vendredi, 19 juin 2009

L'impossible bac philo

 Hier, un des beaux premiers sujets marronniers de l’année, dans lequel les médias ont pu planter les dents : le bac philo.

 

La veille au soir : série habituelle des recommandations qui ne servent à rien (bien dormir, ne pas réviser jusqu’à 3h du mat’, ne pas avoir fait d’impasses...)

Le matin même : phrases toutes faites qu’on nous ressort à chaque fois : « C’est parti... Le bac 2009 a démarré.... Les candidats vont plancher.... Cette année le plus jeune candidat... le plus vieux candidat... » assorties, cette fois, d’un matraquage particulièrement intense (et de très mauvais augure, selon moi...) sur l’utilité de la philosophie en tant qu’épreuve. Les auditeurs de plusieurs radios sont même appelés à se prononcer « Etes-vous POUR ou CONTRE le maintien de la philo au bac.... » comme si un referendum populaire pouvait être d’un poids quelconque dans un domaine académique... Après tout, la philo, tout le monde en fait au quotidien, même et surtout aux comptoirs des cafés, pas vrai... Ca ne s’apprend pas, ces choses-là, ça se papote... (« On nous dit pas tout !!! »)

Le soir : commentaires lénifiants de candidats à la sortie de l’épreuve, qu’on a déjà tellement entendus qu’on peut couper le son et les déclamer en play-back « Oh moi j’avais fini en deux heures... » « Je préfère miser sur les maths et l’éco... » « C’est tellement aléatoire la philo... » « J’espérais nature, on a eu culture... » « Je voulais l’être, on est tombés sur le néant... » « Je suis contente, c’est l’inconscient qui est sorti... » et blablabli, et blablabla, avec l’inévitable conclusion paternaliste du journaliste en voix off : « Mais rien n’est encore joué, car les épreuves ne font que commencer ! Laurence, Bertrand et Anne-Sophie vont pouvoir ressortir leurs fiches de révisions dès demain, après une nuit de repos bien méritée ! »

 

Un détail nouveau m’a cependant accroché l’oreille, hier matin. Interview d’un prof de philo sur RMC qui disait que de plus en plus d’élèves ancrent leur argumentation dans la presse people, les séries et la télé réalité. Sans qu’il le dise clairement, le ton de sa voix laissait sous entendre qu’il y avait là une sorte de fatalité contre laquelle il est impossible de lutter, mais qu’il vaudrait mieux accepter et accompagner. Ben oui, de la philo on en fait tous les jours, et toute expérience vécue (surtout dans Gala ou Voici) peut illustrer la théorie philosophique.

 

N’est-ce pas ?

 

« Est-il absurde de désirer l’impossible ? »

 

De tout temps l’homme a aspiré à des choses inaccessibles, comme de gagner au loto ou de marcher sur la Lune. Cela semble faire partie de la nature humaine de vouloir l’impossible. Les Desperate Housewives, elles veulent sans cesse être parfaites, et elles ne parviennent qu’à être désespérées, comme leur nom l’indique. Mais y a-t-il une rationalité à ce désir fou de vouloir sans cesse ce qu’on ne peut atteindre ?

Oui, il est absurde de désirer l'impossible au sens de mauvais calcul, d’illogique, d’irrationnel. Ainsi je sais qu’il est absurde pour moi de souhaiter avoir une bonne note en philo, dans l’éventualité bien improbable où je tomberais sur un correcteur indulgent, car, comme le dit le grand penseur Vox Populi, « les profs, tous des crétins ». Dans ces conditions le 18/20 s’avère être un vœu irrationnel et donc impossible.


 L’impossible, c’est ce qui n’est pas accessible dans le réel ou ce qui est contradictoire en soi.  Dès lors désirer l’impossible c’est la garantie de ne pas obtenir ce qu’on veut. Donc la souffrance sera certaine et on ne peut aspirer à cela en tant qu'être de désir, être sensible. De nombreux Français ont eu une cruelle désillusion après la promesse qui leur avait été faite par un certain Président, de pouvoir « travailler plus pour gagner plus ». Il est en effet ballot de constater deux ans plus tard que pour chaque individu, la somme d’énergie dépensée est égale, voire supérieure, pour un bénéfice bien moindre. Les êtres de désir, êtres sensibles, que sont les Français (en tout cas 53% d’entre eux) ont cruellement souffert d’avoir donné leur voix en pure perte.

 

On ne peut s’investir dans un projet que l’on sait irréalisable. On ne peut désirer l’impossible si on le sait vraiment impossible. Le propre du désir, c'est qu'il se représente son objet comme possible. Reconnaître que la chose est impossible, c'est donc ne pas pouvoir la désirer.  Ainsi par exemple, on ne voit jamais un chien essayer de miauler, ni un chat désirer aboyer. Les animaux ont leur jugeote aussi, voyez-vous. Pourquoi la rationalité serait-elle l’apanage de l’humain seul ? Mais nous nous écartons ici du débat.


Aspirer à l’irréalisable serait donc un comportement irrationnel. Or si l’homme est un être de désir, il est aussi un être de raison, comme ses amis les bêtes.  En conséquence, tout phantasme devrait être circonscrit aux limites du possible ! Médor ne ronronnera, ni Minou ne grognera, pas plus que je n’aurai mon baccalauréat grâce à la philo.

Mais d’autre part, ne serait-il pas déraisonnable de s’en tenir au possible ?

Contrairement à ce que soutient Descartes, célèbre joueur de poker,  qui invite à ne désirer que le possible, on peut considérer que s'en tenir aux désirs du possible est une approche bien médiocre du désir. Réduire le désir à une volonté raisonnable ou aux besoins, ce n’est plus vraiment être dans le désir. Car nous tendons sans cesse vers des accomplissements plus perfectibles et lointains. Ainsi Lolo Ferrari n’était jamais satisfaite de la taille de ses seins, et passait sa vie dans le service de chirurgie mammaire.


Le désir est un « moteur » : ne désirer que le possible, c’est se contenter de ce qui est : le désir est le pouvoir de transformer, de tendre vers une perfection. Chez l’homme, l’utopie est nécessaire, sans elle il n’y a pas de progrès, historique, scientifique et surtout technologique. Aujourd’hui nous ne pourrions disposer des merveilles que sont les micro-ondes si un jour une femme préhistorique n’avait crié « assez ! » devant son cuissot de mammouth carbonisé sur un feu de bois mal entretenu. Aucun humain ne pourrait contacter ses proches sur son portable si Sioux et Apaches n’avaient un jour refusé les contraintes imposées par les signaux de fumée, surtout par temps pourri.


Ne désirer que le possible, c'est être garanti de parvenir à satisfaction et donc arriver vite à bout du désir. Or on peut penser que le plaisir est dans le désir, donc ne désirer que le possible, c'est se condamner à l'ennui, à la souffrance paradoxalement. A vouloir y échapper, on la crée. Parvenues au sommet de leurs carrières, Dalida, Marilyn Monroe, se suicidèrent, car toutes leurs aspirations à des rêves possibles avaient été comblées, et au-delà.

 

Non, il n’est pas absurde, au sens de déraisonnable de désirer l’impossible.


Le sujet présuppose que l’on puisse désirer autre chose que l’impossible. Or l’objet du désir peut être considéré comme étant l’impossible : par exemple obtenir une reconnaissance (en tant que premier ministre français, de nos jours), ou retrouver la plénitude perdue (mythe des couples androgynes séparés, dont les exemples abondent : Sheila et Ringo, Johnnie et Sylvie, Stone et Charden), la quête d’absolu, autant de rêves inaccessibles liés à la quête du bonheur, de la sérénité.  Freud explique qu’on ne l’atteint qu’en tuant sa mère. Pour Platon, c’est en sortant de son trou.

Le sujet présuppose aussi que l’on peut bien cerner la différence entre possible et impossible. Or, le désir peut repousser les limites du possible. « Il faut que tu crois encore plus ce que tu crois, et quand tu commences à croire ce que tu crois, y a personne au monde qui peut te bouger ! » explique Jean-Claude Van Damme.

Il est donc peut être absurde de désirer l’impossible, mais c’est le lot de l’homme déchiré entre désir et raison. Les lofteurs qui ont cédé trop vite au découragement ont perdu. Mais le désir peut être au service de la raison. Loana, à force de s’accrocher à son rêve (et à l’autre que j’ai oublié son nom, dans la piscine) elle a fini par gagner et être adulée par des milliers de gens.

 

 
En conclusion, ce qui serait donc absurde, ce serait donc ne pas désirer l’impossible, car ce serait alors ne plus désirer du tout. Même les stars les plus inaccessibles ne le sont pas vraiment, dans une perspective cosmique. Adriana Carambeu et George Clooney ont encore du souci à se faire pour leurs fesses.

 

 

 

Commentaires

Hu hu hu ! Pipi culotte !
Effet rendu possible par un texte pas si absurde.

Ecrit par : orpheus | vendredi, 19 juin 2009

Pas pipi culotte car serré les féfesses, mais ce fut juste. Tu aurais eu une très bonne note aux Papous.
Maintenant si tu nous fais autant rigoler avec le sujet de maths de série S, alors là...
CHICHE QUE T'ES PAS CAP!

Ecrit par : KarregWenn | vendredi, 19 juin 2009

Pour le préambule, entièrement d'accord, tous ces marroniers sont insupportables. Au moins 50 % des informations télévisuelles n'en sont pas. Parfois, ça me donne des envie de meurtre :-)
Pour le reste, bravo. Complètement épanché de rires. Quels talents !

Ecrit par : Cornus | vendredi, 19 juin 2009

Bon, comme mes prédécesseurs, merci du sourire matinal! Néanmoins il me manque quelques références culturelles pour saisir toute l'ampleur de ton argutie ne connaissant pas tes maîtresses de maison désespérées ! Sinon, concernant les délayages informationnels, sans le vouloir, je décroche, si bien que je ne les entends plus. J'ai un truc inconscient dans le cerveau qui switch off chaque fois que ça ne m'intéresse pas...

Ecrit par : karagar | samedi, 20 juin 2009

switch off... huhuhuhuhu, il est d'un snob ce Karagar !

Ecrit par : KarregWenn | samedi, 20 juin 2009

J'avais récolté un 3 au bac de philo (M. Vidal, notre prof, aimait assez s'écouter digresser mais attendait de nous qu'on revomisse des références historiques plus que l'on réfléchisse par soi-même). Je me suis nettement amélioré à la faculté ^^.
Perso, ça ne m'énerve pas ce marronnier : je pense à ces lycéens pour qui c'est l'actualité, à qui le sujet parle.
Quant à ton argumentaire, je doute que Dalida ou Monroe se soient suicidées parce qu'accablées de voir tous leurs rêves comblés. Comme le dit un jour Orlando : "Si ma sœur avait eu un enfant, elle serait encore de ce monde..."
Sinon, aïe, désolé, je fais partie de ceux qui ne désirent pas l'impossible, mais qui agrandissent pas à pas la champs de ce qui leur devient accessible ;)

Ecrit par : Kab-Aod | samedi, 20 juin 2009

@ Orpheus : Le texte n'est pas absurde, il est impossible. Va vite changer ton slip, petit garçon vilain...

@ KarregWenn : Maths série S, ne rêvons pas ! Je ne relève pas les défis impossibles. Je ne suis pas assez absurde pour ça !
Les Papous, ton 'Jour du Seigneur', j'essaierai de l'écouter la prochaine fois. Merci du tuyau. ;-)

@ Cornus : Merci ! "talentS" au pluriel, je suis très flatté !! ;-)

@ Karagar : TOI ALORS ! Ne pas connaître 'Desperate Housewives' (et la dernière fois, 'The Tudors' !) Toute une éducation à refaire, en matière de séries télé !
Oui, moi aussi, j'essaie de me mettre en mode "SWITCH OFF' mais de façon consciente, alors que bien évidemment, pour que ça fonctionne, il faut que ça se fasse, comme chez toi, de façon inconsciente.
Mais non, KarregWenn, il n'est pas snob. Tu aurais préféré qu'il le dise en breton ...?

@ Kab-Aod : Et tu crois vraiment que ça va leur apporter une merveilleuse bouffée d'oxygène entre deux épreuves, aux lycéens, de voir qu'on interviewe leurs copains pour leur faire débiter des niaiseries...? Moi je crois que c'est plutôt faire insulte à leur intelligence. J'ai déjà parlé de ça avec certains élèves : ils trouvent, eux aussi, ces questions bidons de journalistes démagos, d'un ridicule consommé.

J'ai effectivement mal choisi mon exemple pour Dalida. J'aurais dû utiliser l'argument selon lequel elle aurait tendu vers l'impossible en souhaitant avoir un frère moins "voyant" ("voyant" = "celui qui se voit", et non pas "celui qui fait des prédictions -surtout posthumes" selon Kierkegaard).
Quant à Marilyn, elle désirait un enfant elle aussi. Certes. Mais s'il suffisait de ne pas avoir réussi son voeu de maternité -ou de paternité- pour trouver une raison au suicide, les cimetières devraient tripler leur capacité d'accueil...

N'aie aucune crainte : tu n'as pas à être désolé de ne pas cadrer avec les conclusions de ma "dissertation" (si mon texte peut mériter ce nom !) puisque le sujet, fonctionnant en mode général et non particulier, n'en était pas "Que Kab-Aod désire-t-il ?" Ca sortira peut-être à la prochaine session.

Bise.

Ecrit par : Lancelot | samedi, 20 juin 2009

Désirer, c'est du domaine de la foi, non ? Or, on croit parce que c'est absurde selon Pascal.
Moins on désire moins on souffre. C'est la seule leçon de la vie qu'on ne retient jamais

Ecrit par : Martial | samedi, 20 juin 2009

@ Martial : Très discutable, tout cela.
Il ne faut pas tout rattacher au concept de "foi" sans établir de distinctions...
Lorsque je "désire" quelqu'un sexuellement, la foi (au sens religieux) n'a pas grand-chose à y faire, je pense...
Pascal expliquait la "foi" comme logique dans l'absurde. 'Croire' peut avoir des connotations autres que religieuses (tout comme 'foi' d'ailleurs).
On peut également souffrir de ne plus rien désirer. Mais là, il faudrait analyser la question d'un point de vue, non plus métaphysique, mais psychanalytique.
Bienvenue à toi ici.

Ecrit par : Lancelot | samedi, 20 juin 2009

Tsss tsss : ta réponse à Martial faute en deux points (si je peux me permettre) : Pascal (que tu auras mal lu) avait la foi, tout comme Descartes (leurs écrits sont nets à ce sujet). Et désirer quelqu'un sexuellement, forcément, culturellement, la Foi est impliquée (au même titre qu'on doit respecter ses parents)(ou bien par exemple : "tromper, c'est mal").
Quant à la psychanalyse, elle n'exclue pas l'approche philosophique (d'ailleurs, dans ton billet, tu convoques Freüd). Quand j'étudiais la théologie, la philo (et l'éthique, sa voisine) était au programme !
Pour répondre un peu, le désir inassouvi frustre et donc blesse, à moins qu'on ne sache surmonter un échec. Martial n'a pas tort : la sagesse commence là où le désir de l'impossible s'arrête.

Ecrit par : Kab-Aod | samedi, 20 juin 2009

Oh la la, il est temps que je rentre pour mettre un peu d'ordre là-dedans ! Serions-nous sur la voie d'une nouvelle controverse de Valladolid ?
Bon, entre 2 cartons je réfléchis, et je viens vous transmettre ma conception du désir, de l'impossible, du pied que l'on prend à rêver en dépit du bon sens, de l'individuel et de l'universel...Faut juste que je relise un bout de Spinoza avant. Bon, je rigole. C'est quand même fou cette envie qui nous prend par moment de nous accrocher à du déjà pensé.
Rhooo, je serais pas un peu en train de préparer le sujet du bac 2010 ?

Ecrit par : KarregWenn | samedi, 20 juin 2009

@ Kab-Aod : Bofff... moi je crois que c'est toi qui m'as mal lu (si je peux à mon tour me permettre) :
1) Je n'ai jamais dit que Pascal n'avait pas la foi !! Dire cela, ce serait mal connaître ses écrits, certes !!
2) Le délire sur la Foi, là, excuse, je ne suis plus... (mais je pense quand même, comme Descartes...).
3) Je n'ai jamais dit non plus que la psychanalyse excluait l'approche philosophique ! Simplement qu'entrer dans ce sujet donnerait un débat bien trop vaste à traiter ici.
4) Et bien sûr, toi tu as atteint la sagesse en sachant circonscrire ton désir d'impossible. Quel homme.

@ KarregWenn : Non, pas de Valladolid ce soir. Je suis persuadé que Kab-Aod et Martial ont une âme, en dépit de nos divergences philosophiques. Et éthiques. Surtout.

Ecrit par : Lancelot | dimanche, 21 juin 2009

@ Lancelot : 4) Allons, ce n'est pas postuler au poste de bouddha que de savoir identifier les limites de son propre destin.
3) Rien ne s'étudie que sous un seul angle, nous sommes d'accord.
2) Le délire de la Foi ? Tu as dû mal comprendre l'ironie de mes accolades. Je retournais des arguments, tout bêtement !
1) Merci. Je lis peu mais je lis attentivement ^^

Ecrit par : Kab-Aod | dimanche, 21 juin 2009

Absurde ou pas ...quèque ça change? j'ai longtemps pensé qu'il serait plus "raisonnable" que je désire une blonde à forte poitrine (au fait t'es pas au courant? Marilyn l'aurait été "suicidée" à coup de lavement de barbituriques!! ..z'étaient spéciaux les frères Kennedy!...)... bin rien à faire, j'bavais devant les beaux mecs musclés sur la plage,... désir tout aussi impossible! ouais,je sais, chuis loin d'avoir atteint la sagesse...

(c'était juste pour élever un peu le débat! ;-)) )

Ecrit par : piergil | dimanche, 21 juin 2009

@ Kab-Aod : 0) Fin du compte à rebours. Décollage de la fusée Kab-ollo. Mise en orbite réussie, cette nuit, pendant que les humbles mortels dormaient. :-)

@ Piergil : Donc pour Marilyn, vers où s'oriente votre enquête, mon cher Watson ? La CIA ? Une Jackie jalouse ? Ou bien, comme ça a même été avancé à l'époque, le vice-président Johnson....??

Alors dis-moi, quand tu fréquentais les beaux mecs musclés, elle était cachée profond, la sagesse....? :-)

Décidément ce n'est pas moi non plus qui élèverai le débat. mais peu importe. Continue à venir déconner ici avec tes vannes... Quand tu les 'ouvres', c'est rafraichissant.

Ecrit par : Lancelot | dimanche, 21 juin 2009

Je n'ai pas lu Pascal à part quelques pensées qui n'étaient effectivement pas des violettes.
Je n'ai pas lu Descartes à part ce qui était écrit sous sa statue à Tours (Cogito ergo sum) et pourtant on m'a dit cartésien (ce que je réfute parce qu'à cause de Darwin, j'ai évolué depuis le XVIIe siècle).
Je n'ai pas lu Dieu bien qu'il ait écrit, dit-on, entre autres, les tables de la loi et surtout parce que je n'ai pas besoin de lui ni du Diable.

Plus sérieusement (ah bon ?), je n'ai pas lu les philosophes classiques (ni les autres d'ailleurs) en dehors des textes (tout de même assez courts) qu'on nous faisait ingurgiter pour le bac (scienttifique pour ce qui me concerne, ce qui impliquait que la bouillie restait digeste). Je me suis débrouillé au bac puisque j'ai eu 12. Mais en même temps, je dois dire que je n'ai jamais autant aimé la philo que depuis qu'on ne me demande plus d'en faire. J'apprécie quand de bons pédagogues philosophes en parlent à la radio et bien sûr qu'ils ont une pensée compatible avec la mienne ou qui font réfléchir à bon escient. C'est peut-être idiot de dire ça, mais j'aime bien Albert Jacquard. Et puis comme le suggère KarregWenn, il ne faut pas que se raccrocher au déjà pensé ou au pré-déigéré philosophique car nous sommes tous philosophes. Même moi qui me considère comme pas très cultivé, je crois que je ne suis pas le plus mal placé pour penser. Toutefois personnellement, je n'aurais pas choisi ce sujet « Est-il absurde de désirer l’impossible ? » même si l'impossible s'est produit dans ma vie.

Ecrit par : Cornus | dimanche, 21 juin 2009

@ Cornus : J'ai lu Cornus, il m'a fait sourire, et même au-delà ! Et je suis comme toi, je n'ai besoin ni de Dieu ni du Diable pour organiser ma vie. Un autre point commun. Tu te souviens ? Le premier, c'était nos respectifs 'appétits gargantuesques'... ;-)

"Je n'ai jamais autant apprécé la philo que depuis qu'on ne nous demande plus d'en faire" : évidemment ! Il en est de même des élèves qui découvrent pour la première fois le plaisir de parler une langue vivante hors d'une bête salle de classe, 'en situation' comme on dit. Ou bien, (et on en a déjà parlé sur ton blog) le sport qu'il est bien plus agréable de faire quand rien ne nous y contraint, aller courir ou nager, ou faire de la muscu, seul ou avec des amis.
Enfin, le plaisir de rédiger des petites notes ici, ça n'a rien à voir avec le pensum que constituaient les disserts de franças de l'époque. mais il es vrai que là, ce n'est pas vraiment comparable, de par la forme (on choisit nos sujets) et le fond (les enjeux ne sont pas les mêmes).

Concernant ce sujet de philo : "Est-il absurde de désirer l'impossible?", c'est celui qui est tombé en S cette année. Les candidats avaient le choix entre ça, un texte de Toqueville un peu rasoir sur la démocratie en Amérique, et "Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?". Perso, ça ne m'intéressait pas des masses non plus. Voilà pourquoi j'ai décidé, pour déconner (et sans prétention aucune...) d'essayer de 'traiter' le n°1, à la sauce 'Série télé + télé-réalité + actu people'.

Ton "impossible" à toi, c'était Fromfrom...? Félicitations, mon grand. ;-)

Ecrit par : Lancelot | dimanche, 21 juin 2009

Bah je les ai trouvés pas mal les sujets...

Ecrit par : christophe | dimanche, 21 juin 2009

@ Christophe : Alors, traites-en un dans ton blog ! :-D

Ecrit par : Lancelot | dimanche, 21 juin 2009

Il est évident que nous devons avoir plein de points communs, mais aussi de multiples différences, le tout faisant , je l'espère, toute la richesse de ce que nous pouvons raconter, même si pour ce qui me concerne, ça ne va pas toujours très très loin (mais je m'en moque finalement).
Pour les langues, dont l'anglais, je suis nul (profs pas terribles après le bac, pas assez d'heures, pas assez de pratique après, manque de motivation, absence de réelles occasions...). Ceci dit, j'aimerais vraiment mieux me débrouiller...
Au bac, les sujets ne sont pas libres, c'est dommage mais il est vrai que cela n'est pas trop possible. Je me rappelle que j'avais choisi un sujet relatif à la science. Ce que j'avais écrit était épouvantablement creux, mais j'avais su coller à peu près comme il faut bon nombre de citations que j'avais apprises par coeur, surtout dans le domaine scientifique, ce qui m'avait valu une note acceptable. Cette année encore, j'aurais quand même pris le sujet "Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?", parce que cela me parle plus et parce que j'ai un vécu personnel sur le sujet, même si à mon avis cela peut aussi s'avérer casse gueule.

Mon "impossible" était en réalité l'amour dont j'ai longtemps cru qu'il se détournerait de moi à jamais. J'ai eu l'occasion d'en parler sur mon blog, parfois de façon cryptée, parfois de façon un peu plus explicite. Il m'a fallu abattre bien des murs que j'avais moi-même bâti pour trouver un chemin assez peu conventionnel vers l'amour. L'amour de ma chère Fromfrom qui n'était pas forcément évidente au départ pour plein de raisons (ce que j'avais connu avant, notre éloignement...). Mais l'amour a eu raison de tous les obstacles et cela va faire trois ans que nous vivons ensemble pour le meilleur et le meilleur.

Ecrit par : Cornus | dimanche, 21 juin 2009

@ Cornus : Amen. Vous pouvez embrasser la mariée.

(bon, j'imagine que depuis 3 ans, tu ne t'en prives pas....)

A plus, petit homme !

Ecrit par : Lancelot | dimanche, 21 juin 2009

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