mercredi, 08 juillet 2009

La 168° note, en rez-de-chaussée, un 8 juillet

Si quelqu’un à la recherche d’un logement vous dit : « J’ai trouvé un appartement au rez-de-chaussée », que comprenez-vous ?

 

Pour moi, il y a deux possibilités : ou bien la personne parle de l’immeuble ou nous nous trouvons au moment de la conversation. Ou bien, elle m’avait parlé précédemment d’un autre bâtiment bien précis, et je sais que c’est dans cette construction-là qu’elle va habiter.

 

Je sens que vous êtes en train de fixer votre écran en vous disant « Oui et après ? Il a fumé la moquette, le Lancelot, à nous enfoncer ainsi des portes ouvertes, dans son appartement trucmuche... ? »

 

En fait, la question que je me pose (le sort du monde n’en dépend pas vraiment, j’en conviens, mais enfin c’est une histoire qui me turlupine depuis longtemps), c’est : quelqu’un parlant d’un appartement X dans un endroit Y, pas encore connus de son interlocuteur, ne dirait-il pas : « J’ai trouvé un appartement en rez-de-chaussée » ? ou, encore mieux : « un appartement situé en rez-de- chaussée » ?

 

Pour moi, « un appartement au rez-de-chaussée » ne peut que signifier que le rez-de-chaussée en question est forcément connu. Soit parce qu’on se trouve dans le bâtiment concerné, soit parce qu’on sait déjà de quel édifice il s’agit.

 

Il y a quelques mois, ce problème avait fait couler beaucoup de salive dans mon cours de version en 1° année de lettres modernes. Les étudiants, et moi, n’étions pas d’accord sur ce petit détail linguistique, pour la traduction de « groundfloor flat ». Aujourd’hui, je n’ai toujours pas trouvé la réponse définitive. Je me demande s’il en existe une. Je n’arrive pas à m’extirper de l’impression tenace que, non, on n’a pas le droit de rentrer chez soi et de dire tout de go à sa femme :  « Enfin ! J’ai trouvé à louer un appartement au rez-de-chaussée ! » si l’on parle en général, d’un bâtiment quelconque, dont l'autre ne sait rien. Ca me gêne. Qu’en pensez-vous ?

 

C’est cette question très relativement fondamentale qui m’aura permis d’écrire la 168° note sur mon « Boat on the Ocean » en ce 8 juillet. Il fallait y parvenir, à ce nombre-là, à cette date-là. Et ce n’est pas un hasard. Le 9, ça aurait été trop tard. Moins de notes, ça ne pouvait pas le faire.

 

Défi idiot, que je tenais à relever. Ca plane au ras des pâquerettes. Ou en rez-de-chaussée, justement. Comme vous préférez.

 

Qu’on me comprenne et me pardonne.

 

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dimanche, 26 avril 2009

De la terreur

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Je devais avoir neuf ou dix ans. C’était l’été, je m’en souviens parfaitement. Août, peut-être. Mon père était absent pour quelques jours. Mon frère, je ne sais pas. Bizarre, car il aurait dû être là, mais je n'en ai aucun souvenir. Je ne me rappelle que de la présence de ma mère.

 

Ce soir-là, c’était les vacances, j’avais le droit de regarder la télé. J’avais feuilleté le programme. Chouette, il y avait un film d’épouvante. J’avais louché vers ma mère : me permettrait-elle... ? De tels scrupules, aussi bien de la part des parents que des enfants, feraient s’esclaffer aujourd’hui. Bah, elle était d’humeur indulgente. Va pour le film d’épouvante. Je m’étais assis devant le poste, tout frissonnant d’anticipation de mon plaisir de gamin qui pouvait enfin accéder à quelque chose d’interdit.

 

Grave erreur. J’ai connu ce soir-là une des terreurs les plus terribles de toute mon enfance, je pourrais même dire de toute ma vie, et qui m’aura marqué, pendant des mois et des mois. Je n’en avais pas dormi de la nuit. Les semaines suivantes, je n’osais pas l’avouer, parce qu’on se moquait de moi, mais aller me coucher et éteindre la lumière constituait pour moi une épreuve énorme, alors qu’auparavant cela ne m’avait jamais posé problème. Quand le soir tombait, j’appréhendais cet affreux moment où je devrais me retrouver seul, dans le noir. Je luttais contre le sommeil le plus longtemps possible, persuadé que dès que je baisserais ma vigilance, un croquemitaine viendrait pour m’emmener.

 

Sur ce coup-là, ma mère n’avait franchement pas assuré. J’avais eu droit aux remontrances habituelles « Ca t’apprendra à vouloir voir ce style de programme.. » « On n’a pas idée ! » « Mais enfin c’est pas possible d’avoir peur comme ça pour un simple film... ! » etc etc etc. J’ai peu de certitudes dans la vie, mais j’en ai acquis quelques-unes. L’une de celles-ci, c’est : toujours prendre au sérieux les angoisses d’un enfant, et chercher à les calmer, d’une façon ou d’une autre.  Toujours 

 

Enfin bref, comme tous les gamins, je m’en suis remis. Mais il m’a fallu un temps très long. Plusieurs mois. J’ai appris à vivre avec ma peur tout d’abord, à me colleter avec elle. Par la suite, bizarrement, sans l’avoir vaincue, je m’y étais habitué. J’avais élaboré des stratégies pour l’appréhender, la contourner, ou même y faire face, mais aux moments plus propices, comme en plein jour. Ou bien, éviter d’y penser, pour, progressivement, parvenir à l’oublier. Par moments.

Et puis, on se retourne un jour, et on s’aperçoit qu’à force de n’y avoir plus pensé, l’animal est toujours là, mais bizarrement inoffensif et même un peu ridicule. Le gamin est devenu ado. Il a fini par comprendre que les vrais démons, c’est à l’intérieur, et non à l’extérieur, qu’il faut les chercher pour les combattre.

 

Cette frayeur de mes 10 ans, elle a au moins eu un impact positif : j’ai été immunisé, vacciné à vie contre les films d’épouvante, ou d’horreur. Après ça, plus rien au cinéma ne me faisait peur. L’Exorciste, ça m’a tordu de rire à 13 ans. La Nuit des Morts Vivants, je me suis endormi sur le canapé en me passant la cassette video, un soir seul à la maison (je devais avoir 15 ans). Sur Nosferatu, j’ai vraiment trouvé qu’ils auraient pu faire un effort, le maquillage du vampire était grotesque. Plus rien dans ce domaine ne m’a plus jamais impressionné. Rien.

 

Le film qui m’avait tant marqué, je l’ai revu, il y a quelques années et aussi tout récemment, avec TiNours. Il est toujours bizarre de comparer ses impressions en tant qu’adulte à celles que l’on a ressenti devant les mêmes choses, à l’enfance. Une espèce de corde a vibré en moi. Plus de la peur, mais de l’émotion. En regardant les images, c’était moi à dix ans que j’essayais de retrouver. Je me rappelais parfaitement de certains moments. Certes, la frayeur irrationnelle avait disparu. Mais je vibrais, parce que j’analysais mieux le pourquoi du comment de ce que j’avais éprouvé.

 

Ce fameux film, c’était la version réalisée par Victor Fleming de ‘Docteur Jekyll et Mister Hyde’. Assez différent de la nouvelle de Stevenson, publiée en 1886, qui est devenue un des pivots de la littérature occidentale dans le thème du conflit entre le bien et le mal, le dédoublement de la personnalité, et l’inconscient décrit par la psychanalyse. L’œuvre était toutefois difficilement adaptable à l’écran, car plus riche par la qualité de son écriture que par l’épaisseur de l’intrigue. Richard Mansfield en avait fait une adaptation théâtrale à la fin du XIX° siècle. D’innombrables versions cinématographiques ont suivi, mais les deux films qui se sont basés sur la pièce de Mansfield sont la version de Mamoulian en 1931 avec Fredric March dans le rôle principal, et celle de Fleming en 1941, qui reprenait la première, presque scène à scène, avec un casting différent, plus ‘accrocheur’ car il comportait une pléiade de stars de l’époque.

 

Le film a donc pour personnage central  le jeune et brillant docteur Henry Jekyll, qui, à la fin du XIX° siècle, à Londres, pense avoir découvert une drogue permettant de séparer les tendances antagonistes coexistant en tout être humain, le bien et le mal. Ses déclarations sont assez mal perçues par ses confrères ainsi que par les membres de la haute société victorienne de l’époque, marquée par le puritanisme et l’hypocrisie, et peu encline à admettre la part d’ombre que chacun porte en soi. Jekyll est fiancé à une jeune fille, Beatrix. Le père de celle-ci, considérant d’un mauvais œil les ’errements’ philosophiques, moraux et scientifiques de son gendre potentiel, décide d'emmener sa fille sur le continent pour lui donner le temps de la réflexion. Entretemps, Jekyll a fait la connaissance d’une aguichante serveuse, Ivy. Exaspéré par l’attente, il décide d’expérimenter sur lui-même la potion qui détruira les barrages à ses ’mauvaises’  pulsions, principalement sexuelles. C’est alors qu’il se transforme, pour fusionner avec sa part d’ombre, « cachée » en lui, Mr « Hyde ». (face dissimulée par « Je-Kill », celui qui tue son propre moi). Après avoir retrouvé Ivy qui travaille dans un cabaret, il s’arrange pour la faire renvoyer. Il parvient ensuite à en faire sa maîtresse grâce à l’argent qu’il lui offre et à la terreur qu’il lui inspire.

Cependant, après le retour de Beatrix et de son père, qui est finalement décidé à la donner en mariage, Jekyll renonce à la drogue, et à la fascination du dédoublement, pour détruire la formule. Hélas, le personnage de Hyde devient le plus fort et la transformation s’opère sans que le docteur ne puisse plus la contrôler. Il retourne voir Ivy et l’étrangle. Comprenant qu’il s’est engagé dans une voie dangereuse, il tente d’expliquer à Beatrix que le mariage ne sera pas possible, mais Hyde réapparaît au moment inopportun. Il tue le père de la jeune fille et se réfugie dans son laboratoire après avoir repris de la potion afin de redevenir le Docteur Jekyll. Mais, confondu par son meilleur ami devant la police, il se transforme une dernière fois en Hyde et se fait abattre, pour mourir en retrouvant les traits de l’homme respectable qu’il est censé avoir toujours été.

 

C’est Spencer Tracy qui avait repris en 1941 le rôle principal. Lana Turner incarnait la fiancée, et le personnage d'Ivy la serveuse était échu à Ingrid Bergman. Elle avait insisté pour avoir ce rôle alors qu’au départ les deux actrices auraient dû être inversées dans la distribution. Et, en effet, elle est excellente en jeune fille de condition humble, terrorisée par Hyde, le monstre moral. Spencer Tracy, absolument parfait, a de toute évidence pris un plaisir extrême à incarner ce personnage affreux. Un démon à l’âme noire, se délectant du mal à l’état pur, sournois, malveillant et brutal. Et c’est là selon moi que réside toute la force d’épouvante du film. Les traits de Spencer Tracy ont été modifiés mais sans exagération (alors que dans la version de Mamoulian, Fredric March se transformait en une sorte d’homme de Néanderthal un peu grotesque). Il conserve une apparence tout à fait humaine, mais ses yeux exorbités et subtilement maquillés, ses lèvres épaissies et ses dents carnassières lui confèrent effectivement un aspect effrayant. Lorsqu’on le regarde, la terreur s’insinue lentement et de façon plus sûre, en nous.

 

Avec du recul, j’ai compris qu’en fait ce qui m’avait surtout effrayé en tant qu’enfant, c’était la laideur morale, les abîmes insondables du vice poussé à l’extrême dans le désir de faire souffrir l’autre. Physiquement, il ne se passe pas grand-chose. Les scènes de meurtres sont masquées, il n’y a pas de sang ni de véritable brutalité physique. C’est davantage une question d’atmosphère : le film est en noir et blanc, et bien sûr il abonde en scènes nocturnes noyées dans le brouillard londonien. Le laboratoire de Jekyll est une déplaisante cave située en sous-sol. Evidemment. Cela, j’y avais été sensible aussi. Mais les scènes qui m’avaient le plus terrorisé étaient celles où Hyde martyrise Ivy, en tournant en dérision ses frayeurs à elle, en feignant de céder à son désir de sortir pour lui annoncer que finalement ils seront très bien pour passer une soirée entre eux à l’intérieur, ou en l’obligeant à sourire en chantant une chanson gaie alors qu’elle sanglote de terreur et de douleur. A dix ans, j’avais trouvé ça insoutenable.

 

Ce qui m’amène à la conclusion suivante : la vraie terreur, la véritable épouvante, réside bien plus dans ce qu’on ne voit pas mais que l’on pressent, ce que l’on ne connaît pas mais que l’on devine, ce que l’on n’entend pas mais que l’on perçoit confusément. Les pires cauchemars (les miens en tout cas) s’achèvent toujours au moment où la « bête » apparaît. C’est là qu’on se réveille. Mais les minutes les pires, quand le cœur bat à cent à l’heure, sont celles où l’on progresse avec hésitation dans l’ombre, en tremblant, parce que l’on sait que quelque chose de terrible se dissimule dans l’obscurité. Au fond, la seule vraie chose terrifiante, c’est la terreur en tant que telle. Dès qu’elle est concrétisée, matérialisée, circonscrite, on a un pouvoir sur elle. Le mal véritable, à l’état pur, est une entité qui se tapit, invisible, au fond des âmes.

Le vrai problème (entre autres) de l’époque victorienne, celle de Stevenson, était peut-être simplement d’avoir, au lieu de les admettre comme naturels, tellement barricadé instincts et pulsions, que leur séjour dans l’ombre les avait pourris. Les libérer brutalement ensuite ne pouvait plus déboucher que sur douleurs et souffrances.

 

mardi, 27 janvier 2009

Présidents et serments

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"I, Barack Hussein Obama, do solemnly swear that I will faithfully execute the Office of President of the United States, and will to the best of my ability, preserve, protect and defend the Constitution of the United States."

Mercredi dernier Barack Obama a prêté serment pour la deuxième fois. Il y avait eu un cafouillage lors de la cérémonie d’investiture, la veille. Le nouveau président est censé répéter le serment après le chef de la Cour Suprême. Or John Roberts avait récité dans le désordre le texte solennel prévu par la Constitution. Il avait placé le terme « faithfully » après « President of the United States », et non pas avant comme écrit dans la loi fondamentale.

Obama s'était interrompu, avant que Roberts ne répète le morceau de phrase, à nouveau dans le désordre. Obama avait obtempéré et fini son serment tel qu'il l'avait entendu. Par souci de précaution, et pour éviter toute contestation ultérieure, le Président a juré une deuxième fois, le lendemain, en respectant le texte constitutionnel à la virgule près.

Ce qui pourrait apparaître aux yeux de nombre de Français comme une cérémonie un peu désuète, entourée d’un luxe de garanties inutiles, est en fait une coutume profondément enracinée dans la culture américaine. Investiture. C'est à cet instant que le Président américain élu se trouve investi de sa charge et des pouvoirs qui l'accompagnent. Investi. La fonction habite le Président ; ce n'est pas le Président qui habite la fonction –vous voyez à qui je pense...

 

Les présidents américains jurent sur la Bible. Une coutume qui là aussi fait régulièrement couler beaucoup d’encre et de salive. Les premiers ‘Pilgrims’ (colons fondateurs) en Amérique, échaudés par les persécutions dont ils avaient fait les frais en Europe,  avaient insisté sur la nécessité fondamentale de séparer affaires politiques et religieuses. Alors, pourquoi ce paradoxe ? On peut considérer douteuse la source mystique de pouvoir conféré par le serment, mais la qualité du témoin - celui devant lequel on jure- n'est pas sans influence sur la source de la légitimité. Car la référence à Dieu revêt ce caractère sacral originel. Et il n'est pas mauvais que la fidélité aux institutions soit empreinte de sacralité. C’est bien un athée qui vous parle.

 

Le Président de la République, en France, n'est pas investi autrement que par quelques coutumes protocolaires (dont la passation de pouvoir par son prédécesseur). Il ne prête pas serment. On peut s’en réjouir, trouver le rite américain du serment hypocrite et archaïque. Et pourtant... Lors des cérémonies du 16 mai 2007 en France, on avait assisté à une magnification de l'homme et de sa famille... Une allégeance de tous au monarque plutôt qu'une allégeance du président à la nation. Un apparat dont les Américains eux-mêmes ne sont pas exempts, soit. Mais en France, à trop vouloir écarter toute coutume  considérée vieillotte, on finit par perdre de vue l’importance, la solennité de la fonction. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : je ne phantasme pas sur l'idée de faire jurer le président français sur la Bible. Je ne m’appelle pas BouTin. Mais ne pourrait-on imaginer un serment présidentiel, qui soit à la fois empreint de laïcité et de solennité ? Entre le sacre des Rois d’autrefois, qui montrait que la personne royale empruntait son pouvoir à la puissance divine, et notre système actuel où l’on s’en remet entièrement à la raison et l’équilibre supposés d’un président français investi (avec les résultats que l’on sait, 20 mois plus tard...) il existe de nombreuses variantes. Tenter de concilier un certain sérieux, et, je n'ai pas peur de le répéter, une certaine solennité, avec la vie moderne et les nécessités du XXI° siècle, est-ce un défi impossible ?

D'accord : on sait très bien ce que valent ces serments une fois prononcés, que ce soit devant Dieu ou pas. Ils n’ont jamais empêché aucun roi, aucun monarque, ni surtout aucun président, de ce côté-ci de l’Atlantique ou de l’autre, de mentir ou de tricher. Mais j’ai envie de dire « peu importe ». Le sérieux, le poids, la portée de la fonction, doivent demeurer, perdurer, tout au moins d’un point de vue symbolique, même en 2009. Tous ces termes me paraissent bien oubliés, désuets depuis quelques mois. Le mot « institution » n’est pas seulement synonyme de poussière et d’odeur d’encens. Lorsque l’audiovisuel public, le tribunal de grande instance, la possibilité pour les députés d’un parti adverse de faire entendre leur désaccord sont assujettis à la seule approbation d’un chef d’Etat et de son parti, peut-on encore rire et prôner ce genre de modernisme ?

 

 

lundi, 01 décembre 2008

Journée mondiale de lutte contre le Sida

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Bon, autant allier l’utile à l’agréable, hein…..

 

Bises à tous, et sortez couverts…