vendredi, 17 juillet 2009
Je suis plus là mais j'y suis quand même
....parce que où que l’on soit, on ne l’oublie pas......
07:00 Publié dans Les blogpotes à Lancelot | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bougrenette, anniversaire
jeudi, 16 juillet 2009
Plus fastoche que l’an dernier !
L’été dernier, avant de partir, j’avais imaginé un petit jeu pour faire trouver notre destination de vacances : trois images, qui devaient vous aider à deviner que l’on partait en Egypte. Personne n’avait trouvé, faut dire que j’étais allé chercher loin.
Cette année, je réitère, mais j’ai simplifié. C’est TRES facile !


J’espère que les participants seront nombreux. Bien sûr, ceux qui savent déjà, interdiction de tricher et de communiquer la bonne réponse.
Tout comme l’an dernier, Sandy part avec nous, pour poser sur les clichés divers, et faire rire les touristes.
J’emporte le PC, mais je ne crois pas qu’il y aura de connexion internet là où nous serons. Quoiqu’il en soit, je préparerai des notes (et des photos) pour résumer le voyage, et je les publierai, à notre retour, à partir du 3 août.
Bisous à tous et à toutes. Je pense à vous, vous allez me manquer ! A très bientôt.

00:28 Publié dans Lancelot en vacances | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : vacances, départ, sandy
mardi, 14 juillet 2009
Des feux et des artifices
J’aime les feux d’artifice :
Leur rassurante régularité, associée invariablement pour moi au début de l’été est promesse de souvenirs caniculaires et hors du temps. La promesse, a posteriori, s’est quelquefois révélée fallacieuse et infondée. Mais peu importe la déception du bilan, en septembre. Le plaisir de l’anticipation a toujours été, lui, bien réel.
Ils évoquent toujours pour moi l’image de mon ‘tout premier’ vu à la télé, dans un film ! Je devais avoir 6 ou 7 ans, et c’était « La main au collet » d’Hitchcock. Cary Grant et Grace Kelly s’embrassaient voluptueusement sur un divan, devant la fenêtre ouverte d’un hôtel de la Riviera, pendant qu’au dehors les fusées explosaient en gerbes de couleurs. Une scène ultra-kitch, que je placerais à égalité avec Scarlett et Rhett fuyant l’incendie d’Atlanta, ou la robe de Marilyn se gonflant au-dessus de la grille du métro.
A chaque fois que j’en vois un, j’ai l’impression délicieuse d’assister à un combat aérien entre vaisseaux spatiaux, avec déflagrations et gerbes de feu, sans qu’il n’y ait aucune victime ni aucun danger. Ca explose, ça déflagre, ça éclate, fulmine, pétarade, on en prend plein les yeux et les oreilles, mais ça ne fait jamais de mort ou de blessé (enfin, sauf cas exceptionnel !). J’aime cette association entre l’aspect réel du spectacle et le côté virtuel du péril. On sursaute, on tremble même, mais tout se termine toujours en une salve d’applaudissements. Vus du ciel, tous ces visages souriants et un peu tendus des personnes admirant le spectacle doivent aussi valoir le détour.
Hier soir, Pilou, TiNours et moi sommes allés, exactement comme l’an dernier, assister au son et lumière. La foule était un peu moins dense, peut-être, qu’en 2008. Au retour, on évoquait nos souvenirs respectifs de feux d’artifices (le plus beau que j’aie vu, c’était à Montréal, en 1999, organisé par des artificiers italiens) quand tout à coup j’entends une petite voix sur ma gauche : « Monsieur Lancelot... ? »
C’est Ariane, une élève que j’avais en terminale en option cette année. Elle faisait partie du groupe qui étudiait une œuvre complète avec moi. Absent la semaine dernière, je n’avais pas pu me rendre au lycée au jour J des résultats. Les listes ne sont pas affichées sur les grilles de l’établissement. Je comptais me rabattre sur le journal pour me renseigner, mais cette année, en raison de la loi informatique et liberté, les étudiants ne désirant pas que leur nom apparaisse ont eu la possibilité de mettre leur veto lors de leur inscription. Résultat des courses, je n’ai glané que quelques noms dans la presse, en me doutant bien que la liste était loin d’être complète.
Ariane tombait très bien pour me renseigner. Il n’y a eu que trois échecs dans cette terminale, dont deux élèves que je n’avais pas en option. Quant au troisième, il aurait vraiment eu besoin d’un miracle, vu le travail qu’il avait investi ! Le miracle n’a pas eu lieu.
Ariane m’a dit « J’ai cherché partout votre numéro de téléphone... (hélas, ma grande, je suis sur liste rouge...)... je voulais vous dire qu’à l’oral d’anglais j’ai eu 15, c’était ma meilleure note ! Je tenais absolument à vous remercier ! J’ai appliqué vos conseils à la lettre, et je suis tombée sur une examinatrice très gentille, apparemment ça a payé ! » (grosses bises, sourires, encouragements). Qui plus est, je me faisais beaucoup de soucis pour elle parce qu’Ariane est le type même de l’élève qu’on a peur de voir échouer : consciencieuse, bosseuse, appliquée, mais terriblement limitée, susceptible de faire dix mille bêtises liée à l’étourderie ou au stress, un jour d’examen. Pour finir, son travail aura tout de même été payant.
Malgré tout, Ariane communique très mal en anglais, en faisant de nombreuses fautes. Sa note ne reflète pas son niveau réel. Mais le système du bac tel qu’il est conçu est un artifice en soi. En travaillant, en bachotant, en faisant intégrer aux élèves les trucs et astuces pouvant faire illusion devant un examinateur, on parvient souvent à faire fonctionner l’illusion, le leurre. Les professeurs qui font passer les oraux ne sont pas dupes eux-mêmes. Mais, même si cela peut paraître paradoxal, ils ne sont pas là pour juger l’élève sur ses capacités totales. Ils jugent de sa prestation sur un document, et sa façon de s’en tirer face aux questions qu’on lui posera par la suite, même en élargissant le débat. Ce qui limite, en quelque sorte, les risques, si l’élève se prépare sérieusement.
Chaque année, je me fais complice de ce marché de dupes. J’arrive à faire réussir en examen des élèves qui traînent derrière eux de grosses lacunes accumulées depuis longtemps, parce qu’ils auront maintenu un effort sur quelques mois, rendus prudents et consciencieux par la perspective de l’oral en fin d’année.
Mais... on fait ce qu’on peut, avec les moyens dont on dispose...
Je la quitte en me sentant un peu honteux des remerciements sous lesquels elle m’a noyé.
Et puis, un peu moins honteux après tout...
Et, bon, profondément content tout de même.

21:59 Publié dans Lancelot est ému | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : feu d'artifice, baccalauréat, élève
lundi, 13 juillet 2009
Regards
Hier soir au restaurant, avec Pilou et Alain, descendus depuis la Belgique passer avec nous ce week-end du 14 juillet au soleil.
Plusieurs tables pour quatre en terrasse étaient disponibles, on en a choisi une en angle, près d’un mur de verdure agréable.
Deux autres homos en couple sont arrivés une demi-heure plus tard et se sont assis à l’autre bout de la salle. Apparemment ils connaissaient la patronne, qui leur a fait la bise.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les clients du restau ne se divisaient pas entre homos et hétéros, mais, plus simplement entre les cons et les autres. Je ne sais pas à laquelle des deux catégories j’appartiens personnellement, mais en tout cas hier soir j’ai pu détecter de façon certaine que nos voisins immédiats faisaient partie de la première. Hélas, pour avoir déjà vécu cette situation, je constate qu’ils semblent toujours tristement sortis, peu ou prou, du même moule : elle 40 lui 60, elle pomponnée et bijoutée, lui cigare vissé au bec, chemise à rayures et crâne chauve. Ils nous regardent nous asseoir, ironiques et sûrs d’eux.
Nos voisins de gauche, eux, un couple dans la trentaine, ne nous ont pas jeté un seul coup d’œil, absorbés qu’ils étaient par leur conversation à voix basse, très amoureuse semblait-il.
Paradoxalement, deux mecs ensemble à une table peuvent faire illusion dans le sens où ils se retrouveraient pour du boulot (plus facile à laisser croire à midi que le soir, cependant...). Trois, c’est mieux dans cette optique. Mais quatre signifie qu’il y a de fortes chances pour que deux couples soient formés. En s’asseyant, Pilou, qui avait repéré les regards, m’a bien fait rire en disant, suffisamment fort pour être entendu « Que ce séminaire était long ! ». Il n’était même pas question de chercher à donner le change, bien sûr, mais la plaisanterie était adressée plutôt à nous.
Ce regard. Qui glisse sur nous par intermittences, pour revenir croiser celui du mari, avec les yeux qui se plissent dans un simulacre de ricanement discret et complice. Il revient se poser sur nous, sur moi, mais évite prudemment de croiser mes yeux, prêts à lui envoyer une ‘pistolétade’, comme le faisait Brasse-Bouillon avec Folcoche. Leur conversation, qui s’interrompt pour épier la nôtre. Pour finir, les prunelles se lèvent au ciel, mimique indulgente (« il faut de tout pour faire un monde, tant que ce n’est pas le mien... ») et on reprend les choses importantes là où on les avait laissées en plan au moment de l’arrivée des pédés : les vacances prévues en Espagne, les prochaines améliorations à apporter à la pièce où Madame fait de la peinture, et la maladie du boss de Monsieur.
Ils partent une demi-heure avant nous, non sans nous avoir encore balayés du regard pour asseoir leur certitude d’être dans le vrai. Les miettes des souvenirs ridicules tombent dans l'oubli de leur poubelle perso. Dans une heure, allongée sur son matelas King Size, elle aura les yeux ouverts dans le noir à méditer sa prochaine séance de mise en plis avant l’Espagne, en écoutant son mari, qui ronfle à ses côtés.
08:31 Publié dans Les humeurs de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : restaurant, regards, homosexualité
jeudi, 09 juillet 2009
Houseboy pas desperate du tout
Aujourd’hui marque la fin de ma première « période » de vacances : celles sans TiNours. Période floue entre fin juin et début juillet, où je naviguais entre corrections d’examens, matinées farniente au bord de la piscine, surveillances d’épreuves et réunions, sans préparations, sans élèves. C’est un prélude aux vrais congés, prélude que chaque année, j’aime bien.
Ce soir, TiNours entame officiellement les siennes, de vacances, et on démarre sur les chapeaux de roues, dès demain, avec Pilou et Alain, qui viennent, comme l’an dernier, passer quelques jours avec nous. Il y aura d’autres invités après eux, en août. Défilé de l’été des amis, j’aime cette douceur jour après jour. J’aime recevoir les copains. Cuisiner, quand j’ai le temps, j’adore ça. Parler, échanger, une de mes activités préférées. Et, pour le plus chiant : la vaisselle, la machine s’en charge. Le ménage, baste, on en fera un gros lorsqu’ils seront repartis.
Je comprends très bien qu’une femme au foyer puisse péter les plombs si toute sa vie est occupée à ricocher entre four, évier, planche à repasser et aspirateur (sans oublier les enfants). Mais une cure intense de ces activités, circonscrite sur deux ou trois semaines par an, moi ça me détend merveilleusement de mes copies, réunions, évaluations, oraux et préparations de cours. Je trouve que ça ne ‘prend pas la tête’. Le cerveau n’a pas besoin de réfléchir à ce que les mains fabriquent, elles peuvent fonctionner en mode semi-automatique, pendant qu’on laisse vagabonder notre imagination. Quand je cuisine ou nettoie, j’aime aussi mettre de la musique en toile de fond. Je touille mes plats en rythme, je passe l’aspirateur en samba. Et bien sûr, je chante, à tue-tête. Personne pour m’entendre. Sauf quelquefois Fiso ! Ou, bien sûr, TiNours. Mais tout ça me détend, évacue les mauvais stress, les bouffissures, les lassitudes. Zou, on ouvre la bonde, on laisse tout couler dehors en chantant. Et l’on crée ! Des choses simples et agréables. De la propreté, de l’ordre, du miam-miam
Aujourd’hui, au programme : dégivrage et nettoyage du réfrigérateur, machine de draps à laver et étendre, de la confiture d’abricots à faire parce que Lala nous en avait offert un cageot plein, (j’avais jamais essayé, je me suis lancé au pif) et puis préparation d’un pain de viande et d’un gratin de tomates et aubergines à la mozzarella et au parmesan. Les odeurs de cuisine et les vapeurs d’alcool me font un peu planer, ça a un côté un peu magique, Noël en été. Eh oui, je continue inlassablement à aimer les sensations basiques.. Le petit garçon attentif qui regardait sa mère faire des tartes, mitonner des daubes, il n’en est toujours pas revenu qu’on lui permette de toucher au four, aux couteaux, et de pouvoir réussir des trucs sans se brûler les mains.
Jusqu’à la fin de ma vie, j’aurai les larmes aux yeux en regardant le film ‘Lassie Chien Fidèle’. Aucun rapport ? Si. En-dedans, je suis resté un gamin. Et la mécanique « émerveillement » continue à fonctionner, naïve.

Pendant que mes abricots cuisaient, j’écoutais en boucle Goldman. Je redécouvrais ces paroles, soigneusement étudiées pour faire tilt en chacun de nous. « Ah oui, elle est vraie, celle-là » « En effet, il a raison, là » « Oh, la jolie formule... » Je marche ! (et je chante, évidemment...)
A tous mes loupés, mes ratés, mes vrais soleils
Tous les chemins qui me sont passés à côté
A tous mes bateaux manqués, mes mauvais sommeils
A tous ceux que je n'ai pas été
Aux malentendus, aux mensonges, à nos silences
A tous ces moments que j'avais cru partager
Aux phrases qu'on dit trop vite et sans qu'on les pense
A celles que je n'ai pas osées
A nos actes manqués
Aux années perdues à tenter de ressembler
A tous les murs que je n'aurai pas su briser
A tout c'que j'ai pas vu, tout près, juste à côté
Tout c'que j'aurais mieux fait d'ignorer
Au monde, à ses douleurs qui ne me touchent plus
Aux notes, aux solos que je n'ai pas inventés
Tous ces mots que d' autres ont fait rimer qui me tuent
Comme autant d'enfants jamais portés
A nos actes manqués
Aux amours échouées de s’être trop aimées
Visages et dentelles croisés juste frôlés
Aux trahisons que je n'ai pas vraiment regrettées
Aux vivants qu'il aurait fallu tuer
A tout ce qui nous arrive enfin, mais trop tard
A tous les masques qu’il aura fallu porter
A nos faiblesses, à nos oublis, nos désespoirs
Aux peurs impossibles à échanger
A nos actes manqués
Bah, au moins, je crois que je n’aurai pas manqué mes confitures : elles sentaient super-bon et on s’est régalés à lécher le fond des marmites après en avoir rempli les pots.

19:57 Publié dans Lancelot se marre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : cuisine, ménage, goldman, chanson
mercredi, 08 juillet 2009
La 168° note, en rez-de-chaussée, un 8 juillet
Si quelqu’un à la recherche d’un logement vous dit : « J’ai trouvé un appartement au rez-de-chaussée », que comprenez-vous ?
Pour moi, il y a deux possibilités : ou bien la personne parle de l’immeuble ou nous nous trouvons au moment de la conversation. Ou bien, elle m’avait parlé précédemment d’un autre bâtiment bien précis, et je sais que c’est dans cette construction-là qu’elle va habiter.
Je sens que vous êtes en train de fixer votre écran en vous disant « Oui et après ? Il a fumé la moquette, le Lancelot, à nous enfoncer ainsi des portes ouvertes, dans son appartement trucmuche... ? »
En fait, la question que je me pose (le sort du monde n’en dépend pas vraiment, j’en conviens, mais enfin c’est une histoire qui me turlupine depuis longtemps), c’est : quelqu’un parlant d’un appartement X dans un endroit Y, pas encore connus de son interlocuteur, ne dirait-il pas : « J’ai trouvé un appartement en rez-de-chaussée » ? ou, encore mieux : « un appartement situé en rez-de- chaussée » ?
Pour moi, « un appartement au rez-de-chaussée » ne peut que signifier que le rez-de-chaussée en question est forcément connu. Soit parce qu’on se trouve dans le bâtiment concerné, soit parce qu’on sait déjà de quel édifice il s’agit.
Il y a quelques mois, ce problème avait fait couler beaucoup de salive dans mon cours de version en 1° année de lettres modernes. Les étudiants, et moi, n’étions pas d’accord sur ce petit détail linguistique, pour la traduction de « groundfloor flat ». Aujourd’hui, je n’ai toujours pas trouvé la réponse définitive. Je me demande s’il en existe une. Je n’arrive pas à m’extirper de l’impression tenace que, non, on n’a pas le droit de rentrer chez soi et de dire tout de go à sa femme : « Enfin ! J’ai trouvé à louer un appartement au rez-de-chaussée ! » si l’on parle en général, d’un bâtiment quelconque, dont l'autre ne sait rien. Ca me gêne. Qu’en pensez-vous ?
C’est cette question très relativement fondamentale qui m’aura permis d’écrire la 168° note sur mon « Boat on the Ocean » en ce 8 juillet. Il fallait y parvenir, à ce nombre-là, à cette date-là. Et ce n’est pas un hasard. Le 9, ça aurait été trop tard. Moins de notes, ça ne pouvait pas le faire.
Défi idiot, que je tenais à relever. Ca plane au ras des pâquerettes. Ou en rez-de-chaussée, justement. Comme vous préférez.
Qu’on me comprenne et me pardonne.

17:50 Publié dans Lancelot fait son sérieux | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : défi, linguistique, rez-de-chaussée
mardi, 07 juillet 2009
Gicleur, toaster, sueur et dépanneur
Il y a des jours, comme ça.....
Où l’on se lève de très bonne humeur, après une excellente nuit, mais visiblement Saturne en Pluton, ou Lune en Uranus font planer une conjoncture négative sur votre maison, sur votre vie.
Ce matin je pénètre sous la douche, je me mouille, je savonne du haut en bas mon beau corps sculptural. Et au moment de me rincer, paf, tout m’explose dans la gueule : jet d’eau, douchette, tuyau, tout....
Après avoir éteint le robinet, je constate qu’il n’y a rien de grave, heureusement : simplement la vis servant à raccorder le tuyau au robinet a craqué. Il faut racheter un raccord, bon.
J’en ai été réduit à me rincer dans la baignoire, en mettant du savon partout lors de mon déplacement entre la susdite et la cabine de douche. Bah, pas grave. Ca s’essuie.
Après ça j’arrive dans la cuisine et je veux faire griller mon toast matinal et quotidien. Clac, clac, clic, la tartine ne tient pas dans le grille pain. J’insiste : « Qu’est-ce qu’il a encore, c’te merde de grille pain ? » J’examine de plus près : victoire ! La résistance est pétée ! Et vas-y qu’il va falloir changer aussi de toaster ! Bon d’accord il avait cinq ans, bientôt six, mais tout de même.... Voilà le style d’inconvénient dont on se passerait bien quand on émerge de sa nuit...
Donc, une fois mon TiNours parti au boulot, je me dirige vers le supermarché pour acheter, outre quelques victuailles pour notre vespéral repas, le raccord de douche et un grille pain tout neuf.
L’hiver a un avantage : les gens sont en manteau. En revanche, en été, et TOUT PARTICULIEREMENT dans les supermarchés, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand certaines personnes passent, c’est l’horreur au niveau ODEURS.
Ca embourraque ! Tiens, un autre terme d’argot marseillais, je laisse vos narines imaginer où s’en situe le sens....
Certaines personnes transpirent beaucoup, pour des raisons variées : efforts, stress, chaleur, ou les trois combinés. On ne peut vraiment le leur reprocher, c’est naturel. D’ailleurs la sueur, au moment où elle « exsude » n’a pas une odeur désagréable.
Non, mais ensuite elle a tendance à fermenter. C’est LA que les ennuis commencent.
Alors il y a les gens qui : 1) ont transpiré. Beaucoup.
2) ont laissé tranquillement ça sécher sur eux, sans se laver.
3) ont re-sué par-dessus....
Ca donne de ces fragrances aromatiques.... incroyables. Fleur d’anus, de Jean Peste ! Les sujets concernés peuvent être d’âge et de sexe très variable : du jeune mec de 20 ans à la mamie de 70, en passant par le gros ventru de 50... A chaque fois, on leur donnerait le Bon Dieu sans confession, ils n’ont pas l’air particulièrement sales sur eux, et puis, une fois qu’ils vous ont dépassé de trois pas, on a l’impression d’être précipité au fond du containeur poubelle d’un HLM un dimanche soir...
Bon. Je me pince le nez, je me détourne et je passe à la caisse, en évitant soigneusement de me retrouver derrière le ou la « Puantor » en question.
Je rentre à la maison, j’installe le nouveau tuyau de douche, j’essaie le nouveau grille-pain. Tout fonctionne. En avons-nous fini avec les emmerdes... ? NAN.
Ce soir nous avons sorti le réfrigérateur du garage pour le dégivrer, et là TiNours vient de venir me voir avec sa tête des mauvais jours : « Je ne voudrais pas te casser le moral mais... »
A chaque fois qu’il démarre ainsi, je me recroqueville : « Quoi, quoi, QUOI ???? »
Eh bien, le fameux tuyau d’eau chaude, qui nous a déjà fait tant de misères en craquant deux fois, recommence à fuir. Si, si, rappelez-vous, j’en parlais ici. Il fuit, doucement mais sûrement. Imperturbablement, insensible à mes larmes et mes imprécations façon Sarah Bernhardt dans ‘Phèdre’. On a l’habitude maintenant : c’est toujours prélude aux chutes du Niagara, dans les jours qui suivent, si on ne s’en occupe pas très vite.
J’ai rappelé le plombier qui nous avait fait la réparation. Je suis tombé sur son répondeur. Nous allons avoir des invités, et ensuite nous partirons en vacances. Faut espérer que ce sera réparé avant.... La suite au prochain numéro....
19:38 Publié dans Emmerdes au quotidien | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : douche, tuyau, transpiration, grille-pain
lundi, 06 juillet 2009
Fuck les classements
Je hais les listes, je hais les classements de valeur.
Je déteste la compétition.
Effort, sport, transpiration, concentration, application, oui. J’aime bien ces termes-là et ce qu’ils recouvrent.
Mais j’abhorre toute idée de hiérarchie de résultats et de valeurs.
Ce n’est pas tellement paradoxal par rapport à mon boulot. L’évaluation est nécessaire, dans tout système visant à progresser vers un but donné. Une note sur 10, sur 20, est simplement le reflet d’un travail, d’une production X à un instant Y. Il faut bien savoir si ce que l’on a fait, écrit, réalisé est bon ou pas. Mais j’ai toujours exclu de classer des copies, des moyennes, par résultat, ascendant, ou descendant, peu importe. Je refuse toujours de répondre à la question « Qui a eu la meilleure note ? » parce qu’elle implique une échelle de valeurs qui me répugne.
Les classements sont indispensables dans les concours comportant un numerus clausus, forcément. Cependant, les fois où j’ai été moi-même candidat, au PCEM1, au capes, à l’agreg, je n’ai jamais été de ceux qui allaient ensuite voir, lors de l’affichage, qui était devant et qui était derrière moi. Affichage, fichage. Je t’en fiche. Je pense que chacun ne peut être réduit à un numéro dans une liste. Qu’ensuite, comble de la névrose, on range dans des groupes. Le groupe des « excellents », avant celui des « très bons », qui lui-même est au-dessus de celui des « moyens », avant la cohorte miteuse des « passables ». Le système des mentions au bac m’a toujours déplu. Je me suis toujours dit, que, tant qu’à établir une distinction, la moyenne générale chiffrée, mentionnée sur le diplôme, serait beaucoup plus objective qu’un mot, sec et bête, pour définir la prestation d’un candidat.
Le principe même des JO, parmi tant d’autres compétitions sportives, m’énerve. Trois marches, trois médailles. « La France a battu l’URSS » « Belle moisson d’or pour les USA » « La Chine aura raté de peu le podium cette année ». Le côté artificiel de ces formules, sclérosantes au possible, m’est insupportable. Tel sportif « a beaucoup déçu ». Tel autre, dont on ne parlait absolument pas avant, est propulsé au firmament par une médaille d’or, et devient un « jeune espoir » : gros brouhaha médiatique pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’il, ou elle, retombe dans l’oubli, ou, pire, l’indignité. Comme si la gloire d’un pays pouvait, même de façon momentanée et ponctuelle, être portée par les épaules d’une seule personne, d’un seul groupe de sportifs.
Je suis peut-être fait différemment des autres. Mais, qu’on me pardonne ma mentalité de gagne-petit, « jouer pour le plaisir de jouer » est un principe qui me convient parfaitement. La perspective de me faire engueuler à mort lors d’un tournoi de cartes, une partie de pétanque, de baby-foot, un match de volley, parce que je n’ai pas fait la bonne passe, ou pointé correctement, personnellement, ça me décourage avant même d’avoir commencé. J’ai toujours préféré de très loin les efforts que l’on pouvait pratiquer individuellement (aller courir avec pour seul arbitre une montre en poche, s’entraîner à réussir un plongeon parfait en piscine). Ou bien, mais c’est rarissime, savoir avec certitude au préalable que les partenaires du jeu d’équipe ne sont là avec moi que pour s’entraider, rire et, jouer, en un mot. Que, bien sûr, la victoire est agréable à atteindre, mais uniquement comme conclusion possible d’un bon moment. Absolument pas comme un enjeu dont dépend notre honneur, notre vie.
Encore plus grave et humiliant : le système de certains MacDos (ET je m’en tiens à l’hexagone) qui affichent le nom et la photo de leurs employés les plus méritants, à savoir les plus rentables et efficaces sur le mois.
Même si l’on peut trouver les termes de « winner » et de « loser » bien ridicules et galvaudés de nos jours, ils déteignent sur notre mentalité sans même que l’on en ait conscience. Les listes, les classements sont loin de se limiter au monde du sport ou même du travail. Les rapports humains en sont affectés aussi. On étiquette, on range, on classifie, en fonction des affinités, des complicités, des connivences. C’est humain, soit. Tant que cela reste enfermé dans notre boite crânienne. A partir du moment où l’on affiche, où l’on hiérarchise, où l’on répertorie ouvertement, la LISTE ne peut qu’être écoeurante. Il ne s’agit pas d’hypocrisie de ma part. Du tout. Un être vaut toujours mieux qu’un nom numéroté, épinglé au milieu d’autres. Classifier quelqu’un, c’est le figer. Or la vie, c’est le mouvement. Une photo, un cliché instantané, ça se regarde 10 secondes, et puis on doit très vite passer à autre chose. Mes amis, les membres de ma famille, mes connaissances, je n’aurais jamais l’idée de les scotcher sur un podium. Bien sûr que j’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout. C’est inévitable. Mais je n’effeuille jamais cette marguerite-là en public. Pour le coup, l’effeuillage est franchement obscène. Il n’a d’intérêt que pour moi. Pourquoi en faire profiter les autres ? Pour les valoriser ? Les glorifier ? Les humilier ?
Je sais que quoi qu’il arrive, je me tiendrai toujours à l’écart de ce genre de système. Même s’il reflète une certaine forme de vérité, cette vérité-là n’est pas la mienne. A la base, je trouve que la mécanique est faussée. Elle tournera donc sans moi.
Et si personne n’y échappe, au système ?
Eh bien, j’aurai essayé. Je reste fidèle à mes propres principes. Quitte à me casser la gueule.
21:18 Publié dans Les humeurs de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : classements, listes, hiérarchie
samedi, 04 juillet 2009
Sans joie et sans larmes
« Je ne sais pas si tu as déjà vu pleurer ton père, mais je te garantis que ça remue drôlement à l’intérieur » m’avait dit un jour une copine, en terminale, pendant un cours de maths que nous n’écoutions pas.
Je n’avais pas embrayé. Je l’avais laissée raconter son histoire à elle.
Oui, j’avais déjà vu pleurer mon père, et, oui, ça m’avait « drôlement remué ». A l’intérieur, à l’extérieur, de partout.
Pourquoi les larmes des mères semblent-elles avoir moins d’importance ? Ou plutôt, marquer moins durablement ? J’avais vu pleurer ma mère un nombre incalculable de fois depuis que j’étais enfant. Je m’étais endurci face à ses larmes à elle. C’est un constat cruel, car, en définitive, c’est bien la personne qui en verse le plus qui est malheureuse, et donc qui aurait le plus besoin qu’on la prenne dans ses bras.
Non.
J’ai été plus impressionné par les larmes de mon père.
La toute première fois où je l’ai vu pleurer, je ne m’y attendais pas, et ça m’a pris par surprise, comme un coup de poing au creux de l’estomac.
Ma sœur aînée, Ann, dont j’avais déjà parlé ici, avait connu bien des errements, s’était fourvoyée dans de nombreuses voies sans issue. La famille avait mis très longtemps, trop longtemps, à comprendre qu’en fait ses délires n’étaient pas simplement le fruit d’une personnalité égoïste et extravagante, mais bien la conséquence d’une maladie. L’époque où elle avait 20 ans, 25 ans, avait été terrible car mes parents, mon autre sœur, mon frère et moi, étions déchirés par cette souffrance incroyable qu’elle nous infligeait, sans parvenir à comprendre comment, pourquoi elle n’avait pas de limites, elle ne cessait jamais d’en rajouter dans les tourments.
A 21 ans, elle avait intégré une secte religieuse. Elle avait été aperçue faisant la manche pour eux, pieds nus dans une rue d'Aix. Mon père, mon oncle, étaient allés la chercher dans la Drôme. Elle avait accepté de revenir, quelques jours, parce que ma mère était malade. De chagrin, d’angoisse, d’inquiétude. Quand j’avais revu Ann, j’avais été effrayé par son changement. Non pas physique, mais mental. Elle arborait une bonne humeur insolente face à nos mines effrayées. Elle avait bien spécifié au préalable qu’elle n’acceptait de rester que pour deux ou trois jours, et à condition de pouvoir continuer à pratiquer ses rites. Le bureau de sa chambre avait été transformé en autel, la maison puait l’encens (j’ai conservé en moi, depuis, une détestation profonde et viscérale de cette odeur-là). Si aux repas la conversation prenait un tour qui ne lui plaisait pas, elle sortait tranquillement pour manger dehors, assise par terre, son assiette à la main.
J’avais onze ans. Une impression de nausée est accrochée de façon indélébile à mes souvenirs de ces quelques journées.. J’avais sans cesse mal au cœur, l’angoisse qu’Ann m’inspirait était physique. Le lendemain de son retour, j’étais entré dans le salon, pour découvrir, affolé, mon père sanglotant et la serrant dans ses bras pour la supplier de ne pas repartir et de rester avec nous. Je ne l’avais jamais vu dans cet état auparavant. J’étais allé me cacher pour vomir, pour évacuer le stress ignoble qui clapotait en moi.
Bien sûr, ma sœur n’a tenu compte ni des larmes de mon père, ni de l’angoisse de ma mère, clouée au lit. Elle était repartie au bout de trois jours, en leur conseillant des séances de méditation. Mais si nous souffrions tous autant par sa faute, c’est parce que, là aussi, nous ne nous étions pas suffisamment endurcis. Les épreuves que Ann imposait étaient encore trop nouvelles, trop fraiches pour que nous ayons du recul et puissions hausser les épaules. Bien évidemment, la lubie de la secte religieuse n’a tenu que quelques mois, le temps qu’elle s’en lasse et trouve un autre exutoire à son délire. Il nous manquait quelques années pour nous habituer et survoler tout ça de plus haut, et surtout pour nous rendre compte que ce dont elle avait besoin, ce n’était ni de conseils ni de supplications, mais de soins médicaux. Intenses.
Quatre ans auparavant, lorsqu’elle avait passé le bac, elle avait été reçue avec mention bien. Mon père l’avait accompagnée voir les résultats à Aix. Un autre de mes oncles était présent. Il nous avait raconté plus tard, en aparté, à mon autre sœur et à moi-même, que devant la joie d’Ann, mon père avait pleuré. Son premier enfant décrochait le bac, brillamment. Emotion normale, et justifiée. Connaissant le caractère fier de mon père, mon oncle nous avait recommandé de garder ça pour nous. Je n’en avais plus reparlé, mais je n’avais jamais oublié. Une image que je repassais quelquefois en boucle dans mon imaginaire personnel de petit garçon. Mon père, pleurant de fierté pour la réussite au bac de sa fille aînée.
Seize ans plus tard, je me souviens de mes angoisses personnelles lors de mon CAPES. Les examens m’ont toujours fichu une trouille bleue, je n’ai commencé à m’améliorer et prendre du recul face à tout ça que quelques années plus tard, sans doute sous l’influence bienveillante de mon TiNours. Mais nous n’en étions pas là. Les résultats devaient être publiés sur minitel. Je m’étais connecté cinq fois, dix fois, ce matin-là, le serveur ne marchait pas. Je tournais en rond en lançant des imprécations à tout va quand tout à coup le téléphone avait sonné : une copine qui avait eu la bonne idée (et lle courage) de faire le voyage jusqu’à Montpellier, centre d’examen cette année-là, avait vu affichée la liste des reçus. J’y figurais, ainsi qu’elle, et d’autres amis avec qui j’avais révisé pendant un an. Après avoir explosé de joie et lui avoir crié dix fois que je l’aimais, que je la remerciais, que j’étais amoureux d’elle à tout jamais, je m’étais mis à faire des cabrioles dans toute la maison. Ma mère, assise, me regardait en rigolant et me disait de me calmer, de ne pas me mettre dans des états pareils. Mon père n’était pas là, parti acheter du pain. Quand je l’avais entendu revenir, je m’étais précipité sur lui, dans le garage : « Papa, je l’ai eu, je l’ai eu !!! »
« Eh ben, c’est bien. »
J’étais remonté dans la maison, mon enthousiasme un peu refroidi, mais la perspective de mon avenir qui s’ouvrait attisait les braises de mon excitation, de façon délicieusement absurde. Je n’aurais plus à craindre le chômage, je n’aurais plus à douter de ce dont j’étais capable, je ne dépendrais plus des autres financièrement, j’allais être libre, LIBRE. Tout ça peut paraître exagéré, mais mes échecs en médecine avaient fait germer en moi un doute affreux sur mes capacités à m’assumer seul. Ce jour-là marquait la mort définitive de cette mauvaise graine. Mes parents observaient mon allégresse d’un œil un peu ahuri. Je les ai regardés et leur ai dit en riant : « Je suis sauvé ! »
« Voilà, maintenant, nous pouvons mourir » m’a répondu mon père, très pince sans rire.
J’ai tourné le dos et je suis allé brasser seul mes réflexions.
Voulait-il faire de l’humour pour me faire comprendre que mon exaltation dépassait la mesure ? Etait-il sérieux et sous-entendait-il que comme j’étais le quatrième et dernier enfant, et que j’étais, en quelque sorte, casé, leur rôle à eux était terminé, et que ma joie coïncidait un peu avec un petit décès, celui de leur aide en tant que parents ? Est-ce que j’aurais dû être davantage sensible à ce que eux pouvaient bien éprouver comme tristesse de la fin d’une époque, ce jour-là ? Je n’ai jamais su.
Il n’empêche : même si ce sentiment n’est pas très noble, mon père m’a causé ce jour-là une douleur que je n’ai jamais oubliée. Pardonnée, oui. Mise sur le compte de la maladresse. Mais pas oubliée.
A seize ans d’écart. Les larmes de joie pour le bac de sa fille aînée. Le semi-reproche un peu ironique pour le capes de son dernier fils.
On s’endurcit, on se blase, face aux joies tout comme face aux douleurs. Je sais que ce jour-là, il était content pour moi. Mais il ne l’a pas manifesté. Il n’a pas simulé une allégresse qu’il ne ressentait pas. Même si moi, j’aurais voulu qu’il fasse semblant. Parce que ce jour des résultats de mon concours, devant lui, il n’y en a eu qu’un dans ma vie. Et ce jour-là, lui a raté le train. On ne pourra pas revenir en arrière, et le souvenir restera à jamais tel quel, pour moi : une joie immense, qui a été ternie, refroidie, douchée.
Suis-je jaloux de ma sœur ? Non, même rétrospectivement. Je me souviens aussi de la journée de son bac, comme nous étions tous, anxieux avant ses résultats, heureux ensuite. Je suis fier que mon père ait su manifester sa joie à lui par des larmes.
Mais la source s’est tarie entretemps. Ann a trop tiré l’eau du puits. Lorsque, plusieurs années après, mon autre sœur, puis mon frère et enfin moi sommes repassés par la même route, elle était desséchée.
Je suis content de n’avoir jamais fait pleurer mon père de chagrin. Je n’aurais pas la prétention de regretter qu’il n’ait pas pleuré de joie pour moi.
Mais j’aurais juste, juste voulu que ce jour-là il me serre en me disant « Je suis heureux pour toi, fils, la vie s’ouvre devant toi, fonce ! »
Bon, ces paroles-là ne sont pas sorties.
Mais, après tout, il a été à la hauteur, en actes, à bien d’autres occasions.
18:00 Publié dans Machine à remonter le temps | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : père, mère, soeur, capes, bac, famille
vendredi, 03 juillet 2009
Weak in the presence of beauty
Un de nos deux volets électriques à l’étage est coincé depuis dix jours. J’appelle lundi l’entreprise qui s’est occupée de les poser.
Le réceptionniste : « Le technicien est surbooké en ce moment, il vous rappelle demain pour vous fixer un r-v »
Moi : « Euh oui mais vers quelle heure ? Je travaille et ne serai pas forcément là. »
Le réceptionniste : « Je ne peux pas vous dire »
Mardi soir :
Moi : « Euh, je n’ai eu aucun appel ? »
Le réceptionniste : « Euh oui mais il était en déplacement, il vous rappelle demain sans faute, excusez-nous. »
Mercredi, aucun appel.
Jeudi :
Moi : « Bon ça commence à bien faire, je fais comment pour avoir un rendez-vous ? Et SVP ne me répondez pas : ‘Je ne peux pas vous dire’ ! »
La fille à la réception (ils avaient changé entretemps, et celle là avait l’air un peu plus efficace) : « Attendez je vous passe Monsieur Glandru, le technicien, directement sur son portable »
Le technicien : « Ah, euh, oui, euh, en ce moment je suis très pris » (à sa voix j’avais plutôt l’impression qu’il se réveillait d’une grosse sieste, mais bon...) « ...alors je peux vous proposer de venir lundi »
(Ca tombait mal, c’était justement la journée où j’étais occupé matin et après-midi.)
Moi : « Et mardi, plutôt, ce serait envisageable... ? »
Lui : « Oui, mais entre midi et deux uniquement »
Moi : « Pas de problème, je vous attends dans ce créneau-là. »
Mardi : 12h30. Rien. 13h30. Rien. 14H. Rien.
Je rappelle à 16 h, et il me répond avec sa voix endormie de Tête à Claques : « Ah oui j’avais confondu avec un autre rendez-vous, autant pour moi, je vous présente mes excuses, c’est vraiment de ma faute... »
Moi (réfrénant de toutes mes forces mon énervement parce que j’ai quand même besoin d’eux pour la réparation) : « Bon on fait quoi alors ??? »
Lui : « Je peux vous proposer demain, l’heure qui vous arrange »
Moi : « Eh bien, 12h30 mais soyez à l’heure parce que je dois partir à 13h30, je travaille l’après midi. »
Mercredi : 12h30. Rien. 12h40. Rien. A 12h45 j’appelle le bureau mais il est fermé, pause déjeuner oblige. A 12h50 la sonnette retentit. Je marche vers le portail, tel le général Patton : « Putain qu’est-ce que je vais lui passer à ce CON, il va m’entendre, il... »
Le portail s’ouvre, et ma colère tombe d’un seul coup. Je me retrouve face à un jeune homme brun de 25 ans en short et tee-shirt. Bronzé. Les yeux dorés. Des muscles de partout.
Moi (bégayant) « Euh, mais... euh, vous êtes le, euh, technicien pour le volet roulant... ? »
Lui (un peu interloqué, sourire à fossettes) : « Oui, c’est Monsieur Glandru qui m’envoie, pour vérifier ce qui ne va pas... »
Moi (voix douce) : « Vous avez eu du mal pour trouver, peut-être ? »
Lui : « Oui effectivement votre rue n’est pas mentionnée dans le GPS »
Alors on est montés à l’étage, et pendant une demi-heure il a tâté, manipulé, caressé... le volet, pendant que je me tenais derrière lui, prêt à l’aider s’il fallait lui passer un tournevis, ou autre chose... La bouche sèche, je détaillais son dos musculeux moulé dans le tee-shirt, et ses fesses rondes et dures, avec des pensées qui m’auraient fait exclure immédiatement de la Croix-Rouge. Hélas il a fait son diagnostic en 15 minutes chrono, et j’ai eu beau lui proposer de prendre un café à la fin, il a décliné avec un sourire éblouissant (fossettes sur les joues, rangée impeccable de dents blanches) en m’expliquant qu’il n’avait même pas déjeuné, et qu’il devait rentrer chez lui parce qu’il avait faim (mais pas de moi, hélas).
Tant pis : pour le Fun(tasme) je vais vous la réécrire façon Gérard de Villiers :
SAS fait réparer ses volets roulants :
Après le devis, Lancelot fit le fit étendre sur son propre lit
« Comme vous êtes gentil », murmura le jeune homme.
Il soupira. Ses pecs doublèrent de volume. Lancelot se sentit au bord de la folie.
« Je vais vous faire couler un bain, cela vous détendra », proposa-t-il d’une voix étranglée.
Le jeune homme le retint par la main. Ses yeux dorés se révulsèrent presque pendant qu’il passait ses deux mains dans la toison recouvrant la poitrine de Lancelot. En même temps, son bassin se soulevait du lit.
« J’aime les hommes comme vous » dit-il.
Il l’attira et glissa une langue soyeuse dans sa bouche mince. Les artères de Lancelot charriaient de la fonte en fusion. Fiévreusement, ses mains parcouraient le corps dur du jeune mec sans rencontrer la moindre résistance. Cette familiarité ne l’étonnait pas outre mesure. Sur la Méditerranée, en ces époques estivales de relâchement des mœurs, le slip était aussi démodé qu’une bottine à lacets. On faisait l’amour comme on buvait des cocktails. Sans inhibition et sans prolongement métaphysique...
Le jeune réparateur se dégagea et murmura « Vous m’aviez promis un bain.. »
Le phantasme du plombier sexy (enfin, bon, du réparateur, mais peu importe), il m’a longtemps fait ricaner parce que je croyais qu’il ne se situait qu’au niveau du phantasme justement. De par le passé, tous les dépanneurs et réparateurs que j’avais rencontrés étaient vieux, moches, et gros. Ca, c’était à l’époque où je vivais seul. Magiquement, après avoir emménagé avec TiNours, je me suis mis à en rencontrer des beaux, jeunes et musclés ! C’est rageant tout de même ! Un exemple entre mille : il y a deux ans, quand la même société de volets roulants m’avait envoyé deux ouvriers pour la pose de minuteurs, ils étaient venus eux aussi en juin. Déjà en les voyant débarquer je m’étais mis à saliver, jusqu’à ce que l’un des deux me dise (re-sourire, re-dents blanches, re-fossettes) : « Il fait horriblement chaud... Ca ne vous dérange pas si on travaille torse nu ? ». J’ai carrément frisé l’apoplexie.
Comme dirait Alison Moyet « I’m weak in the presence of beauty... »
Oui, mais ! Pas si ‘weak’ que ça, hein !! Ne pas perdre de vue les objectifs initiaux ! Il faut qu’ils nous réparent ça dare-dare ! C’est bien beau d’être mimi, musclé, et d’avoir la fesse ronde et dure, mais... rendement, rendement ! Si cet idiot de Monsieur Glandru s’imagine qu’il va m’avoir au sentiment avec ses ouvriers made in Chippendale, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coccyx...
19:04 Publié dans Les extases de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : réparateur, dépannage, bomec
