnalité, liée au blog ?
Une fois et une seule (ne pas abuser, sinon ça pose problème) cliquer sur un lien magique : il nous envoie sur la note qu’on écrira dans un an pile. Pouvoir la lire, ainsi que les commentaires.
Si on n’a pas écrit ce jour-là, c’est PERDU ! Allez en prison, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20000 francs. Vous pourrez retenter votre chance l’an prochain.
Ce qui sous-entend qu’il vaut mieux prévoir soigneusement son jour à l’avance, pour éviter ce style de gaspillage.
Corollaire : Après l’avoir lue, dès qu’on clique sur la note pour quitter la page, on oublie tout de ce qu’elle contenait.... Terrible, non ? Sinon on s’enverrait les numéros du loto à travers le temps.... Trop facile. Ou bien, on chercherait à bousculer sa vie pour éviter certains inconvénients : dangereux, dangereux.
Dans un mois, dans un an, où serons-nous Seigneur ?
Les gens apparaissent, disparaissent. C’est la loi de la vie, et elle se reflète dans les rapports interblogs. J’ai déjà longuement gribouillé (« platussé » comme dirait ma mère) sur ça.
Je ne sais pas pourquoi mais j’en reviens toujours à cet extrait de dialogue qui me paraît receler toute la vérité du monde :
« Tu te souviens de cette période où je disais que tout allait bien trop vite, et de notre dispute, quand tu voulais que ça aille encore plus vite ? Et si on avait tort, tous les deux ? Pourquoi est-ce que tout ne se passerait pas exactement au bon moment ? C’est vrai... Pourquoi est-ce que certaines personnes arrivent dans nos vies ? Et pourquoi d’autres s’en vont sans qu’on sache pourquoi ? »
« Je ne sais pas... Une porte s’ouvre et une autre se ferme. »
Ces « portes » conduisent souvent vers des chemins qui me surprennent, avec du recul. Le CLIC sur le LIEN peut avoir quelquefois, des conséquences stupéfiantes, quand on regarde les évènements a posteriori.
Ouvrir une porte qu’on ne connaît pas, c’est toujours avec l’appréhension, l’angoisse, ou l’excitation, l’impatience de savoir ce qu’il y a derrière. Il flotte toujours un peu de magie dans ce processus-là. Les clics nous ont tellement habitués à tout cela qu’on n’y prend plus garde. Mais ralentir, s’arrêter, et regarder le talisman, quelquefois. C’est ce que je voudrais pouvoir faire.
Mais le temps tourne, comme d’habitude, et je dois publier mon blabla avant minuit, heure où le penseur redevient citrouille.
Clic.
20:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, blog
vendredi, 17 juillet 2009
Je suis plus là mais j'y suis quand même
....parce que où que l’on soit, on ne l’oublie pas......
07:00 Publié dans Les blogpotes à Lancelot | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bougrenette, anniversaire
lundi, 12 janvier 2009
Tendresse des saveurs
Pour déroger à la tradition de la fiesta entre amis, et aussi parce que cette fois je n’avais pas envie d’investir dans des bougies dont le nombre commence à devenir ruineux au fil des ans, nous avions décidé, TiNours et moi, de nous faire un restaurant, une soirée entre nous, samedi dernier.
Le chic du chic, sur Montpellier, c’est le Jardin des Sens, mais beaucoup de copains m’ayant dit que même si les plats servis là-bas étaient fins et excellents, la qualité et le cadre n'en justifiaient pas un prix élevé (100 euros par convive, en moyenne, vin non compris…), on a donc fait quelques investigations supplémentaires sur internet. Rien de bien concluant, jusqu’à ce que je contacte une « valeur sûre » : Noël et Mimi, qui aiment souvent se déguiser en inspecteurs du Gault et Millau pour écumer la région. Leur avis valait son pesant de foie gras. Contacté par e-mail, puis par téléphone, Noël m’a aimablement conseillé plusieurs autres alternatives accessibles du point de vue budget, et notamment un « outsider » intéressant : Prouhèze Saveurs, situé un peu à l’extérieur du Centre Ville. Je vérifie sur leur site (ah, que ferait-on si internet n’existait pas, de nos jours !). Le cadre avait l’air plaisant (même si très vaste, au premier coup d'oeil), les prix raisonnables, la carte alléchante, et, cerise sur le gâteau d’anniversaire, ce n’est pas très loin de la maison.
Nous y sommes donc allés sur le coup des 21 heures. La nuit était parfaite pour l’occasion, à mon goût. Lueur glacée des étoiles dans un froid diamant, pleine lune inondant la route de clarté, ciel noir-bleu sombre comme je l’aime. Un inconvénient (de taille) : l’établissement ne comporte pas de parking et est situé en bordure d’une route où toutes les places sont déjà occupées, probablement par les habitants des maisons environnantes. Le bowling, à proximité, fait payer le stationnement (pas fous, ils doivent avoir l’habitude des « squatteurs » dans le coin). On a heureusement pu se rabattre sur un petit supermarché, dans le secteur, et rafler une des (deux) dernières places disponibles.
Il m’est rarement (jamais, je crois) arrivé de décrire ici un bon repas en détail, comme savent si bien le faire Fiso, ou Calyste, ces Epicuriens de l’Assiette (entre autres !). Mais vous avez compris que sur cette occasion-là, j’aimerais essayer de me lancer dans cet exercice. Le cadre était intime à souhait, contrairement à ce que craignait mon TiNours qui trouvait que sur le site les salles avaient l’air belles mais immenses. Nous nous sommes retrouvés confortablement placés autour d’une table pour deux dans un petit salon aux murs de pierre, juste à côté d’une majestueuse cheminée. Service discret, rapide, et efficace. Mis de bonne humeur par deux kirs, nous avons examiné la carte, très variée. Alors que d’ordinaire nous sommes très amateurs de poisson et coquillages, encore une fois ce soir-là nous avons changé nos habitudes. Influence moyenâgeuse des pierres de la cheminée, sans doute, nous nous sommes voluptueusement enfoncés dans le terroir : boeuf en entrée et cochon en sortie pour Tinours. L’inverse pour moi. Un principe chez nous : sauf circonstances exceptionnelles, ne jamais prendre la même chose que l’autre, pour pouvoir se faire goûter mutuellement nos plats, voire échanger nos assiettes au milieu du repas (oui je sais, ces gens ne sont pas sortables…).
Mon entrée, très originale, était servie dans une sorte de petit chaudron. Des oreilles de cochon grillées (la seule idée m’amusait) accompagnées d’un œuf cassé et de mesclun. Plat agrémenté de champignons. Le mélange était parfait. La consistance des oreilles rappelait un peu celle de la tête de veau, et se mariait admirablement avec la douceur des cèpes et de l’œuf. La salade rehaussait le goût de l’ensemble. La terrine de bœuf de l’Aubrac choisie par mon z’om était froide, elle, très goûteuse, et sa sauce gribiche la relevait très plaisamment. Deux entrées parfaites pour nous mettre en appétit. On a donc enchaîné, toutes papilles déployées, sur un pied de cochon (encore !) désossé et farci, accompagné de pommes de terre au lard, pour Lui. Et, pour Moi, une blanquette de joue de bœuf (encore ! Nous avons fait un vrai massacre chez ces pauvres bêtes…) « cuite huit heures » (et engloutie en 15 minutes par votre serviteur) avec une sauce aux truffes, accompagnée de purée : le clou incontestable du repas, selon moi. Le bœuf fondait sur la langue, la sauce faisait exploser une multitude de saveurs forestières en bouche, et la purée, ce qu’elle était douce ! Une vraie merveille. Nous avons arrosé cela d’une bouteille de Carignan, vin rouge point trop fort. On a bien fait. La nourriture était suffisamment enivrante, et j’étais dans un état de semi-euphorie très plaisant. Le dessert (plateau de fromages et verrine de tarte au citron meringuée) était bien évidemment de trop après la fanfare calorique de l'heure précédente, mais, baste ! La soupe de légumes, ce serait pour le lendemain...
Regarder les gens autour de nous. Essayer de deviner qui en est, qui n’en est pas. Discuter et fou-rire des collègues de travail de TiNours, un vrai « soap » que je raconterai peut-être un jour sur ce blog. Evoquer les possibles destinations pour les prochaines vacances de février. Retrouver, par le biais de ces plats bien estampillés « France du terroir » des souvenirs de scènes d’enfance, passées dans la ferme des grands-parents, d’un côté ou de l’autre. Même si nous vivons ensemble depuis seize ans, je suis toujours surpris de voir qu’il reste encore et toujours des recoins de nos passés mutuels à explorer, à raconter à l’autre. Pétillances d’idées. Valses des réminiscences. Fragrances de sensations. Jouer à la confrontation des mémoires. « Le mois où je suis né, toitu… » « L’année où tu passé le bac, moijeu… » . Ces méandres nous ont souvent conduits à des surprises étonnantes. Non, contrairement à ce qui m’est arrivé avec d’autres personnes, TiNours et moi ne nous étions jamais « frôlés » dans l’espace de nos vies respectives, « avant ». On progressait, simplement. Deux nuages légers qui avançaient l’un vers l’autre. Sans hâte, mais inexorablement, je crois. Et ce soir, quand je regarde sa main posée sur la nappe près de la mienne, ou quand je relève mon regard dans le vert de ses yeux, je me dis que nous avons la chance des gens simples.
Ressortir dans la nuit glaciale et frissonner du plaisir de l’anticipation de la chaleur de la couette qui nous attend, douce, chez nous. Enfin, éteindre la lampe sur cette soirée parfaite.
18:32 Publié dans Lancelot et TiNours | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : restaurant, anniversaire
samedi, 10 janvier 2009
10.01, inexorable date-palindrome
En furetant par-ci par-là, je découvre que :
-le renversement de la dynastie Han en l’an 9
-la fondation de l’Ordre de la Toison d’Or par Philippe le Bon en 1430
-l’annulation du mariage de Napoléon et Joséphine en 1810
-la répudiation de la dette du régime tsariste par Lénine (et le début des emmerdes pour les porteurs d’actions français qui avaient contracté des emprunts russes) en 1918
-l’offensive américaine à Guadalcanal en 1943
-la première d’ 'Apostrophes', de Bernard Pivot en 1975
-la promulgation de la loi Evin en 1991
-le retrait de la Corée du Nord par rapport au traité de non-prolifération nucléaire en 2003
...et que les naissances de :
-Raspoutine
-Sal Mineo (acteur américain qui a joué dans ‘la Fureur de Vivre’ aux côtés de James Dean)
-Rod Stewart
-Sapho
-Philippe Courroye
...ont eu lieu un 10 janvier.
Si j’examine les évènements, il n’y a pas beaucoup de bonnes nouvelles dans la liste, à l'exception des débuts d’Apostrophes et de la loi Evin. Quant aux célébrités : j’aime beaucoup Rod Stewart, soit. Sapho, bôf. Le juge, euh ! Il y a du bon et du mauvais dans son parcours. Restent Raspoutin et Sal Mineo : brrrr : morts tous deux assassinés….
Bon, prenons-en notre parti :
Je suis sur la liste moi aussi.
Un animal d’hiver.
Qui aime se tapir dans sa tanière
Qui adore hurler en des occasions diverses et variées
(mais qui montre rarement les dents)
Qui n’aime pas du tout courir en meute, toutefois
Et qui blanchit aux tempes en vieillissant.
Quelques flocons de neige et un an de plus.

00:08 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, 10 janvier
vendredi, 22 août 2008
HAPPY BLOGDAY !
Mon blog a un an aujourd’hui.
Nombre de visites... ? Euh...
Nombre de commentaires... ? Bah...
Mais on s’en fiche de tout ça…!
Je n’aime pas les chiffres, les statistiques me fatiguent, les bilans me dépriment….
Sauf que, je suis tout de même « fier » de pouvoir annoncer une acrobatie que j’ai réussie aujourd’hui : les un an du blog coïncident pile avec ma 200° note ! Trop fort le Lancelot… Mais je plaisante : ça, c’est juste pour le fun…
La seule chose importante pour moi depuis un an, c’est de vous avoir rencontrés, tous, par le biais de l’écriture. C’est une expérience passionnante, qui me fait toujours vibrer.
Il y a eu ceux qui étaient présents au début, mais qui ont cessé de se manifester ici entretemps. En commentaire, bien sûr. Peut-être reviennent-ils quelquefois lire. Je le fais aussi, très souvent, chez eux. Des gens dont j’apprécie énormément les blogs, mais je me cantonne à leur lecture (sauf cas exceptionnel qui me fait réagir), parce que… eh ben parce que sinon on y passerait sa vie !
Il y a ceux qui ont été fidèles depuis le début, et sont toujours là. Ceux à qui j’ai envie de sourire, ceux que j’ai envie de serrer affectueusement contre moi. Ceux qui me laissent un mot gentil, ou critique, une réflexion, régulièrement. Pour la millième fois, je leur dis MERCI. Ce doit être un des mots les plus écrits dans ce blog… (tiens, en voilà une statistique qui serait vraiment amusante à établir, elle : les mots les plus employés dans tel ou tel blog).
Il y a (eu) quelques « ennemis » ou disons plutôt, « personnes hostiles ». Très peu. Tant mieux. Au début ça m’a posé un gros problème, ensuite j’ai géré par l’indifférence : la meilleure attitude possible. Mais c’est bien aussi d’avoir des ennemis (des détracteurs...?). Après tout, ça pousse à la remise en question, et c’est au moins la preuve que l’on fait réagir…
Récemment, (depuis le début de l’été) des « nouveaux » sont arrivés parmi les commentateurs réguliers : à chaque fois ça m’émeut… Aller lire leurs blogs, lorsqu’il y en a, et me dire « Mince, ces gens passionnants aiment revenir chez moi aussi… ? Quelle chance… Allez, on agrandit la table, on rajoute des chaises… Il faut qu’ils se sentent bien, dans ma maison… »
Il y a eu du bonheur, il y a eu de la douleur. Il y a eu des fous-rires, et des sanglots. Il y a eu de l’excitation, du découragement. Mais jamais, jamais, au grand jamais, de l’ennui, de la lassitude, de ma part.
Je n’ai cité personne, aucun nom parce que vous vous (re)connaissez tous. Mais je veux faire ici une exception : Bougrenette, ma sœur de blog, ma frangine de Paris-Carnets ! A deux semaines près, nous pouvions fêter cet anniversaire ensemble (elle avait ouvert son blog début août 2007). Et nous avions assisté elle et moi ensemble à notre première « cérémonie » de rassemblement de blogueurs, début juillet. On n’en menait pas large, mais on en a tous deux ramené un excellent souvenir.
Avec un peu de retard, bon anniversaire à toi aussi, ma Val. J’aime tes billets, si pleins de folie et de poésie. J’aime tes jeux avec les mots et tes fulgurances de phrases dans lesquelles, très souvent, j’ai l’impression de me contempler. J’aime aussi tes commentaires. Et tes critiques. Oui, tes critiques. Continue à être vraie et sincère ici, comme tu l’es toujours.
Pour finir, plutôt qu’une photo ou un extrait musical, j’aimerais vous faire partager cette petite nouvelle sans prétention que j’avais beaucoup aimée quand je l’avais découverte pour la première fois, il y a quelques années.
La Clef d’Or
Il était une fois, par delà les montagnes, à la lisière de la Forêt Sans Fin, un garçon qui vivait dans une chaumière avec sa mère, son père, ses frères et sœurs. C’était l’hiver, l’hiver le plus froid qu’avait jamais vu le garçon, le plus froid jamais vu dans cette contrée connue pour la froideur de ses hivers, et ce garçon n’avait pas de bois pour se chauffer. Il y en avait pour ses frères, qui ressembleraient à leur père lorsqu’ils seraient grands, et pour ses sœurs, qui ressembleraient à leur mère lorsqu’elles seraient grandes. Mais pour ce garçon, qui ne ressemblerait à personne lorsqu’il serait grand, il n’y en avait pas. Un matin, le garçon s’éveilla avant l’aube. La nuit avait été plus froide encore que les précédentes et une couche de givre recouvrait ses couvertures. Le garçon décida d’aller ramasser du bois pour ne plus passer de pareille nuit. Il se vêtit et quitta la chaumière quand tous dormaient encore, tirant son traineau derrière lui par les champs enneigés puis sous les premiers arbres de la forêt. Tout était gelé et silencieux et, comme l’hiver était si rude, on ne trouvait pas beaucoup de bois. Le garçon s’aventura plus loin dans la sylve, ramassant quelques brindilles par ci, une pomme de pin par là, une branche même parfois, et, peu à peu, il emplit son traîneau.
Quand il eut assez de bois, il avait si froid et avait marché si longtemps qu’il décida d’allumer un feu sur place. Il balayait la neige quand soudain le soleil, qui s’était levé entre temps, fit briller quelque chose à ses pieds. Le garçon vit qu’il s’agissait d’une clef, une clef d’or qu’il ramassa vivement. Il la lança en l’air et la rattrapa.
-Elle est à moi, dit-il en riant.
Et la clef se mit à étinceler au soleil, comme si elle riait avec lui.
Au bout d’un moment, il se dit que là où se trouvait une clef se trouvait forcément une serrure à ouvrir. Il balaya la neige tout autour de lui, puis, ne trouvant rien, entreprit de creuser le sol. Oh, comme la terre était dure, plus dure que la pierre, plus dure que l’acier, alors que le garçon ne disposait pour creuser d’autres outils que ses mains. Il creusa très longtemps et, dès qu’il se sentait fatigué ou découragé, il tirait la clef de sa poche, contemplait la promesse qu’elle contenait, et reprenait son labeur, ragaillardi.
Enfin, il découvrit un petit coffre en fer qu’il tira de l’étreinte glacée du sol. Il le tourna entre ses mains, cherchant une serrure a priori inexistante. Mais le garçon était patient et finit par la trouver, si minuscule qu’il ne l’avait d’abord pas vue. Il y introduisit la clef et la fit tourner. A présent, il nous faut attendre qu’il finisse d’ouvrir son coffre et en soulève le couvercle pour savoir quelles choses il recèle et à quel point ces choses ont changé sa vie.
Peter Cashorali « Princes Charmés »
14:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, blogpotes, peter cashorali
