mercredi, 07 octobre 2009
OUF !
Bonheur.
Délivrance.
Soulagement.
Autant j’aime avoir mon nom chez certains amis, noté dans leur carnet d’adresses, enregistré dans leur téléphone portable, ou bien inscrit sur un rond de serviette réservé aux invités, autant chez d’autres personnes, il vient un moment où j’apprécie de pouvoir sombrer dans l’oubli.
Personnellement, mais ma façon de fonctionner n’engage bien sûr que moi, j’ai mes copains dans ma tête, dans mon cœur. Nul besoin d’afficher leur liste sur ma porte. Encore moins en les numérotant ou en les classifiant selon leur valeur, réelle ou supposée. Dans mon auberge, il n’y a pas de tables étiquetées « Faveur Spéciale du Chef ». Ici, il n’y en a qu’une, de table, ronde (Syndicat de Chevaliers oblige), unique, autour de laquelle tout le monde peut s’assoir et converser, et échanger, amicalement, courtoisement, au gré des allées et venues.
Vérification faite, mon rond de serviette vient de disparaître d’une des tables, dans un coin de ce restaurant-là. Je m’en réjouis. Honnêtement. Ca faisait des mois que j’étais embêté de savoir qu’il y traînait, sans avoir la possibilité de l’enlever moi-même. Je n’avais pas prévu de retourner manger là-bas, d’ailleurs. La nourriture y était certes souvent bonne, mais le service franchement déplorable. Encore une fois, ce jugement n’engage que moi. Il existe, dans la vie, des incompatibilités contre lesquelles même les meilleures bonnes volontés se cassent les dents. Je veux bien admettre que ce n’est pas à sens unique, et que le garçon aura (parfois...) essayé de se composer un visage aimable. Moi, en tout cas, j’aurai fait mon possible de mon côté. Mais quand la ratatouille a brûlé, pas la peine d’essayer d’en récupérer, même un peu, en grattant le fond de la marmite.
Je ne mourrai pas de faim : j’ai des tas d’autres adresses, où l’on mange divinement, ET où je suis accueilli avec gentillesse.
Merci de m’avoir rayé de ta liste de clients.
Et bonne continuation.

17:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : blogpotes
samedi, 22 août 2009
Deux deux deux
22 août. Deux ans de blog. Ce qui me plairait, comme cadeau ? Qu’on y glisse une nouvelle fonctionnalité.
Avec internet, tellement de choses sont possibles que par moments on est tout étonné de ne pouvoir en faire certaines.
Dans une discussion autour d’une table, si l’on n’est pas d’accord sur le titre d’un film, le nom d’un acteur, la date d’un évènement historique, hop, on peut courir vérifier rapidement, pour mettre tout le monde d’accord...
On a le souvenir d’un poème qu’on a lu, d’une réplique dans une pièce de théâtre, de certaines phrases d’une chanson, on ne se rappelle ni du nom de l’auteur, ni du titre, hop, on gougolise, et on trouve.
On a un air dans la tête, on l’a pas en CD, hop on... se branche sur Deezer (évidemment, what else... ?)
On veut savoir si tel ou tel acteur, ou chanteuse, dont on n’a plus entendu parler depuis longtemps, a vieilli physiquement, hop on Gougolimagise.
On veut retrouver des vieux copains de sa préhistoire lycéenne ou universitaire, hop, on peut se brancher sur des sites... ça j’ai jamais fait, ça me fait peur. Mais bon, c’est possible.
On veut retrouver ce à quoi on pensait, ce sur quoi on pleurait, ce qui nous amusait, il y a 6 mois, un an : hop, on clique et on revient en arrière. Ce n’est pas exactement la même chose que de feuilleter à l’envers les pages d’un journal intime écrit dans un cahier. Là, il y a des commentaires : tiens lui a disparu depuis, c’est vrai. Tiens, je l’avais oubliée celle-là, qu’est-ce qu’elle devient, est-ce qu’elle tient toujours un blog ? Et puis, d’autres personnes ont pu réagir, après, sur de vieilles notes qu’on avait écrites à l’époque, en remuant de vieilles sensations. Même si c’est plus rare.
Etc etc....
Alors, quelle nouvelle fonctionnalité, liée au blog ?
Une fois et une seule (ne pas abuser, sinon ça pose problème) cliquer sur un lien magique : il nous envoie sur la note qu’on écrira dans un an pile. Pouvoir la lire, ainsi que les commentaires.
Si on n’a pas écrit ce jour-là, c’est PERDU ! Allez en prison, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20000 francs. Vous pourrez retenter votre chance l’an prochain.
Ce qui sous-entend qu’il vaut mieux prévoir soigneusement son jour à l’avance, pour éviter ce style de gaspillage.
Corollaire : Après l’avoir lue, dès qu’on clique sur la note pour quitter la page, on oublie tout de ce qu’elle contenait.... Terrible, non ? Sinon on s’enverrait les numéros du loto à travers le temps.... Trop facile. Ou bien, on chercherait à bousculer sa vie pour éviter certains inconvénients : dangereux, dangereux.
Dans un mois, dans un an, où serons-nous Seigneur ?
Les gens apparaissent, disparaissent. C’est la loi de la vie, et elle se reflète dans les rapports interblogs. J’ai déjà longuement gribouillé (« platussé » comme dirait ma mère) sur ça.
Je ne sais pas pourquoi mais j’en reviens toujours à cet extrait de dialogue qui me paraît receler toute la vérité du monde :
« Tu te souviens de cette période où je disais que tout allait bien trop vite, et de notre dispute, quand tu voulais que ça aille encore plus vite ? Et si on avait tort, tous les deux ? Pourquoi est-ce que tout ne se passerait pas exactement au bon moment ? C’est vrai... Pourquoi est-ce que certaines personnes arrivent dans nos vies ? Et pourquoi d’autres s’en vont sans qu’on sache pourquoi ? »
« Je ne sais pas... Une porte s’ouvre et une autre se ferme. »
Ces « portes » conduisent souvent vers des chemins qui me surprennent, avec du recul. Le CLIC sur le LIEN peut avoir quelquefois, des conséquences stupéfiantes, quand on regarde les évènements a posteriori.
Ouvrir une porte qu’on ne connaît pas, c’est toujours avec l’appréhension, l’angoisse, ou l’excitation, l’impatience de savoir ce qu’il y a derrière. Il flotte toujours un peu de magie dans ce processus-là. Les clics nous ont tellement habitués à tout cela qu’on n’y prend plus garde. Mais ralentir, s’arrêter, et regarder le talisman, quelquefois. C’est ce que je voudrais pouvoir faire.
Mais le temps tourne, comme d’habitude, et je dois publier mon blabla avant minuit, heure où le penseur redevient citrouille.
Clic.
20:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, blog
jeudi, 05 février 2009
Kab-Aod, vainqueur du Grand Marathon
En juin dernier j’ai opéré le transfert depuis mon ancien blog vers celui-ci en me disant qu’il n’y aurait aucune rupture, et que tout continuerait comme avant. J’ai changé de bannière, mais je n’ai pas changé de style, je n’ai pas changé d’amis, je n’ai pas changé de vie. Il m’était resté une cicatrice datant du mois de juin, c’est vrai. Douloureuse à l’époque. Estompée aujourd’hui. Pratiquement invisible, sous les poils... J
Restait la question de la comptabilité. Combien de notes, combien de commentaires ? Je l’ai déjà dit plusieurs fois : je n’attache aucune importance au nombre de visiteurs de mon blog. La popularité m’importe peu, seules comptent les amitiés, la fidélité. Les lecteurs anonymes, ils sont bien gentils mais ils ne m’intéressent pas. Seuls comptent la trace, les messages, les fils d’Ariane qui permettent de tisser des amitiés nouvelles, ou d’en renforcer d’autres, plus anciennes.
Mais, pour le fun, j’ai toujours tenu à marquer les chiffres ronds. La centième, la deux centième note. Le millième commentaire, qui m’avait été laissé sur mon blog numéro 1, à propos de la dictature de l’ignoble Mugabe et sa confiscation du pouvoir. C’était Olivier Autissier qui avait remporté le César ce jour-là !
Et pour le deux millième ? Alors là il a fallu faire encore plus attention dans les comptes. Ce deuxième blog se rattachant au premier, sans rupture, je m’étais dit qu’il faudrait calculer soigneusement. J’avais laissé l’ancien avec 1035 commentaires. Ce qui signifiait donc que pour atteindre l’échéance magique des 2000, je devrais en comptabiliser 965 sur celui-ci.
Ah oui mais entretemps Orpheus a modifié la donne : il a rajouté sur « Boat on the Sea » , l’ancien blog, un commentaire à la note où je parlais du scandale des fiches de recensement qui ignorent la situation des couples pacsés. 1036 commentaires. Donc le millième, c’était le numéro 964 ici. Il est tombé aujourd’hui !
Pas de suspense cette fois, tout était écrit dans le titre. Today, the Winner is ... Kab-Aod ! Avec son commentaire sur l’ennui de devoir passer le permis et l’obligation d’acheter une voiture. Explosion de la fanfare, les confettis volent. Les majorettes lui font une haie d’honneur jusqu’au fauteuil du lauréat. « Vous êtes le deux millième commentateur chez Lancelot... Comment vous sentez-vous après toutes ces émotions ... ? Avez-vous un message, quelque chose à dire à vos proches ? Vous rendez-vous compte de tous les gens qui aimeraient être à votre place... ??? »
« Au fait, et j’ai gagné quoi ? » demande-t-il, rose d’émotion.
Ce qui serait vraiment bien en l’occurrence, ce serait de pouvoir te dire que tu as gagné une voiture. Ou un bon pour passer le permis ! Avec des options sympas, par exemple : l’essence offerte pour que toi et Pêr puissiez faire un petit voyage en amoureux ... qui vous entraînerait sur la côte méditerranéenne, pas loin de chez nous. Une occasion pour se voir... Hélas, la voiture, ce n’est pas dans mes moyens. L’essence, un peu plus, mais je surveille déjà la consommation de notre Clio, avec des mines d’oncle Picsou.... En revanche, l’invitation, elle, est très sérieuse. TiNours et moi serions très contents de vous rencontrer, vous mitonner un dîner, un jour ou l’autre.
On prend rendez-vous ?
Et merci encore à toi, pour ta fidélité et ta gentillesse.

22:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : comptabilité, notes, commentaires, blog
samedi, 15 novembre 2008
Blogsturbation
Je passe du temps à bloguer, trop. Activité chronophage, s’il en fut. Mais j’y trouve mon compte. Alors. On n’a rien sans rien.
Ce temps-là se répartit entre les notes que j’écris (environ trois par semaine, en moyenne…) et les commentaires que je laisse, chez les autres. Ou bien ceux auxquels je réponds, chez moi. Et je me suis aperçu que je fais rarement les deux démarches en même temps. Ou à la suite, si on préfère. Quelquefois je me connecte simplement pour lire et commenter. A d’autres, j’ai une idée en tête, je me jette sur Word, je tape ma bafouille, je la reléchouille et je la publie. Mais il faut que j’aie l’esprit à ceci, ou à cela. Les deux démarches sont très différentes, dans ma tête.
Le débat éternel, dans le fait de bloguer, c’est : « Est-ce qu’on n’est pas purement et simplement en train de s’épiler le nombril, sans que ça n’aille plus loin, sans qu’on ne fasse rien avancer sur le fond des choses, concrètement ? » Je lisais ça hier ici et comme d’habitude, ça m’a donné envie de réagir. Et comme souvent, je me suis fendu d’un long commentaire. Je commence à être « réputé » (oh, très modestement, et pour un petit travers bien insignifiant, somme toute) pour la longueur de mes blablas. Des notes longues (j’en avais déjà parlé là) et des commentaires à rallonge. Ca me vaut quelquefois des petites réflexions amusées, mais toujours amicales, que j’accueille avec le sourire, et ma raquette de ping-pong prête à la réplique : PAF, je te renvoie la balle, qu’est-ce que tu dis de ça ?
Et c’est justement les échanges en commentaires qui m’ont fait me rendre compte d’un truc. Ce qui me plaît le plus, dans le fait de bloguer, ce n’est pas tant d’étaler mes pensées que d’en discuter a posteriori, ou de discuter celles des autres. Je suis toujours très déçu lorsqu’une note écrite par moi ne suscite aucun commentaire. Non pas parce que cela prouverait qu’elle est intéressante : il m’arrive souvent après relecture de me dire « Pfou c’est nul… » Mais bon… il est rare que je jette à la corbeille sans publier, si je suis parvenu à terminer la note. C’était ce que je pensais à un instant T, et même si la forme ne me satisfait pas totalement, j’envoie et je verrai bien ce qu’il en ressortira.
Ce n’est pas tant l’approbation des autres que je recherche, en commentaire, que leurs réflexions propres sur les sujets qui m’intéressent. J’aime quand les blogueurs rebondissent, me disent « Oui, mais… », ou bien : « Tu as peut-être omis de dire que… », ou : « N’oublie pas que… » et que le débat se prolonge. J’aime les débats. J’aime disséquer les arguments des autres, j’aime que l’on décortique les miens. Et, j’aime aussi faire cela à l’écrit. Je le confesse. A l’oral, ça va vite, et on peut rapidement perdre le fil de son argumentation, face à un interlocuteur trop brillant, ou sûr de lui, ou péremptoire. A l’écrit, on a le temps de réfléchir, de revenir en arrière sur des choses qui ont été écrites avant par l « interscripteur » et de mieux organiser sa pensée, sa réplique.
Je peux trouver aussi très frustrant d’avoir laissé chez quelqu’un un commentaire que je trouvais fondamental (non pas parce qu’il était suprêmement intelligent, mais parce que j’attendais vraiment une réponse sur des questions que je -me- posais) et de voir qu’on y aura répondu en deux lignes et demie, par une pirouette. Ou bien, encore pire : pas de réponse du tout. Très impoli, ça… Détestable, même. A chacun son éthique du blog. Personnellement je mets un point d’honneur à TOUJOURS REPONDRE individuellement aux gens, lorsqu’ils font l’effort de venir commenter. Mais je m’écarte du sujet. Ce que je veux dire, c’est que j’ai l’impression, à mon niveau, qu’être blogueur signifie, avant tout, échanger. Mon processus mental à moi, ce n’est pas du tout de chercher à « briller » (je ne me fais pas d’illusions sur mes talents en l’occurrence, tout au plus suis-je capable d’ « amuser », dans mes bons jours). Mais en écrivant mon quotidien, mes pensées, mes extases, mes coups de colère et de grisou, j’attends des échos. Des réactions. Des confrontations. Du répondant, quoi.
Bien souvent il m’arrive d’être plus inspiré pour commenter, chez les autres, ou pour répondre à un commentaire, chez moi, que pour écrire une note. Je trouve ça assez normal et banal : la soupe est servie, il suffit de dire si on la trouve à son goût ou pas. Inutile d’éplucher les légumes et de les faire cuire au préalable : processus agréable aussi, mais plus compliqué.
Et voilà, ce qui au fond, rend le processus du commentaire frustrant : les débats, on ne peut pas les prolonger sans cesse sur un blog, par manque de place, par manque de temps, et aussi parce que forcément, il y a un décalage entre notre ré »action de la veille à chaud et notre humeur du lendemain, à froid. Faut bien arrêter les frais à un moment ou à un autre. C’est le revers de la médaille au débat « écrit ».
Enculage de mouches… ? Ben, oui et non… Je dis et je redis que depuis que je tiens un blog, depuis que j’en lis ailleurs, j’ai l’impression d’avoir énormément appris en côtoyant, en « colisant », plutôt, les autres. Certains faits d’actualité qui m’étaient passé sous le nez ressurgissent, j’apprends aussi à me dire : « Tiens oui on peut voir les choses sous cet angle-là… pourquoi pas… ? ».
Alors oui, le fait que Lancelot mette en expansion sa conscience sur la planète et le cœur humain ne va pas révolutionner le monde. C’est pas ça qui va apporter une solution à la famine du Tiers-Monde, ou à la crise financière. Soit. Mais je ne suis pas le seul à bloguer. Si des centaines, des milliers de blogueurs le font, est-ce qu’au final il n’y aura pas un petit impact positif ? Un courant qui passera, une information mieux relayée, une solidarité mieux partagée ?
Le blog masturbatoire, où l’on est seul face à soi-même pour se faire plaisir, j’en ai un peu marre de ce cliché. A quoi bon le répéter, même et surtout sur blog ? Ca me fait penser à l’alcoolo qui se verse un verre en pleurnichant « je suis un ivrogne ». Si c’est vrai, ça, autant tout arrêter. Le plaisir qu’on a à écrire, il est tout de même limité. Il présuppose aussi un effort, un retour sur soi. Un élan vers les autres. Alors, OUI, bien sûr, ce n’est pas la même chose que monter une association, participer à une activité, se bouger physiquement pour que les choses s’améliorent. Mais au fait, l’un n’empêche pas l’autre ! On n’est pas forcément déconnecté de la vie réelle et de l’action, parce qu’on s’assoit une demi-heure par jour devant son clavier pour une branle épistolaire. Et surtout, lire et écrire permettent de découvrir. Découvrir permet de s’informer. S’informer permet d’agir. J’ai des exemples précis en tête de choses que le blog m’a fait faire, depuis le début. Du concret. Elles impliquent des gens, alors je ne peux détailler ici. Aucune importance de toute façon. Il y a eu trois ou quatre choses, si j’y réfléchis. C’est mieux que rien, non ?
23:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : bloguer, blogueur
vendredi, 22 août 2008
HAPPY BLOGDAY !
Mon blog a un an aujourd’hui.
Nombre de visites... ? Euh...
Nombre de commentaires... ? Bah...
Mais on s’en fiche de tout ça…!
Je n’aime pas les chiffres, les statistiques me fatiguent, les bilans me dépriment….
Sauf que, je suis tout de même « fier » de pouvoir annoncer une acrobatie que j’ai réussie aujourd’hui : les un an du blog coïncident pile avec ma 200° note ! Trop fort le Lancelot… Mais je plaisante : ça, c’est juste pour le fun…
La seule chose importante pour moi depuis un an, c’est de vous avoir rencontrés, tous, par le biais de l’écriture. C’est une expérience passionnante, qui me fait toujours vibrer.
Il y a eu ceux qui étaient présents au début, mais qui ont cessé de se manifester ici entretemps. En commentaire, bien sûr. Peut-être reviennent-ils quelquefois lire. Je le fais aussi, très souvent, chez eux. Des gens dont j’apprécie énormément les blogs, mais je me cantonne à leur lecture (sauf cas exceptionnel qui me fait réagir), parce que… eh ben parce que sinon on y passerait sa vie !
Il y a ceux qui ont été fidèles depuis le début, et sont toujours là. Ceux à qui j’ai envie de sourire, ceux que j’ai envie de serrer affectueusement contre moi. Ceux qui me laissent un mot gentil, ou critique, une réflexion, régulièrement. Pour la millième fois, je leur dis MERCI. Ce doit être un des mots les plus écrits dans ce blog… (tiens, en voilà une statistique qui serait vraiment amusante à établir, elle : les mots les plus employés dans tel ou tel blog).
Il y a (eu) quelques « ennemis » ou disons plutôt, « personnes hostiles ». Très peu. Tant mieux. Au début ça m’a posé un gros problème, ensuite j’ai géré par l’indifférence : la meilleure attitude possible. Mais c’est bien aussi d’avoir des ennemis (des détracteurs...?). Après tout, ça pousse à la remise en question, et c’est au moins la preuve que l’on fait réagir…
Récemment, (depuis le début de l’été) des « nouveaux » sont arrivés parmi les commentateurs réguliers : à chaque fois ça m’émeut… Aller lire leurs blogs, lorsqu’il y en a, et me dire « Mince, ces gens passionnants aiment revenir chez moi aussi… ? Quelle chance… Allez, on agrandit la table, on rajoute des chaises… Il faut qu’ils se sentent bien, dans ma maison… »
Il y a eu du bonheur, il y a eu de la douleur. Il y a eu des fous-rires, et des sanglots. Il y a eu de l’excitation, du découragement. Mais jamais, jamais, au grand jamais, de l’ennui, de la lassitude, de ma part.
Je n’ai cité personne, aucun nom parce que vous vous (re)connaissez tous. Mais je veux faire ici une exception : Bougrenette, ma sœur de blog, ma frangine de Paris-Carnets ! A deux semaines près, nous pouvions fêter cet anniversaire ensemble (elle avait ouvert son blog début août 2007). Et nous avions assisté elle et moi ensemble à notre première « cérémonie » de rassemblement de blogueurs, début juillet. On n’en menait pas large, mais on en a tous deux ramené un excellent souvenir.
Avec un peu de retard, bon anniversaire à toi aussi, ma Val. J’aime tes billets, si pleins de folie et de poésie. J’aime tes jeux avec les mots et tes fulgurances de phrases dans lesquelles, très souvent, j’ai l’impression de me contempler. J’aime aussi tes commentaires. Et tes critiques. Oui, tes critiques. Continue à être vraie et sincère ici, comme tu l’es toujours.
Pour finir, plutôt qu’une photo ou un extrait musical, j’aimerais vous faire partager cette petite nouvelle sans prétention que j’avais beaucoup aimée quand je l’avais découverte pour la première fois, il y a quelques années.
La Clef d’Or
Il était une fois, par delà les montagnes, à la lisière de la Forêt Sans Fin, un garçon qui vivait dans une chaumière avec sa mère, son père, ses frères et sœurs. C’était l’hiver, l’hiver le plus froid qu’avait jamais vu le garçon, le plus froid jamais vu dans cette contrée connue pour la froideur de ses hivers, et ce garçon n’avait pas de bois pour se chauffer. Il y en avait pour ses frères, qui ressembleraient à leur père lorsqu’ils seraient grands, et pour ses sœurs, qui ressembleraient à leur mère lorsqu’elles seraient grandes. Mais pour ce garçon, qui ne ressemblerait à personne lorsqu’il serait grand, il n’y en avait pas. Un matin, le garçon s’éveilla avant l’aube. La nuit avait été plus froide encore que les précédentes et une couche de givre recouvrait ses couvertures. Le garçon décida d’aller ramasser du bois pour ne plus passer de pareille nuit. Il se vêtit et quitta la chaumière quand tous dormaient encore, tirant son traineau derrière lui par les champs enneigés puis sous les premiers arbres de la forêt. Tout était gelé et silencieux et, comme l’hiver était si rude, on ne trouvait pas beaucoup de bois. Le garçon s’aventura plus loin dans la sylve, ramassant quelques brindilles par ci, une pomme de pin par là, une branche même parfois, et, peu à peu, il emplit son traîneau.
Quand il eut assez de bois, il avait si froid et avait marché si longtemps qu’il décida d’allumer un feu sur place. Il balayait la neige quand soudain le soleil, qui s’était levé entre temps, fit briller quelque chose à ses pieds. Le garçon vit qu’il s’agissait d’une clef, une clef d’or qu’il ramassa vivement. Il la lança en l’air et la rattrapa.
-Elle est à moi, dit-il en riant.
Et la clef se mit à étinceler au soleil, comme si elle riait avec lui.
Au bout d’un moment, il se dit que là où se trouvait une clef se trouvait forcément une serrure à ouvrir. Il balaya la neige tout autour de lui, puis, ne trouvant rien, entreprit de creuser le sol. Oh, comme la terre était dure, plus dure que la pierre, plus dure que l’acier, alors que le garçon ne disposait pour creuser d’autres outils que ses mains. Il creusa très longtemps et, dès qu’il se sentait fatigué ou découragé, il tirait la clef de sa poche, contemplait la promesse qu’elle contenait, et reprenait son labeur, ragaillardi.
Enfin, il découvrit un petit coffre en fer qu’il tira de l’étreinte glacée du sol. Il le tourna entre ses mains, cherchant une serrure a priori inexistante. Mais le garçon était patient et finit par la trouver, si minuscule qu’il ne l’avait d’abord pas vue. Il y introduisit la clef et la fit tourner. A présent, il nous faut attendre qu’il finisse d’ouvrir son coffre et en soulève le couvercle pour savoir quelles choses il recèle et à quel point ces choses ont changé sa vie.
Peter Cashorali « Princes Charmés »
14:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, blogpotes, peter cashorali
mardi, 19 août 2008
Blog et chagrin
Quand j’étais ado, ma sœur a eu le chagrin d’amour de sa vie. Le seul, l’unique. Celui dont elle a gardé à jamais la marque en elle. Pendant des mois elle a été brisée, abattue, détruite. Je me souviens de la façon qu’elle avait de me terrifier dans sa douleur. On discutait calmement de choses et d’autres et tout à coup, brusquement, sans que rien ne le laisse prévoir, elle fondait en larmes au détour d’une phrase. Elle passait des nuits entières les yeux ouverts dans le noir à repenser son histoire, son mal. Le dynamisme, la force, l’enthousiasme, l’entrain qui la caractérisaient avaient totalement disparu
J’ai été à ses côtés, comme j’ai pu, à cette époque. Lui parler, l’écouter. L’écouter, surtout. Ses mots qui me parlaient de cœur, de sentiments, de sexualité, d’enfants, de famille. Du bonheur et du malheur. De la fusion et du rejet. De la passion et de l’oubli.
Après que son mec l’ait quittée, elle lui a envoyé une lettre, une seule, une fois, et devant l’absence de réponse, elle ne l’a plus jamais rappelé, jamais supplié, jamais harcelé. Il vivait pourtant dans la même ville, et travaillait dans le même établissement qu’elle.
J’ai conservé de tout cela le souvenir confus d’un tunnel gris dans lequel nous avions cheminé pendant plusieurs mois, avant qu’elle ne commence à remonter, doucement, la pente. Les conversations que nous avions eues au moment de sa crise ne sont pas restées gravées clairement en moi. A une exception près : elle m’a dit un jour une phrase qui m’a marqué :
« En amour, dans une histoire malheureuse, comme celle que je suis en train de vivre, il n’y a qu’une chose qu’on ne doit jamais, au grand jamais, sacrifier : sa dignité. On peut tout, tout, jeter pardessus bord, mais c’est la dernière chose qu’il faut garder, dans nos mains crispées, la dernière chose qui nous reste, parce que, même si elle paraît de peu d’importance sur l’instant, c’est elle qui nous maintient debout et nous donne les bases pour repartir, par la suite ».
Je n’ai jamais oublié ça.
Et aujourd’hui, quelques semaines après ma « tempête » interne personnelle, je suis content, heureux de m’être toujours accroché (entre autres choses) à ce principe, à ce rocher.
Je n’ai pas eu cet amour,mais j’ai échappé à cette lapidation.
A ce lynchage.
A cette boucherie…
A quoi sert d’avoir tant parlé d’amour par le passé pour toucher le fond dans le présent.. Cracher, par désespoir, sur l’être qu’on dit avoir aimé. Se dire que de toute façon on a des excuses, parce qu’il s’agit d’un hurlement d’amour dévié, et non de haine. Déconstruire point par point, au physique et au moral, aussi bien sur le plan professionnel que social, la personne dont on était amoureux, pour la piétiner. Chercher, dans un feu de malheur dérisoire, à brûler tout ce à quoi on a cru, à quoi on croit encore, en espérant ainsi exorciser un amour, ou, encore pire, provoquer une réaction chez l’autre. Hurler et se rouler dans la boue, dans la fange de l’humiliation. Dans le grotesque. La mascarade. Qu’est-ce que ça peut bien rapporter… ?
Et, tout ça, en public, sous les yeux des autres. Non pas parce que la crise de désespoir est survenue à un moment inattendu, mais le faire de façon calculée et préméditée, par des écrits, sur un blog. Espérer que le poids du regard des lecteurs, des « commentateurs », pourra changer quoi que ce soit. Offrir en pâture les moments intimes, les joies et les larmes, le plaisir et le désespoir, la tendresse et le manque, les baisers et les coups, dans une gigantesque curée dont tout le monde, acteurs et lecteurs, sort meurtri, souillé, humilié.
La Beauté est trompeuse. Le dire est une Lapalissade. Mais je ne parle pas ici que de la beauté physique. Il y a la beauté du talent, de l’écriture qui peut séduire. Eblouir. Aveugler. Hypnotiser. Cependant, un cœur peut s’habiller de mille façons possibles, se dissimuler derrière des textes vibrants, des mots éclatants, des phrases poignantes. La valeur humaine d'une personne ne se mesure pas à l'aune de la qualité de son écriture. Au final, les artifices finissent toujours par tomber. Nous ne sommes pas la somme, le résultat de ce que nous écrivons. Même si nous voudrions bien l’être. Au mieux, notre blog peut nous ressembler, un peu. Etre un reflet flou de nous-mêmes. Mais l’humain est à la fois tellement moins et plus que cela. Ces lignes que nous rédigeons, jour après jour, elles ne sont qu’un jeu. Un jeu agréable, délicieux même par moments. Mais une illusion, un artifice au bout du compte. Un fil d’écriture que nous avons tendu entre les autres, et nous-mêmes. Rien d’autre. Nous sommes ce que nous sommes. Et surtout, nous sommes ce que nous faisons. Pas ce que nous écrivons. Ne jamais perdre de vue que la réalité de la vie, et même de l’âme, est toujours ailleurs. Et qu’un blog n’est pas un être. Un blog n’est pas une arme. Un blog ne doit pas servir à régler des comptes. Un blog n’est pas un téléphone. Juste un espace, où l’on peut déposer un microscopique fragment d’émotion, ou de pensée, ou de sensation, de souvenir, à un instant donné. Les lecteurs qui passent en diront quelque chose. Ou pas. Quelquefois le téléphone sonne, ou pas. C’est agréable, ou pas. Mais notre vie, notre moi, n’est là que partiellement, "parcellairement", même, et seulement pour un instant fugace.
Ressaisis-toi. Il est temps. Il est grand temps.
Et ma phrase n'est pas un coup de fil. Parce que les chances pour que tu lises, que tu reçoives le message, sont très faibles.
Juste un espoir, que je lance dans le vent.
17:38 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : dignité, rupture amoureuse, douleur, blog
mardi, 08 juillet 2008
The Return of the Knight
(Clin d’œil à Panama, qui m’avait suggéré ce titre pour mon nouveau blog, mais je trouvais qu’il sentait trop son film porno ‘Falcon Productions’). Cependant, en intitulé de la première note, c'est mieux.
Je n’ai pas été absent trop longtemps.
J’aurais voulu laisser une belle image, ou/et même un fichier musical sur mon premier blog, hélas je n’en avais plus la possibilité. J’avais mangé trop de disque dur, paraît-il. Trop de photos, trop de musique. Il fallait supprimer des notes, ou payer. Aucune des deux solutions ne me satisfaisait : SUPPRIMER des notes où j’ai versé tout mon sang, toute mon âme ??? PAYER pour avoir le droit de bloguer ??? Ah non, pas question. Bloguer, ce doit être un effort régulier et plaisant, mais libre et gratuit.
La solution était toute simple : re-créer ce blog-ci, en lien direct avec l’autre, qui restera bien sûr ouvert à vos visites et commentaires. Pas de rupture, pas de période de latence. J’ai fait exprès d’écrire le même jour mes notes « Le départ de Lancelot » et « The return of the knight » pour bien marquer ce lien étroit et indissociable qui existe entre les deux. Et si l'on veut faire un retour en arrière, j'ai laissé la porte ouverte à gauche sous les archives : "le premier blog de Lancelot". Yakakliké.
Je n’ai jamais caressé l’idée de fermer mon blog, de cesser d’écrire. J’aime trop cela. Je respecte cette décision chez les amis qui la prennent, mais même momentanément, je n’en ressens pas le besoin, pour l’instant en tout cas. Nous en reparlerons dans un an, deux ans, si je tiens jusque là.
Je ne recommence pas tout à zéro. J’ai réindexé mon nouveau compteur. Quant au nombre des notes et des commentaires, il importe peu, sinon pour les anniversaires amusants, tel, il y a quelques jours, ce millième commentaire qui m’avait été adressé par Olivier Autissier. Mais je garderai le compte. Tout se rajoute de façon arithmétique, il suffit d’être vigilant. J’ai quitté le blog précédent avec 167 notes écrites par moi, et 1032 commentaires laissés par vous (ou moi). Comme je l’ai déjà dit plusieurs fois, je me fiche des statistiques et de l’audimat. En revanche, par plaisir ou par coquetterie -je veux bien l'admettre- je ne manquerai pas de « fêter » la 200° note, ou le deux millième commentaire. Je le ferai, en tenant compte de l’ « acquis » du premier blog. Mais nous n’en sommes pas là.
Les un an de mon blog, ce sera fin août. Presque en même temps que le blog de ma Bougrenette. Un anniversaire que nous pourrons fêter à deux, peut-être. Outre ce point commun, nous avons aussi participé à notre premier Paris-Carnet côte à côte, ou presque. Et comme à cette occasion elle a pris une photo de moi que j’aime bien, c’est celle que j’ai mise dans mon album « Me, Myself and I ». Merci à toi, ma « jumelle » !
Ma liste d’amis, de contacts habituels, reste inchangée, bien sûr. Je continue à tous vous aimer, très fort, sans exception. Si vous m’aimez aussi, pensez à changer l’adresse de Lancelot dans le « lien » sur votre blog personnel !
J’ai changé la bannière, tout en restant dans la continuité. Parce que j’avais aimé « Excalibur », et que Nicholas Clay, ah, qu’il était beau. Je n’ai bien sûr pas la prétention de lui ressembler. Mais ‘Lancelot’, c’est déjà narcissique en soi, alors, au point où j’en suis…
Il y a un nouveau TiNours pour m’accompagner, à gauche en entrant. Un ourson blanc cette fois. Changement de fourrure, changement de saison ? Son cœur est resté le même en tout cas.
J’ai innové en rajoutant un « Blog it Express » que j’avais déjà vu chez Fiso, chez Oh !91 et d’autres amis, car je trouve l’idée de publier une ‘Pensée du Jour’ à l’arraché, sans se lancer dans la rédaction intégrale d’une note, assez plaisante.
En définitive, Lancelot 2 est presque le même que Lancelot 1, avec, peut-être, une petite cicatrice invisible en plus. Le mois qui vient de s’écouler a été éprouvant. Et pas que pour moi. Mais les épreuves, tout le monde peut les surmonter.
20:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : blog, réouverture, amis