samedi, 28 février 2009

Entre front de mer et arrière-pays

Plus j’écris, plus il est évident que je ne suis pas très doué dans le genre ‘reportage touristique’. J’ai sans cesse envie de rattacher les paysages et les lieux à des gens ou à des histoires. Or, lorsqu’on visite une région sans s’y attarder en profondeur, comme nous l’avons fait la semaine passée, TiNours et moi, il est toujours difficile de donner dans ce registre.

 

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Après Nice et avant Monaco, nous avions fait une belle excursion entre Villefranche sur Mer et St Jean Cap Ferrat, où nous avons eu la surprise, en nous promenant sur le cap, de recevoir un coup de fil de Mimi, qui nous a parlé de son heureux évènement à venir. Un cap pour elle aussi !

 

 

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Plus tard dans l’après-midi, Eze, « un des plus beaux villages de France » (mais il y en a tant, selon le Routard, vous savez...) où nous avons attrapé un fou-rire en entendant une anglaise demander « la visite c’est trois francs ? » et le gardien lui répondre, un peu sec : « Non madame c’est trois euros ». Le conservatisme britannique fonctionne aussi bien dans l’espace que dans le temps....

 

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Après Monaco, dont j’avais déjà parlé, nous avions fini notre promenade du mercredi  à Menton, ville presque italienne, où nous avons eu le plaisir de voir la lumière baisser progressivement, sur la ville et sur la mer.

 

 

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Le lendemain, nous avons entrepris la visite de la vallée de la Roya. Etape à Sospel, où nous avons bien mangé, quoique très simplement.

 

 

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Puis le village de Saorgue, quasi-désert cet après midi là, avec ses vieilles bâtisses au charme sauvage accrochées au flanc de la montagne :

 

 

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Au fur et à mesure que l’on grimpait le col, la neige paraissait de plus en plus proche. Isola 2000 n’était pas loin ! J’avais des fringales de ski, hélas nous n’étions pas équipés pour cela, et en outre on n’avait pas prévu de ‘journée de glisse’ dans notre semaine, ce que je regrette un peu, rétrospectivement.

 

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Le soir nous avons mangé à Cagne sur mer, dans une pizzeria où j’ai failli m’étouffer avec un « Calzone » trop gros pour moi ! Mais le pire restait à venir : au moment de payer, on a constaté avec affolement que Ni TiNours ni moi n’avions sur nous nos cartes de crédit. Lui était sûr d’avoir laissé la sienne dans la voiture, il est donc ressorti pour aller la chercher. Pendant ce temps je fouillais frénétiquement mon sac à dos parce que j’étais sûr et certain, moi, de ne l’avoir laissée ni à l’hôtel ni dans la voiture. Je nous voyais déjà empêtrés dans les procédures d’opposition et tutti quanti... Le patron était bienveillant et très rassurant : « Ne vous inquiétez pas, c’est arrivé aussi à mon fils pas plus tard que cet après-midi... L’essentiel est de ne pas paniquer, ça ne sert à rien... ». Et au moment où TiNours, revenu avec la sienne, payait, PAF, j’ai retrouvé la mienne au fond de la poche de mon manteau. Qu’est-ce qu’elle foutait là, mystère. En tout cas, on a l’impression dans ces cas-là qu’un poids de 100 kilos vous tombe des épaules.... Et puis, à quelque chose malheur est bon : en sortant du restaurant, sur le pas de la porte, on a pu longuement discuter des problèmes que peut causer la perte de ce style de choses avec le fils, qui travaillait là lui aussi : la trentaine, brun, 1m80 environ, yeux bleus... Lui en revanche n’avait pas retrouvé  la sienne. On l’aurait presque pris dans nos bras pour le consoler....

 

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Nous avons terminé notre périple dans l’arrière pays le vendredi, par les gorges de la Vésubie et la Vallée des Merveilles, bien nommée. Frustration de ne jamais avoir eu le temps d’explorer TOUS les petits villages perchés à flanc de montagne, parce que la nuit tombait vite après 18h, et que les routes étaient raides et sinueuses...

 

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J’adore les vacances d’hiver. Entre les excès gargantuesques de Noël et les marées humaines de l’été, je trouve qu’elles ont toujours un côté sauvage, perdu (en tout cas TiNours et moi avons toujours soigneusement choisi nos destinations dans cette optique) bien plaisant.

 

Et puis, la région de Nice, par association d’idées, m’a rappelé les premières semaines de mon blog. Et celui qui a été mon premier blogpote, mon premier copain, mon premier ami dans la blogosphère.

jeudi, 26 février 2009

Quand Lancelot tombe sur Lancelot

J’avais déjà vu la chaîne en question chez Valérie, et puis j’ai eu la surprise d’être tagué par Olivier. Mais j’ai noté une différence pour le principe de la chaîne entre chez celle-ci et chez celui-là. Chez Valérie, il s’agissait d’aller chercher la sixième photo de notre sixième fichier. Pour Olivier, il faut la 6° photo de notre fichier le plus récent. Pas pareil.

 

Mon fichier le plus récent, c’est (effectivement, bien vu, Olivier) celui des photos prises à Nice et dans l’arrière-pays. Mais la série commençait avec quelques photos de notre hall d’entrée (dont la sixième). Ca, j’ai prévu d’en publier, mais plus tard. Vous saurez pourquoi. Quant aux photos de Nice et des Alpes Maritimes, je vais encore en mettre dans une prochaine note.

 

Même si elle ne m’avait pas tagué, le principe du jeu, lu chez Valérie, m’avait amusé et j’étais allé voir ce qui se cachait à l’intersection du 6° fichier et de la 6° photo dans les documents de mon disque dur. Il s’agissait d’une photo du Minou de Marty,  prise en août dernier à Fréjus. Je ne me permettrais pas de le publier sans sa permission, que je n’ose lui demander. Mais entretemps, j’ai fait du ménage et expédié certains albums sur mon disque dur externe, pour gagner de la place.

 

Si bien que si je compte un deux trois quatre cinq six, dossiers, un deux trois quatre cinq six, images, je tombe sur ceci : ah ah ah.... Gag.

 

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Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’une manifestation de schizophrénie aiguë liée à une identification narcissique entre mon pseudo de blogueur et moi-même. Mais il y a quelques mois, j’avais piqué quelques photos (ou plutôt « images ») sur internet dans le vague but de changer quelques présentations ici. Bien sûr, comme très souvent, c’en est resté au stade de projet, et les dessins représentant Arthur, Gauvain, Perceval et tous les autres sont restés là, endormis, jusqu’à ce que la chaîne me fasse revisiter le sixième tiroir.

 

Ma réputation de chevalier vertueux n’a vraiment tenu qu’à un fil : le 7° fichier s’intitulait « Hard ». Eh bien non, vous ne verrez pas ce qu’il y a à l’intérieur, voilà.....

 

J’allais oublier : il faut taguer six autres personnes. Eh bien je vais taguer Jed, Hal, Zak, Jim, Matt et Grant. Vous ne les connaissiez pas ? C’est parce que vous n’avez jamais visité mon fichier numéro 7.... Il contient toutes mes adresses BTS (« Blogueurs Très Spéciaux »...)

 

 

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mercredi, 25 février 2009

Analyses bigot-logiques

Dans un tout autre registre, avant que nous ne reprenions notre route vers Menton, j’avais piqué dans la cathédrale de Monaco un magazine intitulé « Simples questions sur la vie ». L’index était plein de titres alléchants du genre : ‘L’acte sexuel : passage obligé ?’ ; ‘Pourquoi se marier à l’Eglise ?’ ‘Etre fidèle, est-ce possible ?’ ; ‘Et l’avortement ?’ ; enfin, surtout, en page 27 : ‘Aimer une personne de même sexe ?’  Je me suis bien sûr jeté sur l’article. Morceaux choisis :

 

« Vincent Laupies, psychiatre, estime que « l’homosexualité serait comme un inachèvement dans la construction de la sexualité ». Construction parfois douloureuse qui se réalise tout au long de l’enfance et de l’adolescence. Il a remarqué qu’en général la personne homosexuelle a souvent une mauvaise estime d’elle-même, signe d’un malaise identitaire plus profond. Une publication à destination des personnes homosexuelles, confirmait récemment ce mal-être fréquent en titrant l’un de leurs articles : « les gays vont mal ». D’après plusieurs études américaines, les risques de suicide sont quatre à six fois supérieurs chez les jeunes homosexuels que chez les autres jeunes. Mal-être qui d’après ce magazine, s’expliquerait par ‘la solitude, l’isolement, la dureté des rapports, et qui se manifeste souvent par des tendances dépressives, des angoisses et une hypersensibilité’. »

 

Des constatations proprement stupéfiantes. Un signe certain qu’entre « malaise identitaire » et « maladie rampante » il n’y a qu’un pas, allègrement franchi. Tous ces symptômes énumérés sont la preuve éclatante qu’il faut consulter, et d’urgence. Dans une société où tout est fait pour accueillir à bras ouverts les différences, (sexuelles entre autres), il est proprement INCROYABLE qu’un homme ou une femme se découvrant homo puisse être angoissé ou dépressif. Docteur Diafoirus, vite, apportez-nous vos clystères.

 

 Bien sûr, une des références citées dans l’article est l’inénarrable Tony Anatrella (prêtre et consulteur du conseil pontifical de la famille, pseudo-psychiatre à ses moments perdus).

D’après lui, on constate au moins trois formes d’homosexualité :

« -Une homosexualité accidentelle....enfance .. adolescence... (bla...) quelques expériences passagères.... (blabla...) il a pu être entraîné ou il s’est livré... (blablabla...)  certaines personnes se libèrent sans que ces expériences produisent des effets néfastes.... (blablablabla....)

-Une homosexualité réactionnelle .... fixation maternelle... (bla....) contre-indentification paternelle... personnalité fragile....  (blabla...) problèmes pouvant être dépassés grâce à un travail sur soi en psychothérapie...  (blablabla....)

-Une homosexualité structurelle qui se met en place précocement et qui donne l’impression au sujet qu’il est né ainsi alors que la tendance peut avoir une origine dans la petite enfance. Certains sujets vont plus ou moins l’accepter tandis que d’autres en souffrent. Cette fixation narcissique donne parfois des personnalités très imbues d’elles-mêmes, revendicatives et qui ont du mal à s’interroger et à se remettre en question. Elles se vivent comme la victime d’autrui et de la société et cherchent avant tout la reconnaissance des autres parfois jusqu’à la violence. »

 

Si j’essaie de me retrouver dans l’une de ces trois définitions, je pense ne pouvoir le faire que dans la troisième. J’ai largement dépassé le premier cas (un des rares privilèges de l’âge...) et le ‘travail en psychothérapie’  préconisé en 2 risquerait de se casser les dents sur moi, car j’ai perdu depuis belle lurette l’espoir de ‘dépasser mes problèmes’...

Je suis donc un cas n°3, un homosexuel « structurel ». Origine à rechercher dans la petite enfance (... ?... là aussi, c’est une quête qui ne m’a jamais trop intéressé...). Je suis « imbu de moi-même » Eh pardi ! Sinon, pourquoi tiendrais-je un blog ? « Revendicateur » : OUI. Je revendique quotidiennement mon droit à faire l’amour. Avec des mecs, oui. J’ai « du mal à m’interroger et à me remettre en question ». Ah ben tu penses ! Je suis prof non ? Ce plaisir de faire taire les objections en assenant des « C’est comme ça parce que c’est comme ça ! ». Jouissif ! Je « cherche la reconnaissance des autres... » (c’est si grave, Docteur ?) «... parfois jusqu’à la violence ». Ah ça j’ai jamais essayé ! C’est une idée ! Attraper violemment Yohan Gourcuff, l’attacher, l’obliger à me manifester sa « reconnaissance », hummmm....

 

« L’Eglise catholique voudrait que toute personne soit respectée. Elle est certainement plus consciente qu’à ses débuts, des composantes psychologiques de l’orientation homosexuelle d’une personne. (Jésus, lui, n’avait pas encore étudié Freud dans le texte).  Elle sait que certaines personnes homosexuelles sont particulièrement douées pour les arts. Michel-Ange était, dit-on, homosexuel.  (et vas-y sur la fibre artistique, et  la sensibilité féminine, et la brosse à reluire en attendant le crucifix planté dans le dos..).

Mais ce qu’on ne lui fera pas dire, c’est que les relations homo et hétérosexuelles sont équivalentes. (On croirait entendre VAnneste). Les relations d’amitié sont très riches et elles se développent le plus souvent entre personnes du même sexe. Mais l’être humain est créé masculin et féminin (à qui le dites-vous !!!). Seule cette complémentarité est génératrice de vies nouvelles. Tout être humain a un père et une mère, même s’il ne les connaît pas : ce qui est un manque, originaire de grandes souffrances. (Si tous les enfants vivant dans des familles monoparentales devaient être déséquilibrés, le monde ne serait qu’un vaste asile de dingues...).

Si l’on est arrivé à considérer comme équivalentes homo et hétérosexualité, c’est parce que cette dernière a été déconnectée de la transmission de la vie. La transmission de la vie n’est pas la seule raison d’être de la sexualité et du mariage (Ouf, j’ai cru un moment que...) mais elle ne peut en être délibérément séparée. (ça c’est une formule floue typique chez les Catholiques. Qu’est-ce que ça veut dire au juste « séparer délibérément » ? Ne serait-il pas plus sain et clair une fois pour toutes de dire que le choix de la responsabilité de faire des enfants est une décision grave que chaque couple, homo ou hétéro, doit mûrir longuement au préalable, et assumer en ayant son libre arbitre ?).

[...] Ceux et celles qui revendiquent pour la pleine reconnaissance de l’homosexualité risqueront toujours de trouver que l’Eglise catholique est un adversaire. Mais ceux et celles qui cherchent de l’aide dans une vie qui n’est pas facile, qu’ils sachent qu’ils trouveront dans l’Eglise compréhension et espérance. »

 

Amen.

Qu’il est bon, parfois, de préférer être désespéré et incompris.

 

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“For those who saw the signs of hatred as our cause drove in tonight, I think that it is a good time for those who voted for the ban against gay marriage to sit and reflect and anticipate their great shame and the shame in their grandchildren’s eyes if they continue that way of support. We’ve got to have equal rights for everyone.”

 

“Au nom de tous ceux qui ont connu des manifestations de haine parce que notre combat a été évoqué ce soir, je pense que c’est une bonne occasion, pour ceux qui ont voté en faveur de l’interdiction du mariage homosexuel, de s’asseoir,  réfléchir et d’anticiper leur grande honte, ainsi que la honte dans les yeux de leurs descendants, s’ils persistent dans ce genre de soutien. Nous devons obtenir l’égalité des droits, pour tous. »

(Sean Penn, Cérémonie des Oscars 2009)

 

 

 

 

Merci à toi....

mardi, 24 février 2009

Je faisais mieux l'amour que le Prince

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Je m’attendais à une réplique d’Andorre, en plus grand. Et donc à la même impression négative. Non, définitivement. La ville possède beaucoup de charme. J’ai beaucoup apprécié les jardins près du musée océanographique. Quant au front de mer, il est tellement archi-construit, bâti, empilé, serré, qu’on ne peut même plus s’en désoler. Il faut regarder ça d’un œil curieux, comme une attraction : comment autant de gens peuvent-ils tenir réunis sur un si petit espace, et payer si cher au mètre carré ? Mais, je dois bien le reconnaître, l’orgueil de l’ensemble en impose.

 

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Bien évidemment, selon notre bonne habitude, TiNours et moi n’avons pas cessé de dévider le fil de nos incessants scénarios absurdes, qu’on aime inventer en duo, pendant des heures et des heures. Certains jours, quand on est suffisamment « chauffés », ça peut durer du matin jusqu’au soir, avec un début, un commencement et une fin, des répliques, des dialogues, des intrigues, de nouveaux personnages que nous rajoutons au fur et à mesure. Le but de tout cela ? Attraper des fous-rires pour des absurdités qui n’amusent que nous deux. Bah, on ne demande à personne de se joindre à nous. Notre humour fonctionne en circuit fermé, et nous assure des rigolades interminables. Que demander de plus....

 

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Forcément, à Monaco, on ne pouvait trouver mieux que le thème du chef de la principauté pour construire une intrigue à rebondissements. Ne se cachait-il pas derrière les rideaux du château, en peignoir de soie, au moment de la relève de la garde ? Et dans la cathédrale, aucun emplacement n’étant libre auprès de ses parents, est-ce qu’il avait été prévu de le mettre sur le côté après son décès, tel une pauvresse... ?

 

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Je n’oublierai jamais ce Bruno, étudiant en histoire, avec qui j’avais passé deux nuits, à Aix, il y a dix-sept ans déjà. Entre deux moments d’extase (partagée, je dois bien le reconnaître) il m’avait raconté que sa tante à héritage était monégasque, qu’elle évoluait souvent dans le cercle de la famille princière, et qu’un jour, lors d’un repas, il avait rencontré le Prince Charmant en question, qui lui avait fait du pied, et avec qui il avait connu aussi quelques heures de galipettes agréables. Moi, immédiatement : « Ah bon, et c’était comment avec lui ??? » Bruno : « Oh, beaucoup moins bien qu’avec toi... ». Je ne sais pas s’il avait simplement voulu me flatter poliment, mais le fait est que ce précieux renseignement m’avait redonné une ardeur incroyable et que je l’avais longuement remercié physiquement pour ces plaisantes confidences ....

Etait-ce vrai ou pas ? Se vantait-il seulement d’avoir couché avec l’autre ? Tant de mecs m’ont déjà raconté qu’ils avaient connu intimement Roch Voisine ou Jean Galfione, vous savez... Mais c’était sans importance... Sur mon CV perso, je pouvais désormais accrocher comme un trophée « Baise mieux que le Prince ». Bon, c’est pas non plus une référence. Mais tout de même, tout de même...

Et puis, menteur ou pas, je dois reconnaître que je garde un délicieux souvenir sexuel du Bruno sus-nommé....

D’ailleurs je ne suis qu’une mauvaise langue. Et ce Bruno aussi (même si, enfin je vous épargne les détails...) : Albert est hétéro, c’est de notoriété publique, il a déclaré tellement d’enfants illégitimes lors de son accession au trône.... Je me demande bien dans quelle boue putride de si vilaines rumeurs sur lui et les hommes ont pu prendre corps. S’il n’est toujours pas marié, c’est tout simplement parce qu’il est un homme à femmes invétéré qui préfère conserver sa liberté et continuer à courir les jupons. C’est mathématiquement évident.

 

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Bon, c’était le quart d’heure « Closer ». Comme il faut tout de même avoir un semblant de sérieux, voici la demi-heure « Géo » :

 

Les Jardins sous le musée océanographique :

 

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Des vues de l'architecture sur la côte :
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La place devant le Palais royal :
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Le Palais de Justice :
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Il est petit et joli, ce palais de justice. Visiblement, Ils ne doivent pas avoir d’affaires bien retentissantes à y traiter...

Notre étape suivante était Menton, et le col de la Vésubie. Mais ma prochaine note sera une parenthèse non touristique. C’est vrai que les albums-photos, ça a un côté lassant...

 

dimanche, 22 février 2009

Nice City

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Arrivés mardi dernier sur le coup de midi, après un rapide repas avalé dans un fast-food, nous nous sommes lancés, pleins de confiance, dans la belle ville côtière.

 

Le temps était magnifique, on a trouvé immédiatement une place en ville, un peu excentrée, mais peu importe : justement, après presque trois heures de voiture, ce dont nous avions envie, c’était de nous dégourdir les pattes ! Et on en a eu pour nice-17.jpgnotre argent. Je n’étais allé à Nice qu’une fois dans ma vie, quelques jours, lorsque j’avais 8 ou 9 ans (autant dire, il y a une éternité...). J’en gardais un souvenir très flou et vague, mais pas déplaisant. La ville est en fait un curieux mélange des clichés auxquels on se raccroche, et de surprises étonnantes. Elle foisonne de mamies bijoutées et de vieux messieurs péremptoires, c’est vrai. Mais on y trouve aussi un assez fort pourcentage d’immigrés (pour autant que j’aie pu en juger), et, bien sûr, de touristes. L’ensemble finit par constituer un patchwork  bien plaisant ! Le front de mer, j’ai pas pu m’en lasser. Contrairement à Deauville où la plage est morte et pue le fric sclérosé, il y a une vie incessante qui évolue, ondule, passe à toute vitesse, en un ballet plaisant : joggers, bikers, rollers, avec ou sans chiens (une composante essentielle dans le paysage !) tout ce monde se frôle, ondule, serpente, et se caresse avec légèreté. C’est fascinant. J’en suis même venu à apprécier les embouteillages (sur la Promenade) qui me permettaient de prendre le temps d’écarquiller les yeux devant ces vagues de Niçois et de touristes.

 

nice-3.jpgLa vieille ville, par laquelle nous avons bien sûr commencé, rappelle l’Italie (forcément) ce qui n’était pas pour nous déplaire, depuis que nous étions tombés amoureux de la Toscane, pendant l’été 2007.  Délicieuse impression de pénétrer dans des rues sombres aux hautes façades, avec le point de repère du ciel bleu et de la luminosité, loin au-dessus. Les rues désertes alternent avec des échos des grandes artères, plus bas, où les commerces attirent les gens. Les volets s’ouvrent vers le haut. Les petites épiceries improbables voisinent avec de vieux immeubles apparemment déserts, mais où l’on devine de la vie derrière les façades. Hum. On ne trouve cela qu’au bord de ma  Méditerranée chérie.

 

La colline du château, sans château, on l’a gravie à pied, dédaignant l’ascenseur. Le panorama sur la baie des anges et le cap d’Antibes, ainsi, bien sûr, que sur la ville elle-même, vaut largement les efforts. S’asseoir en haut, contre de vieux pins dont l’écorce conserve une sorte de chaleur. Rêvasser en regardant mourir l’après midi.

 

carnaval-de-nice-nuit%20(3).jpgAprès un solide souper pris à Pasta Basta, rue de la Préfecture, on avait besoin de perdre des calories. Là encore, nous sommes bien tombés : 21 heures, le défilé des chars du carnaval commençait. Ah c’est quelque chose ! Je l’avais déjà vu la première fois où j’étais allé à Nice, quand j’étais gamin, mais je l’avais oublié. Le carnaval est une tradition européenne et sud-américaine, d’après ce que j’ai entendu l’autre jour à la radio. Je dirais même que c’est éminemment méditerranéen. Défilé incroyable de machines toutes plus improbables les unes que les autres, avec des poupées russes (et un guignol-Poutine !) , un char de Zorro, un autre véhiculant les Mousquetaires, et, clou du spectacle, un dragon crachant de la fumée, qui est tombé en panne devant nous et a stoppé le cortège durant vingt bonnes minutes ! Les concepteurs doivent passer des mois à cogiter sur leurs effets spéciaux, c’est vraiment spectaculaire. On a ignoré le froid glacial pendant 90 bonnes minutes, entourés de gens hilares qui lançaient serpentins (en papier et en bombe !), confettis, au rythme des flonflons, tout ça dans une ambiance très décontractée et bon enfant. Pas une demi-gramme d’agressivité, où que ce soit. Un moment vraiment agréable.

 

Il n’y a eu que deux ombres au tableau : pour la première, je ne peux m’en prendre qu’à moi : j’avais oublié mon appareil photo à l’hôtel et j’ai donc dû me contenter de clichés piqués sur internet pour mon « reportage » ! La seconde : le fléchage est très mal fait dans la ville. A pied, aucun problème, on peut prendre son temps. En voiture, c’est affreux : les croisements se suivent et s’imbriquent à toute allure, et il faut vraiment être du coin pour pouvoir repérer à l’avance les voies sur lesquelles il est bon de s’engager, sous peine d’être obligé au dernier moment de tourner à gauche, ou à droite, et d’être aiguillonné dans une mauvaise direction. De plus il est ensuite hyper-difficile de revenir sur ses pas.

 

Le lendemain, je n’avais pas oublié mon Nikon. Monaco, son prince et son rocher nous attendaient.

 

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samedi, 14 février 2009

Looking back


podcast

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer, après ma période « années-cendres », mon passage sous les drapeaux. Au cours de mes derniers mois à Orly, j’avais bien sûr en tête mon avenir à court terme, et j’avais préparé quelques pistes. Ca partait un peu dans toutes les directions : Sciences po, IUT techniques de commercialisation, école de kiné, d’infirmier, orthophonie. Sur ces trois derniers choix, j’hésitais encore à tirer un trait sur mes trois années de médecine sans avoir eu l’occasion de les rentabiliser.

 

Mais en moi couvait toujours ce désir de revenir à ma passion de départ, née pendant mes années collège, lycée. J’aimais l’anglais. J’avais toujours trouvé ça facile, sans heurts. Jamais eu besoin d’apprendre quoi que ce soit dans le secondaire, pour cette matière. Ca coulait en moi, hors de moi, comme un ruisseau fluide.

 

Et puis, depuis que j’avais commencé la fac, je donnais des cours particuliers. Anglais (bien sûr) et maths. Avec un certains succès ! Mon carnet de rendez vous ne désemplissait pas. Je remplissais mes samedis de cours à des petits élèves de troisième et de quatrième qui ne comprenaient rien aux théorèmes de Pythagore, de Thalès, au fonctionnement des modaux. Je pratiquais des tarifs très très raisonnables (25F, 30F de l’heure, si mes souvenirs sont exacts. Oui, c’étaient des francs, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans...). Ca me permettait d’assumer mes dépenses (essence principalement) sans avoir à « taper » mes parents... On avait sa petite fierté aussi, tout de même...

 

Bon, tout ça pour dire que l’idée d’associer le plaisir d’enseigner à celui  de pratiquer une langue que j’aimais, et ce de façon officielle, ça commençait à bien me sourire. Une leçon que j’avais tirée de mes années-cendres en médecine. Pourquoi, mais pourquoi aller toujours contre sa nature .... ? (Axiome à appliquer dans tous les domaines...)

 

L’inscription en DEUG d’anglais ne nécessitait pas de passer de concours, mais posait tout de même un petit problème : trois années de fac préalables, c’était trop. Mes années de médecine me desservaient. Avant de partir à l’armée, j’avais vaguement caressé l’idée de faire une année de fac en parallèle, pour ne pas perdre de temps. Mon inscription en anglais avait été refoulée cette année-là. Tout ça parce que j’avais été suffisamment bête pour dire la vérité, dans mon dossier, sur mes années écoulées depuis le bac. Ils refusaient d’intégrer les nuls dans mon genre, qui traînaient un échec derrière eux. Ca m’avait servi de leçon. Encore une fois, vive le mensonge et la roublardise. Lors de ma seconde tentative d’inscription, l’année suivante, j’avais justifié les quatre années écoulées depuis le bac en racontant que j’avais voyagé, baroudé de par le monde. C’était passé comme une lettre à la Poste !

 

Et voilà comment, par une matinée de décembre j’ai intégré la fac à Aix. Bien sûr la rentrée avait déjà eu lieu en octobre, mais j’avais mis à profit mes permissions à l’armée pour rater un minimum de cours, et me constituer un petit réseau de copains qui pourraient me laisser photocopier les leurs.

 

J’ai donc rencontré des gens qui venaient tous de passer le bac... Ca n’a l’air de rien, mais j’avais quatre années de plus qu’eux. Et il y avait une sorte de décalage infime, mais bien réel, entre eux et moi. C’est là que j’ai compris que les années passées en médecine m’avaient donné une capacité de travail non négligeable. Alors qu’autour de moi j’entendais des gens se plaindre de crouler sous le boulot, moi je trouvais tout ça facile, plaisant, "smooth" comme ils disent. La phonétique, analyser les sons. La linguistique, décortiquer la grammaire. Littérature anglaise : Chaucer,  Huxley, Beckett, Golding. Des oeuvres auxquelles je n’ai pas accroché, mais en  deuxième année le programme était plus intéressant. Et puis, mon cours préféré : histoire et civilisation américaines. Dispensés par Mme Tonxan. Elle m’a marqué, énormément. Ses manières un peu autoritaires et dirigistes. Mais elle était passionnante. Ecouter, pour la première fois, des cours en anglais sur la colonisation, les débuts du capitalisme dans l’Europe du XVII° siècle, la révolution américaine...

« Mercantilism embodied a set of economic ideas which were held throughout Western Europe from about the 1600s to the 1800s. The Mercantilists advocated that the economic strength of a nation came from its trade. The economic affairs of a nation should therefore be regulated in order to encourage the development of a strong trade…”

 

J’avais eu 26 sur 30 au premier partiel. Meilleure note de l’amphi en 1° année. Je planais littéralement. Ca pourra paraitre excessif, mais après trois années d’échecs où des mois et des mois d’efforts à mon bureau 10 heures par jour se soldaient régulièrement par des notes médiocres, le fait de pouvoir résumer un semestre de cours en une semaine de travail intense, ET de cartonner au partiel, ça me paraissait magique. Je n'étais plus le Vilain Petit Canard égaré chez les futurs médecins. J’étais devenu le mec plus âgé, sûr de lui, à qui on demandait conseil, avec qui on voulait réviser pour les examens de fin d’année. Mon ego meurtri pouvait à nouveau s’étirer, se gondoler. Ah que ça faisait du bien. Je n’avais plus connu ça depuis des lustres.

 

En UV optionnelle, j’avais pris, entre autres,  initiation au Russe. Je m’en souviendrai toujours. Deux heures de cours le lundi soir de 17h à 19h, et la même chose le mardi soir. Au début de l’année, la salle était pleine. Deux semaines plus tard, elle s’était vidée des trois quarts des amateurs, rebutés par la difficulté et les horaires trop tardifs ! Moi, j’adorais ça. A l’époque, je me liais très facilement d’amitié. J'avais  pris l'habitude de m’installer pour deux heures à côté d’un mec, Eric. Super sympa. Super poilu. Super beau. Super excitant. Super hétéro, aussi, hélas. Dommage. Cependant ça ne nous a pas empêchés de bien travailler, tout en attrapant de mémorables fous-rires devant la difficulté des caractères cyrilliques, des déclinaisons et des conjugaisons de cette langue hyper-compliquée. Mais cette difficulté-là, elle me passionnait, elle me stimulait. Je savais que j’étais efficace en travaillant. Rien à voir avec les cours de chimie organique, deux ans auparavant.

 

En mai, avant les examens de fin d’année, je me souviens des discussions avec les autres anglicistes : « Si tu rates, qu’est-ce que tu comptes faire, toi ? » Je les regardais, les yeux ronds. Je ne savais pas quoi répondre. Il y avait la session de septembre, certes. Mais je n’envisageais pas une seule seconde que je pourrais rater, même en juin. C’était impensable, inconcevable. D’abord j’étais intimement persuadé que je réussirais. Ensuite, je ne pouvais plus m’autoriser d’échec. Trois années déjà ! Le quota acceptable était largement dépassé.

 

En démarrant l’année, lors de ce fameux mois de décembre, j’avais aussi intégré le club-théâtre de mon village, où je m’étais fait (principalement) deux très bonnes amies : Birgit et Michaela, deux femmes en fin de trentaine. On montait une pièce de Feydeau, on s’amusait beaucoup. Un soir, juste au début des vacances de Noël, après une répétition, nous étions allés chez Michaela boire un vin chaud. Elle m’avait dit, plusieurs semaines auparavant, qu’elle aimait tirer les cartes, comme passe-temps. Et comme je n’avais jamais tenté l’expérience, je la tannais depuis quelques semaines. Taquine, elle s’était fait tirer l’oreille, mais ce soir-là, Birgit s’était jointe à moi pour la convaincre et elle avait sorti son tarot. La cartomancie, c’est comme l’astrologie : personne n’y croit mais tout le monde consulte.

Je me souviens de cette soirée glaciale à l’extérieur, où il faisait si bon, par contraste, dans le salon de Michaela, autour des tasses de vin chaud. . Du regard attentif de Birgit sur moi, qui avait autant envie que moi de savoir ce que me réservait mon avenir. Je piochais les cartes une à une. Mich avait commencé en hésitant un peu sur les trois premières : « Ah, tu es visiblement à un grand tournant de ta vie... » Puis elle avait pris de l’assurance. Au bout de dix minutes, mon tarot étalé devant moi, elle avait fini par me considérer d’un air stupéfait. « Lancelot c’est incroyable, je n’ai jamais vu un jeu pareil ! » Toutes les cartes sur la table représentaient des clés ou des soleils. Ou les deux à la fois. Mon cœur battait un peu plus vite que d’habitude. Je sentais, tout au fond de moi, que ce n’était pas le message du tarot en soi qui était important, mais que je n’oublierais jamais cette soirée, prémonitoire, d’une certaine façon, parce que je me sentais parfaitement bien et sûr de moi. L’amitié de Birgit, Michaela qui jouait la Pythie taquine, le vin chaud, la neige dehors, et ma sérénité, en osmose avec cette soirée vibrante d’espoir. Des clés et des soleils ? Oui, évidemment. Comment pouvait-il en être autrement ? Une forme de prémonition, mais plutôt de certitude, exactement inverse à celle que j’avais ressentie le soir du bac, quand je pleurais sans savoir pourquoi. Ce jour-là, mon esprit sentait confusément que l’avenir immédiat allait être gris. Devant le tarot de Michaela, il pressentait clairement que les brumes se dissipaient, au bout de quatre ans. Il était grand temps, après tout.

 

Les études d’anglais entamées vers le chemin de la réussite n’étaient qu’une composante de cette sérénité nouvelle. J’allais aussi assumer enfin mon homosexualité. Et puis, j’allais rencontrer Elisabeth.

 

jeudi, 12 février 2009

Du baiser

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J’adore embrasser.

 

 

J’ai toujours été fan de ce prélude, de cet « amuse-gueule », qui, pour ma part, peut bien se prolonger en hors d’œuvre, en plat de résistance, et en dessert. Une dégustation aux variations multiples.

 

Mon envie, mon désir pour les mecs sont pour moi indissociables du baiser. Mes premiers émois hésitants d’enfant devant ces promesses, je n’imaginais pas qu’ils pourraient aller au-delà de la frontière des lèvres, et de l’étreinte. Par la suite, lorsque les images sexuelles se sont précisées, grâce aux conversations avec les ‘copains’, à mes lectures de revues, ou plus tard à des films, je n’ai malgré tout jamais pu imaginer que l’on puisse dissocier baise et baiser. Il existe une sorte de règle, probablement vraie pour certains, mais que personnellement j’ai toujours considérée avec ironie : « On n’embrasse que ceux qu’on aime vraiment ». Par exemple, certains couples cherchant des plans à trois, assurent tout faire, sauf embrasser. Ils ne s’embrassent qu’entre eux, privant le troisième de ce plaisir. Ou bien les mecs mariés qui veulent bien forniquer mais s’interdisent d’embrasser, ayant ainsi moins l’impression de tromper leur femmes. Il n’y aura donc pas cocufiage. Voire. Enfin tout ça, ce n’est pas pour moi.

 

Le baiser, c’est profondément érotique. Comme tout acte sexuel, il prend les connotations que l’on veut bien lui donner, lui communiquer. Un baiser peut même être pornographique ! Tout comme une sodomie peut être intégralement tendre, douce et sensuelle. Classifier telle ou telle pratique dans une géographie quelconque, plus ou moins proche du cerveau, du cœur ou de l’entre-jambes, relève pour moi de l’absurde.

 

 

Je me souviens d’une phrase de ‘Querelle’ qui m’avait marqué dans le film « C’était la première fois que Querelle embrassait un homme. Il avait l’impression de voir son propre reflet dans une glace ». J’ai déjà eu ce sentiment. La première fois qu’un mec m’a embrassé, je me souviens avoir éprouvé un curieux sentiment de dédoublement de moi-même. J’étais là, et en même temps je m’observais avec curiosité. « Tu le fais, tu es dans les bras d’un homme ! » C’était étrange et je ressentais plus de curiosité et même de peur que d’excitation. Ceci dit, comme j’étais en confiance, et lui aussi, on s’est regardés, souri. Et puis on a ri, doucement. Et puis on a recommencé. Je n’avais plus peur, mais j’étais toujours aussi curieux. Et puis la curiosité aidant, le plaisir a suivi. Troisième baiser, mon cerveau commençait à recevoir des signaux de tous les recoins de mon corps. Les matelots postés dans les coursives de ma peau frissonnante, de mes jambes flageolantes, et de ma queue durcie, sonnaient l’alarme : « Capitaine, on n’a jamais connu ça avant ! Quelle est la conduite à tenir ??? »

« Oh, laissez-vous aller, c’est quartier libre aujourd’hui... »

 

 

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J’aime les lèvres des hommes. J’aime une bouche pleine, des lèvres sensuelles. J’aime même la virilité du contact d’un menton non rasé de frais. J’aime les mecs moustachus, ça me rend dingue. Il y a un érotisme de la moustache que je trouve absolument affolant. Je ne sais pas d’où ça me vient ! Si en plus elle est blonde, en accord avec la chevelure, je craque. La barbe, pourquoi pas, c’est plus accessoire. Mais je parle là de critères esthétiques. J’aime aussi le goût de la bouche d’un homme. Bien évidemment, comme tout un chacun, la mauvaise haleine me fait fuir. Mais, alors que certains sont rebutés par le goût du tabac, sans en être fétichiste, j’y trouve un certain plaisir. Alors que je ne supporte pas l’odeur et la fumée de la cigarette, j’aime bien le goût un peu âpre et mentholé de la bouche d’un fumeur. Sa langue. La découvrir avec la mienne, comme un cadeau caché. Le plaisir des lèvres qui se rencontrent, prennent leur temps, se caressent, se câlinent. Les forcer doucement, pour découvrir un monde intérieur. Langue, salive. Lent mouvement des visages qui adaptent leur position en fonction du plaisir... Tu es à gauche, moi à droite, de part et d’autre de la frontière de nos deux nez qui se taquinent. Lentement, échanger nos positions, alors que nos lèvres restent soudées, et que nos langues continuent leur souple jeu à deux.

 

Sentir les mains d’un mec me parcourir, pendant ce baiser. Passer les miennes dans ses cheveux pour mieux ajuster au mien le visage de ce frère. Maintenir sa nuque, en un simulacre dérisoire de domination. Dans la seconde qui suit, c’est lui qui me dominera, pendant que mes mains à moi exploreront sa peau à leur tour, se glisseront sous sa chemise, son pantalon, pour éprouver la fermeté de ses pecs, le galbe de ses fesses dures. Sentir son excitation contre la mienne, dans le lent mouvement tournant de nos bassins qui se frottent, de nos genoux emmêlés.  L’entendre gémir, promesse de plaisirs à venir.

 

J’adore ça. J’en raffole. J'y passerais des heures, à suspendre indéfiniment le plaisir de l’attente. Ca m’est déjà arrivé d’ailleurs. Je connais peu de choses au monde qui me plaisent autant que cette fusion, cette complicité, ce mélange de virilité et de douceur que je trouve absolument détonant. Oui, je suis un mec, et oui, tu es un mec. Et on est bien. Et tu  sens ce que j’aime. Et je sais ce que tu veux. Et on est bien, bordel. On est figés dans l’éternité. Pas d’angoisse de l’avenir, de ce qu’il y aura au détour du chemin. Mec contre mec. Mâle sur mâle. Homme en étreignant un autre. Et on est bien, putain. La réponse à toutes les questions, celle qui oblitère le reste. Embrasser son semblable, son égal, et se sentir immortel, pour quelques secondes, quelques minutes, ou, comme je l’ai dit plus haut, quelques heures, même.

 

Je n’ai jamais connu le même plaisir avec une fille. Ca m’ennuie de le dire, parce que je ne voudrais pas être accusé de sexisme primaire. J’en ai connu intimement une dizaine dans ma vie. Leurs capacités, leur art à embrasser n’étaient bien évidemment pas à remettre en question. Je ne dirais jamais qu’une femme embrasse moins bien qu’un homme. Mais, bizarrement, je n’en ai conservé aucun souvenir d’extase particulière. Bien sûr, moi seul suis en cause. Le plaisir est éminemment cérébral. Et, si le regard, les lèvres, les mains d’un homme m’excitent et allument en moi tous ces signaux érotiques, je suis seul en cause. Moi et moi. Moi et le mec que j’embrasse. Mon double, mon égal, mon frère, mon complice. Deux mecs s’étreignant sans fin. Union. Passion. Fusion.

 

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mercredi, 11 février 2009

Sophie lâche le Marceau

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Suite à l’interview par Delahousse, au JT du dimanche 1er février, de notre Sophie nationale, bon nombre de téléspectateurs (dont moi) se sont émus d’apprendre qu’il y a un an et demi, pour le vote présidentiel, dans l’isoloir, elle avait «  choisi à l'aveugle, en disposant les bulletins devant soi », et que sa main « est tombée sur celui de SarKozy. » Boum.

 

J’ai voulu en savoir plus et je suis donc allé consulter sur le web l’interview du JDD auquel Delahousse se référait. C’est ici. Par-delà les nuages.

 

Elle n’a peur de rien, Sophie. Non, pas d’avouer son choix au public. Après tout, Enrico Macias et Mireille Mathieu l’ont déjà fait avant elle, au Panthéon des stars que personne n’oubliera. Chouans !

 

 

 

 

 

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Non, ce dont elle n’a pas peur, c’est de prendre le public français pour un ramassis de crétins en espérant qu’on va la croire. Et c’est pitoyable, parce qu’au fond, en racontant des fariboles aussi invraisemblables, elle prouve qu’elle a peur, au fond. Ou plutôt qu’elle n’assume pas. Si aucun des choix qui s’offraient à elle ne lui plaisait, pourquoi ne s’est-elle pas tout simplement rabattue sur l’abstention ? Ca aurait été une position tout à fait honorable. Braveheart.

 

Sophie_Marceau.jpgEncore une fois, ce n’est pas son CHOIX de voter Sarko qui ne l’est pas (honorable). Après tout, elle a bien le droit de voter pour qui bon lui semble.  Non, ce qui est déplorable, c’est cette façon de dire pour qui elle a voté (provocatrice...) en se cherchant de fausses excuses   (... mais poltronne quand même). Ou bien elle n’assume pas, et donc elle ne devrait pas parler pas de son suffrage, ou bien elle assume jusqu’au bout sans inventer de cacoules. Personne n’ira appeler la Police 

 

Le pire, en fait, c’est le reste, qui n’avait pas filtré à la télé lors du JT de 20h, mais qu’on peut lire dans cette fameuse interview du JDD : lorsqu’on lui demande pour qui elle avait voté en 1981, elle répond sans hésiter : « Mitterrand. J'en garde un souvenir de fierté et d'espoir. » Sauf qu’étant née en 1966, elle avait 16 ans à l’époque et ne pouvait donc pas voter, l’Etudiante.

 

Qu’on ne vienne pas me dire qu’elle s’est emmêlée les pinceaux sur ce coup-là. La première fois où l’on vote, ET pour des présidentielles, ça marque. Elle ment donc, délibérément (vilaine), et en rajoute même deux louches, avec son souvenir de fierté et d’espoir (pipeauteuse).      « Mes nuits sont plus belles que vos jours... »

 

sophie-marceau.jpgPourquoi, au fait ? Eh bien encore une fois, à moins qu’elle ne soit complètement mongolienne, la seule explication plausible est que ce mensonge-là la « dédouane » un petit peu de l’autre, celui du vote au hasard dans l’isoloir. En d’autres termes, elle vote au gré du vent, de l’air du temps, de ses humeurs et des têtes et personnalités qui l’inspirent. En 1981, y en avait marre du giscardisme, il était temps de changer, hop elle offre son suffrage à Miterrand (jeune, frondeuse, solidaire). C’est un mensonge, mais peu importe. Tout en faisant risette au journaliste, en elle-même elle doit se dire ‘Si j’avais été majeure, j’aurais fait ça... Où est la différence ?’ (hypocrite). ‘Aujourd’hui, il n’est pas de bon ton d’avouer avoir voté Sarko, hop, je l’ai fait quand même...’ (courageuse) ‘...mais je m’en suis remise au hasard.’ (menteuse et froussarde). Descente aux enfers.

 

Je la trouve emblématique d’une grosse portion des 53%, dont la position était en gros « Oh bah, aucun autre en face ne semble solide ou crédible, allons-y carrément, avec lui au moins ça bougera ». Ah ça, pour bouger, ça a bougé, c’est sûr. Un peu comme l’inclinaison de la Tour de Pise. En attendant 2012. Je reste !

 

Remarque, elle a terminé son interview du JT avec Delahousse en précisant qu’elle ne regrettait pas du tout son vote de hasard d’il y a un an. La Fidélité. LOL !

 

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lundi, 09 février 2009

Bureau New Look

La semaine dernière, Lancelot, entraîné par une crise de narcissisme aiguë, a décerné des prix à ses visiteurs. Enfin, n’exagérons rien, un prix à l’auteur du deux millième commentaire . Quelle émotion. Un phénomène aussi rare et précieux qu’une éclipse de soleil...

 

 

Aujourd’hui, pourquoi ne pas poursuivre sur cette lancée-là : nul doute que mes lecteurs meurent d’envie de savoir dans quel cadre naissent ces notes qui les enchantent, ces billets qui illuminent leurs journées, ces textes exquis frappés tour à tour d’émotion discrète, de drôlerie de bon goût, de sincérité à fleur de peau, de charmante poésie.... Oui bon ça va j’arrête, je ne suis plus crédible, là...

 

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Eh bien voilà chers lecteurs, aujourd’hui c’est journée portes ouvertes chez moi. En quel honneur ? Tout simplement parce que je viens de passer deux jours à ranger mon bureau, qui ne l’avait pas été depuis deux ans. Non seulement mon « bordel scolaire » s’était accumulé, mais en plus mes livres étaient dans un ignoble foutoir. Cela faisait six mois que je devais rajouter des étagères pour pouvoir ranger convenablement. J’avais prévu également de supprimer un affreux placard et un meuble à fichiers qui tenaient trop de place. Hier, TiNours et moi avons déménagé tout ça. Aujourd’hui, lui travaillait, mais le chantier était dégagé pour que je profite de mon premier jour de vacances à m’occuper de la bibliothèque et du reste. Voilà le résultat ! J’ai enfin un peu plus d’espace qu’avant. Besoin de respirer là où je travaille.

 

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Ben oui, je travaille aussi, qu’est-ce que vous croyez ? La photo du beau jeune homme qui vous accroche l’œil sur l’écran du PC, ce n’est pas un instantané d’un film cochon, mais une photo extraite d’un film tiré de la vie de Victor Davis, vainqueur canadien du 200 mètres brasse aux JO de Los Angeles en 1984 (il a pulvérisé trois fois le record du monde sur cette épreuve d’ailleurs). Comme je pensais que le thème serait intéressant à étudier avec les terminales, je préparais mon cours très soigneusement, en étudiant les clichés sur tous les angles. On est consciencieux ou on ne l’est pas...

 

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Le pauvre Victor Davis a bien mal fini sa vie : percuté en 1989 par un chauffard il est tombé dans le coma et on a dû le débrancher, à l’âge de 25 ans. Il avait fait don de certains de ses organes et son cœur a permis à un jeune homme greffé de survivre seize années supplémentaires. J’ai appris cela aujourd’hui. Chapeau bas. Ca remet en perspective toute velléité de narcissisme...

jeudi, 05 février 2009

Kab-Aod, vainqueur du Grand Marathon

En juin dernier j’ai opéré le transfert depuis mon ancien blog vers celui-ci en me disant qu’il n’y aurait aucune rupture, et que tout continuerait comme avant. J’ai changé de bannière, mais je n’ai pas changé de style, je n’ai pas changé d’amis, je n’ai pas changé de vie. Il m’était resté une cicatrice datant du mois de juin, c’est vrai. Douloureuse à l’époque. Estompée aujourd’hui. Pratiquement invisible, sous les poils... J

 

Restait la question de la comptabilité. Combien de notes, combien de commentaires ?  Je l’ai déjà dit plusieurs fois : je n’attache aucune importance au nombre de visiteurs de mon blog. La popularité m’importe peu, seules comptent les amitiés, la fidélité. Les lecteurs anonymes, ils sont bien gentils mais ils ne m’intéressent pas. Seuls comptent la trace, les messages, les fils d’Ariane qui permettent de tisser des amitiés nouvelles, ou d’en renforcer d’autres, plus anciennes.

 

Mais, pour le fun, j’ai toujours tenu à marquer les chiffres ronds. La centième, la deux centième note. Le millième commentaire, qui m’avait été laissé sur mon blog numéro 1, à propos de la dictature de l’ignoble Mugabe et sa confiscation du pouvoir. C’était Olivier Autissier qui avait remporté le César ce jour-là !

 

Et pour le deux millième ? Alors là il a fallu faire encore plus attention dans les comptes. Ce deuxième blog se rattachant au premier, sans rupture, je m’étais dit qu’il faudrait calculer soigneusement. J’avais laissé l’ancien avec 1035 commentaires. Ce qui signifiait donc que pour atteindre l’échéance magique des 2000, je devrais en comptabiliser 965 sur celui-ci.

 

Ah oui mais entretemps Orpheus a modifié la donne : il a rajouté sur « Boat on the Sea » , l’ancien blog, un commentaire à la note où je parlais du scandale des fiches de recensement qui ignorent la situation des couples pacsés. 1036 commentaires. Donc le millième, c’était le numéro 964 ici. Il est tombé aujourd’hui !

 

Pas de suspense cette fois, tout était écrit dans le titre. Today, the Winner is ... Kab-Aod ! Avec son commentaire sur l’ennui de devoir passer le permis et l’obligation d’acheter une voiture. Explosion de la fanfare, les confettis volent. Les majorettes lui font une haie d’honneur jusqu’au fauteuil du lauréat. « Vous êtes le deux millième commentateur chez Lancelot... Comment vous sentez-vous après toutes ces émotions ... ? Avez-vous un message, quelque chose à dire à vos proches ? Vous rendez-vous compte de tous les gens qui aimeraient être à votre place... ??? »

 

« Au fait, et j’ai gagné quoi ? »  demande-t-il, rose d’émotion. 

 

Ce qui serait vraiment bien en l’occurrence, ce serait de pouvoir te dire que tu as gagné une voiture. Ou un bon pour passer le permis ! Avec des options sympas, par exemple : l’essence offerte pour que toi et Pêr puissiez faire un petit voyage en amoureux ... qui vous entraînerait sur la côte méditerranéenne, pas loin de chez nous. Une occasion pour se voir... Hélas, la voiture, ce n’est pas dans mes moyens. L’essence, un peu plus, mais je surveille déjà la consommation de notre Clio, avec des mines d’oncle Picsou.... En revanche, l’invitation, elle, est très sérieuse. TiNours et moi serions très contents de vous rencontrer, vous mitonner un dîner, un jour ou l’autre.

 

On prend rendez-vous ?

 

Et merci encore à toi, pour ta fidélité et ta gentillesse.

 

 

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