dimanche, 22 novembre 2009
A tire-d'aile
20:15 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
samedi, 21 novembre 2009
Et ce soir ?
Ce soir, grosse flemme.
20:00 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 20 novembre 2009
Aujourd'hui...
On a eu beau temps.
jeudi, 19 novembre 2009
Note la plus courte jamais écrite par Lancelot, ou : le mot du jour.
Main
mercredi, 18 novembre 2009
La barbe !

Depuis toujours, je me rase au rasoir à main, avec gel rasant, baume post rasage et tout le tralala. TiNours, lui, préfère fonctionner à l’électricité. Question de sensibilité de peaux. Chacun ses tendances.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à fin août, date où j’ai repéré un vilain petit bouton sous ma lèvre inférieure. Au début, je n’ai pas trop fait attention, mais au fil des jours, comme cette cochonnerie refusait de disparaître, et même semblait faire des petits, je me suis dit que ce n’était pas dû à un excès de chocolat (je ne suis pas fan) ni à de l’acné (il me faut bien admettre, malgré l’extrême jeunesse physique que j’ai su conserver, que j’ai passé l’âge....). J’ai donc pris rendez-vous chez le dermato. J’ai eu affaire à son assistante, dont le nom et l’accent avaient des consonances polonaises : « Il s’agit verrue. Peut-être dû rasoir sale. Vous pas inquiéter. Je brûler cela. Le mois dernier, autre patient très spectaculaire, partout couvert, le traitement a faire disparaître 90% »
Bon. Pas très rassuré, je me suis laissé asperger le menton de neige carbonique en pulvérisateur, tel un gâteau qu’on décore au sucre glace, en espérant que j’en sortirais entier à plus de 10%. « Vous attender croûtes tomber. » « Et dans l’intervalle, que dois-je faire ? » « Rien, pas inquiéter » «Et pour me raser ? » « Il n'y a pas problème... »
Très bien. Au fil des jours qui ont suivi, j’ai constaté avec plaisir que les boutons séchaient, et que les croûtes tombaient. Joie. Sauf que, la cartographie ainsi dessinée rendait hyper-difficile le cheminement du rasoir. J’avais beau faire terriblement attention, je coupais toujours une petite croûte quelque part. Qui saignait... Devinez la suite.... ? Tout fiers d’eux, ces cochonneries de bubons déménageaient pour aller s’installer ailleurs, trois millimètres plus haut, un centimètre plus bas... Ils proliféraient. Et pas qu’un peu.. Une calamité.
Que faire ? Retourner chez Bibiana Veruchkaia ? De toute façon, dans la mesure où je dois me raser tous les jours, ce ne serait que reculer pour mieux sauter. Son traitement à la neige carbonique avait bien été efficace, mais il fallait laisser sécher les boutons au moins un mois sans les embêter, à mon avis.
Alors, ne plus se raser pendant un mois... Bien embêtant, surtout que la rentrée avait eu lieu entretemps. Il allait falloir que je change de gueule en cours d’année, avec l’inévitable cortège des commentaires des uns et des autres, chose qui a l’art de m’horripiler... Mais je n’avais pas le choix. Entre être verru ou barbu, j’ai préféré la seconde option.
Quand on se laisse pousser la barbe, il y a plusieurs étapes. Je glisse rapidement sur l’état ‘fine couche de poils au menton’ (‘stubble of beard’ comme disent les anglo-saxons) tant appréciée des top-models et autres acteurs de la nouvelle vague. Là aussi, hélas, j’ai passé l’âge. Moi, au bout de trois jours sans rasage, je ne ressemblais ni à Brad ni à Léonardo à leurs débuts, mais j’avais plutôt une gueule de bandit calabrais trahi par la maffia. Remarque, ça peut plaire ! Au lycée certaines collègues m’ont gentiment complimenté : « Waow, ça te donne un air ‘baroudeur’ très sexy ». Je n’ai jamais réussi à déterminer quelle était la part d’honnêteté et celle de politesse dans leurs propos. Moi, quand je me regardais dans la glace, le baroudeur, je le trouvais plus hirsute que sexy. Mais le pire restait à venir.
Passé un certain âge, voyez-vous, les follicules pileux, ça a tendance à pâlir. Et même à blanchir. Pas besoin d’être très vieux pour cela d’ailleurs. Mes premiers cheveux blancs, je les ai découverts à 27 ans. Mais bon, j’ai aussi la chance d’avoir une tignasse brune de vrai peau-rouge, héritage de mon Papa, merci à lui. Les fils blancs ont toujours été noyés dans la forêt de mes tempes brunes. Et comme j’aime être coiffé très court, ça reste du domaine de l’élégant poivre et sel. Chez les mecs, c’est très bien vu, ça. Demandez à George ce qu’il en pense. ‘No soucy’, donc.
Eh oui mais... quand les cheveux blancs s’invitent dans votre bouc sans qu’on leur ait rien demandé, Clooney disparaît, bonjour l'Abbé Pierre, ou mieux, le père Noël ! Et même si la fête est prévue pour dans quelques semaines, pour moi y a pas urgence ! Quoi qu’il en soit, inexorables, les fils blancs apparaissaient, impitoyables stigmates de ma déchéance physique. Cheveux poivre et sel, Barbe sel et poivre. Quelques voix se sont élevées dans la tourmente de ma misère, pour l’adoucir... Notamment une collègue d’espagnol, qui m’a comparé à Sean Connery (merci, j'ai failli y croire....), ou la semaine dernière ma Fiso, qui m’a gentiment dit qu’elle trouvait ça excitant. Mais j’ai surtout eu droit à :
« Un instituteur de la 3° République » (TiNours)
« Alexandre Dumas » (Mimi)
Et en point d'orgue: « Ah ! Mon Dieu quelle horreur ! » (Ma mère.....)
Malgré toute l’admiration que j’ai pour l’auteur des Trois Mousquetaires, et le respect que je dois à aux fonctionnaires irréprochables figés dans un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, je ne pouvais me résoudre à être assimilé à un MonDieuQuelleHorreur . Non, ça c’était non.
Lancelot, il essaie toujours de jouer la carte de la logique rationnelle. Je vous rappelle que l’enjeu crucial de cette bataille du bouc, c’était, finalement, non pas de me tranformer en bogosse, glabre ou barbu, mais de me débarrasser de ces cochonneries de pustules. Où en étaient-elles, au fait ... ? Ah ben, comment savoir, maintenant qu’elles étaient recouvertes d’une forêt enneigée... ? J’avais beau essayer d’écarter les poils à la lumière, avec l’aide d’un TiNours un peu sarcastique, armé d’une lampe qui rappelait celle du dentiste, c’était vraiment pas clair.
Alors, Lutter contre les poils blancs.... ? Utiliser une teinture... ? Gloups... Je ne suis vraiment pas expert en la matière. Pas envie d’aller demander conseil chez mon coiffeur, dont pour moi les capacités doivent se résumer à savoir manier une tondeuse. Alors, en supermarché, j’ai acheté un flacon de teinture à cheveux....
Et ce matin, profitant de mon mercredi de repos, et délivré de la probable ironie de mon TiNours qui doit bien faire tourner la marmite pendant que son mari se compte les poils du nombril, ce matin, donc, j’ai joué au petit chimiste. L’ennui c’est que les doses étaient prévues pour une chevelure tout entière, et qu’il fallait mélanger deux produits issus de deux flacons différents. Je n’allais tout de même pas préparer un quart de litre de teinture pour n’en utiliser que 10 mililitres, pour ma barbichette, tout de même ... ? Et puis, il fallait en garder pour les semaines à venir, puisque je me doutais bien que les poils blancs, ces sournois, réapparaîtraient à court terme. Surtout, une fois que le mélange est fait, il faut l’utiliser tout de suite, il ne peut se conserver. Alors, j’ai mélangé un peu des deux produits indiqués, et j’ai appliqué selon les indications. J’ai rincé, lavé, shampooiné. Et puis j’ai regardé le résultat dans la glace, avec une bizarre sensation. « Mouais, les poils blancs ont disparu, en effet. Certes, c’est bien coloré uniformément... Mais, mais... »
Y avait un reflet bizarre, qui me plaisait pas trop. C’était peut-être la lumière ? L’effet du shampooing ? Le fait que je ne m’étais pas bien séché... ? Bref. Lancelot, dans le miroir, lève les yeux au ciel, hausse les épaules, et va travailler à son bureau. Mais bon, il garde une gêne embêtante au fond du crâne... Ce reflet, c’était quand même bien, un peu... bleu....
Une heure après, retour devant la glace.
Confirmation.
George Clooney et l’Abbé Pierre ont fait place à Barbe Bleue.
Grand moment de désespoir. Inutile de vous dire que ce n’était pas la peine de me frotter vigoureusement le bouc avec un gant mouillé. Bleu j’étais, bleu je restais.
J’ai cours demain. J’imaginais déjà les fous-rires et les réflexions des uns et des autres : « Eh dis donc Lancelot, où t’as caché le cadavre de ta 7° femme... ? » « Tiens, je te rends la clé de ta salle, excuse-moi il y a une petite tache de sang dessus... » « Bonjour, Grand Schtroumph... ! »
Raaaaaaaa....
Que faire ? Réemployer ce foutu produit, pas question. Utiliser un marqueur fluo ? Un bout de charbon ?
Et puis, mes yeux sont tombés sur le rasoir.
Plus le temps de tergiverser sur l’état des boutons sous-jacents.
Déclenchement du plan ORSEC.
D’abord au ciseau : les poils affolés, voletaient partout dans la salle de bains...
Et puis la lame, allez, zou ! Adieu l’abbé, adieu Alexandre, adieu Sean, adieu l’instit ! J’ y allais sans précipitation, mais bien résolument. Que ça plaise ou pas, tout le monde s’accordait pour dire que cette barbe me vieillissait. De dix ans environ. En route pour l’ablation de ces dix ans.
C’est fini. Le lavabo est dans un état innommable, touffes de poils, magmas de mousse et de cheveux agglutinés, traces de teinture. Pas grave, je nettoierai ça plus tard. Je scrute anxieusement mon menton. Barbe bleue a disparu, mais a-t-il laissé la place à un varioleux rescapé de la grande peste de Marseille ?
Non. Mon menton est lisse, rose et frais. Des fesses de bébé Cadum

Ouf.
Il ne me reste plus qu’à évacuer les sinistres vestiges de ces dix années qui flottent dans le lavabo.
Demain est un autre jour.
19:10 Publié dans Lancelot fait son Bozo | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : barbe, rasage, bouc
lundi, 16 novembre 2009
Témoin du passé, gardiens de l'avenir
La salle contient environ 150 élèves. Pour la plupart, assis sur des chaises disposées en hémicycle. Ceux de fond sont juchés sur des tables. Attentifs, un peu tendus. On entend les mouches voler.
Debout devant eux, elle commence son récit. Sa voix douce, peu audible au départ, s’affermit au fil des minutes. Par instants, elle marque une pause, de quelques secondes. Elle semble se recueillir. A d’autres moments, on sent que l’émotion remonte en elle. Sans jamais la submerger. Aucune larme, aucun pathos. Elle s’interrompt, respire un peu, relève la tête, et continue. Pour illustrer ses propos, elle place de temps en temps des transparents sur le rétroprojecteur. Des photos : une enfant qui serre une immense poupée contre elle. Une famille rassemblée autour de la grand-mère. Des lieux. Une carte de France, aussi, qu’elle a du mal à placer dans le bon sens. Mais ce que retrace la carte défie le bon sens.
Elle raconte l’enfance en Hongrie, leur émigration vers Bruxelles, puis la fuite de la famille lors de l’exode en 1940, après l’invasion. Huit enfants, accompagnés de leur père et leur mère, sur les routes, pour aboutir dans un petit village du Sud-Ouest de la France, où les habitants les accueilleront et leur offriront le gîte et le couvert pendant un an.
« De mon récit, ne retenez pas le pire, rappelez-vous aussi du meilleur : ces gens qui ne nous devaient rien et ne nous ont rien demandé en contrepartie... »
Jusqu’à l’arrestation et le départ vers un camp près de Toulouse (l’un de ceux qui sont recensés sur la carte projetée sur l’écran), en attente d’un départ vers de menaçantes destinations inconnues. « On a quelquefois appelé cela des camps « d’hébergement » mais leur vrai nom, c’est « camps d’internement ». Dormir sur de la paille salie au préalable par des chevaux. Une enfant souillée par les poux, la gale, qui voit passer deux fois par jour les bottes étincelantes des gardes chargés de l’appel.
« J’imaginais que lorsqu’ils rentraient chez eux, ils avaient peut-être eux aussi des enfants qui se chargeaient de nettoyer la boue qu’ils avaient ramassée lors de leur ronde... »
Puis la fuite, après corruption de deux gardes. Le retour vers Bruxelles. Une tentative pour organiser une vie où s’invite la peur permanente, en tant que onzième membre de la famille. Les rafles s’intensifient. Un matin, elle a huit ans, et assiste, dissimulée derrière sa fenêtre peinte en blanc, à l’arrestation, dans la maison d’en face, d’une femme et de sa petite fille, tirées par les cheveux, jetées comme des paquets dans les fourgons qui les emportent pour toujours. Les parents décident alors que le danger devient trop grand, et qu’il faut se résoudre à séparer la famille. Les enfants sont placés, un à un. Elle, qui était une enfant choyée, gâtée même, ne comprend pas cette séparation et refuse de les quitter lorsque vient son tour. Elle s’accroche en sanglotant aux jambes de sa mère, qui la gifle.
« C’était le plus beau geste d’amour qu’elle ait pu avoir pour moi... »
Le couple qui la recueille, probablement dans l’urgence, terrifiés, l’enferment dans leur grenier, dans une pièce aux fenêtres calfeutrées où l’on ne voit pas la succession des jours et des nuits. Elle n’a jamais su combien de temps elle a passé dans cette pièce, elle ne pouvait en avoir conscience, et son cerveau même l’a occulté, comme un des plus grands traumatismes de son enfance.
« Cette porte verrouillée a flingué toute une partie de ma vie... ».
Jusqu’au matin où sur le seuil est apparu un jeune homme qui l’a faite sortir pour l’emmener ailleurs. Avec lui, elle a pris le train, qui était rempli de soldats allemands. « J’ai dû avoir froid, j’ai dû avoir faim. Je ne m’en souviens plus. Mais j’ai eu peur, et la peur, je m’en souviens. » Le jeune homme l’emmène à destination, et disparaît.
« Je ne l’ai jamais revu, et je ne sais même pas comment il s’appelle. Mais son visage, qui m’est apparu dans la lumière une fois la porte du grenier déverrouillée, je ne l’oublierai jamais non plus. »
Ensuite, deux ans et demi passés dans une institution pour enfants mongoliens, où la directrice dissimulait, en plus, vingt-cinq gamins juifs. Elle se souvient avec émotion de cette femme, leur « Marraine » qui a fait cela sans recevoir aucun paiement, en dehors de leur amour, et de l’honneur d’être élevée au rang des Justes, des années plus tard. A la fin de la guerre, son père est revenu la chercher. Lui seul dans la famille savait où chacun des enfant se trouvait. Il s’est mis à courir lorsqu’il l’a revue, alors qu’elle le contemplait, pétrifiée. C’est lorsqu’il l’a prise dans ses bras qu’elle a su que le pire était passé.
Elle raconte, longtemps encore, l' "après". Leur père, qui ne leur a rien dit de sa vie pendant ces deux ans et demi, mais la carte de résistant qu'on a trouvée dans son portefeuille après sa mort. Sa propre vie à elle, son mariage, sa fille et son petit-fils, mais ses fantômes l'ont rattrappée vingt ans plus tard, un soir où son mari l'a découverte en rentrant du travail, couchée tout habillée et chaussée dans leur lit, frissonnante de terreur et incapable de parler, pendant un an où des thérapeutes se sont occupés d'elle en la faisant écrire pour qu'elle puisse se confronter à ses angoisses enfouies trop profond en elle-même.
A la fin du récit, les élèves, muets, n’osent poser de questions. Puis, timidement, des doigts se lèvent. « En venant raconter votre histoire, parvenez-vous, d’une certaine façon, à l’exorciser ? » « Quels ont été, par la suite, vos rapports avec votre mère qui vous avait arrachée à elle-même ? » « Les rescapés, comme vous, sont-ils encore nombreux et désireux de témoigner ? Et les survivants ? »
« Il existe peu de survivants français des camps aujourd’hui. Quant aux rescapés, comme moi, leur nombre diminue. Nous sommes les derniers à pouvoir vous parler directement. Par la suite, vous aurez encore des livres, des photos, des images, mais plus de possibilité de témoignage humain face à face. »
Silence.
« Le meilleur et le pire coexistent au fond de chaque être. Tout le monde est susceptible de passer de l’un à l’autre. Je ne jette pas la pierre au couple qui m’avait enfermée dans leur grenier. Je ne suis pas sûre que moi-même, à leur place, j’aurais eu le courage d’accueillir un Juif alors qu’une menace de mort planait sur moi pour cela...
Tout cela, ce n’est pas l’histoire des Juifs, c’est l’histoire du monde. Tout le monde est confronté à des choix un jour. Vous aussi, qui êtes jeunes, vous serez mis devant ces choix. N’oubliez pas, et faites passer le message autour de vous. »
La cloche retentit, on n’a pas vu passer les deux heures.
Silence.
Et la salle éclate en applaudissements.

21:23 Publié dans Histoire, mémoire | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : juif, internement, shoah
samedi, 14 novembre 2009
Fiso en trois actes
L’intrigue : Au cours de l’une des étapes de son tour de France professionnel, une blogueuse qui croque la vie avec gourmandise vient rendre visite à deux ours dans leur tanière.
Acte 1 : La météo n’est pas terrible, et TiNours m’appelle pour me dire que son train est encore en rade. Je vais le chercher au tram. Entretemps Fiso, bataillant avec son GPS, a retrouvé le chemin de Graal-Land. On se retrouve, elle et moi, au clair de lune sur la place devant notre portail « chabada bada, encore une fois bada bada, dabada bada, un homme... une femme... ». Et puis elle me complimente sur mon bouc ! Décidément les avis à ce sujet sont TRES divers et partagés ! Bisous, retrouvailles avec mon mari, et on fonce à trois, faire les courses pour le repas du soir. Plein de bonnes choses. En vrac, et au hasard, des chanterelles fraîches, du rôti de veau pour y découper des grenadins, une sublissime tarte géante aux fruits d’automne qui nous tendait les bras en nous criant « Mangez-moi ! ». On n’a pas eu le cœur de la laisser orpheline...
Ca change, d’avoir une femme à la maison. J’aime bien, et TiNours aussi. Ca apporte une touche exotique au sein de notre foyer ! Elle propose gentiment de nous aider dans les préparatifs culinaires, et j’adore lui répondre « Sois belle et tais-toi ! ». Mais on a tout de même consenti à lui laisser disposer les fruits de mer sur le plateau, et à nous lire à haute voix la recette des grenadins de veau aux girolles pendant qu’on s’activait autour des fourneaux. Le résultat, c’est une soirée toute en douceur, où les bons plats s’enchaînent, avec des vins qui font s’exclamer de bonheur la jolie dame... Trois composantes épicuriennes immortalisées par mon numérique ! Le vin, c’est du rouge du domaine de Faugères, cuvée 2006. Le décolleté de Fiso, toujours aussi irréprochable et affriolant. L’assiette, TiNours m’a fait remarquer en regardant la photo qu’elle ressemble à la présentation d’un kebab, mais ça n’a rien à voir ! Ne confondez pas une vulgaire sauce blanche industrielle avec ma sublime sauce crème au cognac et au poivre vert, ni mes champignons (25 euros le kilo !!!) avec des bouts de viande découpés. Ah mais...
Sur le coup des minuit, Fiso s’enfuit, mais on se bise le sourire aux lèvres et sans désespoir au creux du cœur, parce qu’on sait qu’on va se retrouver le lendemain.
Acte 2 : Il a fait beau toute la journée, et vers les 17h on retrouve Fiso à son hôtel, à une dizaine de kilomètres de la maison. C’est le grand luxe, avec golf, piscine, jardins, et même un spa à l’intérieur ! C’était là qu’elle voulait nous inviter, la coquine. On a donc essayé, en sa compagnie, jacouzi bouillonnant, hammam transpirant (j’ai pas pu tenir plus de dix minutes, ni TiNours ; Fiso, elle a été plus résistante) piscine chauffée, douche, lors d’un petit circuit sympa où l’on évoque nos souvenirs communs en ces lieux divers. TiNours nous décrit des films d’horreur où les gens sont enfermés dans des hammams par des sadiques qui montent la température à fond depuis l’extérieur (ce genre d’idée fait monter la tension et la pression, en plus !). Fiso essaie de prendre des photos, elles sont tout embuées, pas de risque de violation de notre image privée si elle publie ça sur son blog ! Dans le jacouzi je repense à Heather, mon Américaine, avec qui j’avais eu envie de faire l’amour dans le bain bouillonnant de la maison hyper-luxe où je logeais, et ça n’avait pas été possible, parce qu’elle avait ses ragnagnas ce jour-là... Et moi je repartais deux jours après... Elle m’avait cassé mon phantasme de sexe luxueux, de luxe sexuel, façon Dynasty... lol
Le soir, bien détendus par toute cette vapeur, nous nous retrouvons au restau de l’hôtel, avec un pote de boulot à elle. Le courant passe immédiatement. Il est marié à une prof, ça crée des liens ! Et c’est reparti pour un moment agréable où l’on discute de nos professions respectives tout en nous faisant goûter nos plats respectifs... une mention spéciale pour l’avocat en croûte sur sa salade, que nous avons tous essayés (sauf Fiso, mais elle en avait mangé la veille, et nous en avait fait une description extatique... elle avait raison, c’est EXQUIS !).

Acte 3 : Fiso finissait sa semaine de boulot le vendredi après-midi et devait regagner ses brumes parisiennes le soir même. Moi qui ai la chance de finir à 12h30 ce jour-là, j’avais pensé qu’on pourrait glisser encore un petit repas en amoureux, elle et moi. On s’était donc donné rendez-vous là où elle faisait sa formation. Mais, voyez-vous, quand elle m’a dit qu’elle bossait au MaxiCarouf d’Enguières, moi j’avais compris le MégaCarouf de LeBrée. La confusion n’est pas si étonnante, vous savez. Déjà pour moi la différence entre « Maxi » et « Méga », en matière de supermarchés, elle me passe à 100 km au-dessus de la perruque. Ensuite, les communes de LeBrée (où je bosse) et d’Enguières, sont limitrophes. Qui aurait pu imaginer que Fiso et moi ne parlions pas du même Carouf ? Je me suis donc comporté comme un goujat en faisant attendre une demi-heure une jolie dame, qui a quand même fini par commencer à manger sans moi, elle a eu bien raison. Je suis arrivé hors d’haleine et le gérant m’a souri en me disant, avant même que je n’ouvre la bouche « Vous êtes attendu »... OUPSSSS ! J’étais mort de honte mais j’ai été pardonné, enfin j’espère. On a tout de même pu passer une demi-heure ensemble, autour de plats exotiques variés et délicieux, encore une fois. Elle m’a invité, ma Fiso, est-ce que j’ai pensé à lui dire merci ?
Fiso, c’est un oiseau qui s’envole toujours trop vite. Elle se pose, on voudrait lui caresser les ailes, on tend la main, hop, elle a déjà repris son vol.
Fiso, un jour, elle est devenue ma sœur.
La serrer dans ses bras, c’est un privilège rare et précieux. Que j’apprécie à chaque fois. Et je ne suis pas le seul, TiNours en veut sa part.
Jusqu’à la prochaine fois, ma toute belle.

20:47 Publié dans Les blogpotes à Lancelot | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : fiso, restaurant, gastronomie, amitié
jeudi, 12 novembre 2009
Encore des blagapilou !
Vous vous souvenez de Pilou, mon copain qui vit en Belgique depuis sa retraite, et qui m’envoie régulièrement des bêtises désopilantes sur internet ? Ca faisait bien longtemps que je n’en avais plus partagé avec vous. Celles de ce soir m’ont fait bien marrer, et m’évitent de me fendre d’une note. Alors, je vous fais un petit copié-collé, histoire de partager la rigolade. Si vous connaissiez déjà, pour avoir déjà reçu cela via le net, c’est l’occasion de rigoler deux fois !
Acheter des produits laitiers :
1969 :
Tu vas chercher du lait chez le crémier, qui te dit bonjour avec ton bidon en alu, et tu prends du beurre fait avec du lait de vache coupé à la motte. Puis tu demandes une douzaine d'œufs qu'il sort d'un grand compotier en verre. Tu payes avec le sourire de la crémière, et tu sors sous un grand soleil. Le tout a demandé 10 minutes.
2009 :
Tu prends le caddie de merde dont une roue est coincée et qui le fait aller dans tous les sens sauf celui que tu veux, tu passes par la porte qui devrait tourner mais qui est arrêtée par ce que un benêt l'a poussée, puis tu cherche le rayon crémerie où tu te les gèles, pour choisir parmi 12 marques le beurre qui devrait être fait à base de lait de la communauté. Et tu cherches la date limite.
Pour le lait tu dois choisir avec des vitamines, bio, allégé, très allégé, nourrissons, enfants, malades, ou mieux en promo avec la date dessus et la composition.
Pour les œufs tu cherches la date de la ponte, le nom de la société et surtout tu vérifies qu'aucun œuf n'est fêlé ou cassé, et paffe tu te mets plein de jaune sur le pantalon.
Tu fais la queue à la caisse puis la grosse dame devant a pris une promo qui n'a pas de code bars alors tu attends, et tu attends, puis toujours avec ce foutu caddie de merde tu sors pour chercher ton véhicule sous la pluie, tu ne le retrouve pas car tu as oublié le N° de l'allée. Enfin après avoir chargé la voiture, il faut reporter l'engin pourri où là, tu vas t'apercevoir qu'il est impossible de récupérer ton jeton, tu reviens à ta voiture sous la pluie qui a redoublé. Cela fait une heure que tu es parti.
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Faire un voyage en avion.
1969 :
Tu voyages dans un avion d'Air France, on te donne à manger et t'invite à boire ce que tu veux, le tout servi par de belles hôtesses de l'air, et ton siège est tellement large qu'on peut s'asseoir à deux.
2009 :
Tu entres dans l'avion en continuant d'attacher le ceinturon qu'à la douane ils t'ont fait retirer pour passer le contrôle. Tu t'assois sur ton siège, et si tu respires un peu trop fort tu mets un coup de coude à ton voisin, si tu as soif le steward t'apporte la carte et les prix sont ahurissants.
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Michel doit aller dans la forêt après la classe. Il montre son couteau à Jean avec lequel il pense se fabriquer un lance-pierre.
1969 :
Le directeur voit son couteau et lui demande où il l'a acheté pour aller s'en acheter un pareil.
2009 :
L'école ferme, on appelle la gendarmerie, on emmène Michel en préventive. TF1 présente le cas aux informations en direct depuis la porte de l'école.
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Discipline scolaire.
1969 :
Tu fais une bêtise en classe. Le prof t'en colle deux. En arrivant chez toi, ton père t'en recolle deux autres.
2009 :
Tu fais une bêtise. Le prof te demande pardon. Ton père t'achète une moto et va casser la gueule au prof.
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Franck et Marc se disputent. Ils se flanquent quelques coups de poing après la classe.
1969 :
Les autres les encouragent, Marc gagne. Ils se serrent la main et ils sont copains pour toute la vie.
2009 :
L'école ferme. TF1 proclame la violence scolaire, France Soir en fait sa première page et écrit 5 colonnes sur l'affaire.
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Eric casse le pare brise d'une voiture du quartier. Son père sort le ceinturon et lui fait comprendre la vie.
1969 :
Eric fera plus attention la prochaine fois, grandit normalement, fait des études, va à la fac et devient un excellent homme d'affaire.
2009 :
La police arrête le père d'Eric pour maltraitance sur un mineur. Eric rejoint une bande de délinquants. Le psy arrive à convaincre sa sœur que son père abusait d'elle et le fait mettre en prison.
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Jean tombe en pleine course à pied. Il se blesse au genou et pleure. Sa prof Jocelyne le rejoint, le prend dans ses bras pour le réconforter.
1969 :
En deux minutes Jean va beaucoup mieux et continue la course.
2009 :
Jocelyne est accusée de perversion sur mineur et se retrouve au chômage, elle écopera de 3 ans de prison avec sursis. Jean va de thérapie en thérapie pendant 5 ans. Ses parents demandent des dommages et intérêts à l'école pour négligence et à la prof pour traumatisme émotionnel. Ils gagnent les deux procès. La prof, au chômage et endettée, se suicide en se jetant d'en haut d'un immeuble.
Plus tard, Jean succombera à une overdose au fond d'un squat.
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Arrive le 28 octobre.
1969 :
Il ne se passe rien.
2009 :
C'est le jour du changement d'horaire : les gens souffrent d'insomnie et de dépression.
:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
La fin des vacances.
1969 :
Après avoir passé 15 jours de vacances en famille en Bretagne dans la caravane tractée par une 403 Peugeot, les vacances se terminent. Le lendemain tu repars au boulot, frais et dispos.
2009 :
Après 2 semaines aux Seychelles obtenues à peu de frais grâce aux « bons vacances » du Comité d'entreprise, tu rentres fatigué et excédé par 4 heures d'attente à l'aéroport suivies de 12 heures de vol. Au boulot il te faut 1 semaine pour te remettre du décalage horaire.
18:23 Publié dans Lancelot se marre | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : blagues
mardi, 10 novembre 2009
Un monde jamais mur
Et moi, où étais-je, au fait, il y a vingt ans, au moment où se tournait une page honteuse de l’histoire de l’Europe ? J’étais en Amérique, à faire une année d’assistanat en tant que professeur dans un lycée du Kentucky. J’avais assisté à tout cela uniquement par télé interposée. Mais je me souviens que CNN passait tout cela en boucle et en direct non-stop. Sans connaître l’euphorie bien légitime des Européens, les Américains étaient très intéressés, et me questionnaient, m’interviewaient sur mes sentiments. J’avais un peu honte de ne pouvoir leur répondre que « c’est bien, je suis content, notre vieux continent se reconstruit, s’ouvre, et s’unifie ». Que dire ? Je ne connaissais personne en Allemagne, ni à l’est ni à l’ouest, mais je me souviens de ma sœur qui m’avait envoyé une lettre vibrante d’espoir « C’est la fin d’une construction, d’un symbole de la laideur et de l’exclusion ».
Où en sommes-nous vingt ans après ? Comme toujours, l’oiseau n’a été beau que le temps de prendre son essor. Les réalités économiques l’ont vite ramené sur terre. Aujourd’hui, certains Allemands de l’est en sont à regretter leur vie d’ « avant ». Les cérémonies d’hier ont eu lieu sous une pluie battante. Doit-on y voir, là aussi, un symbole ? Le montage en dominos choisi pour commémorer l’évènement hier me paraissait également tristement symbolique. Il s’agit d’un jeu et rien de plus. On glorifie le symbole, mais la réalité n’a pas suivi. Il y a encore loin d’ici à une réelle impulsion de fraternité entre les hommes.
Et, bien sûr, d’autres murs ont pris le relais dans le monde. En Cisjordanie, une barrière (qui à terme devrait s’allonger sur 700 km a été commencée en 2005, dans le but déclaré d'empêcher physiquement toute « intrusion de terroristes palestiniens » en Israël. Et jusqu’ici, les gesticulations des Nations Unies n’ont pas beaucoup contribué à l’arrêt des projets. Les attentats suicides se multiplient.
A la frontière mexicaine, pendant le premier mandat du président Bush, a été érigé un mur visant à stopper les immigrants clandestins. Commencé en 2002, ce mur discontinu a été érigé par les États-Unis pour faire barrage au plus important flux migratoire de l’histoire de l’humanité. Mais son efficacité n’est que relative. Fuyant des conditions de vie effroyables, mus par l’espoir de trouver du travail et de s’intégrer à la société américaine, les migrants sont prêts à affronter une zone infestée de bandits, à être la proie des trafiquants de drogue et même à courir le risque de mourir déshydratés dans le désert, là où il n’y a pas de mur. Côté américain, l’afflux de clandestins a conduit à la création d’une milice privée, les Minutemen, et réveillé les démons xénophobes.
Et il en existe bien d’autres, bien d’autres.
L’euphorie d’hier à Berlin était-elle de mise ? Les commémorations se doivent d’avoir lieu, bien sûr. Et la chute du mur était un miracle à célébrer. Mais ce n’est pas dans la fête et l’hystérie que l’on peut faire oublier le travail immense qui reste à accomplir sur l’entente entre les gouvernements, et le cœur des hommes.
08:53 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : mur de berlin, israel, palestine, usa, mexique
dimanche, 08 novembre 2009
Grand moment de solitude
Séance de correction de copies de terminales générales cet après-midi.
Extrait du texte :
Mother : « Wouldn’t it be a Christian thing to write to your own sister in America and tell her what’s going on ? She loves to hear little things, you know… […] Poor Deirdre is on the other side of the Atlantic ocean.”
Une des questions posées : “Where does Deirdre live ?”
Une des réponses que j’ai récupérées : « Deirdre lives in the Atlantic ocean »
Rassurez-moi : parmi tous ceux et celles qui viennent ici et qui ne parlent pas anglais, y en aurait-il eu UN SEUL pour répondre une connerie pareille ?
Bah, c’est tout ma faute. C’est moi le prof....

21:46 Publié dans Les humeurs de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : boulot, lycée, copies

