mardi, 03 novembre 2009
Métaphores, crottes et lutins
Utiliser des métaphores pour écrire, ça m’arrive quelquefois. Ca peut agacer celui ou celle qui lit, j’en conviens : « Qu’est-ce qu’il nous raconte, encore, là, avec son délire... ? » Mais lorsque je le fais, j’ai deux bonnes raisons. D’abord, c’est un exercice que je trouve amusant. Mais surtout, je n’imposerais pas mon ‘amusement’ personnel aux autres si je n’étais pas obligé parfois de dissimuler certains trucs, alors que je veux en parler tout de même (cruel paradoxe...), et ce afin de dérouter d’éventuels ‘pisteurs’. C’est un peu faire insulte à leur intelligence. Mes bêtises ne sont pas bien compliquées à décrypter quand on en possède la clé et qu’on réfléchit deux minutes. Mais si je veux dissimuler certains faits, je compte toujours sur l’agacement des lecteurs (surtout ceux passant accidentellement par ici) au bout d’un paragraphe. « C’est nul, allez zou, on clique. » S’ils décodent la métaphore eux aussi, c’est qu’ils s’acharneront parce que ça les intéresse, et donc qu’ils sont bienveillants. Une théorie un peu fragile, j’en conviens, mais... bon...
Ce long préambule me sert à jouer encore aujourd’hui à faire marcher la machine à remonter le temps. Prêts ? C’est parti.
Rappelez-vous de ces bonbons dont vous raffoliez quand vous étiez gamins. On en trouvait chez le boulanger, dans les magasins d’alimentation, dans les petits bazars, c’était facile. Il y avait des boules au chocolat remplies de crème blanche mousseuse, des fraises tagada, des petits ours en guimauve, des petits tubes en verre remplis de poudre de réglisse, sans oublier les incontournables carambars. En plus élaboré, il y avait aussi des chocolats fourrés à dix mille parfums différents. Moi j’adorais ceux parfumés à l’alcool, par exemple.
Il m’arrive encore aujourd’hui d’éprouver des envies subites. Terribles, incoercibles, irrésistibles. J’ai envie de tel chocolat. Bien précis. Fourré au Grand Marnier. Ou bien au Cointreau ! Ou un autre ! Glacé au sucre blanc ! Décoré de pépites de noisettes ! Mélangé à de la pâte de framboise ! A chaque fois, mon envie est ciblée sur une catégorie bien précise, que je veux ! Tout de suite ! Je me roule par terre ! Mais dans mon placard, elle n’y est pas, la délicieuse crotte que je recherche. Et pourtant je la veux, je vous dis ! J’en ai mal au ventre, pire qu’un drogué en manque ! Je me souviens de son fondant sur ma langue, de l’explosion de saveurs qui se mélangeaient au creux de mon palais, de l’extase au moment où je déglutissais. Il me LE FAUT, ce chocolat bien précis, et pas un autre.
Alors pourquoi ne pas courir chez le marchand séance tenante ? Ben, pour plusieurs raisons. D’abord les envies, vous savez bien que ça peut prendre à toute heure du jour ou de la nuit. Ensuite, même en allant chez lui à un moment décent, je sais que le chocolatier ne me vendra pas cette crotte-là, au détail. Il me proposera une ballotine, un assortiment tout entier, de chocolats différents. Et ça coûte très cher, et je n’ai pas envie de dépenser une fortune pour une seule petite friandise, tout en sachant qu’une fois que je l’aurai dégustée, je laisserai les autres moisir au fond de la boîte. Enfin, il arrive aussi que le marchand me réponde « Mais, mon pôv’ Monsieur, cette crotte-là, on ne la fabrique plus depuis belle lurette ! Ou alors, il faut vraiment que vous alliez en chercher chez un artisan spécialisé... ». Artisan introuvable évidemment...
Frustration. Horrible frustration.
Heureusement, j’ai ma boîte à lutins magiques. Quand ce style d’envie me tombe dessus, je l’ouvre et je donne un ordre à leur chef : « Aujourd’hui, faut aller me chercher le ‘Diamant au Chocolat Blanc Fourré au Rhum’. » Ils se dispersent dans toutes les directions, mes vaillants petits lutins. Il faut leur donner un peu de temps, et des instructions claires, c’est tout. En général, je les envoie en chasse vers les 20h, et je reviens voir le résultat de leurs recherches sur le coup des minuit. Ils sont super-forts, ils trouvent ce que je veux neuf fois sur dix, et je déguste ma friandise avec délices juste avant d’aller me coucher. L’autre jour, j’avais réclamé ‘Il Praliné’ et ils n’arrivaient pas à trouver, les pauvrets, et moi je les engueulais pour ça. Leur chef s’est avancé courageusement : « Vous devriez peut-être vérifier le nom de votre chocolat préféré, peut-être que vous vous trompez... ? » Illumination ! Brave chef lutin, va, t’as raison, c’est moi qui suis une nouille ! Après vérification, la crotte que j’avais envie de déguster s’appelait « le Pralineur » ! Ils m’ont retrouvé ça en deux temps trois mouvements.
Et, comme c’est mon jour de bonté, je la partage avec vous : mmmmm allez, on laisse fondre et on remonte trente, quarante ans en arrière ! Ce que je pouvais adorer ça quand j’étais gamin ! J’en raffolais littéralement !
Bien sûr, j’en fais aussi profiter mon TiNours. Hier soir avant de nous coucher, il m’a entendu déguster et on s’y est mis à deux, en chantant à tue-tête, sur le chocolat passé en boucle ! Moment de complicité, de joie intense. Qu’est-ce qu’on a rigolé ! Ce que je préfère dans ce chocolat-là, lalalala, c’est le moment où le violon fait tourbillonner les arpèges quand on arrive au fondant du nom, à l’intérieur : « Le Pralinèèèèèèè, le Pralinèèèèèè.... Pour les gourmandes, le Praliné ! ». C’est géant, géant. Voilà, dans la vie, des moments dont je ne peux absolument pas me passer.
Quand je pense qu’on veut me la supprimer, ma boîte à lutins magiques, en lançant à leurs trousses un korrigan nommé La Salopry, j’ai des envies de meurtre. De meurtre.

10:14 Publié dans Les extases de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note

Commentaires
Ah, je crois que j'ai compris cette fois, ouf ! J'ai pratiqué pas mal le genre à un moment donné, d'une façon assez différente de toi. Il y avait des choses dont je voulais parler mais je m'arrangeais pour vraiment maquiller le vrai sujet car il n'était pas question que quiconque le devine. Je voulais juste témoigner de mon état d'esprit. Le soupçonneux Cornus, me disait : c'est encore crypté ! Et aujourd'hui, il voit encore des cryptages là où il n'y en a plus !!
Ecrit par : karagar | mardi, 03 novembre 2009
Ah, les patineurs...
Ecrit par : karagar | mardi, 03 novembre 2009
Une petite contrepêterie pour Karagar ?
Quand le patineur patine gare au coup de patte et à la chute.
Ecrit par : KarregWenn | mardi, 03 novembre 2009
Je la connais par coeur, Mon dieu comme je l'ai chanté et rechanté cette chanson et j'en connais aussi tous les violons :)
Dans la même veine il y avait Mon coeur volcan.
Pour ce qui est des métaphores je suis la plus nulle du oueb sans aucun doute et souvent très souvent je m'y noie !
Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | mercredi, 04 novembre 2009
@ Karagar : Si tu avais expliqué aux critiques que la dernière nouvelle de ton recueil était CRYPTEE et qu'il fallait y lire un viol HETEROSEXUEL, tu leur aurais coupé le sifflet !
"Ah, les patineurs" : ça suffit, petit vicieux..... Ou alors, lance-toi et écris-nous une belle nouvelle dans le cadre d'Holiday on Ice....
@ KarregWenn : Oh my dear ! SHOCKING....
@ Valérie : J'adorais ce mec... toujours aujourd'hui, mais un peu moins, depuis que je sais qu'il est copain avec l'autre greluche..... Ca le fait pas vraiment baisser dans mon estime, mais ça m'attriste... terriblement...
(Oui, je suis intolérant, et j'assume. Sur ce chapitre, j'ADORE me vautrer dans l'intolérance).
Pour la métaphore, je suppose que tu as bien compris celle de cette note ! Elle est pas bien méchante, quand même....
Ecrit par : lancelot | mercredi, 04 novembre 2009
C'est qui la greluche ?
Oui, je sais je ne me tiens pas au courant des trucs importants.
D'ailleurs le type en photo je le connais pas non plus, hu hu uhu...
Il a les joues rouges, il a froid, il devrait changer de taf...
Ecrit par : KarregWenn | mercredi, 04 novembre 2009
@ KarregWenn : Le type en photo, c'est Brian Joubert, un des champions actuels du patinage français. Bien plus sympa que l'infâme C4ndelOro, si tu veux mon avis...
(Surtout qu'il y a eu des rumeurs comme quoi il était homo, et qu'il les a démenties formellement. C'est louche......)
La greluche, mais enfin qui veux-tu que ce soit ? La conne-qui-veut-chanter-avec-son-filet-de-voix et qui a bourré à fond le mou à son nabot-de-mari-à-talonnettes pour faire passer à tout prix la loi Salopry contre les lutins magiques ! J'espère que ma métaphore n'est pas trop alambiquée.... GRRRR....
PS : Je t'ai répondu dans mon vieux grenier ! ;-)
Ecrit par : lancelot | mercredi, 04 novembre 2009
Celle-ci laisse la porte ouverte à de drolatiques interprétations (surtout avec un esprit mal -ou trop bien- placé) :-D
Ecrit par : orpheus | mardi, 10 novembre 2009
@ Orpheus : Et le tien, d'esprit, il est placé où...? Pas LA tout de même...?
Ecrit par : Lancelot | mercredi, 11 novembre 2009
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