mercredi, 06 janvier 2010
d'Au revoir à Bonjour
Il y a dix-huit mois (à deux jours près), donc, je quittais mon premier blog pour investir le second.
La raison principale, c’était une mesquine question de gros sous.
Métaphore filée (comme je les aime) : les propriétaires de l’immeuble estimaient que j’étais trop encombrant, que je tenais trop de place avec mes tableaux et images, que je faisais trop de bruit avec mes musiques et mes vidéos. Ils voulaient bien continuer à m’héberger, mais en augmentant le loyer. Non, non, et non. Jusqu’à mon dernier souffle, je défendrai la position que je tenais déjà à l’époque. Bloguer, ce doit être un acte libre et gratuit.
J’avais donc pointé la proue de mon petit bateau vers le large. Boat on the Sea était devenu Boat on the Ocean, et j’avais investi un autre immeuble. L’appartement y était apparemment un peu plus vaste, puisqu’en continuant à y accumuler mes meubles et mon barda au même rythme, je n’ai reçu l’ (inévitable) lettre d’huissier qu’après un délai plus long, de dix-huit mois. Dans mes premiers pénates, on ne m’avait laissé séjourner que dix mois. Mais, dans le 2° blog aussi, j’ai fini par atteindre la date de péremption. Sauf si (évidemment) j’acceptais de payer. Un an et demi après, c’est toujours non.
Donc, je re-déménage.
Il est têtu, Lancelot vous savez. J’étais tellement bien dans mon appartement précédent que je n’ai pas voulu changer grand-chose, à part les images au mur. J’ai changé la bannière, j’ai fini par en choisir une parmi toutes celles que j’ai fait défiler au cours des dernières semaines. C’était celle qui plaisait à Panama. J’ai pas oublié. Lui non plus, je ne l’ai pas oublié. Je n’oublie jamais rien.
J’ai changé quelques photos ici et là, mais le principe reste le même. Je ne ressens pas le besoin de brûler les anciens meubles.
En quittant Boat on the Sea, j’avais essayé en même temps de me défaire d’un poids qui à l’époque était devenu trop lourd. Bien sûr, ce n’est pas le fait de quitter un endroit pour un autre qui fait que les problèmes disparaissent. Mais les souvenirs s’estompent, et la douleur fond. Aujourd’hui, en passant au 3° blog, je suis beaucoup plus serein. Je ne désire rien abandonner derrière moi, pas un seul ami. Sourire au passé, aimer le présent, espérer le futur.
Certains blogueurs de l’époque ont disparu de mon horizon. Certains parce qu’ils ont cessé d’écrire, d’autres parce qu’ils ont pris du recul. Il y a deux ans, un an même, je trouvais ça dramatique. Maintenant, je sais qu’un clou chasse l’autre. La table ronde, à Camaalot, ne peut pas se dilater à l’infini. Et on ne peut retenir ceux qui ne désirent pas rester. Les amitiés nouvelles n’effacent pas les souvenirs anciens. C’est l’essentiel. Au fil de la navigation, le bateau du blogueur croise au large des îles, des archipels, des continents. Des récifs, des écueils, des icebergs, aussi. Quelquefois il y a collision, quelquefois collusion. Il y a eu plein de nouveaux amis, qui sont déjà des anciens. « Ancien », que ça ne vexe personne surtout. L’amitié se bonifie en vieillissant, comme le vin. Quant aux rares ‘collisions’, c’est pas grave. Tant que le bateau va, tout va. Pas de naufrage ni de perte humaine à déclarer pour l’instant !
Après la mer, il y a eu l’océan. Après l’océan, je ne savais plus où mettre le cap, pour le nom du blog, qui se devait de changer ! Alors je me suis contenté de rajouter un s. Je vous invite à continuer à naviguer sur les océans, en compagnie du Chevalier et du TiNours.
Ca m’embête vraiment de refermer la porte ainsi, sur un simple texte. J’aurais voulu rajouter un fichier musical pour un au revoir, ou tout au moins une belle photo. Mais c’est impossible, je ne dispose plus de cette commande sur ce blog-ci par manque de place (qu’ils disent...).
Alors, je fais appel à votre imagination : fermez les yeux et fredonnez intérieurement : c’est l’ouverture de ‘Carmen’ que joue l’orchestre ! Non pas la chanson ‘Prends garde à toi’, mais l’entrée des toreros dans l’arène ! Vous savez bien, cet air qui fait :
‘Ta ta ta gada gada ta ta gada gada ta ta gada gadaaaa....
Ta ta ta gada gada ta ta gada tagadaaaaa tagadaaaa...
A tout de suite, ici !
23:32 Publié dans Les adieux de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : blogs, blogpotes, au revoir