vendredi, 30 octobre 2009
Lyonnaiseries incongrues
Lyon est une veille de contrastes, d’incongruités, de paradoxes, et de surprises, ah oui surtout de surprises.
Tout d’abord, leurs fleurs, elles sont en plastique, ou en métal. C’est sûr que c’est moins coûteux à entretenir....
Certains recoins de la ville abritent des monstres métalliques, et ils doivent les aimer parce que l’entrée de certaines stations de métro est relookée façon Jurassik Park...
(Pour la petite histoire, l’auroch menaçant de la photo 1 est en fait un symbole du rejet du monde capitaliste : la reproduction d’une page de journal financier froissée et jetée en boule. Mais après tout, on peut y discerner ce que l’on veut).
Côté religion, leurs églises ne sont que des façades, sur lesquelles on retrouve quelquefois, griffonnées, des affirmations subversives... La Sainte Vierge, elle éprouve même le besoin de faire savoir qu’elle s’occupe bien de son enfant... des fois qu’on aurait des doutes.... Le Christianisme est en train de se casser la gueule là-bas, c’est évident...
Et puis, je ne sais pas si vous avez vu la Guerre des Mondes, mais la soucoupe volante des envahisseurs a déjà atterri à Lyon. Calyste Vincent les a vus... Pour lui, tout a commencé le jour où il a commandé une pizza que jamais on ne lui livra... Le livreur a dû percuter les petits hommes verts, qui, furieux, l’ont transformé en homme rouge... Une camionnette passait par là... De terreur, le conducteur a voulu faire marche arrière... ah ce fut réussi !
A Lyon, dans les vitrines, ils exposent, non pas des objets, mais des animaux vivants... marre des natures mortes. En revanche, les instruments de musique, au lieu d’en jouer, ils en font des compositions artistiques... Qu’est-ce qu’on n’entendrait pas, si nous, à Montpellier, on décorait nos façades avec des clarinettes et si on étendait notre linge sur des cordes de harpes !
Et puis, j’ai gardé le meilleur pour la fin : ils ne savent pas compter ! Sur la façade de leur opéra, ils ont huit muses et non neuf, comme la tradition l’exige ! Celle qui manque (par contrainte architecturale) est Uranie, la muse de l’astronomie. Comme il n’y avait que huit places disponibles, c’est elle qu’on a décidé de mettre au placard, la pauvrette, sous prétexte que les astres, ça n’a rien à voir avec l’opéra. Ca me paraît un peu tiré par les cheveux. Clio, elle est bien présente, elle, et pourtant l’histoire, c’est assez éloigné de l’opéra aussi, non... ?

Bon, il n’empêche. Lyon c’est quand même super-sympa. Guignol, il est bon vivant. Et puis, quelquefois, sur les murs, on voit fleurir de fort judicieux conseils....
12:34 Publié dans Lancelot en vacances | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : lyon, cité internationale, opéra
jeudi, 29 octobre 2009
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Calyste sans jamais oser le demander
Le reporter Lancelot comptait bien mettre à profit ces quatre jours passés à Lyon, chers lecteurs, pour publier dans un numéro exclusif de Lyon-Match de sensationnelles révélations sur un blogueur adulé par les foules : l’inoubliable interprète de Potomac mon Amour, de Rio Blogo, de la Bataille de Marathon, celui à qui tant de jeunes gens et jeunes filles écrivent des tonnes de lettres (gérées par son service communication), et des poèmes dans leurs journaux intimes, j’ai nommé le grand Calyste.
Mon acolyte et moi avions réussi à décrocher une invitation chez la star... vous imaginiez notre enthousiasme. Passer devant tant d’autres qui se damneraient pour seulement partager un verre avec lui, en terrasse ! Grâce à des interventions hauts placées (mais les coups de fils nécessaires furent nombreux, et les négociations âpres !) nous fûmes invités dans son bel appartement lyonnais, le Saint des Saints, où il fuit les projecteurs et les foules enthousiastes. Non pas un jour, non pas deux ni même trois, mais quatre ! Sans parler des nuits.... On nous aurait tués pour prendre notre place. Mais même morts, nous ne l’aurions cédée à personne. TiNours prenait des notes lors des nombreuses interviews, et moi je mitraillais à coups de Canon. C’est ainsi que nous pûmes arracher quelques-uns de ses secrets (oh, pas tous, bien sûr) au King.
La retranscription des interviews viendra plus tard, les photos aussi. Actuellement, tout ça est en gestation sur le bureau du directeur de la rédaction. Mais je peux, en avant-première, vous livrer quelques petits secrets.
Tout d’abord, Calyste a une réputation d’homme gentil et pacifique. Ne vous y fiez pas : c’est un prédateur sexuel qui ne recule devant rien pour assouvir son inextinguible soif libidineuse. Par exemple, il n’hésite devant aucun artifice pour troubler ses victimes, les mettre dans des situations impossibles. Vous avez déjà entendu parler du coup de la panne d’essence ? Eh ben Calyste il fait ça en plus sournois, il fait le coup du pneu crevé. Juste en revenant de la gare ! Vous conviendrez avec moi que dans la vie normale, ça arrive une fois sur un million, ça ! Eh ben samedi matin, c’était LA fois ! Le pauvre Lancelot a été mis à contribution pour changer le pneu qui avait crevé inopinément, tout ça pour que Calyste puisse le reluquer le postérieur relevé. TiNours surveillait, mais il était un peu désemparé, et nous ne dûmes notre salut qu’à l’arrivée d’un charmant père de famille sur qui Calyste jeta son dévolu. Ouf.
Ensuite, Calyste fait courir le bruit qu’il est nul en cuisine. Mon œil. Tout ça c’est des histoires pour pas faire à manger à ses amis. En fait c’est une grosse feignasse qui ne supporte pas les tablées de plus de cinq convives. Mais si vous voulez aller manger chez lui, ne l’écoutez pas quand il raconte dans son blog qu’il sait pas cuisiner et que pati et que pata. Il sait faire une tarte aux navets et à la muscade absolument sublime, des saucisses de Morteaux accompagnées de plats de légumes à tomber, des pommes au four délicieuses (au micro-ondes, une idée qu’on lui a piquée ici à la rédaction). Enfin bref, moi je vous jure qu’il sait très bien se débrouiller derrière les fourneaux. Bon c’est vrai que question vaisselle, on l’a un peu aidé... Mais il est tellement amusant quand il tremble pour ses assiettes dès qu’il voit Lancelot en brandir une d’un air décidé, je pouvais par résister. Je la lui ai faite, sa plonge. Et puis, en papotant, le travail, ça ressemble à des vacances. Ah oui, parce qu’il est bavard, Calyste. Comment... ? C’est pas un scoop... ? Vous le saviez déjà... ? Bon, OK, alors, mais j’ai encore d’autres secrets à vous révéler.
Calyste, il fait semblant d’être un crac en matière de photos, et c’est vrai qu’il fait illusion, mais il ment ! Sa technique pour nous proposer des clichés beaux et/ou originaux, dans son blog, repose sur deux points bien précis. 1) Il a un excellent appareil 2) Il PIQUE les idées des autres ! Tout le temps où nous avons arpenté Lyon, dès qu’il me voyait zoomer et mitrailler, il venait se coller derrière moi pour me COPIER ! Alors si dans les jours à venir vous voyez chez moi des photos que vous aurez déjà vues chez lui au préalable, ne venez pas me dire « Beuh t’es moins bon que lui, les siennes sont plus belles... » Ce ne sont pas mes talents de photographe (ni les siens !) qui sont en question, c’est la qualité de nos appareils respectifs ! Question technique, nous sommes encore des prolétaires, TiNours et moi ! Le talent ne devrait pas tenir à de sordides détails matériels... C’est une honte, une vraie HONTE.
Calyste, il engueule les gens en voiture. Il les agonit d’injures, derrière son volant. Et à pied, aussi ! Il fait peur... Plusieurs fois nous avons dû intervenir en tant que pacificateurs, pour éviter la bagarre. Même qu’une fois, il a failli en venir aux mains avec une cycliste qui avait commis l’erreur impardonnable de rouler sur le trottoir réservé aux piétons. Un mot en entraînait un autre, et le dérapage verbal s’annonçait. Ca a commencé de façon très policée : « Très chère Madame je vous assure que la loi ne vous autorise nullement à faire tinter votre sonnette pour que les piétons vous laissent le passage » pour finir sur « Espèce de p**asse tu vas la fermer ou bien je t’enfonce ton guidon par l’anus jusqu’à ce qu’il te ressorte du côté des amygdales... ??? ». La malheureuse a dû fuir. Et nous, nous avons dû le retenir à bras le corps pour qu’il ne se lance pas à sa poursuite, l’écume aux lèvres et l’œil injecté de sang....
Calyste, il joue les profs bcbg très à cheval sur les devoirs et les leçons des élèves, mais en fait il donne des conseils subversifs. Emerveillé devant son immense bibliothèque, je cherchais à faire parler le Maître sur sa passion (enfin quoi, un Calyste, c’est censé aimer la littérature, non ???). Eh ben pensez-vous ! Il n’a fait que me dire du mal des plus grands auteurs et me les déconseiller. Ou bien il avait oublié : « Quoi ? Christiane Rochefort ? Je sais pas, ça m’est sorti de la tête, je l’ai lue il y a trop longtemps. » ou bien il tapait sur les plus grands sans pitié : « Hein ? Les Thibault ? Oh non, j’en suis jamais venu à bout, il me tombait des mains... » « Pardon ? ‘Jean-Christophe’ de Romain Rolland ? Ne lis surtout pas ça, c’est chiant comme la mort... ». Bon ! Il m’a bien fallu me résoudre à ce triste constat : c’est pas Calyste qui remplacera Bernard Pivot dans la prochaine émission littéraire devant les caméras... Rien ne trouve grâce à ses yeux....
Enfin, Calyste, une fois qu’il vous a attiré dans son repaire, il fait tout pour que vous n’en sortiez plus, et pour vous faire rater votre train. Le coup de la crevaison, ça ne peut pas marcher deux fois. Alors d’abord il vous fait vous attarder devant l’écran de son pc sous prétexte de vous montrer de belles photos d’éphèbes, mais c’est du chiqué. Ensuite il feint d’avoir oublié l’heure du TGV pour faire son surpris : « Hein ? 11H37... ? Mais je croyais que c’était à 11H50... ». Ensuite « Mais j’ai oublié où j’ai garé ma voiture.... » et puis : « Non, je peux pas vous accompagner, j’ai mal au dos... J’ai horreur des scènes d’adieu, etc etc... » Autant de prétextes fallacieux, sournois et mensongers, qui ne visaient qu’à nous retarder dans sa tanière pour mieux nous croquer, mon enfant.
Donc au final, un personnage libidineux, paresseux, plagieur, bilieux, subversif et manipulateur... Ce n’est qu’in extremis que nous avons réussi à échapper à ses griffes...
Le seul ennui, c’est qu’on n’a qu’une envie, c’est de nous faire griffer à nouveau. Par ses grosses papattes.
Parce que, malgré tous ces défauts, elles sont bien douces, les papattes de Calyste.
00:37 Publié dans Les blogpotes à Lancelot | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : calyste, vacances, lyon
vendredi, 23 octobre 2009
Adophobie de l'homophobie
C’est le début des vacances. Afin de ne pas être submergé par les paquets de copies à la veille de la rentrée (autant y penser dès maintenant) j’ai adopté une technique très efficace : en corriger le maximum AVANT que le repos bienheureux ne démarre. On reste sur son élan de la semaine, on est encore plein de courage, et la perspective de pouvoir profiter plus pleinement des quelques jours de liberté en ayant l’esprit tranquille est stimulante.
Hier donc, j’épluchais les devoirs maison de mes terminales Z8. Après avoir parlé de ségrégation raciale à l’occasion de l’étude d’un texte de Carson McCullers, je leur avais demandé : « Quelle est selon vous la pire forme de discrimination ? », à rendre par écrit.
J’ai eu beaucoup d’essais sur les persécutions vis-à-vis des Juifs, ou des femmes dans la société actuelle. Mais quelques autres petites perles m’ont vraiment fait plaisir. Bon, je vous livre ça traduit. Mais les fautes d’anglais qui se glissaient dans les textes donnaient aussi un côté mignon à l’ensemble :
Marie : « La discrimination envers les homosexuels est l’une des pires, selon moi. Elle est beaucoup plus répandue qu’on ne pourrait le croire. Même si notre génération semble plus libérale, cette notion n’est pas près de devenir partie intégrante de la vie courante.
Le mariage de deux personnes homosexuelles n’est pas accepté, alors que deux personnes qui s’aiment sont belles, quel que soit leur sexe.... L’image de l’homme et de la femme, imposée par la religion depuis des siècles, est ancrée dans les mentalités. Pour l’église ils ne peuvent avoir d’enfants, donc deux femmes ou deux hommes ensemble ne peuvent avoir pour but de s’unir, et l’amour n’est jamais pris en considération. »
Norbert : « Selon moi une relation entre deux personnes de même sexe est une chose normale qui ne blesse personne et les rend heureux, eux. Ce sont là des gens comme les autres. L’attraction sexuelle n’est pas un choix. L’hétérocentrisme doit être banni de notre société.
Certains freins existent, en particulier de la part des religions qui s’opposent fermement à l’homosexualité. De plus, certaines injures comme ‘pédé’, ‘enculé’, ‘pédale’ ou ‘tapette’ sont fréquemment employées par la population. Les mentalités doivent encore évoluer »
(Ca sent le vécu... Ou bien ce brave Norbert voulait-il en profiter pour insulter son professeur par copie interposée.... ?)
Jamila : « Les homophobes ne comprennent pas les choix des homosexuels, ils ne veulent rien savoir alors que ces derniers ne font rien de mal. Ils n’ennuient personne et restent silencieusement à leur place.... Ils pourraient avoir le droit de se marier. Ils ont le droit d’être heureux, et de construire une famille. Il devrait leur être permis d’adopter des enfants. Leurs sentiments différents doivent-ils les exclure de la société ? »
Une belle leçon de tolérance qu’ils nous donnent, tous. Ces devoirs m’ont fait sourire, non pas parce que je suis concerné, mais surtout parce qu’au cours de mes années d’enseignement, lorsque le sujet surgissait lors d’un débat, j’entendais toujours des réactions assez violentes, catégoriques et étroites d’esprit parmi les ados, et j’étais assez pessimiste, par rapport à cela, sur l’évolution de la société. Mais peut-être se lâchent-ils plus facilement à l’écrit. Je les comprends, je suis comme eux. Même si je ne tiens pas de propos haineux (ça serait quand même un comble.... mais il y a eu des précédents, n’est-ce pas... des hommes politiques homos qui n’hésitaient pas à cracher sur leur propre camp en participant à certaines manifs...), je ne me fais pas en classe l’avocat de la cause homosexuelle, ni d’aucune autre d’ailleurs.
Le sujet que je proposais était certes biaisé, dans la mesure où les groupes victimes de discrimination ne sont heureusement pas légion. Certains élèves ont été suffisamment intelligents pour me dire en conclusion : « mais toute forme de discrimination est inadmissible et devrait être punie par la loi ». Bravo mes petits !
Ils m’ont permis de terminer sur une note optimiste avant notre départ de demain. Direction Lyon, chez mon Calyste. Peut-être lui donnera-t-il de nos nouvelles d’ici là, sur son blog. En attendant, bisous à tous et à toutes. A mercredi !
16:28 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : ados, homophobie