vendredi, 26 juin 2009

Drôle de larme...

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Au moment où  toutes les radios et les stations télé repassent en boucle ‘Thriller’, ‘Billie Jean’ et compagnie, je voudrais rappeler que Michael Jackson n’était pas le seul à mourir hier (si vous voulez rigoler un bon coup, allez lire l’hommage que lui a adressé notre Ministre de la Culture, qui trouve matière à démarrer sur les chapeaux de roues, ici).

 

Dans la tempête médiatique déclenchée par le décès d’un personnage sulfureux qui a marqué la musique des années 80-90, on a un peu oublié Farrah Fawcett.

 

Farrah n’a certes pas révolutionné le monde du cinéma. Elle a connu une carrière assez classique de starlette américaine : remarquée lors de ses années d’université pour sa beauté, elle fut engagée pour des spots publicitaires, apparut dans quelques téléfilms, puis connut une notoriété fulgurante et éphémère en jouant dans la première saison de « Charlie’s Angels » en 1976. Elle a par la suite incarné de nombreux rôles très différents, notamment celui de Beate Klarsferld pourchassant des criminels nazis. Je me souviens aussi avoir été impressionné, quelques semaines après mon arrivée en Amérique, en la voyant à la télévision dans le rôle de l’antipathique Diane Downs. Une sociopathe accusée d’avoir voulu tuer ses trois enfants.  J'ai revu récemment ce 'Small Sacrifices'  de 1989 dans sa version française, où le doublage fait hélas perdre un peu de l’intensité de la composition de l’actrice. Elle y était fascinante et incroyable de perversion dans la folie.

 


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Qu’on le veuille ou pas, son personnage de Jill Monroe dans « Charlie’s Angels » lui est resté (et restera) fatalement accroché à la peau. Talentueuse ou non ? Peu importe au fond. Farrah fait partie, avec cette série, un peu mal vieillie aujourd’hui, des souvenirs télé de nombreux enfants et adolescents. Je n’oublierai jamais cette scène incroyable dans le 12° épisode de la première saison, intitulé « Angels on Wheels » (merci Wiki !), où, pour échapper à des gangsters qui la pourchassaient, elle s’enfuyait en skate-board à travers des rues aux pentes abruptes (San Francisco... ? Los Angeles... ?) lors d’une course vertigineuse. On avait sans cesse l’impression qu’elle allait se fracasser contre une voiture ou un mur, or elle semblait se jouer de tous les obstacles sur sa planche à roulettes. Je n’avais vu cette scène qu’une seule fois, à douze ans. Surréaliste, improbable, mais inoubliable.

 

Même physiquement, Farrah était bien davantage qu’une bimbo à la longue chevelure blonde ébouriffée et au décolleté entr’ouvert. Il y avait dans son visage, son regard, une profondeur, une tristesse douce qui marquaient durablement. Elle semblait sans cesse dire « Bon oui c’est sympa d’être belle, mais si on parlait d’autre chose maintenant ? »

 

Le cancer a eu raison d’elle hier, à l’âge de 62 ans. Un petit morceau de plus dans notre enfance, nos souvenirs d’émerveillements naïfs, qui se détache et disparaît.

 

Mais le skateboard continuera à glisser, indestructible et immortel, dans mon souvenir.

 

Commentaires

Il faut dire que le premier ne faisait pas partie de mon panthéon, même si je reconnais en lui un vrai talent. Rien qui ne mérite néanmoins le fanatisme de ses admirateurs. Cela me rappelle la mort du dernier pape, c'est pratiquement du même ordre. Autre scandale : les médias publics, particulièrement la télévision qui succombe une fois encore à cette mascarade scandaleuse. Je changerai d'avis quand on consacrera le même temps à la mort d'un couvreur ou d'un maçon.

Ecrit par : Cornus | vendredi, 26 juin 2009

Les commentaires médiatiques qui ont accompagné la mort de M. Jackson ont été, pour certains, drolatiques. La pauvre Farrah est, du coup, complètement passée à la trappe. Quant aux médias, ils sont consternants, comme d'habitude.

Ecrit par : christophe | samedi, 27 juin 2009

@ Cornus et Christophe : j'avais envie de faire une note entière consacrée à ces dérapages médiatiques, justement, mais je me suis dit que ce serait aller dans leur sens. Rien ne m'horripile davantage que tous ces hommages exagérés, pompeux et hypocrites. Il y a un an, deux ans, tout le monde ricanait sur les déboires de Michael Jackson, suite à ses errements sexuels, imaginaires ou pas. Aujourd'hui il est encensé comme s'il était l'inventeur de la musique du XX° siècle. Je suis comme toi, Cornus : je n'ai rien ni contre lui, ni pour, mais tout ça est ridicule.

Quand la France a gagné le Mundial en 98, les Marseillais ont fait peindre un portait de Zidane en grand sur un mur. J'avais ricané, on m'avait rétorqué que j'étais mauvais coucheur. Quatre ans après, lors de la 'débacle footballistique' du Mundial 2002, des pétitions s'étaient créées pour FAIRE OTER le portrait. Ecoeurant. Révoltant. Dans un sens comme dans l'autre. Dans la même foulée, on adore démesurément un jour, et on exècre à la folie le lendemain.

En 1995, Léon Zitrone est mort. Déferlement de larmes à l'antenne, à tel point que j'ai cru qu'on allait déclarer une journée de deuil national. Un an après, Hervé Bazin, écrivain de talent, est décédé dans l'indifférence la plus totale. Ca s'est reproduit pour beaucoup d'autres auteurs connus d'ailleurs. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il faut faire un hommage à chaque fois qu'un maçon (ou un inconnu, quel que soit son métier), disparaît. Mais il semble y avoir des degrés dans l'intensité des hommages aux personnes connues. Et, bien évidemment, les journalistes alimentent leur propre ratelier, et rien n'est trop beau pour eux-mêmes...

Je HAIS ce type de société. Fin de mon coup de gueule anti-médias.

Ecrit par : Lancelot | dimanche, 28 juin 2009

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