dimanche, 29 mars 2009

Histoires d'eau

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Hier, à l’initiative de la World Wildlife Foundation, le monde entier (ou une bonne partie) coupait l’électricité pendant une heure. Résultat enregistré, -1% de consommation en France par rapport aux chiffres habituels à 20h30 sur l'hexagone.

 

Eh ben TiNours et Lancelot, ils ont fait encore mieux.

 

Une heure d’EDF en moins : quelle idée ! Nous avons eu une idée encore plus grandiose : 48 heures de consommation d’eau réduite au strict minimum. Plus rien ne sort des robinets. Il faut aller chercher quelques seaux d’eau au puits (ou presque...). La vaisselle se fait à la bouteille. La douche, interdite : on utilise des gants de toilette dans un lavabo rempli à moitié. La lessive, tant pis, elle attendra.

 

Bien sûr, c’est une initiative que nous avons prise contraints et forcés, mais, au final, seul le résultat compte, non ?

 

Tout a commencé lundi dernier : il y avait une petite fuite bizarre dans le garage. Examen fait des tuyaux, cela semblait provenir de la conduite d’eau chaude. Qu’à cela ne tienne, une petite soudure et ça repart.

Hélas, la petite soudure a recommencé à laisser perler, filtrer, couler de l’eau dans la journée de vendredi, jusqu’à ce que la conduite explose en cataractes. Je n’étais pas là,  parti aux courses. Par chance, TiNours venait de finir de prendre sa douche, et s’est précipité, armé de serpillières, raclettes, seaux, et tout ce qui va avec. Après avoir, bien sûr, coupé l’alimentation en eau de toute la maison.

 

Bon, il n’était plus question de soudure à la sauvette. Notre Hans national, contacté, ne pourra pas venir refaire le tuyau avant lundi soir. Il a sa vie aussi, c’t’homme, c’est sûr. Eh ben, en attendant, on a tout de même de la chance : nous avons une autre source d’eau au fond du jardin, qui ne dépend pas de l’alimentation en eau potable. Il faut aller remplir des seaux. Bon, c’est plutôt amusant, non ? Ca rappelle l’époque des pionniers...

 

Eh oui, sauf que... La météo s’en mêle, histoire de compliquer les choses. Alors que toute la semaine avait été radieuse, hier samedi il s’est mis à tomber des trombes de pluie. Littéralement. De quoi on se plaint ? On voulait de l’eau, Dieu nous en envoie ! Sauf que : nous, on en voudrait à l’intérieur, et on nous en sert à l’extérieur.

 

Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c’est délicieux de courir sous la pluie pour aller remplir des seaux et des jerricanes à l’autre bout du jardin, de rentrer tout « trempassassé », en faisant attention à ne pas faire déborder les seaux, et en laissant malgré tout des traces partout sur le beau sol bien propre, pour s’apercevoir 10 minutes après qu’il faut retourner en chercher parce que la vaisselle, après l’avoir lavée, il faut la rincer....

 

Et puis, bien sûr, l’eau, pour certaines choses (plats gras par exemple...) il faut la chauffer....

Et il faut aussi faire la vaisselle à deux : l’un verse les marmites d’eau (chaude ? trop ? pas assez... ?), l’autre maintient les ustensiles de cuisine sous la cascade. Là aussi, faire attention à ne pas éclabousser partout.... faire couler doucement, doucement....

 

Le pire, c’est lorsqu’on veut se rincer les mains : on a dû machinalement ouvrir mille fois le robinet et ponctuer ça d’un « Merde ! c’est vrai... » désespéré au cours du week-end (et ce n’est pas fini...). On a utilisé énormément de Sopalin... Ah et puis j’oubliais de vous parler des WC, où l’on a entreposé un énorme arrosoir.... qu’il faut retourner remplir régulièrement... Je vous passe les détails....

 

Mais ! A quelque chose malheur est bon. C’est tellement horrible de devoir ressortir chercher de l’eau, qu’on l’économise au maximum ! On ne se rend compte de la dépendance que l’on a par rapport au robinet, ou à l’interrupteur électrique (ça, on avait testé il y a quelques semaines aussi, lors de la panne géante du samedi après-midi...) que lorsque l’on n’y a plus accès. Je serais très curieux de pouvoir comparer notre consommation d’eau de ce week-end  très spécial, à celle que nous faisons d’ordinaire. Hélas, impossible.

 

Il n’empêche, on positive : nous aussi avons œuvré pour la planète, à notre façon, et on s’est musclés en allant remplir nos seaux et nos arrosoirs. Pas trop loin, je dois le confesser. J’ai honte quand je repense à ce reportage que j’avais vu il y a un ou deux ans, sur une femme en Erythrée qui partait tôt le matin pour aller chercher de l’eau à un puits distant de plusieurs kilomètres, et ce quotidiennement.

 

Chap'eau bas.

 

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jeudi, 26 mars 2009

L’illusionniste et le clown.


podcast

 

 

.

 

  

Silence.

 

Silence

 

Silence

 

Silence...

 

Le Clown :Alors, qui se lance le premier ? 

Silence.

Le Clown : Bon, ben puisqu'apparemment tu préfères que je commence, ce sera moi. 

L’Illusionniste : Oui, parce qu’au fait, pourquoi ce serait à moi d’entamer encore un dialogue ? 

Le Clown : Tout simplement parce que si aucun de nous deux ne le fait, la communication ne sera plus du tout possible. Elle sera rompue. 

L’Illusionniste : Eh bien, à toi l’honneur de commencer alors. La communication, ce n’est pas moi qui l’ai rompue. 

Le Clown : Je pourrais te répondre que si. Je pourrais te répondre qu’il suffit de regarder derrière nous. Tout est écrit, tout est là, noir sur blanc. Les dates, les jours, les heures. Gravés, répertoriés, enregistrés. Que c’est bien moi qui t’ai parlé le dernier. Mais ce sont des comptes d’épicier, bien vulgaires. En utilisant cet argument, je me mettrais dans mon tort. Sur la forme. Même si j’ai raison sur le fond. Mais la forme, elle compte toujours plus que le fond.

L’Illusionniste : Non, tu te trompes sur le fond aussi. Souvent je me suis approché de toi, en silence. Je t’ai regardé te maquiller, enfiler tes habits de scène, aller faire ton numéro, revenir, te démaquiller. C’était important pour moi. Te voir.

Le Clown : Oui, tu me regardes, mais tu ne m’adresses jamais la parole. Enfin, tu ne l’as pas fait depuis des semaines, des mois, même.

L’Illusionniste : Est-ce que c’est si important, que je m’adresse directement à toi ? Je te regarde, c’est bien une preuve du fait que tu comptes pour moi, non ? Et toi, es-tu revenu chez moi, me voir ?

Le Clown : Plusieurs fois, oui. Pour admirer tes tours. Magnifiques. Celui du voile magique, par exemple. Tu l’agites au-dessus d’une cage de canaris, ils se transforment en poissons rouges. Tu le fais à nouveau voleter au-dessus du bocal, et les poissons rouges s’envolent, redevenus canaris...

L’Illusionniste : Alors pourquoi ne te manifestes-tu pas quand tu viens me voir ? Ou bien, si tu préfères, quand tu viens voir mes tours ?

Le Clown : Je suis caché dans la foule, qui applaudit à tout rompre. Tu es dans le cercle de lumière, je reste dans le noir. Mes applaudissements ne changeraient rien à tout cela, tu n’as pas besoin d’eux.

L’Illusionniste : Ils me prouveraient au moins que tu as de l’intérêt, de l’affection, de l’amitié pour moi.

Le Clown : L’affection ne peut-elle se passer de preuves ? Ces preuves-là sont donc si importantes pour toi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

L’Illusionniste : Parce que c’est bon d’être aimé.

Le Clown : Tout le monde pense cela, mon grand. Tout le monde adore ça, être aimé. C’est banal. Mais très peu, très peu de gens ont suffisamment d’amour en eux pour faire taire leur fierté, et accepter de dire, de montrer, qu’ils aiment, eux les premiers. Faire le premier pas. On en revient toujours là.

L’Illusionniste : En attendant le second ? Le pas que celui d’en face ne fait pas non plus ? Ca tourne en rond, ça bloque.

Le Clown : Exactement. J’appelle ça le jeu de « Cours après moi que je t’attrape ». Tout le monde attend. Personne ne veut avancer le premier. Pendant ce temps, tout ce qui a fait la beauté d’une relation s’étiole, se fossilise, meurt tout doucement.

L’Illusionniste : Oui mais toi aussi, tu y joues, à « Cours après moi que je t’attrape » ! On continue à décrire des cercles qui ne nous mènent nulle part, là.

Le Clown : C’est vrai, on tourne en rond, sur notre piste de cirque. Nos numéros plaisent peut-être, à des publics différents. Mais dans le spectacle du cirque tel qu’il est conçu, le Clown et l’Illusionniste ne sont pas censés se rencontrer, jamais.

L’Illusionniste (souriant) : Jamais ? Tu en es bien sûr ?

Le Clown : Oui, bien sûr. J’ai accepté de figurer dans l’un de tes tours, autrefois. De te servir d’assistant pour le numéro du cercueil. Me faire enfermer dans une boîte clouée, cadenassée, avant d’en ressortir, par magie.

L’Illusionniste : Ne prends pas ton air de victime. C’était toi qui l’avais voulu. Tu en es sorti vivant et en bonne santé apparemment, non ?

Le Clown : Mouais. Faut pas être très malin pour se laisser barricader dans un cercueil. Mais, putain, qui est jamais parvenu à s’en extirper sans ôter un seul clou ?

L’Illusionniste (souriant encore) : Ben... toi. Avec mon aide.

Le Clown (souriant en retour, ironiquement) : Certes. L’aide des illusions. Désillusions. C’est là ton métier.

L’Illusionniste : Ecoute, tu ne vas pas recommencer !

Le Clown : Non, ne t’en fais pas. C’est peut-être pour cela, justement, que j’ai cessé de me manifester chez toi. Je ne veux plus « recommencer ».

L’Illusionniste : Alors pourquoi ce dialogue, aujourd’hui ? Qu’est-ce que tu veux de moi exactement ?

Le Clown (tristement) : Quelque chose d’impossible. Quelque chose que nous n’aurons jamais. Te voir chez moi. T’entendre. Pouvoir te sourire. Te faire rire. Avoir des signes. Oh, pas trop souvent. De temps en temps.

L’Illusionniste (réprimant son agacement) : Je veux exactement la même chose, tu sais.

Le Clown : Tu es sincère, en ce moment. Mais en ce moment seulement. Cependant, ce que tu dis est faux, même si tu es de bonne foi maintenant. Plus que tout, ce qui nous différencie, c’est la chose suivante : tu sais oublier le passé au profit du présent. Moi pas. C’est un avantage énorme que tu as là sur moi.

Mes farces, mes cabrioles n’amusent qu’un temps. Quand mon spectacle est fini, le public ressort avec une sensation de détente, agréable mais éphémère. Tes numéros à toi, tes illusions, ils attirent, ils fascinent. Les gens en redemandent. Moi aussi, je l'avoue, j’en redemande. Même si je t’ai côtoyé en coulisses, même si je connais les trappes dissimulées, les miroirs aux alouettes, les cachettes où tu escamotes les objets. Je sais. Mais je suis comme les autres, j’aime bien ton spectacle. J’aimerais en revoir de petits extraits, à domicile. Te voir faire surgir une fleur, ou une souris blanche, ou même juste (que dis-je 'juste'...? surtout !) un sourire, et me l’offrir, rapidement, avant de disparaître à nouveau.

L’Illusionniste (fermant les yeux d’un air las) : Tu attends tellement de choses...

(Silence)

L’Illusionniste (lentement, pesant ses mots) : Est-ce qu’il t’est arrivé de penser que si je ne viens plus chez toi, ou, en tout cas, si je viens bien moins souvent, c’est aussi parce que... parce que... parce que tu ne me fais plus rire. Parce que ton numéro est usé. Parce que je te connais, avec ou sans maquillage, et que moi je n’ai plus envie d’en redemander. Que je préfère passer à autre chose...

Silence

Le Clown (les yeux baissés, très très bas) : Oui. J’y ai pensé.

L’Illusionniste : (très bas aussi) : Et ça, je n’y peux rien...

Le Clown : Non, tu n’y peux rien.

L’Illusionniste : (gentiment) Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Tu sais que je t’aime bien, et que je ne cherche pas à te blesser en ce moment.

Le Clown (pauvre sourire) : Ben peut-être qu’un jour, t’auras un coup de nostalgie. Ca prend sans prévenir, ces trucs-là. Et peut-être qu’entretemps j’aurai renouvelé mon numéro ! Remplacé le nez rouge par un nez vert ! Je ne jetterai plus de tartes à la crème à la tête des gens, j’aurai trouvé un autre moyen, plus artistique, pour les faire voltiger, les tartes...

L’Illusionniste (dubitatif, mais amusé malgré lui) : Mouais, peut-être....

Le Clown : (envolée lyrique) : Et si un jour au sortir d’un de mes futurs nouveaux numéros, je te retrouve dans ma loge, on pourra peut-être retrouver assez de force en nous pour aller boire un coup à deux, comme au bon vieux temps.

L’Illusionniste : « Le bon vieux temps »... on avait pris l’habitude de se retrouver à quelle heure, déjà ?

Le Clown (gaieté forcée) : Chut... Faut pas réveiller le passé quand il est profondément endormi....

L’Illusionniste  (entrant dans son jeu) : Ah ouais, t’as raison...

Le Clown : Les heures du bon vieux temps, elles n’ont plus cours aujourd’hui.

L’Illusionniste : (faussement solennel) : Requiescant in pace !

Le Clown : Ca m’a fait plaisir de pouvoir te coincer ici, entre deux portes virtuelles. Dans un moment qui n’existe pas. Mais ça n’a pas d’importance, tout ça : tes illusions, mes cabrioles... mes pitreries, tes tours de passe-passe.... nos errements mutuels. Ce monde, cette arène, vide ce soir, qui ne sont qu’un écho lointain de nos vies. On s’est vus si peu au-delà de la scène, par-delà les coulisses, à l’extérieur du chapiteau. Des moments qui ont été si rares. Et si précieux. Pour moi en tout cas. Je ne les oublierai pas, ceux-là.

L’illusionniste (souriant) : ..................................

Le Clown : Allez, file. Bisou

L’illusionniste : Bisou.

 

 

mercredi, 25 mars 2009

Devinette !

Où Lancelot se cachait-il dans cette photo, prise il y a ... quelques années.... ?

 

 

 

 

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dimanche, 22 mars 2009

Du rose au jaune, ou : les couleurs du temps (2)

Non, ce n’est pas de fleurs qu’il s’agit, malgré l’arrivée du printemps.

 

b610e1166d4f1fb3a0c71d430aca92f4.jpgIl y a 15 mois, en janvier 2008, je faisais ici le serment de modifier avant la fin de l’année notre hall d’entrée et notre couloir, qui, bien avant que nous n'emménagions, avaient été badigeonnés (au torchon, qui plus est !) dans un rose tyrien horrible. Affreux. Epouvantable. A vomir. Chaque fois que de nouveaux invités arrivaient chez nous, j’avais honte de les faire passer par  cette « cage » horrible, le rose accentuant l’impression d’exiguïté.

 

ce36de6e0b00d8893c8254f803915516.jpgCa y est. C’est fait. Depuis bientôt un mois. On ne savait pas trop à quel entrepreneur s’adresser. Un peu comme pour un médecin, un conseiller fiscal, un notaire : tout ce qui touche à la vie intime, je n’aime pas le mettre entre les mains d’étrangers, voilà pourquoi j’apprécie de pouvoir avoir des amis appartenant à ces catégories socio-professionnelles. Et puis, quoi de plus intime que sa propre maison ?

 

Miss B. qui bosse avec moi, vit avec son mec, Hans, un Allemand qui sait tout faire. Mais quand je dis tout, c’est bien TOUT. Peinture. Plomberie. Electricité. Toitures. Réparation mécanique. Ferrer un cheval. Egorger un cochon. Faire du pâté. Elaguer des arbres. Les traiter. Les replanter. Pardessus le marché, il parle couramment trois langues et est un as en informatique. Eh oui, Msieurs-Dames, ça existe, des perles pareilles.

 

Alors, à force d’entendre vanter les capacités polyvalentes de Hans, j’ai demandé à Miss B s’il ne voulait pas venir faire un devis chez nous. Ils sont venus avec leur petite fille, le soir du samedi de la coupure de courant, vous vous souvenez ? Et après nous avoir fait parvenir un devis très raisonnable, Hans a débarqué chez nous, au début des vacances de février, pour la Grande Guerre du Rose et du Jaune. Avec victoire de ce dernier.

 

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Pourquoi jaune ? Ben, d’abord c’est une couleur que j’ai toujours bien aimée. Ensuite, on voulait donner un côté lumineux à l’entrée et au couloir, pour les faire paraître plus vastes, moins exigus. Enfin, on ne voulait pas de blanc, pour éviter la sensation « hôpital ». On avait déjà repeint chambre et bureau nous-mêmes en blanc, il y a deux ans (après avoir arraché des tapisseries saumon et verte...) en égayant l’ensemble avec des pochoirs. Alors, du blanc partout, non. Pour donner de la lumière, il restait le jaune clair, avec des variations de nuance autour des portes : qu’en pensez-vous ? Bien sûr, il va falloir qu’on rajoute des décorations et des cadres ici et là, mais déjà notre moral s’améliore lorsqu’on rentre à la maison. On est tout surpris ! Ce que c’est bien par rapport à avant....

 

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Et puis, côtoyer Hans pendant trois semaines, ça a été un véritable plaisir. Quelquefois il amenait des plats cuisinés, et tenait absolument à les partager avec moi. Ou bien, quand TiNours était là, on se faisait des bouffes sympas à trois, avant sa pause-cigarette. J’aimais bien l’écouter. Un ex-soixante-huitard dans toute sa splendeur. Catogan, vêtements décontractés. Il a roulé sa bosse en Europe, il a retapé de vieilles maisons dans des coins perdus de Dordogne, de Lozère. Des chiens, des chèvres, etc. Il a été marié une première fois. Il a deux grands enfants. Maintenant, il s’est reconstruit une autre vie avec Miss B, ils ont une petite fille, adorable. L’autre jour, en écoutant aux informations l’histoire de Xavier Fortin, je l’imaginais trait pour trait semblable à Hans.

 

On l’a tellement apprécié, qu’on lui a laissé les clés de notre maison pendant notre semaine de vacances à Nice. Et puis, il va falloir refaire une partie du toit. On a pris rendez-vous pour un nouveau chantier ! Un vrai bonheur  de se dire qu’on a trouvé un « ouvrier » sérieux et  fiable.  Et marrant.  Mais aussi et surtout, un ami avant tout.

 

Etre un manuel polyvalent. Une lacune chez moi, que je ne saurai jamais combler. J’admire ça chez les autres. Chapeau bas, Msieur Hans. On espère vous conserver longtemps parmi nos potes.

 

 

Pour conclure en persistant dans l’optimisme, j’ai repris la même photo que celle que j’avais publiée le 5 janvier 2008, depuis la fenêtre de mon bureau, en vitupérant sur ‘les couleurs du temps’. Bien plus sympas aujourd’hui, les couleurs en question, n’est-ce pas... ?

 

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samedi, 21 mars 2009

500 euro-secondes chrono

Tagué par ma Boubou ! Alors le sujet de dissertation est le suivant :

 

« Écrire un article relatant ce que vous feriez s’il vous restait 500 euros et 500 secondes à vivre. Vous avez carte blanche, que ce soit en 500 mots ou en 500 lignes, laissez libre court à votre imagination. »

 

 

500 secondes, c’est hyper-court, ça fait 8 minutes 20 exactement. Même pas le temps de faire un petit voyage, d'aller (re)voir un film qu’on a aimé, de s’asseoir autour d’un bon repas avec ses amis,  d'écrire une dernière lettre, un dernier texte. Non, même pas.

 

Dans ces conditions, que faire de l’argent ? Non mais, tout de même pas convertir la somme en piécettes pour aller m’amuser aux machines à sous.... ? Et puis, j’ai toujours détesté les jeux de hasard, la chance ne me sourit jamais pour toutes ces bêtises. D’ailleurs, même si je gagnais le gros lot, qu’en faire puisque l’horloge tourne ?

 

Offrir les 500 euros à une association humanitaire ? La somme serait un peu mesquine et dérisoire... Pour que ça m’amuse vraiment lors de mes derniers instants, je pourrais brûler les billets... Mais, passer ces précieuses ultimes secondes à contempler tristement un feu qui consume de bêtes petits bouts de papier racornis, beuh...

 

A moins que...

 

 

Ca y est : j’ai trouvé.

 

  

Une utilisation rationnelle des petites coupures.

 

  

Une gestion du temps qui peut (raisonnablement...) occuper huit minutes vingt.

 

  

C’est ici :

 

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Et Lancelot meurt, sinon heureux, du moins satisfait de ses derniers instants....

 

 

Ah oui, j’allais oublier qu’il faut que j’exprime mes dernières volontés avant de mourir. Mais comme vous le voyez sur la photo, je suis tellement occupé, mon oubli est bien pardonnable. Je tague donc, en vrac : Christophe, Calyste, Kab-Aod, Valérie de Haute-Savoie et Olivier Autissier.

 

 

 

Maintenant, veuillez respecter mes dernières minutes de tranquillité SVP.... L’instant est au requeuillement....

 

jeudi, 19 mars 2009

Benoît, Christine et les capotes

Suite aux déclarations béates du Saint Père à son arrivée sur le continent africain, qui ont suscité un tollé général, sur le fait que l’utilisation des capotes « aggraverait » le problème du Sida (lisez entre les lignes : « en facilitant la promiscuité »), notre chère Muse Française de la Droite Catho Bien-Pensante a été interrogée sur cette sortie :

 

 

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« Que pensez vous des propos de Benoït XVI sur le port du préservatif ? »

« Je pense que ce n’est pas drôle de mettre un préservatif quand on fait l’amour »

 

Encore moins si c’est avec elle qu’on l’enfile, j’imagine.

mardi, 17 mars 2009

"He became blond as the sun... our son"

J’étonne quelquefois des gens en citant de mémoire de longs extraits de livres, ou des dialogues de films. Ce don n’est en fait tout bêtement que le fruit de répétitions. Si un bouquin m’a plu, il m’arrive fréquemment d’en relire mes passages préférés. Pareil pour les films : je repasse en boucle. Vive l’ère de la vidéo : les magnétoscopes et lecteurs DVD ont rendu possible ce qui ne l’était pas il y a trente ans.

Il se peut qu’un film m’ait plu pour une seule et unique scène. C’est rare mais cela arrive. Je peux rester fasciné par une musique de fond, l’expression d’un  regard, une tonalité de voix. Une pause, un silence, même. Considérer l’ensemble comme une sorte d’œuvre d’art, même séparée de son contexte. Je connais l’histoire, ce qui se passe avant et après : seule la scène que j’aime est importante.

 

woolf.jpg« Who’s Afraid of Virginia Woolf » est une pièce d’Edward Albee, montée pour la première fois en 1962. Elle avait reçu nombre de récompenses, dont un Tony Award en 1963, malgré l’opposition d’une partie de la critique qui jugeait choquantes les allusions sexuelles y figurant.

L’histoire est celle d’une soirée dans la vie d’un couple. George est professeur en université, Martha est la fille du doyen. Ils sont mariés depuis des années, et se détestent cordialement, du moins en apparence. Leur seul plaisir semble être de se disputer, s’insulter, s’humilier mutuellement à travers une série de « jeux » basés sur des échanges verbaux tous plus affreux les uns que les autres. Ce soir-là, après un repas entre collègues qui a déjà été copieusement arrosé, ils invitent un jeune professeur nouvellement nommé, et sa jeune épouse, à boire « un dernier verre » chez eux. L’alcool, l’énervement, la fatigue aidant, George et Martha vont affiner leurs jeux sadiques jusqu’à l’extrême et y faire participer leurs hôtes, tour à tour intéressés, décontenancés ou dégoûtés. L’ensemble peut être considéré comme une psychanalyse de groupe poussée à l’extrême.

 

L’adaptation cinématographique de Mike Nichols a été tournée en 1966, avec Liz Taylor et Richard Burton dans les rôles principaux. Le film, tout comme la pièce, est une telle accumulation de cris, disputes, mais aussi de méchanceté et de violence morales extrêmes, qu’il peut paraître difficilement supportable. Je l’avais montré une fois à TiNours, qui avait détesté ça.

 

Je dois dire que, tout en ayant apprécié la pièce et ses messages symboliques (je l’avais étudiée en 2° année à la fac), je trouve également le tout très dur, voire insoutenable par moments. Je n’ai dû regarder le film que trois fois. Mais il y a à la fin une scène qui me fascine. Martha, femme égoïste, haineuse, vindicative et sarcastique, a fait de son mari son souffre-douleur. George est professeur, écrivain raté, et sa méchanceté peut très bien surpasser celle de son épouse. Or, ces deux êtres qui ont tout manqué dans leur vie, dans leur couple, ont créé, pour se consoler, un secret : leur fils. N’ayant pu avoir d’enfant, ils s’en sont inventé un. Un garçon beau, tendre et parfait, miracle au cœur de l’échec de leur union. Ils l’évoquent entre eux, seuls, quelquefois, dans leurs rares moments de tendresse. Tous les rêves qu’il incarne, tous les phantasmes de perfection qu’il personnifie sont autorisés. Il existe cependant entre les époux une seule règle, à respecter : ne jamais mentionner ce fils devant des étrangers. Or, ce soir-là, Martha enfreint la règle et parle de lui aux invités. Ayant été repoussé, humilié, ridiculisé, George, pour se venger, décide de contre-attaquer en inventant un accident qui fait mourir l’enfant, devant témoins. Cet enfant auquel sa femme tient tant, il le tue, par la parole, ce soir-là. Punition et exorcisme, dont les deux parents sortiront brisés, mais aussi, d’une certaine façon, épurés. Peut-être sauvés.

La démarche peut paraître étrange et tortueuse. D’un point de vue réaliste, la « présence » de cet enfant pendant 21 ans (16 dans le film) est impossible. Mais la structure allégorique prend le pas sur le réalisme, car toute représentation théâtrale est irréaliste. Peu importe. J’oublie volontiers les aspects psychanalytique, ou allégorique, pour m’intéresser à la scène où Martha, poussée dans ses derniers retranchements par George, se met à évoquer cet enfant tel qu’elle l’a désiré, conçu, aimé, et finalement seulement imaginé. Dans le film, cette scène est bouleversante.

 

Liz Taylor, vieillie, grimée et grossie pour le rôle, donne à son personnage une grandeur et une force que Martha ne possédait peut-être même pas au départ. Son évocation de l’enfant, commencée comme un rêve brumeux, gagne peu à peu en intensité pour devenir  poignante : l’enfant imaginaire prend vie dans sa voix, existe dans son regard, renaît dans ses gestes.

 

La mise en scène de Nichols est parfaite également : la caméra reste braquée en gros plan sur le visage de l’actrice, pendant que les répliques de George, sorte de psychanalyste pervers, se font entendre en voix off. Insensible aux provocations et aux moqueries, Martha laisse tomber son masque de virago impitoyable pour se transformer en mère aimante et bouleversante. Peu importe, au final, que l’enfant qu’elle évoque soit imaginaire. Son amour à elle est bien réel. Et le déchirement que son mari lui fera subir par la suite d’autant plus dur.

 

L’autre jour, en préparant mes notes pour travailler sur la Mégère Apprivoisée, j’étais allé fureter sur YouTube, pour trouver des extraits du film de Zeffirelli, avec le même couple d’acteurs mythiques. Voilà comment, à cette occasion, j’ai pu revoir l’extrait du film adapté de la pièce de Albee, dont je parle aujourd’hui. Le registre n’est bien sûr pas le même, quoiqu’il est amusant de remarquer que les deux pièces parlent de rapports violents au sein d’un couple, et Albee fait allusion à une scène de ‘Taming of the Shrew’ sur la fin. Mais Liz Taylor y est, selon moi, au summum de son talent. Si visionner l’extrait en entier vous ennuie, positionnez le curseur sur 4 :30 pour n’avoir que son monologue.

 

 

Martha : Our son was born on a September night, a night not unlike tonight, though tomorrow, and sixteen years ago. It was an easy birth…

George :No Martha no, you labored, how you labored…

M : It was an easy birth, once it had been accepted and relaxed into.

G : Ah that’s better…

M : It was an easy birth, once it had been accepted. And I was young, and he was healthy. A red, bawling child…

G : Martha thinks she saw him on the delivery.

M : …with slippery firm limbs, a full head of black, fine, fine hair, which only later, later, became blond as the sun, our son….

G : He was a healthy child

M : And I had wanted a child, oh I had wanted a child

G : A son, a daughter ???

M : a CHILD ! A child… I had my child

G : “our” child…

M : OUR CHILD… We raised him. Oh yes we did, we raised him. And he had green eyes, such green, green eyes….

G : Blue, green, brown…?

M : He loved the sun, and he was tan before and after everyone. And in the sun his hair became fleece. Beautiful, beautiful boy….

G : Absolve, Domine, animus omnium fidelium defunctorum ab omni vinculo delictorum.

M : So beautiful, so wise…

G : All truth being relative.

M : It was true : beautiful, wise, perfect !

 

 

samedi, 14 mars 2009

Airport Horror

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La seule fausse note du voyage en Angleterre, ça a été le retour, à l’aéroport de Stansted.

 

Depuis l’attentat du World Trade Center (« Nine eleven » comme ils disent) les consignes de sécurité se sont durcies. Mais dans certains pays plus que d’autres : les pays anglo-saxons, bien évidemment.

 

J’avais déjà prévenu Betty et les autres de ce qui m’était arrivé en Irlande l’an dernier : je m’étais fait confisquer un pot de confiture au whisky, parce que je l’avais dans mon bagage à main. Il aurait fallu le mettre dans le sac en soute. Betty a pensé qu’elle pouvait tenter le risque avec un pot de lemon curd de chez Harrods : bernique, au panier. Des tas d’élèves se sont aussi fait racketter de cette façon-là. Pas de récipients en verre autorisés, ni de bouteilles (même en plastique) pouvant contenir des liquides. On peut en acheter, en revanche, dans la zone du Duty-Free. Ils doivent penser que c’est plus sûr. Ou bien que l’origine du crime serait plus « traçable » si par hasard quelqu’un venait à lancer un cocktail molotov dans l’avion.

 

Fouille_a_l_aeroport.jpgEt puis, lors du passage aux portiques, on en embête davantage certains, dont les têtes doivent attirer la poisse. Dont votre serviteur. Alors que la plupart des bagages à main des autres passaient sans encombre, j’ai eu droit à un déballage en règle de tout le contenu du mien. L’employée m’a confisqué ma mini-bouteille d’eau minérale. J’ai voulu en boire une dernière gorgée avant qu’elle ne file à la poubelle. Non, pas question. (et si le liquide qu’elle contenait allait me transformer en loup-garou pendant le vol ???) Et puis, mon portable (enfin, celui que TiNours m’avait prêté, car je continue rageusement à ne pas vouloir en posséder un à moi), et mon lecteur mp3 ont été emportés sur un plateau d’hôpital pour être soigneusement scannés. On doit répondre à des questions idiotes « Avez-vous prêté votre lecteur mp3 à quelqu’un dans l’aéroport ? » (des fois qu’un acolyte à BenLaden en aurait profité pour y glisser une énorme bombe, ou un kilo d’arsenic...).

Sans compter que physiquement, tous ces contrôles, je les trouve hyper-stressants : avant de passer le portique, il faut te débarrasser de ton manteau, de ta ceinture, de tes chaussures, même, tout en faisant vite parce que d’autres attendent, et en gardant passeport et carte d’embarquement à la main, et attention à ne rien perdre ! Garder un œil sur tes affaires tout en répondant aux questions (parce que si quelque chose se perd, tu ne pourras pas réclamer car tu en seras tenu pour responsable, n’est-ce pas, John ?), et conserver le sourire et répondre sur un ton calme et mesuré, de peur qu’il ne leur prenne la lubie de te garder pour un interrogatoire plus approfondi et que tu rates ton avion.

 

J’étais à peine sorti de toutes ces tracasseries, je me rhabillais et je récupérais mes chaussettes éparpillées partout quand j’ai vu que Marinette, une élève, était dans la même situation que moi. On lui faisait tout déballer. Sa situation à elle était plus dramatique, car elle ne capte rien en anglais. (C’est ma faute, je suis l’un de ses profs). Peu importe, je vole à son secours :

-Mouvement numéro 1 : Andante ! Ecarter du comptoir les autres élèves qui rouspétaient comme ils savent si bien le faire « Ouais c’est pas juste » « Mais qu’est-ce qu’ils lui veulent à Marinette ? » « Eh m’sieur, c’est dégueulasse... » Chut chuuut : je les calme, je leur dis de s’éloigner du comptoir bien gentiment.

-Mouvement numéro 2 : Allegro ma non troppo : au fur et à mesure que l’employé posait ses questions débiles à Marinette, je lui faisais la traduction simultanée. Tout ça pour m’entendre dire, au bout de 2 minutes “I’m talking to the young lady, sir, not to you” “Well I’m her teacher…” Teacher ou pas teacher, il s’en tapait, l’autre. Alors pour la suite je me contentais de lui souffler en douce les réponses, à Marinette : “Yes” ou “No” discrètement dans le creux de l’oreille...

ravissante-idiote-298x300.jpg-Mouvement numéro 3 : Fortissimo ! Quand l’employé demande à Marinette si elle a prêté son mp3 à quelqu’un, je souffle « No » et cette CONNE  répond « Yes » !!! Je l’aurais tuée, TUEE ! Il ne nous restait plus que dix minutes avant l’embarquement et je nous voyais déjà passer tous les deux à la fouille au corps !

« Quand j’ai voulu sauver le petit cul à Marinette, la belle la traitresse avait dit « oui » au douanier !

Avec ma traduction j’avais l’air d’un con, ma mèèère, avec ma traduction j’avais l’air d’un con... »

Bon, heureusement, il a fini par croire mes dénégations frénétiques, le Monsieur. Après ça il a fallu aider Marinette à tout refourrer dans sa valise, en lui parlant d’un ton apaisant : « Ne t’énerve pas... Ne panique pas... » pendant qu’elle m’expliquait très ingénument, les larmes au bord des cils, qu’elle croyait que le douanier lui demandait si le lecteur mp3, elle l’avait prêté à quelqu’un d’autre au cours de sa vie, et pas seulement dans l’aéroport...  Il y a des baffes qui se perdent....

 

Pour finir, je voudrais préciser : je comprends parfaitement que la règle soit à la vigilance, voire à la paranoïa. J’admets très bien qu’on me radiographie des cheveux aux orteils, et qu’on me fasse déballer mes slips et mes brosses à dents sur un tapis roulant. Je veux bien abandonner mes bocaux de confiture et de lemon curd, et accepter de crever de soif pendant le vol retour, parce qu’après les contrôles on n’a pas le temps de passer s’acheter une canette de Perrier au Duty Free. Je veux bien passer sur tout ça.

Mais ce que je n’accepte pas, c’est qu’on soit désagréable avec moi pendant tous ces contrôles. Or, les employés de Stansted sont éminemment et profondément infectes.

Ils sont soumis à des pressions, ils sont stressés  et ne font pas un travail de tout repos. Et les compressions de personnel augmentent leur taux d’adrénaline. Peut-être, mais alors ils doivent comprendre que celui des voyageurs en transit augmente, lui aussi.

 

gbrownDM0709_468x334.jpgEn arrivant à Stansted, nous avions voulu aller à l’enregistrement et nous avons été confrontés à une chose qu’aucun de nous, ni élève ni prof, ne connaissions : le délivrement automatique, par des bornes, de nos cartes d’embarquement. Plus d’employé pour ça. Betty arrive avec notre liste de noms (nous étions 29) et demande à une employée à tête de GestapoFrau où nous pourrions... « Il faut aller à la borne » « Mais nous sommes 29... » « Il faut aller à la borne »

Alors on y va, Betty tape notre numéro de réservation, et puis son nom,  le premier de la liste (5 minutes bouffées, avec les lenteurs informatiques) pour que l’écran lui fasse joyeusement clignoter que son nom ne figure pas sur la liste du vol. Evidemment, un ordinateur, ça ne comprend pas si on met un espace ou un S en trop en tapant sur le clavier. On retourne voir la Gestapo Frau, qui nous dit que « Yes, even if vous êtes 29 you must passer par les bornes » et là j’interviens en lui demandant « OK but comment ça se fait que Betty can’t see her name on the screen when elle le compose ? »

Et là elle m’a dévisagé froidement et m’a répondu « You don’t have to talk to me like that »

 

dscn9029.jpgJe la retiendrai longtemps, cette réplique. Je n’avais pas l’impression d’avoir été particulièrement agressif, je demandais simplement des explications qui me paraissaient nécessaires, vu l’urgence de la situation : 29 personnes à faire passer sur des bornes qui déconnaient, à raison de 5 minutes par personne, on était bien barrés pour rater l’embarquement, même en étant en avance ! Ce système peut paraître simple quand on voyage à deux ou trois, et qu’on a l’habitude du maniement de ces conneries, mais pour un groupe, c’est l’enfer.

Bon, on s’en est sortis, en squattant 4 bornes à la fois (tant pis pour les autres passagers) et en mettant des élèves sur le coup pour nous aider.

 

Indépendamment de tout ça, la phrase « You don ‘t have to talk to me like that » m’a longtemps tourbillonné dans l’esprit.

Je n’ai pas l’impression d’être si agressif que ça dans ma manière d’être, mais il y a toujours un décalage énorme entre ce que l’on croit renvoyer de soi-même et l’image que les autres en perçoivent.

Et je veux bien me remettre en question. La vraie remise en question : pas celle que tu fais seul face à toi-même, mais celle consistant à intégrer et analyser les reproches que tu peux recevoir des autres, en te disant qu’il y a toujours un petit fond de vérité dans ce qu’on te dit. Même si ce n’est pas vrai à 100% .

Alors, oui, j’ai peut-être été agressif, sans le vouloir. Mais comment répondre autrement à l’agressivité que par l’agressivité, justement ? Ca c’est un truc que je n’ai pas encore appris à faire, même à mon âge.

Cette connasse en tailleur bleu qui nous recevait comme une bande de chiens en nous renvoyant à la borne sans vouloir nous écouter, aurais-je dû m’asseoir à ses pieds, sortir ma guitare et lui chanter « Love me tender, love me sweet... » avant de lui demander si elle voulait bien avoir l’obligeance de nous expliquer pourquoi la borne ne marchait pas.... ?

 

Ben, je devrais peut-être, mais je sais pas faire.

 

Quand dans un restaurant où j’arrive tôt en précisant que je suis pressé et que je dois avoir fini dans une heure trente au plus tard, que je prends la formule pour aller vite, que j’attends 15 minutes, 30 minutes, 45 minutes sans rien voir arriver, que j’ai demandé trois fois gentiment « vous ne nous oubliez pas ? » au serveur pour m’entendre invariablement répondre : « une minute, ça arrive », je n’ai donc pas le droit de péter les plombs au bout de 90 minutes ? Il faudrait que j’apprenne à ressortir  sans gueuler et claquer la porte. Parce que le serveur, il n’y est pour rien.

 

Bon, ça non plus, je ne sais pas faire.

 

Lancelot, il a pas la manière.

Je trouve toujours que le fond est plus important que la forme.

Je sais bien que j’ai tort, mais je suis indécrottable.

Je promets de faire des efforts.

Et de boire de la camomille le soir.

 

jeudi, 12 mars 2009

Sightseeing and shopping : Londres en vrac

Sur Londres, il me reste à évoquer :

 

P2060092.JPG1 1)     La Tate Gallery, où je me suis mortellement ennuyé. Françoise et Paul, eux, étaient très enthousiastes et n’arrêtaient pas de disserter sur les mérites comparés de tel ou tel peintre ou sculpteur abstrait. Betty, plus réservée, avait de temps en temps une remarque à placer, malgré tout. Moi, jamais. Ca a un côté horriblement déprimant. Etre sans cesse à côté de la plaque sur un sujet dont on ne peut faire dévier la conversation, puisque précisément on est dans le lieu qui y a trait. L’art moderne me laisse froid. Le pire, c’est que je ne parle même pas d’aimer ou de détester. Rien, aucun écho. Ou alors, si, mais mes réactions stupéfient mon entourage. Une fois j’ai essayé de m’immiscer dans un tableau qui avait accroché mon regard, représentant une sorte de surface lunaire sombre et dévastée, un peu comme après un bombardement. Au bout de deux minutes, je sentais le malaise (voulu par l’artiste, c’est sûr) se glisser sournoisement en moi. Je me suis amusé avec cette sensation encore quelques secondes et je me suis détourné. Ne pas abuser des choses dérangeantes, même par jeu. Une autre fois, je me suis retrouvé face à une sculpture qui représentait une sorte d’animal avec de la ferronnerie et des boulons pendus à des fils. Dès que j’ai posé les yeux dessus, ça m’a foutu une telle angoisse que j’ai été obligé de quitter la salle, au grand ébahissement des trois autres. Je suis sûr que je ferais les délices d’un psychanalyste. Mais ! Je gère ce style de peurs en évitant ce qui les provoque. Voilà pourquoi je mets rarissimement les pieds dans des galeries d’art moderne.

 

P2070122.JPG2)     Le British Museum, le lendemain, où j’ai eu des sensations exactement inverses. Une matinée d’extase totale. Non seulement le musée regorge de richesses (pillées, bien sûr, hélas, mais je trouve de mauvais goût de faire ce reproche alors qu’on prend son plaisir en s’y promenant), mais en plus le bâtiment et l’architecture sont incroyables. Tout comme pour le Louvre, il faudrait une semaine entière pour pouvoir le visiter de fond en comble tout en en appréciant la richesse culturelle. Nous nous sommes cantonnés aux sections grecque et égyptienne, mais je trouvais scandaleux, au retour, de traverser à toute vitesse l’aile asiatique ou celle dédiée au Moyen-Age en ne faisant que jeter un coup d’œil à toutes ces merveilles qui appellent l’œil, et le cœur, et l’admiration, et le recueillement. J’y retournerai très certainement.

Autre détail d’importance : l’entrée est gratuite. Absolument incroyable, vu la joie que l’ensemble procure. Merci , un grand merci à la politique culturelle du Maire.

 

 

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P2070180.JPG3 3)     Oxford Street. Après la culture, la confiture ! Il fallait bien contenter les fringales de shopping des uns et des autres... Là aussi, je me suis horriblement ennuyé. Acheter, mais surtout essayer des fringues m’assomme, même si, comme tout un chacun, j’apprécie de pouvoir bien m’habiller.  Moi, j’adorerais avoir un tailleur venant à domicile (!). Les seuls magasins où je peux passer des heures et des heures sans me lasser sont les bouquinistes, ou les rayons DVD, CD, livres de la FNAC, de Virgin et tutti quanti. Là, on peut se plonger dans une lecture, l’écoute d’un morceau, et se couper du reste. Les essayages de vêtements dans les magasins, c’est la sensation exactement opposée : on se bouscule, on s’enfile, on se contorsionne, on se boudine dans une réalité physique ! Affreux.

Bon, malgré tout j’ai acheté du thé à l’ananas et à la noix de coco (excellent en boisson rafraîchissante pour l’été, j’ai goûté), des caramels de chez Harrod’s (oui, Harrod’s n’est pas sur Oxford, mais je récapitule simplement mes achats) et puis deux tee-shirts pour TiNours et moi. On pourra se les échanger ! Leur délicieuse vulgarité (surtout pour le deuxième) m’a plu. Le premier porte l'inscription "HOTMALE : try it for free". Le second "Sorry girls, I suck dick". TiNours m'a déjà fait savoir  qu'il était hors de question que je le porte à l'extérieur de la maison... Je me tâte....

 

 

   

 P2080261.JPG 4) Harrod’s, visité l’avant-dernier jour. Dans le quartier de Knightsbridge. J’y étais déjà allé, mais bizarrement, ça ne m’avait pas autant marqué la première fois. Temple de la consommation de luxe. Les produits y sont tous hyper-chers mais on peut se contenter d’y pénétrer simplement pour le coup d’œil. J’y ai donc acheté mes caramels (cf plus haut), Betty un pot de lemon curd qu’elle s’est fait confisquer à l’aéroport (cf note ultérieure...). Le lemon curd, c’est la crème que l’on trouve sur les tartes au citron. Certains en raffolent. Moi aussi, mais pas à la petite cuillère. Avec de la pâte sablée en-dessous, et un glaçage meringué au-dessus, là oui. MIAM.

 

 

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Pas miam du tout : les Anglo-Saxons raffolent de gâteaux à la présentation incroyable, montagnes de chocolat, pyramides de crème blanche, créations artistiques dégoulinantes de beurre, pouvant représenter tout et n’importe quoi. Si c’est beau visuellement, ça ne m’a jamais donné franchement faim....

 

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A Harrods, on  a bien sûr dédié une sorte d’autel commémoratif à Dodi Al Fayed, le fils du propriétaire. Près de lui, la photo de Diana. Et un livre au-dessous pour leur laisser un hommage, une signature. En plein centre de Londres, officialiser ainsi une liaison extra-conjugale, même post-mortem, quelle honte ! Pour les punir, Charles a créé (entre autres produits) une variété de Lemon Curd écologique et naturelle, qui leur fait concurrence. Na. Si si, c’est pas des blagues !

 

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P2090383.JPG5 5)     Covent Garden, le dernier jour, avant d’aller reprendre l’avion l’après-midi. Nous y étions allés, dans cette optique, très tôt le matin (8h45) : les élèves se sont plaints que rien, ni magasins, ni le marché lui-même, n’était encore ouvert, et que nous avons dû repartir tôt, au moment où tous les gens arrivaient pour installer leurs étalages ou ouvrir leurs boutiques ! Mais moi, c’est le style d’ambiance dont je raffole. J’aime les plages désertes en hiver, j’adore arriver tôt dans une salle de classe le matin pour m’y installer avant la cohue, je m’attarde toujours dans une salle de projection quand tout le monde est sorti du cinéma. J’en ai donc profité, au marché de Covent Garden, pour prendre quelques clichés ensoleillés, lors de ces 90 minutes de rêve....

 

 

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6)     Quant aux photos de la relève de la Garde, je vous les épargne : elles n’ont pas grand intérêt, et de plus mes clichés sont mauvais : je n’ai pu m’approcher et bien cadrer, rapport à la cohue. J’ai donc trouvé plus intéressant de zoomer les ‘aficionados’ de la Reine eux-mêmes (si si, elle était là, le drapeau flottait sur Buckingham Palace, mais je n’ai pas été invité à partager une tarte au citron avec elle...). il y avait aussi certains policiers, tous unanimement gentils et souriants, c’est à noter : patients avec les gens qui voulaient les photographier, ou se faire prendre en photo en leur compagnie. A leur place j’aurais craqué cent fois.

 

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Leur amabilité contrastait agréablement (et incroyablement !) avec celle des employés de l’aéroport de Stansted, d’où nous sommes repartis. J’en reparlerai dans ma prochaine note, pour clôturer le récit du voyage londonien.

mardi, 10 mars 2009

Apprivoisée ou pas, telle est la question

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C’est le mercredi soir que nous sommes allés au Novello, dans le quartier de Aldwich. Le théâtre est très beau, aménagé à l’italienne, avec des étages et une vue plongeante vertigineuse sur la scène. Nous étions placés en « Grand Floor » au deuxième niveau. Début de la séance à 19h15 tapantes, très tôt, selon la coutume anglaise.

 

 

‘The Taming of the Shrew’ (‘la Mégère Apprivoisée’)  est une des pièces les plus célèbres du répertoire shakespearien. A Padoue, Baptista, gentilhomme fortuné, est le père de deux filles, Katharina et Bianca. De nombreux prétendants se présentent pour la cadette, en apparence  douce et réservée, alors que personne ne veut de l’aînée qui a un caractère violent impossible à gérer. Mais Baptista laisse entendre qu’aucun homme n’épousera Bianca tant que Katharina n’aura trouvé chaussure à son pied. C’est alors que survient Petrucchio, gentilhomme originaire de Vérone, qui accepte de demander la main de la mégère, pourvu qu’elle soit belle et bien dotée. Il se chargera de l’apprivoiser. Et, en effet, après un mariage conclu tambour battant sous la pression de Baptista et de tous les autres, trop heureux de se débarrasser de Katharina, Petrucchio entreprend l'asservissement de  sa jeune épouse.  Sans jamais l’insulter ni la brutaliser physiquement, sous prétexte d’un amour excessif, il lui fait subir un tel régime (privation de nourriture, de sommeil, des beaux vêtements auxquels elle était habituée) que la jeune fille se voit forcée de s’adoucir et de se plier. La fin de la pièce montre que c’est bien Petrucchio qui est le vainqueur d’une sorte de compétition, car d’autres gentilhommes (Hortensio, qui a épousé Bianca, et Lucentio qui lui aussi s’est marié après avoir été éconduit par cette dernière) ne savent pas se faire obéir de leurs femmes alors que Katharina, elle, est apparemment totalement soumise à son mari.

 

La morale de l’histoire peut sembler bien sexiste, mais Shakespeare joue davantage dans le registre de la farce façon « Contes de Bocacce » que dans celui de la tragédie. La mise en scène enlevée, pleine de cabrioles, et d’amusants clins d’oeil graveleux, dont foisonnait le théâtre élisabéthain, à la façon de la Commedia dell’Arte, conforte cette vision. Conall Morrison, le metteur en scène de la version que nous avons vue, exploite à fond cette carte-là.

 

 

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De nombreuses interprétations de l’intrigue sont possibles, mais beaucoup plus qu’une guerre des sexes, la pièce me semble être axée sur l’illusion du déguisement. Déguisement physique, tout d’abord. En effet, pour intriguer et parvenir à leurs fins, les maîtres échangent leurs vêtements et leur identité avec ceux des valets. On demande à un inconnu de se faire passer pour le père d’Hortensio. Petrucchio arrive le jour de son mariage déguisé en gueux. Mais le travestissement moral est encore plus important : Bianca apparemment passive, chaste et soumise, n’est en fait qu’une coquette  en mal de dévotion masculine, qui, pour finir, brave l’autorité de son mari. Quant à Katharina, on peut sérieusement se demander si son changement de personnalité entre le début et la fin de la pièce n’est tout simplement pas le fruit d’un calcul. De mégère elle devient agneau, et ce passage d’un extrême à l’autre peut laisser  penser qu’en conclusion sa soumission n’est qu’apparente : il se pourrait bien qu’elle n’ait fait qu’intégrer les « codes » de bonne conduite d’une femme, en cette époque où les maris sont tout-puissants, et, forte de ce masque qui lui a été imposé, préparer sa revanche sur Petruchio, en l’asservissant à son tour par une douceur excessive. Le jeu tout en finesse de l’actrice Michelle Gomez laisse aussi la porte ouverte à cette interprétation.

 

Ce n’est bien sûr qu’une hypothèse, mais qui m’a été suggérée par une « clé » que Shakespeare nous donne au début de la pièce : lors de la première scène, un ivrogne saoul est expulsé d’une taverne et tombe dans la rue dans une sorte de coma éthylique. Un Lord passant par là décide pour s’amuser de profiter de son sommeil pour le faire laver, vêtir de beaux habits, et de le réveiller dans un lit entouré de serviteurs qui seront à ses ordres et lui certifieront qu’il n’a fait que rêver son passé de clochard. C’est à cette occasion qu’on lui proposera de se divertir en regardant une pièce de théâtre, la Mégère Apprivoisée. Une pièce dans la pièce. Pratique courante que Shakespeare avait déjà employée dans 'Hamlet', par exemple.

 

arts-graphics-2008_1185804a.jpgIl est donc là aussi question de mensonge par le travestissement. Un homme croit changer de vie parce qu’on l’a vêtu de beaux habits et qu’on a monté autour de lui le décor factice d’une vie de riche. Or, très intelligemment, Conall Morrison, le metteur en scène, utilise cette clé. Le clochard du début et Petrucchio sont joués par le même excellent acteur, Stephen Boxer. Et à la fin de la pièce, Morrison, sans rien changer au texte tel qu’il avait été écrit par l’auteur, a rajouté une scène muette : le clochard se réveille, car il s’était endormi au cours de la représentation. Dans son lit il retrouve Katharina (qui n’était donc qu’une actrice, ce qui correspond bien à l’histoire) qui le repousse, et repart avec la troupe des autres acteurs en lui jetant à la tête les hardes qu’il portait au départ, sans un mot. Le va-nu-pieds se retrouve donc nu et dépouillé sur scène, tel qu’il était au début. D’un point de vue symbolique, l’idée est excellente parce qu’elle suggère aussi que c’est Petruchio qui pourrait bien un jour se réveiller pour constater que Katharina n’a fait que lui jouer la comédie de l’amour et de la soumission, et s’est moquée de lui pour parvenir à ses fins.

 

L’amour donc, et surtout les relations dominant-dominé ne seraient qu’un leurre, fruit de circonstances fortuites et de calculs machiavéliques de part et d’autre. La vie elle-même n’est qu’une représentation perpétuelle et nous devons nous attendre sans cesse à ce que le rideau tombe, sur des vérités dérangeantes, ou se lève, sur des pertes, sans retour possible en arrière. C’est un thème fréquent, et même banal, dans le théâtre Shakespearien :

 

« Demain, et puis demain, et puis encore demain, rampe à petits pas, de jour en jour, jusqu’à la dernière syllabe du souvenir ; et tous nos hiers ont éclairé pour des fous le chemin vers la poussière et la mort... la vie n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre histrion qui se pavane et s’échauffe une heure sur la scène et puis qu’on n’entend plus... une histoire contée par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et qui ne signifie rien. »

(Macbeth, Acte V, scène V)

 

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