mardi, 28 avril 2009
Fan of Diet Coke fun
En 1994 la pub pour Diet Coke crevait le petit écran, en Amérique et en Europe. Les premières paroles de la chanson d’Etta James ‘I just want to make love to you’ sont aujourd’hui indissociables de l’image du beau Lucky Vanous, en ouvrier indifférent qui ôte posément son tee-shirt, tranquille comme un pape, avant de prendre sa pause (sa pose !), sans se douter qu’il est l’objet de regards brûlants et lascifs de toute une nuée de secrétaires aux hormones bouillonnantes, massées aux fenêtres de l’immeuble juste au-dessus du chantier.
Le succès phénoménal du spot n’est bien sûr pas seulement dû au hasard ou à la conjoncture. La publicité était très bien faite. Coca Cola a essayé de redonner dans le même genre par la suite, sans jamais parvenir à la même perfection. Les publicitaires ont essayé après ça un livreur de pizza qui arrive dans un bureau, ou des secrétaires coincées dans un ascenseur : rien n’y a fait. Le filon n’était pas épuisé, mais simplement inimitable.
Bien évidemment, la plastique de l’acteur était alléchante, mélange subtil d’ingrédients détonants : corps superbe et belle gueule virile et blasée. Le phantasme de l’ouvrier de chantier collait parfaitement au choix d’une chanson aux paroles un peu « brutales et vachardes » et à la voix rauque d’Etta James.
Mais, bien sûr, le clou du message réside surtout dans la brochette de secrétaires émoustillées qui laissent tout tomber à 11h30 au beau milieu de leur journée de travail pour se précipiter à la fenêtre. L’absurdité de leur situation ne rejoint que celle du geste de l’ouvrier qui se met torse nu pour boire son Coca : quelle idée ! S’il avait chaud, pourquoi ne s’était-il pas déshabillé avant la pause, justement ? Ca aurait été bien plus logique. Peu importe. Le spectateur accepte sans broncher ces petites incohérences parce que l’ensemble dégage un côté terriblement comique. Les nanas ont les yeux qui brillent et la bouche qui s’ouvre. Plusieurs genres sont représentés : la Femme Mûre, la Jeunette, la Linotte Etourdie, la Cochonne, la Bourge de la Haute, la Marrante... Tous les caractères possibles que l’on peut facilement trouver au sein d’un bureau sont, en quelque sorte, ‘représentés’.
Le summum du comique, bien sûr, ce sont leurs mimiques énamourées sur lesquelles la caméra glisse lentement après le ralenti qu’elle nous a offert sur le strip-tease de l’ouvrier : une telle ôte ses lunettes pour mieux voir, la suivante prend un air scandalisé mais fasciné, la troisième plisse vicieusement l’œil droit, les deux dernières sourient d’un air d’intense satisfaction. Seul dénominateur commun : elles ont toutes envie de ce beau mec, mais se contenteront de le mater, car elles le jugent probablement inaccessible.
Il n’y a aucune vulgarité dans l’ensemble, juste un côté rigolo et bon enfant. La scène pourrait presque être le début d’une comédie américaine à trois balles comme ils en produisent par centaines. La suite du film, bien sûr, serait le début de la compétition : laquelle des secrétaires va pouvoir mettre le grappin sur le bel ouvrier musculeux ? Avec la psychologie à l’eau de rose, les gags éculés et le cortège de mièvreries habituels. Mais le film est coupé juste à temps. Les nanas restent toutes anonymes, simplement personnalisées pendant un quart de seconde par une expression, un battement de sourcils. Et cela suffit parfaitement.
Il est rare que je trouve un spot parfaitement réussi. Ceux qui peuvent prétendre à une bonne note sont ceux qui sont soit beaux, soit très drôles. Ici les deux ingrédients étaient subtilement réunis. Les hommes séduisants, dans les publicités, depuis quelques années, ça foisonne. Rien d’exceptionnel à ça. Mais cette pub Coca Light m’avait plu, et me plait toujours, parce qu’elle éveille en moi un écho. Au début de notre histoire, un de nos jeux préférés, à TiNours et moi, était de loucher sur les beaux mecs, dans la rue ou ailleurs, et de leur mettre une note. Chacun de nous deux avait sa tâche : le regard de TiNours repérait, de très loin, et avec une acuité rare, les 18/20. Cela, j’en ai toujours été incapable, car je suis myope comme un régiment de taupes, et je ne porte pas mes lunettes à l’extérieur. Mes yeux à moi, ils avaient la fonction lubrique. Ils brillaient, pétillaient et virevoltaient à l’approche du 18/20. Et puis, je commentais, à mi-voix, pour que mon mari se torde de rire.
On se sent terriblement ‘copine’ avec ces bonnes femmes qui matent un bogosse, et qui assument, en groupe. Il y a dans leur attitude un « Ahlàlà, que de bonnes choses se perdent... » qui les rend follement sympathiques et comiques. Je suis sûr qu’outre le public féminin, la pub a dû avoir un gros impact sur les homos en général.
Et dire que je ne bois jamais de Coca, ni ‘light’ ni autre. Je déteste ça... !
20:45 Publié dans Les extases de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : diet coke, lucky vanous, publicité
dimanche, 26 avril 2009
De la terreur

Je devais avoir neuf ou dix ans. C’était l’été, je m’en souviens parfaitement. Août, peut-être. Mon père était absent pour quelques jours. Mon frère, je ne sais pas. Bizarre, car il aurait dû être là, mais je n'en ai aucun souvenir. Je ne me rappelle que de la présence de ma mère.
Ce soir-là, c’était les vacances, j’avais le droit de regarder la télé. J’avais feuilleté le programme. Chouette, il y avait un film d’épouvante. J’avais louché vers ma mère : me permettrait-elle... ? De tels scrupules, aussi bien de la part des parents que des enfants, feraient s’esclaffer aujourd’hui. Bah, elle était d’humeur indulgente. Va pour le film d’épouvante. Je m’étais assis devant le poste, tout frissonnant d’anticipation de mon plaisir de gamin qui pouvait enfin accéder à quelque chose d’interdit.
Grave erreur. J’ai connu ce soir-là une des terreurs les plus terribles de toute mon enfance, je pourrais même dire de toute ma vie, et qui m’aura marqué, pendant des mois et des mois. Je n’en avais pas dormi de la nuit. Les semaines suivantes, je n’osais pas l’avouer, parce qu’on se moquait de moi, mais aller me coucher et éteindre la lumière constituait pour moi une épreuve énorme, alors qu’auparavant cela ne m’avait jamais posé problème. Quand le soir tombait, j’appréhendais cet affreux moment où je devrais me retrouver seul, dans le noir. Je luttais contre le sommeil le plus longtemps possible, persuadé que dès que je baisserais ma vigilance, un croquemitaine viendrait pour m’emmener.
Sur ce coup-là, ma mère n’avait franchement pas assuré. J’avais eu droit aux remontrances habituelles « Ca t’apprendra à vouloir voir ce style de programme.. » « On n’a pas idée ! » « Mais enfin c’est pas possible d’avoir peur comme ça pour un simple film... ! » etc etc etc. J’ai peu de certitudes dans la vie, mais j’en ai acquis quelques-unes. L’une de celles-ci, c’est : toujours prendre au sérieux les angoisses d’un enfant, et chercher à les calmer, d’une façon ou d’une autre. Toujours
Enfin bref, comme tous les gamins, je m’en suis remis. Mais il m’a fallu un temps très long. Plusieurs mois. J’ai appris à vivre avec ma peur tout d’abord, à me colleter avec elle. Par la suite, bizarrement, sans l’avoir vaincue, je m’y étais habitué. J’avais élaboré des stratégies pour l’appréhender, la contourner, ou même y faire face, mais aux moments plus propices, comme en plein jour. Ou bien, éviter d’y penser, pour, progressivement, parvenir à l’oublier. Par moments.
Et puis, on se retourne un jour, et on s’aperçoit qu’à force de n’y avoir plus pensé, l’animal est toujours là, mais bizarrement inoffensif et même un peu ridicule. Le gamin est devenu ado. Il a fini par comprendre que les vrais démons, c’est à l’intérieur, et non à l’extérieur, qu’il faut les chercher pour les combattre.
Cette frayeur de mes 10 ans, elle a au moins eu un impact positif : j’ai été immunisé, vacciné à vie contre les films d’épouvante, ou d’horreur. Après ça, plus rien au cinéma ne me faisait peur. L’Exorciste, ça m’a tordu de rire à 13 ans. La Nuit des Morts Vivants, je me suis endormi sur le canapé en me passant la cassette video, un soir seul à la maison (je devais avoir 15 ans). Sur Nosferatu, j’ai vraiment trouvé qu’ils auraient pu faire un effort, le maquillage du vampire était grotesque. Plus rien dans ce domaine ne m’a plus jamais impressionné. Rien.
Le film qui m’avait tant marqué, je l’ai revu, il y a quelques années et aussi tout récemment, avec TiNours. Il est toujours bizarre de comparer ses impressions en tant qu’adulte à celles que l’on a ressenti devant les mêmes choses, à l’enfance. Une espèce de corde a vibré en moi. Plus de la peur, mais de l’émotion. En regardant les images, c’était moi à dix ans que j’essayais de retrouver. Je me rappelais parfaitement de certains moments. Certes, la frayeur irrationnelle avait disparu. Mais je vibrais, parce que j’analysais mieux le pourquoi du comment de ce que j’avais éprouvé.
Ce fameux film, c’était la version réalisée par Victor Fleming de ‘Docteur Jekyll et Mister Hyde’. Assez différent de la nouvelle de Stevenson, publiée en 1886, qui est devenue un des pivots de la littérature occidentale dans le thème du conflit entre le bien et le mal, le dédoublement de la personnalité, et l’inconscient décrit par la psychanalyse. L’œuvre était toutefois difficilement adaptable à l’écran, car plus riche par la qualité de son écriture que par l’épaisseur de l’intrigue. Richard Mansfield en avait fait une adaptation théâtrale à la fin du XIX° siècle. D’innombrables versions cinématographiques ont suivi, mais les deux films qui se sont basés sur la pièce de Mansfield sont la version de Mamoulian en 1931 avec Fredric March dans le rôle principal, et celle de Fleming en 1941, qui reprenait la première, presque scène à scène, avec un casting différent, plus ‘accrocheur’ car il comportait une pléiade de stars de l’époque.
Le film a donc pour personnage central le jeune et brillant docteur Henry Jekyll, qui, à la fin du XIX° siècle, à Londres, pense avoir découvert une drogue permettant de séparer les tendances antagonistes coexistant en tout être humain, le bien et le mal. Ses déclarations sont assez mal perçues par ses confrères ainsi que par les membres de la haute société victorienne de l’époque, marquée par le puritanisme et l’hypocrisie, et peu encline à admettre la part d’ombre que chacun porte en soi. Jekyll est fiancé à une jeune fille, Beatrix. Le père de celle-ci, considérant d’un mauvais œil les ’errements’ philosophiques, moraux et scientifiques de son gendre potentiel, décide d'emmener sa fille sur le continent pour lui donner le temps de la réflexion. Entretemps, Jekyll a fait la connaissance d’une aguichante serveuse, Ivy. Exaspéré par l’attente, il décide d’expérimenter sur lui-même la potion qui détruira les barrages à ses ’mauvaises’ pulsions, principalement sexuelles. C’est alors qu’il se transforme, pour fusionner avec sa part d’ombre, « cachée » en lui, Mr « Hyde ». (face dissimulée par « Je-Kill », celui qui tue son propre moi). Après avoir retrouvé Ivy qui travaille dans un cabaret, il s’arrange pour la faire renvoyer. Il parvient ensuite à en faire sa maîtresse grâce à l’argent qu’il lui offre et à la terreur qu’il lui inspire.
Cependant, après le retour de Beatrix et de son père, qui est finalement décidé à la donner en mariage, Jekyll renonce à la drogue, et à la fascination du dédoublement, pour détruire la formule. Hélas, le personnage de Hyde devient le plus fort et la transformation s’opère sans que le docteur ne puisse plus la contrôler. Il retourne voir Ivy et l’étrangle. Comprenant qu’il s’est engagé dans une voie dangereuse, il tente d’expliquer à Beatrix que le mariage ne sera pas possible, mais Hyde réapparaît au moment inopportun. Il tue le père de la jeune fille et se réfugie dans son laboratoire après avoir repris de la potion afin de redevenir le Docteur Jekyll. Mais, confondu par son meilleur ami devant la police, il se transforme une dernière fois en Hyde et se fait abattre, pour mourir en retrouvant les traits de l’homme respectable qu’il est censé avoir toujours été.
C’est Spencer Tracy qui avait repris en 1941 le rôle principal. Lana Turner incarnait la fiancée, et le personnage d'Ivy la serveuse était échu à Ingrid Bergman. Elle avait insisté pour avoir ce rôle alors qu’au départ les deux actrices auraient dû être inversées dans la distribution. Et, en effet, elle est excellente en jeune fille de condition humble, terrorisée par Hyde, le monstre moral. Spencer Tracy, absolument parfait, a de toute évidence pris un plaisir extrême à incarner ce personnage affreux. Un démon à l’âme noire, se délectant du mal à l’état pur, sournois, malveillant et brutal. Et c’est là selon moi que réside toute la force d’épouvante du film. Les traits de Spencer Tracy ont été modifiés mais sans exagération (alors que dans la version de Mamoulian, Fredric March se transformait en une sorte d’homme de Néanderthal un peu grotesque). Il conserve une apparence tout à fait humaine, mais ses yeux exorbités et subtilement maquillés, ses lèvres épaissies et ses dents carnassières lui confèrent effectivement un aspect effrayant. Lorsqu’on le regarde, la terreur s’insinue lentement et de façon plus sûre, en nous.
Avec du recul, j’ai compris qu’en fait ce qui m’avait surtout effrayé en tant qu’enfant, c’était la laideur morale, les abîmes insondables du vice poussé à l’extrême dans le désir de faire souffrir l’autre. Physiquement, il ne se passe pas grand-chose. Les scènes de meurtres sont masquées, il n’y a pas de sang ni de véritable brutalité physique. C’est davantage une question d’atmosphère : le film est en noir et blanc, et bien sûr il abonde en scènes nocturnes noyées dans le brouillard londonien. Le laboratoire de Jekyll est une déplaisante cave située en sous-sol. Evidemment. Cela, j’y avais été sensible aussi. Mais les scènes qui m’avaient le plus terrorisé étaient celles où Hyde martyrise Ivy, en tournant en dérision ses frayeurs à elle, en feignant de céder à son désir de sortir pour lui annoncer que finalement ils seront très bien pour passer une soirée entre eux à l’intérieur, ou en l’obligeant à sourire en chantant une chanson gaie alors qu’elle sanglote de terreur et de douleur. A dix ans, j’avais trouvé ça insoutenable.
Ce qui m’amène à la conclusion suivante : la vraie terreur, la véritable épouvante, réside bien plus dans ce qu’on ne voit pas mais que l’on pressent, ce que l’on ne connaît pas mais que l’on devine, ce que l’on n’entend pas mais que l’on perçoit confusément. Les pires cauchemars (les miens en tout cas) s’achèvent toujours au moment où la « bête » apparaît. C’est là qu’on se réveille. Mais les minutes les pires, quand le cœur bat à cent à l’heure, sont celles où l’on progresse avec hésitation dans l’ombre, en tremblant, parce que l’on sait que quelque chose de terrible se dissimule dans l’obscurité. Au fond, la seule vraie chose terrifiante, c’est la terreur en tant que telle. Dès qu’elle est concrétisée, matérialisée, circonscrite, on a un pouvoir sur elle. Le mal véritable, à l’état pur, est une entité qui se tapit, invisible, au fond des âmes.
Le vrai problème (entre autres) de l’époque victorienne, celle de Stevenson, était peut-être simplement d’avoir, au lieu de les admettre comme naturels, tellement barricadé instincts et pulsions, que leur séjour dans l’ombre les avait pourris. Les libérer brutalement ensuite ne pouvait plus déboucher que sur douleurs et souffrances.
13:40 Publié dans Lancelot fait son sérieux | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : stevenson, spencer tracy, ingrid bergman, docteur jekyll et mister hyde
mercredi, 22 avril 2009
Blog cochon !
Depuis que je tiens un blog, j’ai fait la connaissance d’hommes, de femmes. J’ai été tagué. J’ai participé à des jeux, à des débats. J’ai été contacté par rapport à certaines expériences que je relatais, sur ma vie professionnelle, ma vie amoureuse, mon passé. J’ai participé à un Paris-Carnets. J’ai rencontré des blogueurs. Des non-blogueurs. Bref, tout un tas d’expériences passionnantes que suscite le fait de tenir un blog.
Mais il me manquait quelque chose. Quand j’allais sur les blogs des copains, j’étais toujours très frustré lorsque je lisais des notes parlant des tags par l’intermédiaire desquels les lecteurs anonymes étaient parvenus jusque là. Pour que ce soit amusant, il faut que ce soit cochon. Et moi, pauvre de moi, on ne débarquait jamais chez moi par ce biais ! J’avais beau écrire les textes les plus lubriques possibles, publier des photos plus affriolantes les unes que les autres, éditer les titres les plus racoleurs, non, rien de rien. Lorsque je consultais la liste des « référents » dans mon Blog-it Express, c’était toujours politiquement (et désespérément) correct. Les gens arrivés chez moi par hasard avaient tapé sur Google des mots-clés genre : « chevalier » ou « enseignement » ou « vacances en famille ». A pleurer d’ennui... Autant tenir le blog de la Comtesse de Ségur, avec des petites filles modèles en bannière, merde !
Mais ! La semaine dernière, mes vœux ont (enfin !) été exaucés ! Trois tags licencieux ! J’étais tellement content que j’ai encadré ça pour la postérité ! Enfin, enfin, on recherche chez moi de l’art qui ressemble à du cochon ! Regardez donc le premier :

Le second, à présent. Valérie appréciera, car, après tout, elle y est sûrement pour quelque chose, non..... ? J’ai envie de citer cet extrait du « Tartuffe » de Molière :
« Mon Dieu ma mie, vous faites la discrète
Et vous n’y touchez pas, tant vous semblez doucette :
Mais il n’est, comme on dit, pire eau que l’eau qui dort
Et vous menez sous chape un train que je hais fort ! »
Et enfin, le troisième. Ce qui m’a amusé, c’est que ça s’est passé juste entre une connection de Kab-Aod, et une de KarregWenn... Ah ces Bretons... On leur donnerait le Bon Dieu sans confession (d’ailleurs Sophie Rostopchine vivait bien en Bretagne, non... ?) et puis, on les retrouve mêlés à des histoires un peu louches... Enfin, c’est humain, de se renseigner sur ce style de « rembourrage »... Et ne venez pas me dire que c’est un hasard et que vous n’y êtes pour rien... Vous deux, c’est comme pour Valérie... Si, si si....
Quoi qu’il en soit, me voici heureux et comblé.... On reconnaît mes capacités de Vicieux à leur juste valeur... J’ai droit à mon diplôme d’Obsédé Pur Porc Premier Choix. Il était temps... Encore quelques mois à ce rythme et je risquais la canonisation par le Vatican... « Le blog de Lance l’eau bénite », non mais, vous imaginez le spectacle ... ? J’ai une réputation à tenir, tout de même....

Pour conclure, j’espère que le titre volontairement racoleur de cette note attirera chez moi plein d’autres pervers en manque de sensations spéciales....
14:54 Publié dans Lancelot se marre | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : tags vicieux
lundi, 20 avril 2009
Séjour belle dans délassante logement, locataires convoqués
Les vacances de Pâques à peine terminées, TiNours et moi préparons déjà notre départ pour cet été (« ENCORE ! »). Pour où... ? Ah ben ça je vous le dirai plus tard (NA). Mais en parcourant les offres de locations de studios et appartements en pays étrangers, et leurs descriptifs, nous sommes tombés, au niveau langue, sur tout et n’importe quoi. Le texte que je voudrais faire partager ce soir nous a tellement fait HURLER de rire que je ne résiste pas au plaisir de le publier. Oui, je suis un affreux moqueur, et après ? Ah, bah, ça me détendra un peu de mes copies de bac blanc avec lesquelles je me suis battu toute la journée :
« Notre villa a une situation centrale et se trouve quand même calme. Elle est a à nouveau été reconditionnée et dans deux logements affectueusement divisée et à nouveau organisée. C`est beaucoup de place visant se garer, jeux et le logement de vacances offre abondamment la place de sommeil pour jusqu`à sept personnes. 2 places de sommeil se trouvent dans la chambre à coucher avec un coffret de tenue geräumigen. Un lit de bâton double et un lit particulier ainsi que le coffret de tenue se trouvent dans l`autre Schlafraumaum ect. Le bain comme le reste à nouveau gefliest et reconditionnez, possédez une douche ainsi que des WC/Bidet. Die cuisine de logement possède une nouvelle ligne de cuisine qui est organisée pleinement par le réfrigérateur/coffret frigorifique jusqu`à la possibilité de Kaffe italiens ou allemands cuire. Ici, un sofa de sommeil nouveau et intime se trouve, quelle place offre pour 2 personnes visant dormir. S`ils viennent au printemps ont elle certain encore la possibilité Mandarinen ou citrons récolter. S`ils cherchent un repos sont notre Feriendomizil le correct pour elle ! »
Exquis, non ? Mon préféré, c’est le « lit de bâton double » : mon imagination s’envole... Mais il faudra bien se tenir, le « coffret de tenue » y veille. Achtung, « Geräumingen » malgré tout, la boîte en question !! Sinon on pourra toujours ranger nos bijoux dans le « coffret frigorifique », avant de faire cuire notre Kaffe et de déguster les Mandarinen récoltées au printemps.
Pour finir, on n’a pas loué chez eux. TiNours a mis un veto formel, le texte lui faisait peur. Je pleurais de rire littéralement, avachi sur mon clavier, en écoutant ses protestations frénétiques. J’aurais pu me laisser tenter et craquer, si « le lit de bâton » avait été triple, ou quadruple !
00:13 Publié dans Lancelot se marre | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : vacane, langage, fou-rire
vendredi, 17 avril 2009
Sorcière, plantes, et homéopathie
Il y a trois ans, désirant planifier quelques jours de vacances dans un coin sympa et bien paumé, TiNours et moi avions dégotté une adresse enfouie dans le Routard : chez Pascale à Condas. Pas trop loin de chez nous, prix raisonnables, ambiance sympa, dit le guide. J’appelle, je tombe sur une voix juvénile, « Oui ? Allo ? Attendez ! ouille ! aille ! Excusez moi, une guêpe vient de tomber dans mon dos ! Aïe ça fait mal ! Euh pardon ! ouille ! Je peux vous rappeler ? Vous pouvez me laisser votre numéro ? » Bon, j’ai dit oui, assez inquiet sur la suite des évènements. Elle a rappelé, quelques minutes plus tard, se confondant en excuses. Etions-nous tombés sur une folle de l’apiculture, ou une adepte de l’acupuncture par les animaux...? Mais bon, n’écoutant que notre courage, nous y sommes allés.
Le soir de notre arrivée, Pascale hésite un peu, nous emmène à notre chambre : "Euh... je croyais que vous étiez un couple, alors je vous ai donné une chambre avec un grand lit mais je peux l'échanger contre une autre avec des lits jumeaux si vous préférez... ?» « Non, non, ce sera parfait comme ça ». Dans le couloir, on entendait petits rires, gloussements. Qui osait se moquer de nous ? On a vite compris : aucune ironie à notre égard, simplement de l’amusement dû à une série de coïncidences : outre nous deux, le gîte était occupé par deux autres couples... de nanas... Soirées homo-friendly en perspective. Animées par Pascale, qui se moquait éperdument, au final, de savoir si elle avait affaire à des Pierre-Marie ou à des TiNours-Lancelot, du moment qu’on était sympas et qu’on se joignait à l’ambiance. Ce que nous avons fait, avec grand plaisir. Le seul problème était que l’une des goudoues de la tablée était une grognasse qui a cherché à casser l'abiance avec des remarques aigre-douces sur le temps, le lieu, la cuisine, et autres prétextes mesquins, sans jamais y parvenir. Elle (et sa copine) se sont tirées le lendemain. Ouf. Quant à nous, nous avions été si contents de ce séjour que nous avons remis ça trois ans plus tard.
Tenir une table d’hôtes, c’est une activité qui m’a toujours fasciné à distance, mais en regardant évoluer Pascale j’ai compris que je n’en serais jamais capable. Lorsqu’on reçoit des invités pour plusieurs jours, j’ai coutume de dire à TiNours, après, que ce qui est le plus fatiguant, ce n’est pas tellement de préparer les chambres ou de cuisiner ou de servir à table. Non. Ce que je trouve le plus épuisant, c’est de devoir être disponible 24h sur 24. Faire la conversation, rechercher des distractions, des sorties pour les invités. Le seul moment où l’on peut lâcher les commandes, c’est celui où l’on tombe, épuisé, le soir, dans son lit. Mais dès le réveil du lendemain, c’est reparti : faire le moins de bruit possible pour avoir le temps de préparer petit déjeuner sans personne dans les pattes... mais dès qu’on fait tinter bol trop fort, il y a un enfant qui surgit : « Zé envie de faire pipi » ou bien un adulte : « Je peux t’aider ??? Où ranges-tu les confitures ? Oui, j’ai bien dormi mais il faisait un peu froid... un peu chaud... un peu tiède... un peu... » Moi qui aime tant me ménager des pauses silence où je fais faire du yoga à ma langue (conséquence probable du métier que j’exerce...), je trouve épuisante cette nécessité d’être toujours « sur la brèche » avec ses hôtes.
Eh ben, Pascale, elle anime, elle assure, sans grogner, même si elle doit en avoir parfois envie. Cette fois, nous étions assis autour de la grande table avec un couple de Lyonnais proches de la retraite, et un couple de Savoyards dans les 35-40, dont lui était instit. Pour sa femme, mystère, je n’ai pas réussi à déterminer. Je pensais à Calyste et à Valérie ! Ca aurait tout de même été incroyable et suprêmement agréable de se retrouver ainsi, sans s’être concertés ! Qu’est-ce qu’on en aurait eu, des choses, à se dire ! Mais bon, les autres étaient gentils quand même... Et pas de temps mort dans la conversation. Pascale, sorcière des plantes, cuisinière hors pair, spécialiste de Shiatsu, sait animer sans être péremptoire, questionner tout en écoutant, enseigner sans assommer. Très souvent nous sommes allés nous coucher passé minuit, estomac et esprits repus ! J’étais tout étonné d’une chose : moi qui suis une honte pour mon mari car régulièrement je pique du nez après une certaine heure, même chez les invités, j’ai gardé yeux bien ouverts et répartie alerte tous les soirs.
Le dernier jour on a « épluché » et trié ensemble herbes, fleurs et autres graminées diverses pour constituer une salade délicieuse, agrémentée de croûtons chauds au four en partie préparés par moi (disons que je les avais généreusement saupoudrés de cumin et de curry, pendant que Marie-Claude, la Lyonnaise, ajoutait une couche de gruyère). Le mariage avec la salade aux herbes était détonant. Je ne saurais pas vous faire la liste complète de tout ce que la jolie sorcière nous a mitonné dans ses chaudrons au cours de ces quelques soirées, mais je pourrais citer, en vrac, le fin-gras, la soupe au lait, le cake aux orties, une chantilly aromatisée à la châtaigne absolument divine, et j’en passe et des meilleures. Je n’ai pas de convictions bio-diététiques profondément enracinées en moi, mais quand les « racines » en question sont délicieuses, il est bien agréable de se dire qu’on mange bien ET bon. Ce n’est pas antinomique !
Du bio on glisse très facilement à l’homéopathie et sur ce sujet nous avons appris aussi des tas de choses. Les constitutions morphologiques (et psychologiques) des patients se répartissent, d’après cette branche de la médecine, en quatre grands groupes :
Les 'Carboniques', caractérisés par une allure plutôt rigide, un développement en largeur, leur passivité et économie, leur recherche de la tranquillité, et une tendance aux maladies métaboliques et nutritionnelles.
Les 'Phosphoriques', à l'aspect longiligne, avec une taille allongée, des gestes expansifs, des actes spontanés. Hypersensibles et facilement fatigables, également.
Les 'Fluoriques' (les cas les pires) : leur corps présente un aspect asymétrique, un développement anarchique. Leur attitude est déséquilibrée, disloquée, instable, leur démarche irrégulière. Ils sont psychiquement instables, indécis, avec des réactions imprévues et vives.
Les 'Sulfuriques' (la meilleure configuration possible), à l'aspect harmonieux, présentant un bon équilibre entre les diverses parties du corps. Ils sont caractérisés par leur confiance, dynamisme et optimisme, modérés par la raison. Ils présentent une certaine tendance aux hémorroïdes (ah bon....... ???)
Bon, bien évidemment, il existe des configurations intermédiaires, on peut très bien être sulfo-carbonique, ou sulfo-phosphorique. Il ne faut pas se mettre martel en tête en se disant qu'on appartient irrémédiablement à telle ou telle catégorie... Je ne suis évidemment pas expert en la matière, et les jolies planches vivantes que j’ai présentées ci-dessus ne sont que des illustrations me paraissant bien "coller".
Pour conclure, un séjour très agréable et instructif chez une sorcière qui ressemble beaucoup à une fée... Si vous voulez la voir « en action », c’est ici. Il faut être patient : les trois ou quatre premières minutes du reportage concernent les fontaines lyonnaises. C’est intéressant aussi, bien sûr (pas envie de me faire descendre par Calyste.....) mais ce n’était pas là le sujet.
Enfin, si vous voulez avoir le plaisir de passer un excellent séjour chez une hôtesse d’exception, n’hésitez pas, foncez ! Je lui avais promis de lui faire de la pub sur mon blog. Mission accomplie.

21:05 Publié dans Lancelot en vacances | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : sorcière, plantes, homéopathie
mercredi, 15 avril 2009
Chaud et froid en Ardéchois
Bon, après le festival de « sucreries » des jours derniers, si je servais un plat plus consistant ? Et nos vacances ?
L’Ardèche, à Pâques, c’est un mélange délicieux d’hiver qui refuse de mourir et de printemps pas encore arrivé à maturité. Les voyages dans l’espace correspondent à des voyages dans le temps. On monte, la température descend. L’altitude nous ramène vers des paysages de Noël. Congères de neige épaisse et brillante comme du diamant sur le bord de petites routes pourtant dégagées. L’air glacial s’infiltre sous les chemisettes légères que, confiants, nous avions enfilées le matin. Ouille ! On se jette sur nos blousons. On se croirait en décembre. Sauf le premier jour, où l’éclat bleu du ciel ressemblait à un sourire rassurant sur ces vestiges de frimas.
On redescend vers la vallée, et le vert des prés nous prend par les yeux, en même temps que la température se réchauffe pour nous accueillir dans ses bras. Les congères diminuent, on passe insensiblement en quelques minutes de février, à mars, puis avril, avec des arbres et arbustes au vert tendre, aux roses, jaunes éclatants. On retrouve l’envie d’ôter blousons, et même, quelquefois, de se mettre torse nu !
Avec, toujours, la possibilité de reculer dans le temps et la saison dès que l’envie nous en prend, en reprenant de l’altitude. On a pratiqué ce plaisant jeu d’ascenseur déstabilisant pendant plusieurs jours. La météo, instable elle aussi, sans jamais pousser jusqu’à être désagréable, nous a aidés à brouiller les cartes et les repères, en alternant nuages et éclaircies.
Le Mont Gerbier de Jonc est bien désert à cette époque de l’année (figurez-vous que pour le gravir à pied, il faut payer, je vous demande un peu... !...). Sur ce site où la Loire, « plus-long-fleuve-français » prend sa source, on en a profité, TiNours et moi, pour se défier mutuellement et essayer de rassembler nos souvenirs géographiques des classes de troisième et de première. Horizons lointains ! Il m’a battu à plate couture, évidement, beaucoup plus fortiche que moi en géographie française. Les fleuves étaient au programme, à l’époque. Mais je me souviens que j’aimais apprendre les listes des affluents, sans même savoir où ils se situaient exactement, pour leur rythme, leur musicalité, les images incongrues que leurs noms poétiques évoquaient. Ca ressemblait à des formules magiques :
L’Allier, la Nièvre, la Maine, le Loir, la Sarthe, la Mayenne....
L’Ariège, le Tarn, le Lot, la Dordogne, la Save, le Gers, la Baïse...
Le Revinson, l’Ource, l’Hozain, le Noxe, le Loing, l’Orge, la Bièvre, l’Epte, le Robec...
L’Arve, le Fier, l’Isère, le Gard, la Durance, l’Ardèche (oui, au fait...)....
L’Aar, le Neckar, le Main, la Lippe, la Moselle, la Ruhr...
Et pour conclure, voici les ombres des deux concurrents finalistes à ‘Affluents pour un Champion’, reflétées depuis un pont enjambant la Gluyère, à Saint Sauveur de Montagut, lors d’une fin de journée passée à musarder de monts en rivières... Le prix à gagner, c’était juste le plaisir d’achever un jeudi réussi, en attendant de se retrouver autour d’une excellente table, entourée de convives inconnus, ce qui augmentait l’intérêt de l’aventure. Celle que nous proposait Pascale, qui nous accueillait pour quelques jours.
Ceci était ma 300° note !
17:35 Publié dans Lancelot fait du tourisme | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : ardèche, vacances, loire, fleuves, affluents
mardi, 14 avril 2009
De l’attente (2) : La boîte de bonbons.
J’adore lire les biographies de stars. A Noël, ma sœur, qui me connaît bien et sait ce qui me fait plaisir, m’a acheté –entre autres- l’excellent ‘Jimmy the Kid, James Dean Secret’ de Jean Noël Coghe, et ‘Streisand, her life’ de James Spada, très fouillé et documenté.
Comme le second bouquin traite aussi de l’enfance de Barbra Streisand, il y est fait allusion à Louis Kind, le second mari de sa mère. Son père était mort alors qu’elle n’avait que quinze mois. Quelquefois, même la vie ne peut échapper aux clichés. Elle a guetté, tout au long de ses jeunes années, l’approbation de ce beau-père, pour n’obtenir, en retour, que dédains et moqueries : « Non je ne t’achèterai pas de glace. Tu n’es pas assez jolie ».
Sa mère finit par se séparer de cet homme froid et menteur, et Barbra n’eut plus de nouvelles de lui jusqu’en 1964.
Après que ‘Funny Girl’ soit devenu un succès phénoménal à l’affiche à Broadway, un jour, l’actrice se blessa à l’œil Le docteur lui conseilla de ne pas se produire ce soir-là car la pression imposée par le rôle et les chansons auraient pu aggraver la blessure.
« Ma doublure était prête à prendre ma place » raconte Barbra. « C’est alors que j’ai reçu cette petite boîte de bonbons de la part de mon beau-père. Il était dans la salle, au premier rang, parmi les spectateurs. » Bien que Louis Kind et sa mère n’aient jamais divorcé, Barbra ne l’avait pas revu, ni eu de ses nouvelles depuis qu’il avait quitté la famille, huit ans auparavant. Dès qu’elle sut que Kind était dans le public, Barbra déclara au metteur en scène « J’y vais ! »
Son docteur lui administra un anesthésique pour l’œil, et elle monta sur scène, décidée à montrer à son beau-père à quel point il s’était trompé à son sujet. « Je n’ai jamais mieux joué » dit Barbra. « C’était la meilleure de toutes mes représentations ». Immédiatement après, elle se rendit dans sa loge et refusa toute visite, parce qu’elle attendait que Louis Kind vienne en coulisse pour lui dire enfin qu’elle avait fait quelque chose de bien. Elle attendit plus d’une heure, mais il ne se montra pas.
Barbra conserva la boîte de bonbons –la seule chose que Kind lui ait jamais offerte- pendant vingt-trois ans. Puis elle raconte, en 1987 : « Après toutes ces années, j’ai fini par la balancer à la poubelle. C’est ainsi que je me suis débarrassée de lui. »
Vingt-trois années accumulées sur une vieille boîte de sucreries moisies. Sans parler des années d’enfance, enfouies sous la poussière, mais jamais oubliées, bien évidemment. Vingt-trois années où à chaque fois que son regard tombait sur le paquet enrubanné, elle a dû penser, il a voulu me dire ceci, il devait avoir envie de me raconter cela, il n’a pas osé, ce jour-là, c’était de ma faute, j’étais une gamine si pénible... et ce soir-là, si je ne l’avais pas autant agacé avec mes jérémiades... et puis, en fin de compte, n’est-il pas venu, VENU me VOIR, me REVOIR... d’ailleurs, elle est jolie cette boîte avec toutes ces couleurs, il a dû se rappeler que j’aimais le rouge, le jaune, le....
Une boîte de bonbons, ce n’est qu’une boîte de bonbons.
Des trucs sucrés, que l’on achète machinalement, comme un passe-partout impersonnel avant d’aller rendre visite aux gens. Des choses à oublier aussitôt après les avoir avalées, sauf si elles sont par trop écoeurantes. Une boite de sucreries, c’est un objet incongru pour enfermer, ou abriter de l’amour. Mais l’amour, partout où il croit pouvoir se réfugier, il niche.
Dans La Cicatrice, que j’ai résumé dans la note précédente, Bubby, le petit frère du narrateur, aime jusqu’au désespoir, offre son œuf, et meurt.
Barbra, elle, a longtemps conservé la boîte de bonbons, mais a eu la chance de ne pas glisser dans son escalier, et de survivre.
L’amour nous aide à comprendre plein de choses.
La vie nous les apprend, les choses. Elle nous apprend aussi, à notre cœur défendant, que bien souvent, il n’y a rien de plus à comprendre, et surtout, rien du tout à attendre.
Qu’un mur, c’est un mur. Et que ce n’est pas la peine de chercher à se briser la tête contre. Ni de s’obstiner à s’ensanglanter les mains dessus, à se casser les ongles sur le mortier. Parce que même si l’on parvient à arracher quelques briques, c’est en pure perte. Derrière, il n’y a rien. Pas de porte, ni de fenêtre ouverte sur le soleil levant. Que du noir, du vide, du néant. Désolé, Jeff.
La seule solution raisonnable, c’est de tourner le dos, et repartir dans une direction nouvelle. Et tenter, ce qui est terriblement difficile, voire impossible, de conserver malgré tout un cœur pur. Capable de peindre plein d’autres œufs, en rouge vif, comme le sang de la vie.
Après avoir bazardé la boîte à bonbons moisis.
Dans une poubelle, bien sûr. Continuer à respecter l’environnement, quoiqu’il arrive.
20:50 Publié dans Cinéma, théâtre | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : barbra streisand, attente
lundi, 13 avril 2009
De l’attente (1) : L’oeuf de Pâques
La Cicatrice est un roman, peut-être autobiographique, de Bruce Lowery. Le narrateur y relate quelques mois de son enfance, en 1945, dans une Amérique rurale, intolérante et lourdement marquée par le poids de la religion. Affligé d’une marque au visage, conséquence de l’opération d’un bec de lièvre, Jeff est en proie aux moqueries et persécutions incessantes de ses camarades de classe. L’adolescent de treize ans qu’il est alors se débat entre son désir de se faire aimer à tout prix par les autres enfants, les pulsions de haine que leur rejet suscite en lui, son désir, éternellement déçu, de s’en remettre à la toute-puissance d’un Dieu qui ne fait jamais de miracle, et l’indulgence impuissante de sa famille, bienveillante mais incapable de l’aider. Ses parents, et Bubby, son petit frère de huit ans, pourtant aimants et prêts à l’écouter, échouent à le soutenir efficacement dans ce chemin de croix de l’ostracisme qu’il doit subir à l’école. Il se détourne de plus en plus d’eux et repousse les avances maladroites de son jeune frère jusqu’au drame final. Après la mort accidentelle de ce dernier, il se rend compte qu’il n’aura fait que passer à côté de l’amour et l’approbation qu’il recherchait tant au mauvais endroit. Et surtout, il s’aperçoit aussi qu’il est trop tard car aucun retour en arrière n’est jamais possible, et que la foi ne soulève jamais les montagnes.
« Pendant l’une de ces récréations où Miss Martel nous lisait les blagues du Reader’s Digest, l’institutrice de Bubby entra et lui souffla quelques mots. Miss Martel annonça que mon petit frère était malade et que je devais le raccompagner à la maison.
-Mais, protestais-je, Bubby ne peut pas rentrer tout seul ? Il le fait tous les jours.
-Bien sûr que non, voyons, répondit-elle avec indignation. Il est malade, je vous dis. Il faut le raccompagner. D’ailleurs, il pleut...
Je trouvai Bubby, l’air triste et abattu, à la sortie de sa classe. Il cherchait à me prendre l’index, comme autrefois. Je repoussai sa main et le pris brutalement par la manche :
-Allons, toi ! Pourquoi as-tu fait ça ? Tu ne peux plus rentrer seul maintenant ? Tu ne sais pas que toute la classe s’est moquée de moi ?
- Je ne me sens pas bien, gémissait-il. Je ne me sens pas bien...
L’institutrice, en effet, m’avait dit qu’il avait « l’estomac malade »
Tout le long du chemin du retour, je ne cessai de le gronder :
-Attends voir. Tu vas me payer ça. Jamais je ne te pardonnerai de m’avoir ridiculisé !...
Enfin je me tus et nous continuions en silence quand il me dit :
-Tu ne m’aimes plus, Jeff ? Tu te souviens des fois où j’allais te chercher après l’école ?...
-Et puis après ? Ca ne t’excuse pas pour aujourd’hui.
-Ce n’est pas ce que je veux dire. Je veux dire qu’à ce moment-là tu étais gentil avec moi. Hier soir... enfin, ce que tu m’as dit hier soir, c’est vrai ?
-Quoi donc ? demandai-je, car j’avais déjà oublié.
-Tu m’as dit : « Chaque fois que je te vois, c’est pour que tu m’embêtes. » C’est vrai ? Tu ne m’aimes donc plus ?
-Sais pas...
-Alors c’est non.
Je ne répondis pas. Je ne le regardais même pas, peut-être de peur de voir ses larmes. Un instant j’hésitai, j’allais lui demander pardon, lui dire : « Bien sûr, Bubby, je t’aime. Et ne pense plus à ce qui t’est arrivé à l’école ; ça n’a aucune importance... »
Ces paroles, malheureusement, je ne les prononçai pas.
-Dis, Jeff, insistait-il. Tu ne m’aimes plus ?
-Oh, aimer, aimer... Est-ce que tu sais seulement ce que ça veut dire ? Tais-toi, et ne parle pas de choses que tu es trop petit pour comprendre...
C’est vers cette époque-là qu’on voyait Bubby passer des heures à la fenêtre, silencieux, immobile. On ne l’entendait presque plus dire : « Quand je serai grand... »
Si nos parents lui demandaient :
-Qu’est-ce que tu fais là ?
Il répondait :
-Rien.
-Qu’est-ce que tu peux bien regarder, à rester ainsi à la fenêtre tout le temps ?
-Je ne sais pas... »
Le jour de Pâques, Jeff rentre à la maison après une altercation avec l’un de ses camarades d’école. Bubby, qui a caché dans toute la maison des œufs peints spécialement par lui à l’occasion de la fête, l’attend dans l’entrée pour lui offrir le premier, en main propre. Tout à son chagrin, Jeff le repousse brutalement. Alors le gamin, désespéré de ce rejet qui s’ajoute à tous les autres, court rejoindre sa mère au sous-sol, trébuche sur les marches de béton, et fait une chute mortelle. Les larmes et le repentir sincère de Jeff ne parviendront pas à le sauver, pas plus que le douloureux sentiment de culpabilité que le grand frère ressentira, bien trop tard, et pour toujours.
« Vinrent enfin le mois de mai, les premières feuilles ; les jours allongeaient. Un matin, la lumière, en traversant mes paupières, m’éveilla. Par les dix fenêtres, elle inondait ma chambre. La forte pente qui descendait vers l’est me découvrait, comme toujours, par-dessus les toits et le clocheton de Sainte-Marie, le même horizon sans limites. J’assistai, comme du haut d’une montagne, au lever du soleil. Un tramway passa, puis le silence.
Le soleil, d’abord à peine visible, grossissait, se libérait lentement des nuages. J’avais envie de chanter. « Peu importe qui l’a faite, cette beauté, pensais-je, elle est là. » Plein d’émerveillement, plein d’appétit devant la vie, je me répétais le rythme des années à venir : « 1950, 1960, 1965... Un jour je serai un grand archéologue, j’irai découvrir les merveilles cachées dans la terre. Quand je serai grand... »
Alors ce fut l’éboulement sous les souvenirs, les paroles de Bubby, à Noël :
« Quand je serai grand, je nous achèterai cent treize gâteaux et cent treize arbres ! »
Mais l’oubli avait été si total, pendant ces quelques instants du réveil, qu’il me fallait une preuve supplémentaire de la réalité. J’allais à mon tiroir, j’ouvris le ‘Whitfield’s Sampler’.
Caché à l’intérieur, un œuf vert, et sur la coque, ces mots laissés en blanc :
« Je t’aime. »
Je n’osais plus regarder le soleil se lever. Je m’en sentais trop indigne. L’œuf à la main, je m’enfonçai dans le lit, me cachant la tête loin de cette lumière. Sous les couvertures, je tenais cet oeuf qui se réchauffait à moi comme une chose vivante. Quelle différence y avait-il donc entre l’amour, la beauté, le bonheur ?
Bubby, c’était Noël, le château de neige, c’était ce petit compagnon qui venait me chercher à la porte de l’école. Cet oeuf renfermait pour moi un certain sens de la vie. Il m’a fait comprendre beaucoup de choses –bref, tout ce qui, dans ce monde, vaut la peine d’être compris. Je relisais l’inscription. C’était peut-être ça, Dieu, après tout. »
En l’occurrence, les remords du narrateur m’importent peu. En lisant, en relisant le livre, j’ai été beaucoup plus fasciné par le personnage de Bubby, par ce qu’il avait pu penser et ressentir, à l’exception du chagrin, bien naturel, d’être repoussé par son frère.
L’attente. L’attente d’un geste, d’un sourire, d’un mot, d’une main qui ne viennent jamais. Un cœur qui meurt, tout doucement, mais sans jamais désespérer. Une plante qui s’étiole derrière une fenêtre calfeutrée. Un rayon se soleil, un seul, suffirait. Tant qu’il y a un peu de vie, tout est possible. Mais si l’amour n’a pas de limites, la vie, elle, en a.
L’œuf que Bubby a laissé derrière lui, à l’intention de son frère, semble être, en conclusion du livre, un talisman merveilleux. Une force nouvelle qui aidera Jeff à mieux appréhender la vie, dans les épreuves futures. Mais le petit frère est mort. Et le présent n’est rien d’autre qu’un œuf peint. Un souvenir, magnifique certes, mais rien que cela.
Et moi, je hais les beaux souvenirs. Je n’aime que les beaux avenirs.
22:56 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : attente, bruce lowery, la cicatrice, aimer
lundi, 06 avril 2009
Vision
Je me suis souvent demandé à quoi aurait bien pu ressembler notre vie si TiNours et moi nous étions rencontrés disons... dix ans plus tôt... J’aime évoquer parfois, secrètement, cette vie qu’on aurait pu avoir à l’époque : moi encore étudiant, lui bossant pour nous deux. Davantage d’angoisses et d’incertitudes, mais aussi des épreuves que nous aurions traversées en commun.
Je regarde quelquefois des photos de lui plus jeune, à l’époque où on ne se connaissait pas. J’aime aussi évoquer ce petit garçon qu’il a dû être. Je l’imagine toujours sage, réfléchi, et adorable. L’enfant que l’on aspire à prendre dans ses bras.
Et à trente ans, à qui ressemblait-il ? Tout ce que je sais de sa vie, je le sais par lui. Personne n’a été là pour me dire « Tu sais, quand il était plus jeune... » « Ohlàlà le coup qu’il nous a fait le jour de son anniversaire... » « Je t’ai pas raconté qu’un soir, on allait au cinéma lui et moi et que... »
Eh bien, ce week-end, j’ai rencontré TiNours le jour de ses 29 ans. Mais mieux que sur une photo ou par histoire interposée. En chair et en os. Il est venu passer le week-end ici. Je le dévorais du regard, je le scrutais avec une attention fascinée. Je l’écoutais. Pas possible de tendre ma main pour la poser sur sa joue, ou lui ébouriffer les cheveux. Juste eu le droit de lui faire trois bises, avant qu’il ne reparte, il y a quelques heures. Mais je n’en demandais pas plus. C’était déjà bien beau de pouvoir assister à ce son et lumière, sans avoir eu besoin de magie noire pour cela.
Jérôme est son neveu, le fils de son frère. Il ressemble beaucoup à mon TiNours. Même cheveux bruns, même pétillance dans son regard vert. Dans l’arête du nez, aussi, je retrouve des reflets de la famille Nounours ! Sa démarche, sa nonchalance tranquille. C’est lui, c’est bien lui.
Et surtout, je retrouve, tout étonné, la gentillesse et la politesse que je croyais oubliées. Mais il est vrai que Jérôme n’est plus un ado, loin de là ! Il a fêté ses 29 ans en notre compagnie. Rien que nous trois. On lui a sorti le grand jeu : bon repas, champagne, gâteau, cadeaux ! « Il ne fallait pas » nous répétait-il, tout ému. Ben si, il fallait. Depuis le temps que j’ai des neveux et des nièces par alliance, que je ne connais pas ! Il est le premier de la liste, je suis bien content que ce soit tombé sur lui ! Il m’a tout attendri avec ce bain de jouvence, cet aperçu d’un double de mon z’om quand il avait 29 ans.
Je pense qu’il a été content de son week-end aussi. Il reviendra, nous a-t-il promis. Cette fois, avec ses parents. Ai-je fait bonne impression ? J’espère. Je n’ai pas souffert du fait que TiNours m’ait passé sous silence pendant des années. Je l’avais déjà écrit ici. Il fallait le laisser fonctionner à son rythme. Le côté agréable des choses, c’est que maintenant que certaines portes sont ouvertes, il me reste tout un monde passionnant à découvrir ! Ce week-end n’en était que la première plage. Du sable fin, et doux, tout du long. Je veux bien continuer l’exploration du continent.
00:34 Publié dans Lancelot et TiNours | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : tinours, famille
dimanche, 05 avril 2009
Des fonctionnaires qui fonctionnent, des chefs qui chiffonnent
Vendredi soir, en rentrant à la maison, TiNours me raconte qu’il a été obligé de s’énerver au bureau aujourd’hui.
Son chef annonce le matin une réunion « qui sera très rapide », juste quelques ajustements à faire, dans le planning de travail. L’une des assistantes était concernée, mais elle n’avait pas été conviée. En passant devant son bureau, TiNours lui dit de venir. « Qu’est-ce que vous faites là ? » lui demande le chef en la voyant arriver. « Vous n’avez pas été conviée » « Pourquoi ? » « Parce qu’il faut quelqu’un à la réception pour accueillir le public ». « Oui mais dans la mesure où les changements d’horaires pourraient l’affecter, il faut qu’elle soit là pour en parler non ? » « Eh bien non, parce que je l’ai décidé ainsi ». « Fort bien, » répond TiNours, « dans ce cas je n’assisterai pas à la réunion ». Immédiatement approuvé par ses autres collègues, qui se lèvent tous. Bon, pour finir ils ont fermé l’accueil pendant une heure, le temps de la réunion. Le Chef faisait sa trogne en biais. Ca commençait mal.
Il se trouve que ce fameux accueil du public, que peu de membres du bureau aiment assurer (gens désagréables à gérer, stress perpétuel) s’effectue en roulement à tour de rôle. Or, avec les nouvelles dispositions horaires, il est sûr à 90% que presque tous les mercredis, TiNours va devoir se coltiner ce boulot ingrat toute la journée. Ce n’est pas étonnant. Il se trouve par hasard que le secteur d’activités qui lui est assigné au bureau, il le partage avec une équipe de femmes uniquement. Or, le mercredi, c’est pause-enfants pour l’une, pause-grossesse pour l’autre, pause-règles douloureuses pour la troisième, etc etc. En tant que mec sans enfants, l’accueil du mercredi lui échoit régulièrement. Bien sûr, il accepte de faire sa part, mais une journée d’accueil en continu, c’est énorme. Surtout qu’il a un travail de gestion de dossiers important à finir par ailleurs. Et que, bien sûr, il se tape l’accueil à d’autres moments de la semaine aussi. Une demi-journée à la réception, le mercredi, c’est déjà bien assez.
« Mais qui vous a dit que vous feriez l’accueil tous les mercredis ? Vous n’avez rien compris au nouveau roulement » dit le chef. « Bon, prenons le planning », répond mon TiNours, qui commence à s’échauffer. « Mercredi 15, 22 et 29 avril, je suis seul pour assurer l’info du public. A moins que je n’aie rien compris aux subtilités de votre nouvelle organisation ? » « Vous n’avez pas à me parler sur ce ton » explose le chef. « Ben, puisque d’après vous, je ne comprends rien, j’essaie de m’informer, désolé si mon ton vous déplaît. » rétorque TiNours. « Si vous n’êtes pas content, je ne vous retiens pas dans cette délégation ! » tonne le chef. « Ah ça y est ! c’est mon tour ! » ironise TiNours. « Le mois dernier tout le monde a eu droit à cette réplique, je manquais sur votre liste probablement. Mais vous avez raison, personne n’est indispensable, personne ne retient personne, et ici, personne ne vous retient non plus ! » Sur ce il se lève et il sort.
Une des joies du service public. On peut se permettre ce genre de réplique dans la mesure où les (éventuels) incapables qui nous encadrent se mettent en tête de nous menacer (de quoi, mon Dieu...)
Mon TiNours sera de toute façon obligé de se taper des mercredis de merde (en attendant l’embauche d’un autre mec sans enfants dans l’équipe ?). Pour le consoler, je lui raconte les petites mesquineries trouvées sur mon chemin à moi, aujourd’hui.
Le nouveau proviseur s’est mis en tête (comme cela arrive souvent quand de nouveaux chefaillons débarquent), de laisser sa marque, peu importe si c’est pour faire des conneries sans queue ni tête.
Un exemple entre mille : à la cantine très souvent certains professeurs ne prennent pas de plateau mais se contentent d’apporter un pique-nique, voire un repas qu’ils font réchauffer au micro-ondes pour le prendre en notre compagnie. Dorénavant cela est interdit (le règlement existait, mais bien sûr personne ne l’appliquait) car ils pourraient apporter des salmonelles ou autres méchants microbes dans l’établissement, et contaminer tout le monde avec leur tambouille avariée qui envahirait sournoisement les parois des fours micro-ondes, telle une lèpre putride. Donc je ne pourrai plus manger en compagnie de Miss B, qui aimait apporter ses plats pour les réchauffer. Elle est condamnée à pignocher tristement ses plats-maison radioactifs, seule en salle des profs. On casse la convivialité. A moins que je ne renonce moi-même au plateau-repas de la cantine pour apporter mes propres sandwiches et manger avec elle. J’y songe, j’y songe...
Ensuite, j’ai récupéré dans mon casier la note suivante :
« Comme vous le savez, tout salarié d’entreprise publique ou privée doit une journée de solidarité (article L212-16 du code du travail).
Les agents administratifs et les agents de service ont eu systématiquement 7 heures de plus sur leur emploi du temps de l’année.
Concernant les enseignants, j’ai proposé à ceux qui le souhaitaient de participer aux Journées Portes Ouvertes et de justifier ainsi leur contribution à cette journée. (je n’y étais pas allé, ça me saoulait de sacrifier un samedi avec TiNours pour des conneries) Pour ceux qui n’ont pas participé à cette journée, je vous prie de me faire connaître votre mode de récupération.
Merci de retourner le coupon-réponse ci-dessous au secrétariat avant le 25 avril »
Sur le coupon, au-dessous de mes nom, prénom et discipline, j’ai coché la case « j’ai participé à la récupération de cette journée par une surveillance de devoir en dehors de mon temps hebdomadaire le : » et j’ai inscrit :
Mercredi 21/01 13h30-16h30 : Devoir surveillé terminales Z : 3H
Lundi 19.01 10h30-11h30 / Lundi 23.02 10h30-11h30 et 15h30-16h30 / Vendredi 27.02 15h30-16h30 / Lundi 9.03 : 15h30-16h30 / Jeudi 12.03 : 15h30-16h30 / Vendredi 13.03 11h30-12h30 / Lundi 16.03 : 15h30-16h30 / Vendredi 20.03 : 11h30-12h30 / Lundi 23.03 : 10h30-11h30 / Lundi 30.03 : 10h30-11h30 : Oraux individuels d’entraînement BTS : 11H
Total : 14h
Ces heures-là ont été faites hors de mes heures de cours, sur mes plages libres. Il est bien évident que (comme 90% des profs du lycée) je me moque complètement d’une comptabilité quelconque de ces oraux et surveillances de devoirs, qui ne nous sont pas rémunérés. On n’est pas avares de notre temps, s’il s’agit d’aider les élèves à réussir. Mais cette mesquinerie institutionnalisée, ce fliquage rampant, suite à une géniale idée du brave Rafarin, consistant à nous rendre débiteurs sur l’avenir d’une journée de congés qu’on aurait en trop, elle me révulse, elle m’horripile. Puisqu’il faut jouer à l’épicier, allons-y gaiement et franchement. Comptabilisons. J’ai fait remarquer à la secrétaire du proviseur, à qui j’ai remis mon « coupon-réponse » que si c’est 7h qui sont dues, moi j’en ai fait (seulement jusqu’ici, car mes oraux d’entrainement sont loin d’être terminés) 14. L’Etat m’est donc redevable de 7 heures, non ? Quand suis-je censé la récupérer, cette journée-là .... ?
Ah, ces salariés du public.... Quelle insolence.... On finira bien par les faire taire un jour....
En attendant, pour nous détendre, TiNours et moi sommes allés chez le coiffeur, pour bien démarrer nos vacances.
(EN VACANCES ????? ENCORE !!!)
20:20 Publié dans Les humeurs de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : chefs, boulot, fonctionnaires
