vendredi, 14 août 2009

"J'aimerais tant voir Syracuse"

Vendredi 31 juillet

 

 

 

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La partie la plus intéressante de la ville est l’île d’Ortygie, au Sud, où l’on peut accéder par de simples petits ponts. Le nom me rappelle celui d’Ogygie, où la nymphe Calypso retenait Ulysse par des enchantements parce qu’elle était amoureuse de lui. Quand j’étais gamin, j’adorais la musicalité magique de ces noms qui me faisaient rêver. A propos du héros de l’Odyssée, certains énormes rochers de lave crachés plus au Nord par l’Etna, dans la mer, auraient, selon la légende, été les blocs balancés par le cyclope Polyphème, furieux, voulant se venger d’Ulysse qui lui avait crevé son œil unique.

 

 

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Mais je m’égare. Ortigia constitue un lieu de promenade idéal par une belle matinée ensoleillée. Ceci dit, elles le sont toutes en Sicile, en tout cas en juillet ! Garés tout près de la mer, à l’entrée de l’île, nous avons d’abord traversé le marché, plein de couleurs, de saveurs, et surtout d’odeurs. Ah oui, les odeurs... Mais ici elles étaient agréables. Ce qui d’ailleurs me donne une idée : pratiquer l’exercice conspué par notre docte Olivier Autissier : le « Bonheur en Clichés » ! En voici, tant et plus :

 

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Fidèles à notre manie de ne jamais rien vouloir faire comme les autres lors d’une visite, nous sommes allés manger dans un endroit spécialisé en vins (une « oenothèque », ce que ça peut faire pompeux...) : « Il Grappolo di Alessandro »  situé via Cavour. On s’est régalés d’une assiettée, une planchia, plutôt, de charcuteries et fromages du cru. A deux, on a eu du mal à venir à bout du plateau. Incroyable, quand on connaît les deux goinfres que nous sommes. Nous en avons bien sûr profité pour acheter six bouteilles de vin (bianco et rosso) sicilien et quelques petits pots de pesto à servir, un de ces jours, en toasts aux invités lors d’un apéro.
 
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 Le café a été pris plus loin, sur la Piazza Archimède baignant dans la lumière de ce bel après-midi. 

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 Nous nous sommes rendus ensuite dans la partie nord de la ville pour y visiter le théâtre grec (le plus grand de Sicile). Hélas, pour le voir il fallait obligatoirement prendre un billet groupé pour le parc archéologique. Un système complètement absurde, soit dit en passant, mais bref. Nous n’avions plus le temps d’aller visiter la totalité du parc. On s’est donc contentés de prendre une photo de l’amphithéâtre depuis l’extérieur (c’était très difficile de trouver une vue possible en repartant sur la route, mais à force de nous acharner, nous y sommes parvenus). J’en rajoute une que j’ai prise en gros plan sur un poster affiché à l’office du tourisme. On distingue cependant assez nettement la nuance entre ce qui est pris ‘en live’ et la ‘photo de la photo’.

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Syracuse est la dernière grande ville italienne que nous aurons visitée, le maximum que nous aurons pu faire en deux semaines. Tout se superpose et se mélange un peu dans ma tête : la splendeur turbulente de Palerme, la cosmopolite. L’élégance insolente de Catane qui n’a pas voulu se laisser apprivoiser ; Enna, douce, assoupie et si accueillante ; enfin Syracuse, vibrante de vie, et paradoxalement si peu touristique, bien ancrée qu’elle est dans le réel du quotidien.

 

 

 

C’est déjà demain le départ. Ces 15 jours ont passé à une vitesse incroyable, comme un carrousel où l’on aurait tendu sans cesse la main vers le pompon, sans jamais parvenir à l’attraper. Tout juste si nous avons pu l’effleurer. Dieu sait que nous aurions aimé gagner un deuxième tour !

Bien évidemment, l’âme et la richesse d’une île (et je pourrais même écrire ‘pays’,  car la Sicile en est un à part entière) aussi magnifique ne peuvent s’appréhender, se capturer dans un espace de temps si court. Mais il nous en est resté une douceur au fond de l’âme, un enthousiasme au creux du cœur, que l’on ne peut oublier. On abordait chaque journée très tôt avec une hâte d’enfants gourmands. On se couchait tous les soirs épuisés, mais avec une sensation de plénitude.

 

Merci, pour toujours.

 

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mardi, 11 août 2009

Au crayon, sans clavier


podcast

 

 

 

 

Mardi 28 juillet :

 

J’avais emporté le PC en me disant que les chances de connexion internet étaient minces, car cet avantage-là n’était pas mentionné dans le descriptif de nos locations. Effectivement, impossible. Ce qui n’est pas plus mal, dans un sens... Mais je pensais que je pourrais toujours taper mes notes sur Word au préalable. Peine perdue. Je trimballe sans cesse avec moi le même cahier que j’avais l’an dernier, en Egypte, et j’y griffonne au crayon, quand nous avons un moment de libre. Comme sur la plage en ce moment, par exemple. Ou bien lorsque je me réveille tôt le matin. Ca m’obligera à un fastidieux travail de recopiage au retour (à qui le dis-tu !  Note Du Recopieur... ), mais bon. Une façon d’immortaliser, de prolonger les vacances et les impressions qu’elles laissent. Un peu comme avec des photos, mais bien sûr, de façon plus abstraite et laborieuse. Pourtant, je dois bien avouer que j’aime ça. Sans me priver du plaisir des moments concrets, sans empiéter sur eux, mon crayon me donne aussi l’impression d’appréhender, saisir les sensations pour les synthétiser. Bien sûr, je me plante et il existe un monde entre l’odeur du sel sur la mer, la sensation de sueur brûlante qui collait mon tricot ce matin, les cris des enfants bousculés en ce moment par les vagues, d’une part, et d’autre part les lettres, les mots et les phrases. Mais, les photos sont là, elles aussi, aimables béquilles à mes gribouilles.

 

A propos de photos : ce matin, visite de Taormina, belle station balnéaire huppée, et surtout de son théâtre gréco-romain, situé dans la partie supérieure de la ville, que nous avons atteint en funiculaire. L’ensemble est hélas un peu défiguré par les installations du Festival d’Art de la Ville, en été.

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L’après-midi, excursion dans les gorges de l’Alcantara, sous un soleil de plomb. L’eau y circule entre des concrétions volcaniques polies par le courant. Mais ce qui nous a laissé le souvenir le plus inoubliable, à TiNours et moi,  c’est la fraîcheur glaciale de l’eau sur nos pieds (10° C environ) après l’étuve obligée de la promenade. Le contraste était sublime. J’ai repensé aux paroles de la chanson de Bette Midler :

« And your shoes get so hot

You wish your tired feet would find a brook…”

 

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Demain, il faudra bien se tenir : Alfio vient nous chercher pour que nous allions présenter nos hommages au maître des lieux, Sire Etna.

 

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dimanche, 09 août 2009

Castelmola

Dimanche 24 juillet

 

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En fait de « vraie » éruption volcanique, la dernière a eu lieu il y a un an exactement. J’ai lu ça dans le Routard ce matin, aux WC, ce qui m’a plutôt incité à serrer les fesses... Non, au cas où vous seriez inquiets pour ma santé, je ne suis pas constipé depuis un an. Enfin bref, pour sortir de ces nauséabondes métaphores, et pour en revenir à l’Etna, il paraît que l’alerte est donnée uniquement lorsque la fumée sortant du cratère est noire. Pour l’instant, de blancs panaches en émergent sans cesse, paresseusement, semblant nous dire « Mais cessez de flipper... ». Il est vrai que c’est fascinant. On a un peu  l’impression d’entrer dans la carte postale que l’on a toujours dû admirer à distance. J’avais éprouvé ça le jour où j’avais arpenté le Golden Gate.

 

Ce matin, ballade dans Mascali. Les touristes français y sont beaucoup plus rares qu’aux environs de Palerme. La moyenne d’âge est plus jeune aussi. Les hommes sont presque tous torses nus. Quel genre ! Mâme Boutin en brandirait sa Bible, d’excitation. On ne sait où donner de la tête, et des yeux. Bon, il est vrai que par plus de 40°C à l’ombre, on a quelques raisons d’oublier la morale, et la bienséance...

 

Cet après-midi, excursion au village de Castelmola, à 30 km d’ici, perché à 530m d’altitude. Les petites ruelles s’enchevêtrant entre des maisons de pierre, et bien sûr, les points de vue, sont encore à couper le souffle. Peut-on se lasser un jour de tant de beauté ?

 

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Ce soir, des Canad’air récupéraient de l’eau dans la baie pour éteindre un nouvel incendie dans les parages. Le calme et la beauté du paysage contrastaient avec l’urgence de la situation et son côté dramatique. Antonio nous expliquait hier que les feux ont des causes accidentelles dans 5% des cas ! Le reste du temps ils ne sont que le fruit de magouilles spéculatives et vengeances immobilières. Tout comme dans le Sud de la France, j’imagine.

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Et, bien sûr, éternel décor, personnage, même, pour le théâtre se jouant ici, l’Etna veille en toile de fond. Il était là avant nous, il y sera encore bien après. Quelle que soit l’agitation que déploient les gens pour changer le cours de leurs vies, et des catastrophes.

 

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vendredi, 07 août 2009

Agrigento et la Vallée des Temples


podcast

 

Jeudi 23 juillet :

 

 

Il y avait près de 200 km à faire pour se rendre là-bas, aussi n’avons-nous pas hésité à nous lever à 6h du mat pour y être à une heure décente.

 

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Vers 9h30 il n’y avait pas encore trop de visiteurs, et la chaleur, bien qu’intense, était encore supportable.

 

A l’origine la ville avait été baptisée Akragas par les colons grecs qui l’avaient fondée vers 600 av JC. Elle a connu un grand essor sous le règne de theron (de 488 à 472 av JC) qui fit notamment agrandir et embellir la vallée des temples. Mais sous les assauts des Cartaginois en 406 av JC, « la plus belle ville du monde » (selon Pindare) perdit de son prestige. Elle fut rebaptisée Agrigentum par les Romains, ensuite.

 

La promenade dans le site commence au temple de Junon, dédié aux mariages et à la fécondité. Nous n’avons offert aucun sacrifice.

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Le chemin continue en longeant les « arcosolia » byzantins, sortes de petites chambres funéraires où l’on plaçait des sarcophages et objets divers, à proximité des nécropoles.

 

 

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Puis au bout d’une longue avenue se dresse le mieux conservé de tous les édifices. La perspective a d’ailleurs été conçue pour qu’on puisse le voir de loin : le Temple de la Concorde, hélas gâché (à mon sens) par la scène et les rangées de sièges disposés devant, ainsi que par les échafaudages placés pour soutenir des projecteurs. Car bien sûr en été on y joue des pièces de théâtre. Au VI° siècle ap JC, le temple avait été transformé en cathédrale par les Chrétiens. Cette ‘violation religieuse’ a eu des retombées positives : elle a contribué au maintien de l’édifice en assez bon état à travers les siècles.

 

 

 

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Au Temple d’Hercule, j’ai réussi à immortaliser une vue sans touriste rôdant ou posant autour des colonnes, ce qui relevait de l’exploit, car les gens étaient de plus en plus nombreux.

 

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La partie basse du site comporte le temple de Zeus, qui était le plus grand (en taille) de Sicile (113m sur 56). Il en reste surtout des monceaux de ruines car il avait été détruit par les Carthaginois en 406 av JC. Mais de nombreux tronçons ont survécu, malgré les tremblements de terre.

 

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Des Atlantes géants de près de 8m soutenaient l’ensemble. Une copie de l’un d’entre eux est présente sur le site (l’original est au musée) : il me rappelle un peu le bibendum Michelin. Que Zeus me pardonne ce rapprochement déplacé.

 

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Le dernier temple de la série est celui des  Dioscures (les deux frères Castor et Pollux, condamnés à être séparés par la mort de l’un, l’immortalité de l’autre, mais qui choisirent, par amour fraternel, de partager cette immortalité en alternance). Il en subsiste un angle seulement. Il existe aussi de nombreux autels dédiés à Dyonisos (nommé Bacchus chez les Romains -mon Dieu préféré dans la mythologie grecque, pour diverses raisons), à Déméter (déesse des moissons) et à Perséphone, reine des enfers.

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Vers les midi nous avons regagné la voiture sous un soleil de plus en plus brûlant, et des vagues de touristes de plus en plus nombreux. Je leur laissais très volontiers la place. Au retour, on s’étonne de la longueur du chemin, et d’avoir tant marché à l’aller sans s’en apercevoir. Ce n’est pas étonnant. D’un temple magnifique à l’autre, on en oublie facilement la fatigue à l’aller.

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Agrigento est une ville provinciale bâtie tout en hauteur, mélange étonnant de vieux et de neuf. Du haut du site de la Vallée des Temples, on aperçoit en contrebas l’autoroute, pas si laide car montée sur des piliers élancés. De la même façon, la vieille ville est enserrée dans une couronne d’immeubles modernes, mais une fois qu’on les a passés, on a davantage l’impression de toucher l’âme de la Sicile profonde telle qu’on se la représente dans nos clichés habituels.

 

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Au retour, nous avons commis l’erreur de suivre la direction de Palerme, puisque c’était celle du Nord. Or, au tiers du chemin, TiNours, qui consultait la carte, m’a fait remarquer que nous allions fatalement arriver à l’est de la capitale et que nous serions obligés de la retraverser pour revenir à Balestrate, qui se trouve à l’ouest. Aucune possibilité de contournement n’est prévue. Je me suis presque immédiatement accroché au frein à main : refaire Palerme en voiture, après les problèmes de circulation de la veille.... ?? Hors de question ! On a donc obliqué vers l’ouest, pour rejoindre la N113 qui conduite, depuis le Sud de l’île, à l’ouest de Palerme. Sans nous obliger à retraverser la ville et ses bouchons interminables. On est donc passés par de petits chemins et villages montagneux : encore un bain de Sicile profonde comme il n’est mentionné dans aucun guide touristique ! Carrières de marbre alternent avec des cultures céréalières. Très peu de vignes, elles sont plus au nord, en fait. On vous fait profiter du voyage :

 

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Le soir, en rentrant, après quelques courses, nous sommes allés nous détendre à la plage.

 

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TiNours et Lancelot dans la capitale

Mercredi 22 juillet :

 

 

Palerme est exactement comme je l’imaginais : une ville de contrastes et de paradoxes : chaleureuse mais un peu énigmatique, à la fois exubérante et repliée sur elle-même, très italienne et cependant assez cosmopolite.

 

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Nous y sommes arrivés vers les 9h du matin. Le parking où TiNours avait prévu de garer la Clio était impraticable, à l’autre bout de la ville. Et, comme je m’en doutais, rien n’était indiqué quant aux directions. Pour finir nous sommes restés dans une rue en périphérie (sans parcmètre, na), et avons gagné le centre historique en bus.

 

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Ah, les bus de Palerme... En principe il y en a trois par heure. En fait on en a vu un toutes les 60 minutes, en moyenne. A l’arrêt, j’ai été distrait de mes propres récriminations habituelles par une dispute entre deux vieilles Italiennes : la première se plaignait de la lenteur du service « E una vergogna !! » jusqu’à ce que la seconde lui enjoigne de se taire : « Aspetti e non rumparci il fiato ! »

(yuk yuk yuk...)

 

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Nous avons longuement arpenté les artères principales, notamment la via Vittorio Emmanuele, entre la porta Felice et la porta Nuova. Elle s’étire bien sur 3 km, que nous avons intégralement parcourus à pied, en louvoyant entre touristes et autochtones.

 

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Le centre historique est très beau. Nous nous sommes notamment extasiés devant la cathédrale, incroyable mélange siculo-normand, mais l’intérieur est décevant par rapport à l’éclat baroque de l’extérieur. Après être passés par le Palazzo Reale et la Chapelle Palatine, nous sommes aussi montés à Monreale en bus. Petit village situé à 6 km sur les hauteurs, où l’on peut admirer un autre duomo à l’intérieur décoré de marbres polychromes et de mosaïques du XII° siècle représentant des scènes bibliques. Les Palermois en sont très très fiers. Davantage même que de celle de Palerme, qu’évidemment moi j’aurais tendance à préférer, à cause de son éclat insolent et un peu biscornu lorsqu’on l’admire de l’extérieur.

 

Celui de Palerme :

 

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Celui de Monreale :

 

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P5250149.JPGLa vue de Palerme depuis le haut de la colline m’a rappelé celle de Florence que l’on apercevait en hauteur à Fiesole, lors de notre séjour en Toscane il y a deux ans. Mais Monreale n’a aucune racine étrusque. En dehors de sa cathédrale, la ville semble assez pauvre.

 

Lorsque nous sommes revenus à Palerme, je n’ai pu résister au plaisir de photographier en catimini les joueurs de cartes massés sur la Piazza Indipendenza. L’absence  d’éclats de voix nuit au réalisme !

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Nous avons (encore !!) longuement attendu deux bus avant de pouvoir réintégrer notre voiture. Ensuite nous nous sommes retrouvés coincés dans un embouteillage à la sortie de Palerme. Rien ne nous aura été épargné de ce côté-là aujourd’hui, et bien sûr la journée était torride. Alors que nous attendions notre dernier bus, suants, ébouriffés et poussiéreux, TiNours me faisait noter le remarquable état de fraîcheur des Italiens qui passaient devant nous, ou bien attendaient, eux aussi. Pomponnés, bichonnés, ils ont l’air de sortir, tout frais et repassés, de leur boîte. Pardi, ils ont pu rentrer chez eux pour se doucher et se changer depuis ce matin, eux !

 

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J’ai découvert cette curieuse inscription sur un mur du port en fin de journée : elle m’était sûrement adressée....

jeudi, 06 août 2009

Selinunte et Erice


podcast

 

 

Lundi 20 juillet :

 

       P5220017.JPGCourageux (comme d’habitude...) nous nous sommes levés tôt pour nous rendre au premier des deux sites (Sud-Ouest de l’île), constitué de temples érigés au V° et VI° siècle avant JC, seuls vestiges d’une des plus importantes cités grecques de Sicile.

La chaleur était encore supportable entre 9h30 et 11h30, et les touristes (des Français principalement) assez clairsemés.

Seul un temple consacré autrefois à Héra (épouse de Zeus) est encore à peu près debout. Les destructions ont été causées principalement par des guerres avec les cités rivales de l’époque (Ségeste principalement) et les tremblements de terre. L’ensemble a été découvert puis progressivement exhumé à partir de 1825.

 

 

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Le reste du site se résume à des tas de blocs détachés des structures initiales, curieux mélange triste rappelant parfois des compositions d’art moderne.

 

 

 

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Nous avons fait une merveilleuse promenade entre les deux pôles principaux du site.

 

 

 

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Nous avons ensuite longé la côte ouest : Marsala et Trapani, villes de taille moyenne, n’ont pas grand intérêt, pour autant que nous ayons pu en juger. Mais l’après midi nous avons fait une longue étape à Erice, ville médiévale, point trop encore envahie par les touristes même à cette époque de l’année. Peut-être attendaient ils août ? Peu importe. Après avoir longuement déambulé entre ruelles pavées, passages voûtés, après avoir perdu le compte des églises qui peuplent la ville, telles une congrégation assoupie, on reçoit comme un coup de poing en plein cœur la vue du haut des remparts. On ne s’y attend pas, et au détour d’une ruelle montante, les yeux s’écarquillent devant un paysage incroyable. Vue sur la baie, et sur Trapani, au-dessous.

 

 

 

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Au retour, comme si on n’en avait pas au assez encore, la route nous inflige la beauté des belles carrières de marbre de Custonaci. Hélas, aucun coin pour s’arrêter le long de la nationale. Je trépigne ! TiNours met les warnings, s’immobilise sur le bas-côté, le temps que je numérise. Immortalisé.

 

 

 

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Dans la voiture, c’est Sting qui nous a accompagnés pendant une bonne partie de la journée. Coïncidence amusante, en compulsant le guide ce soir, TiNours a vu qu’il possédait une propriété dans l’île sicilienne de Pantelleria au Sud-Ouest. Sting, pas TiNours, évidemment. Une maison dans une île méditerranéenne ! Un luxe sur lequel nous pouvons seulement phantasmer. Sur Sting aussi, d’ailleurs...

 

 

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mercredi, 15 avril 2009

Chaud et froid en Ardéchois

Bon, après le festival de « sucreries » des jours derniers, si je servais un plat plus consistant ? Et nos vacances ?

 

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L’Ardèche, à Pâques, c’est un mélange délicieux d’hiver qui refuse de mourir et de printemps pas encore arrivé à maturité. Les voyages dans l’espace correspondent à des voyages dans le temps. On monte, la température descend. L’altitude nous ramène vers des paysages de Noël. Congères de neige épaisse et brillante comme du diamant sur le bord de petites routes pourtant dégagées. L’air glacial s’infiltre sous les chemisettes légères que, confiants, nous avions enfilées le matin. Ouille ! On se jette sur nos blousons. On se croirait en décembre. Sauf le premier jour, où l’éclat bleu du ciel ressemblait à un sourire rassurant sur ces vestiges de frimas.

 

On redescend vers la vallée, et le vert des prés nous prend par les yeux, en même temps que la température se réchauffe pour nous accueillir dans ses bras. Les congères diminuent, on passe insensiblement en quelques minutes de février, à mars, puis avril, avec des arbres et arbustes au vert tendre, aux roses, jaunes éclatants. On retrouve l’envie d’ôter blousons, et même, quelquefois, de se mettre torse nu !

 

P2280030.JPGAvec, toujours, la possibilité de reculer dans le temps et la saison dès que l’envie nous en prend, en reprenant de l’altitude. On a pratiqué ce plaisant jeu d’ascenseur déstabilisant pendant plusieurs jours. La météo, instable elle aussi, sans jamais pousser jusqu’à être désagréable, nous a aidés à brouiller les cartes et les repères, en alternant nuages et éclaircies.

 

Le Mont Gerbier de Jonc est bien désert à cette époque de l’année (figurez-vous que pour le gravir à pied, il faut payer, je vous demande un peu... !...). Sur ce site où la Loire, « plus-long-fleuve-français » prend sa source, on en a profité, TiNours et moi, pour se défier mutuellement et essayer de rassembler nos souvenirs géographiques des classes de troisième et de première. Horizons lointains ! Il m’a battu à plate couture, évidement, beaucoup plus fortiche que moi en géographie française. Les fleuves étaient au programme, à l’époque. Mais je me souviens que j’aimais apprendre les listes des affluents, sans même savoir où ils se situaient exactement, pour leur rythme, leur musicalité, les images incongrues que leurs noms poétiques évoquaient. Ca ressemblait à des formules magiques :

L’Allier, la Nièvre, la Maine, le Loir, la Sarthe, la Mayenne.... 

L’Ariège, le Tarn, le Lot, la Dordogne, la Save, le Gers, la Baïse...

Le Revinson, l’Ource, l’Hozain, le Noxe, le Loing, l’Orge, la Bièvre, l’Epte, le Robec...

L’Arve, le Fier, l’Isère, le Gard, la Durance, l’Ardèche (oui, au fait...)....

L’Aar, le Neckar, le Main, la Lippe, la Moselle, la Ruhr...

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P3030172.JPGEt pour conclure, voici les ombres des deux concurrents finalistes à ‘Affluents pour un Champion’, reflétées depuis un pont enjambant la Gluyère, à Saint Sauveur de Montagut, lors d’une fin de journée passée à musarder de monts en rivières... Le prix à gagner, c’était juste le plaisir d’achever un jeudi réussi, en attendant de se retrouver autour d’une excellente table, entourée de convives inconnus, ce qui augmentait l’intérêt de l’aventure. Celle que nous proposait Pascale, qui nous accueillait pour quelques jours.

 

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Ceci était ma 300° note !

jeudi, 12 mars 2009

Sightseeing and shopping : Londres en vrac

Sur Londres, il me reste à évoquer :

 

P2060092.JPG1 1)     La Tate Gallery, où je me suis mortellement ennuyé. Françoise et Paul, eux, étaient très enthousiastes et n’arrêtaient pas de disserter sur les mérites comparés de tel ou tel peintre ou sculpteur abstrait. Betty, plus réservée, avait de temps en temps une remarque à placer, malgré tout. Moi, jamais. Ca a un côté horriblement déprimant. Etre sans cesse à côté de la plaque sur un sujet dont on ne peut faire dévier la conversation, puisque précisément on est dans le lieu qui y a trait. L’art moderne me laisse froid. Le pire, c’est que je ne parle même pas d’aimer ou de détester. Rien, aucun écho. Ou alors, si, mais mes réactions stupéfient mon entourage. Une fois j’ai essayé de m’immiscer dans un tableau qui avait accroché mon regard, représentant une sorte de surface lunaire sombre et dévastée, un peu comme après un bombardement. Au bout de deux minutes, je sentais le malaise (voulu par l’artiste, c’est sûr) se glisser sournoisement en moi. Je me suis amusé avec cette sensation encore quelques secondes et je me suis détourné. Ne pas abuser des choses dérangeantes, même par jeu. Une autre fois, je me suis retrouvé face à une sculpture qui représentait une sorte d’animal avec de la ferronnerie et des boulons pendus à des fils. Dès que j’ai posé les yeux dessus, ça m’a foutu une telle angoisse que j’ai été obligé de quitter la salle, au grand ébahissement des trois autres. Je suis sûr que je ferais les délices d’un psychanalyste. Mais ! Je gère ce style de peurs en évitant ce qui les provoque. Voilà pourquoi je mets rarissimement les pieds dans des galeries d’art moderne.

 

P2070122.JPG2)     Le British Museum, le lendemain, où j’ai eu des sensations exactement inverses. Une matinée d’extase totale. Non seulement le musée regorge de richesses (pillées, bien sûr, hélas, mais je trouve de mauvais goût de faire ce reproche alors qu’on prend son plaisir en s’y promenant), mais en plus le bâtiment et l’architecture sont incroyables. Tout comme pour le Louvre, il faudrait une semaine entière pour pouvoir le visiter de fond en comble tout en en appréciant la richesse culturelle. Nous nous sommes cantonnés aux sections grecque et égyptienne, mais je trouvais scandaleux, au retour, de traverser à toute vitesse l’aile asiatique ou celle dédiée au Moyen-Age en ne faisant que jeter un coup d’œil à toutes ces merveilles qui appellent l’œil, et le cœur, et l’admiration, et le recueillement. J’y retournerai très certainement.

Autre détail d’importance : l’entrée est gratuite. Absolument incroyable, vu la joie que l’ensemble procure. Merci , un grand merci à la politique culturelle du Maire.

 

 

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P2070180.JPG3 3)     Oxford Street. Après la culture, la confiture ! Il fallait bien contenter les fringales de shopping des uns et des autres... Là aussi, je me suis horriblement ennuyé. Acheter, mais surtout essayer des fringues m’assomme, même si, comme tout un chacun, j’apprécie de pouvoir bien m’habiller.  Moi, j’adorerais avoir un tailleur venant à domicile (!). Les seuls magasins où je peux passer des heures et des heures sans me lasser sont les bouquinistes, ou les rayons DVD, CD, livres de la FNAC, de Virgin et tutti quanti. Là, on peut se plonger dans une lecture, l’écoute d’un morceau, et se couper du reste. Les essayages de vêtements dans les magasins, c’est la sensation exactement opposée : on se bouscule, on s’enfile, on se contorsionne, on se boudine dans une réalité physique ! Affreux.

Bon, malgré tout j’ai acheté du thé à l’ananas et à la noix de coco (excellent en boisson rafraîchissante pour l’été, j’ai goûté), des caramels de chez Harrod’s (oui, Harrod’s n’est pas sur Oxford, mais je récapitule simplement mes achats) et puis deux tee-shirts pour TiNours et moi. On pourra se les échanger ! Leur délicieuse vulgarité (surtout pour le deuxième) m’a plu. Le premier porte l'inscription "HOTMALE : try it for free". Le second "Sorry girls, I suck dick". TiNours m'a déjà fait savoir  qu'il était hors de question que je le porte à l'extérieur de la maison... Je me tâte....

 

 

   

 P2080261.JPG 4) Harrod’s, visité l’avant-dernier jour. Dans le quartier de Knightsbridge. J’y étais déjà allé, mais bizarrement, ça ne m’avait pas autant marqué la première fois. Temple de la consommation de luxe. Les produits y sont tous hyper-chers mais on peut se contenter d’y pénétrer simplement pour le coup d’œil. J’y ai donc acheté mes caramels (cf plus haut), Betty un pot de lemon curd qu’elle s’est fait confisquer à l’aéroport (cf note ultérieure...). Le lemon curd, c’est la crème que l’on trouve sur les tartes au citron. Certains en raffolent. Moi aussi, mais pas à la petite cuillère. Avec de la pâte sablée en-dessous, et un glaçage meringué au-dessus, là oui. MIAM.

 

 

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Pas miam du tout : les Anglo-Saxons raffolent de gâteaux à la présentation incroyable, montagnes de chocolat, pyramides de crème blanche, créations artistiques dégoulinantes de beurre, pouvant représenter tout et n’importe quoi. Si c’est beau visuellement, ça ne m’a jamais donné franchement faim....

 

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A Harrods, on  a bien sûr dédié une sorte d’autel commémoratif à Dodi Al Fayed, le fils du propriétaire. Près de lui, la photo de Diana. Et un livre au-dessous pour leur laisser un hommage, une signature. En plein centre de Londres, officialiser ainsi une liaison extra-conjugale, même post-mortem, quelle honte ! Pour les punir, Charles a créé (entre autres produits) une variété de Lemon Curd écologique et naturelle, qui leur fait concurrence. Na. Si si, c’est pas des blagues !

 

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P2090383.JPG5 5)     Covent Garden, le dernier jour, avant d’aller reprendre l’avion l’après-midi. Nous y étions allés, dans cette optique, très tôt le matin (8h45) : les élèves se sont plaints que rien, ni magasins, ni le marché lui-même, n’était encore ouvert, et que nous avons dû repartir tôt, au moment où tous les gens arrivaient pour installer leurs étalages ou ouvrir leurs boutiques ! Mais moi, c’est le style d’ambiance dont je raffole. J’aime les plages désertes en hiver, j’adore arriver tôt dans une salle de classe le matin pour m’y installer avant la cohue, je m’attarde toujours dans une salle de projection quand tout le monde est sorti du cinéma. J’en ai donc profité, au marché de Covent Garden, pour prendre quelques clichés ensoleillés, lors de ces 90 minutes de rêve....

 

 

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6)     Quant aux photos de la relève de la Garde, je vous les épargne : elles n’ont pas grand intérêt, et de plus mes clichés sont mauvais : je n’ai pu m’approcher et bien cadrer, rapport à la cohue. J’ai donc trouvé plus intéressant de zoomer les ‘aficionados’ de la Reine eux-mêmes (si si, elle était là, le drapeau flottait sur Buckingham Palace, mais je n’ai pas été invité à partager une tarte au citron avec elle...). il y avait aussi certains policiers, tous unanimement gentils et souriants, c’est à noter : patients avec les gens qui voulaient les photographier, ou se faire prendre en photo en leur compagnie. A leur place j’aurais craqué cent fois.

 

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Leur amabilité contrastait agréablement (et incroyablement !) avec celle des employés de l’aéroport de Stansted, d’où nous sommes repartis. J’en reparlerai dans ma prochaine note, pour clôturer le récit du voyage londonien.

dimanche, 08 mars 2009

Voyage, voyage

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Nous sommes rentrés hier bien éreintés de notre semaine londonienne, mais c’était le pied. Enfin, justement, comme l’indique cette délicieuse image volée sur un tee-shirt que je n’ai pas acheté, les miens m’ont fait très mal, surtout le premier jour. Il s’agissait de résoudre l’équation : 1) Ne prendre qu’un –petit- bagage à emporter en cabine  2) Prévoir une paire de chaussures de rechange  3) Savoir qu’on allait marcher. J’ai cru bien faire en mettant, pour partir, mes chaussures de randonnée que je n’avais pas enfilées depuis longtemps, et mettre dans le sac une paire de ville, plus petite. En arrivant le premier soir j’avais déjà horriblement mal (en n’ayant porté mes godillots que 7 heures, entre aéroports et avion). Le lendemain, j’ai mis les chaussures de ville, et évidemment ce fut LE jour où il plut ! Le soir, mes pauvres mocassins étaient tout « trempassassés » comme on dit par chez moi (un mot qui fait beaucoup rire TiNours, moi moins, surtout lorsque mes pieds sont mouillés... !) Heureusement, il y avait une solution de rechange : mon compagnon de chambre, Paul, le prof de Philo, a pu me prêter ses Nike. Ouf.

 

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Bon et ce voyage ?

 

Côté profs, on était quatre : Paul, déjà mentionné, Françoise, prof de littérature, Betty, prof d’anglais, la « patronne » de l’ensemble (très efficace et dévouée, soit dit entre nous) et votre serviteur, Lancelot aux pieds légers.

 

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Côté élèves : une classe de 25 ados de 17 à 19 ans. (6 mecs, 19 nanas) Ce n’est pas forcément le calvaire que l’on pourrait croire. Les nôtres étaient mignons, très « câlins » entre eux. Sans histoire d’amour, heureusement, ce qui nous évitait de distribuer stérilets et préservatifs, et de vérifier qui avait pris ou pas sa pilule (je ne plaisante –presque- pas : un soir l’une des filles était en retard pour prendre la sienne, et l’a annoncé à Françoise...). Mais, bah ! Quatre jours et cinq nuits, c’était la limite acceptable, pour eux et pour nous. Plus longtemps, ça aurait fini par déraper... Il y a bien sûr eu des fous-rires bruyants dans les couloirs (et quand Lancelot sort de sa chambre à 1H du matin avec sa gueule de bouledogue, on lui répond avec un grand sourire « on est désolés ! », c’est là qu’il se met à aboyer qu’il s’en FOUT que vous soyez désolés et qu’il est poli et qu’il ne veut pas de « désolation » mais que tout le monde réintègre sa chambre en vitesse et sans bruit sinon ça va chier ouste !). Il y a bien sûr eu quelques petites beuveries sournoises organisées dans notre dos (Paul a retrouvé des bouteilles d’alcool vides dans les chambres le vendredi matin juste avant le départ) MAIS ! il n’y a pas eu de coma éthylique ni de retard ni de disparition et tout le monde est rentré en un seul morceau, alors.... Avec des ados français, on ne peut pas appliquer la délicieuse technique des nurses dans St James Park avec des enfants de 3 ou 4 ans, voyez-vous....

 

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Côté capitale anglaise : je n’étais plus revenu à Londres depuis dix ans, un comble pour un prof qui se respecte ! La ville a évolué plutôt en bien, selon moi, pour autant que j’aie pu en juger sur quatre jours, et dans un périmètre limité. Les vieux docks ont été réhabilités, les taxis ont conservé leur format habituel mais n’arborent plus, tous, désormais, cette horrible teinte de deuil, certains sont bariolés de façon gaie. Et puis, il me semble qu’ils polluent moins. Les cabines assorties aux bus sont toujours présentes, pour combien de temps ? Il faudra qu’on m’explique pourquoi, comme les bonnes sœurs, les cabines anglaises vont toujours par deux. J’ai trouvé une exception sur Covent Garden, Elle aussi affichait le deuil, de sa jumelle disparue, probablement. Le centre reste assez propre. Les citadins, gentils, à quelques exceptions notables, j’aurai l’occasion d’y revenir.

 

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Côté météo, nous avons eu une chance énorme dans l’ensemble. Les prévisions sur internet étaient affreuses, on serrait les fesses au départ. Pour finir, on a attrapé le déluge mardi soir en rentrant (à pied.... !) à l’auberge, c’est bien sûr LA fois où l’on s’est perdus, et LE jour où je portais mes petites chaussures de ville. Ceci mis à part, le temps a été quelquefois couvert (surtout le mercredi) mais dans l’ensemble il a fait assez beau sur le reste du séjour. Ne ratiocinons pas.

 

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Côté visites, je préfère arrêter là mon verbiage et vous livrer quelques-unes des photos que j’ai prises là-bas. Outre les sites habituels, le thème de la semaine était le théâtre élisabéthain avec une visite prévue au Globe et une représentation de Taming of the Shrew. Là aussi, j’aurai l’occasion d’en reparler. Je vous laisse avec les « clichés clichés ». J’entends par là, les photos des ‘banalités’ que l’on visite lorsque l’on va à Londres. Mais des banalités bien agréables. Et puis, je suis assez content de mes photos.

 

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La dernière photo correspond à la façade du « Globe » : la suite au prochain numéro....

samedi, 28 février 2009

Entre front de mer et arrière-pays

Plus j’écris, plus il est évident que je ne suis pas très doué dans le genre ‘reportage touristique’. J’ai sans cesse envie de rattacher les paysages et les lieux à des gens ou à des histoires. Or, lorsqu’on visite une région sans s’y attarder en profondeur, comme nous l’avons fait la semaine passée, TiNours et moi, il est toujours difficile de donner dans ce registre.

 

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Après Nice et avant Monaco, nous avions fait une belle excursion entre Villefranche sur Mer et St Jean Cap Ferrat, où nous avons eu la surprise, en nous promenant sur le cap, de recevoir un coup de fil de Mimi, qui nous a parlé de son heureux évènement à venir. Un cap pour elle aussi !

 

 

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Plus tard dans l’après-midi, Eze, « un des plus beaux villages de France » (mais il y en a tant, selon le Routard, vous savez...) où nous avons attrapé un fou-rire en entendant une anglaise demander « la visite c’est trois francs ? » et le gardien lui répondre, un peu sec : « Non madame c’est trois euros ». Le conservatisme britannique fonctionne aussi bien dans l’espace que dans le temps....

 

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Après Monaco, dont j’avais déjà parlé, nous avions fini notre promenade du mercredi  à Menton, ville presque italienne, où nous avons eu le plaisir de voir la lumière baisser progressivement, sur la ville et sur la mer.

 

 

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Le lendemain, nous avons entrepris la visite de la vallée de la Roya. Etape à Sospel, où nous avons bien mangé, quoique très simplement.

 

 

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Puis le village de Saorgue, quasi-désert cet après midi là, avec ses vieilles bâtisses au charme sauvage accrochées au flanc de la montagne :

 

 

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Au fur et à mesure que l’on grimpait le col, la neige paraissait de plus en plus proche. Isola 2000 n’était pas loin ! J’avais des fringales de ski, hélas nous n’étions pas équipés pour cela, et en outre on n’avait pas prévu de ‘journée de glisse’ dans notre semaine, ce que je regrette un peu, rétrospectivement.

 

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Le soir nous avons mangé à Cagne sur mer, dans une pizzeria où j’ai failli m’étouffer avec un « Calzone » trop gros pour moi ! Mais le pire restait à venir : au moment de payer, on a constaté avec affolement que Ni TiNours ni moi n’avions sur nous nos cartes de crédit. Lui était sûr d’avoir laissé la sienne dans la voiture, il est donc ressorti pour aller la chercher. Pendant ce temps je fouillais frénétiquement mon sac à dos parce que j’étais sûr et certain, moi, de ne l’avoir laissée ni à l’hôtel ni dans la voiture. Je nous voyais déjà empêtrés dans les procédures d’opposition et tutti quanti... Le patron était bienveillant et très rassurant : « Ne vous inquiétez pas, c’est arrivé aussi à mon fils pas plus tard que cet après-midi... L’essentiel est de ne pas paniquer, ça ne sert à rien... ». Et au moment où TiNours, revenu avec la sienne, payait, PAF, j’ai retrouvé la mienne au fond de la poche de mon manteau. Qu’est-ce qu’elle foutait là, mystère. En tout cas, on a l’impression dans ces cas-là qu’un poids de 100 kilos vous tombe des épaules.... Et puis, à quelque chose malheur est bon : en sortant du restaurant, sur le pas de la porte, on a pu longuement discuter des problèmes que peut causer la perte de ce style de choses avec le fils, qui travaillait là lui aussi : la trentaine, brun, 1m80 environ, yeux bleus... Lui en revanche n’avait pas retrouvé  la sienne. On l’aurait presque pris dans nos bras pour le consoler....

 

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Nous avons terminé notre périple dans l’arrière pays le vendredi, par les gorges de la Vésubie et la Vallée des Merveilles, bien nommée. Frustration de ne jamais avoir eu le temps d’explorer TOUS les petits villages perchés à flanc de montagne, parce que la nuit tombait vite après 18h, et que les routes étaient raides et sinueuses...

 

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J’adore les vacances d’hiver. Entre les excès gargantuesques de Noël et les marées humaines de l’été, je trouve qu’elles ont toujours un côté sauvage, perdu (en tout cas TiNours et moi avons toujours soigneusement choisi nos destinations dans cette optique) bien plaisant.

 

Et puis, la région de Nice, par association d’idées, m’a rappelé les premières semaines de mon blog. Et celui qui a été mon premier blogpote, mon premier copain, mon premier ami dans la blogosphère.

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