dimanche, 30 novembre 2008
Vilaine

Mélanie Lupin, jumelle en négatif d’Amélie Poulain, décide un beau jour qu’elle en a marre d’être moche, trop gentille, et, de fait, exploitée par tous ceux qui la connaissent. Elle se lance donc dans une croisade de vengeances et de coups bas afin de se faire plaisir et de retrouver une autre forme de dignité dans la méchanceté.
Franchement pas convaincant, à mon humble avis. J’avais beaucoup apprécié Marylou Berry dans « Comme une Image » où elle incarnait de façon très juste et sans fausse note une jeune fille peu gâtée par la nature. Or, le personnage et l’histoire de cette Mélanie sonnent faux de A à Z. Face à tout ce qu’elle doit subir de la part des gens qui gravitent autour d’elle (au départ) il est absolument inconcevable qu’elle n’ait pas pensé à se révolter bien avant. Elle, elle est bien trop gentille, et son entourage beaucoup trop affreux. C’est TROP, et tout le potentiel de crédibilité de l’histoire s’effondre très vite. Que ce soit avec son patron (un gérant de bar station service), bellâtre exploiteur et fainéant, ses ‘amies’ , trois pétasses hystériques et sadiques, marinant dans la méchanceté caricaturale, ou sa mère, une cossarde qui lui fait faire son ménage, le scénario pousse le bouchon beaucoup trop loin. On n’y croit pas une seconde. On a l’impression de voir défiler une sorte de patchwork d’Amélie Poulain (bien sûr, mais ça c’est voulu, donc pas grave), mais aussi de Tatie Danièle, Plus belle la vie, les Filles d’à côté, bref un condensé de toutes les « Franchouillarderies » censées plaire au ‘grand public’ de nos jours. Au final, le film laisse une impression d’inachevé, ou plutôt de mal conçu. Quelques bonnes idées de gags (trois ou quatre chansons célèbres en toile de fond bien adaptées pour certaines situations, ou les relations de l’héroïne avec les animaux, ou ses errances sur les chats internet, notamment) sont noyées dans un torrent de clichés et de dénouements très prévisibles. Pas marrant.
Pour couronner le tout, dans le cinéma, avec nous, il y avait trois ou quatre « Franchouillards », justement, qui se gondolaient de joie à chaque gag et le faisaient savoir à haute voix : « Aïe ! elle a fait mal celle-là !! » « Ohlàlà, ça va chauffer !! » « Attention, son portable sonne !! » « Bravo, cogne-là ! ». On baignait dans la Beaufitude…
Le rôle de la fille au physique ingrat, j’espère que Marylou Berry va avoir la possibilité de tirer un trait dessus. Elle est vraiment talentueuse et mérite bien mieux que ce style de personnage convenu et trop facile.
16:18 Publié dans Ciné | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : marylou berry, film, cinéma
vendredi, 28 novembre 2008
Mort de rire...
Le site « Martine » a fermé, mais des petits rigolos ont réussi à le rouvrir en cette riche semaine d'actualité politique…
Yuk yuk yuk….
(Merci à mon Pilou)

15:54 Publié dans Lancelot se marre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, élections, martine, ségolène
mercredi, 26 novembre 2008
Gothic Alicia versus Sexy Juliet
Ce matin, devoir surveillé en Terminale W4.
Les cours de 8h30 me posent toujours problème dans la mesure où les élèves arrivent souvent en retard à cette heure là, et qu’on ne peut objectivement le leur reprocher parce que ce sont la plupart du temps les bus ou tramways qui sont à incriminer. Il m’arrive donc d’accepter des gens, même avec dix minutes de décalage. Que faire ? D’autant qu’avec cette classe, nous étudions une œuvre complète et, pressé par le temps, je ne veux pas en perdre davantage avec des va et vient et des échanges de billets de retard avec la vie scolaire. Bref.
Alicia est une élève, disons pudiquement, « en marge ». Elle ne participe jamais, est complètement larguée dans les explications littéraires, et elle passe son temps au fond avec sa copine Clémentine, à me dévisager d’un air hostile comme si j’étais responsable de la 3° guerre mondiale. En revanche, elle dédie des regards si éblouis aux garçons qui lui adressent la parole qu’on se demande ce qu’elle fait de plus quand elle a un orgasme. Elle me rend régulièrement des copies qui tiennent en huit lignes et demie, dans ses meilleurs jours.
Au devoir de ce matin, Clémentine est (bien sûr) absente et Alicia arrive avec dix minutes de retard, quand tout le monde a déjà commencé à composer…
Sensation !
Les tenues d’Alicia n’ont jamais particulièrement attiré mon regard. Mais ce matin, ça se remarquait de loin. Quand elle est entrée (seule et dans le silence, donc), un murmure ébahi a parcouru la salle…. Comment décrire objectivement ce qu’elle portait ? Disons, pour donner une image d’ensemble, que c’était "La Renarde + Gavroche + la Famille Adams + Basic Instinct" ! Immenses moonboots à la Abba période Dancing Queen, gilet en fourrure de lapin laissant ses bras nus malgré le froid vif, et surtout, cerise sur le croque-monsieur : une incroyable paire de collants noirs déchiquetés à trous larges, genre « Rescapée d’une Tournante ».
Vacillant sur ses talons de 15 cm d’épaisseur, le visage passé au gras, les yeux au noir et les lèvres au blanc façon Marlène dans « l’Ange Bleu », elle me dévisage anxieusement et me demande, d’une voix rauque suant la sensualité : « Je vais chercher un mot à la vie scolaire ? »
Je sens un discret fou-rire naître et s’amplifier dans la classe, et comme j’avais peur de le voir se généraliser, monter en intensité (et surtout me contaminer…) je lui dis de ne pas perdre de temps et de vite s’asseoir, et je lui donne un sujet.
Ma copine Betty a la classe en anglais « tronc commun » (alors que j’enseigne l’option). Elle m’a raconté que l’autre jour, alors qu’ils étudiaient un extrait de Romeo et Juliette, elle leur a passé, en vidéo, la fameuse scène du balcon dans le film de Zeffirelli. A propos de l’actrice jouant Juliette (Olivia Hussey) Alicia s’était exclamée, à voix basse, mais suffisamment fort pour être entendue, « Mais elle montre ses nichons, cette salope ? ». On ne fait pas plus distingué.
Il est vrai que ce matin, Alicia ne montrait pas les siens, de nichons. Ils étaient pudiquement barricadés derrière son corsage en métal, reliquat d’Halloween.
Ce qui me rassure, c’est que je n’ai pas été le seul à marquer le coup. Les autres élèves ouvraient également de grands yeux, en mourant d’envie de s’esclaffer. Mais Alicia est sûrement en avance sur son temps, précurseur des futures tenues chics, de bon ton dans les lycées de l'an 3000. A mort les Vieux Cons (et les Jeunes aussi).

16:40 Publié dans Lancelot se marre | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : élève, sexy, tenue, romeo et juliette
lundi, 24 novembre 2008
L'or du dimanche
Hier après midi, agréable virée dans la mélancolie des étangs et marais de l’Or. Le temps était parfait : un frisson à la lisière de l’automne, sur le seuil de l’hiver. On a croisé peu de monde : un ULM en survol éclair, une Méari remplie de 5 jeunes en goguette, deux cavaliers aimables et fugitifs. Tous ces gens disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus, laissant une agréable impression d’être seuls et perdus au milieu de l’eau, des joncs et du silence. Profiter vite de ces moments privilégiés avant que la saison, le jour, la fraicheur encore douce ne s'enfuient trop définitivement.
09:49 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ballade, étangs de l'or, dimanche
samedi, 22 novembre 2008
Le mystérieux Monsieur Becquerel
J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire au moins dix fois ici : je parle, je parle trop.
Est-ce une déformation professionnelle ? J’aurais tendance à dire oui. Les profs, à 99%, sont des gens bavards. Diserts. Volubiles. Babillards. Loquaces. Prolixes. Jaseurs…. Euh… J’en trouve pas d’autres.
J’aurais envie de rajouter « affables », ce qui me paraît assez proche. Mais là évidemment, je deviens subjectif. Enfin dans l’ensemble, même si on peut trouver myriade de cons dans les salles de profs (comme partout ailleurs, en entreprise, devant la machine à café…) j’ai toujours rencontré, en majorité, des gens qui aimaient discuter, échanger, plaisanter, papoter. (Ceci n'excluant pas cela, d'ailleurs)
Or, il existe, comme toujours, des exceptions qui confirment la règle. Des cas isolés.
Monsieur Becquerel est de ceux-là.
Monsieur Becquerel est arrivé cette année dans mon lycée. Et il est le professeur principal de ma classe de première Z, que j’apprécie beaucoup. Une volière remplie d’oiseaux pépiant, caquetant, roucoulant, qui aiment bien leur oiseleur ! Quand on tend les bras, ils se posent dessus : toujours prêts à travailler, enthousiastes, posant des questions. Pas forcément forts, mais manifestant un réel désir de s’améliorer. Pleins de bonne volonté pour harmoniser leurs voix, trouver un fil conducteur sur une heure. Un vrai plaisir de faire cours à des élèves aussi « demandeurs ».
Comme je connaissais déjà deux élèves dans la classe, en début d’année, après m’être présenté à Monsieur Becquerel, (nous ne nous connaissions pas, puisqu’il est nouveau) je lui raconte, histoire de lancer une conversation, que « oui, une telle est très bonne élève, untel a perdu son père il y a trois ans… » Il m’écoute, il acquiesce, sans un mot, murmure : « Nous verrons bien » et file. C’est vrai, en septembre c’est un peu trop tôt pour faire des conjectures sur les classes.
A la machine à café, il se tient loin du brouhaha général. Quand il traverse la salle, il est toujours en transit et ne s’attarde pas. C’est vrai, y a des gens qui n’aiment pas le bruit, la foule.
Une fois, alors que je consultais mes mails sur internet, j’étais tombé sur une blague que m’avait envoyée Pilou et qui m’avait fait éclater de rire. Nous étions seuls, Monsieur Becquerel et moi dans la salle des ordinateurs, alors il s’était retourné, et je lui avais expliqué la blague, en la lui montrant. Il avait esquissé un vague sourire et s’était éclipsé, toujours sans un mot. C’est vrai, tout le monde n’est pas sensible aux mêmes formes d’humour.
L’autre jour je trouve dans mon casier un petit mot de lui me demandant mon bilan par rapport à une élève de la classe parce qu’il recevait ses parents. C’est un truc que les professeurs principaux font couramment. J’ai donc rempli mon topo, je l’ai remis dans son casier à lui. Mais nous n’avons eu de discussion entre nous au sujet de l’élève, ni avant, ni après. C’est vrai que… Que quoi, au fait ?
C'est vrai qu'il finit par me mettre horriblement mal à l’aise, le Monsieur Becquerel… J’ai déjà expliqué ça dans mon blog : rien ne me désarçonne davantage que des gens qui ne parlent, ni ne rient, ni ne sourient. Aucun échange. Je ne peux pas dire qu’il est désagréable… Il ne m’a pas pincé par derrière et n’a pas dit aux élèves « Dites donc, qu’est-ce que votre prof d’anglais est moche ! ». Il n’empêche. Maintenant, quand je le vois, il me donne envie de fuir.
Il y a des gens charismatiques, qui attirent les autres autour d’eux. Je pense qu’il en est l’exacte antithèse. Et le pire, je vous dis, c’est qu’il n’est même pas laid ou méchant, non. Il est neutre et silencieux. Pour rien au monde je ne pourrais lui taper sur l’épaule en lui disant : « Ca va ? »
Il y a une semaine, sur la route avant d'arriver au lycée, je trouvais que la Peugeot qui était devant moi se traînait un peu beaucoup et je râlais au volant. J’allais faire des appels de phares quand tout à coup j’ai vu qu’elle était immatriculée 59. Tiens ? Ayant vécu à Lille, TiNours et moi sommes toujours très attentifs aux plaques de Ch’tis, quand nous en voyons une par ici. Et je m’aperçois que le Ch’ti en question met son cligno, tourne à droite, pénètre dans le parking des profs… J’ouvre de grands yeux : devinez qui c’était ? Gagné !
Monsieur Becquerel nous rejouerait-il Dany Boon dans la nouvelle version en négatif, « Bienvenue dans le Ch’Sud » ? Surprise… Mais il y a mieux. Trois jours plus tard, en rentrant à la maison, qui vois-je descendre de sa voiture, immatriculée 59, dans la rue juste avant la nôtre ? Encore gagné.
Monsieur Becquerel est donc mon voisin (presque) immédiat. C’est bien ma chance… Je rêvais de trouver quelqu’un au lycée pour faire du co-voiturage. Très peu de collègues habitent mon village. Il y aurait bien Edith, une prof de Sciences Nat que j’adore, mais nos emplois du temps ne coïncident pas. Sinon, il y a une prof de gym complètement allumée, et… lui, comme je viens de le découvrir.
D’abord je n’oserais jamais lui demander de partager sa voiture, ou à lui de partager la mienne. Je l’imagine d’ici faire sa tête « Ca m’emmerde » version cinéma muet. Ensuite, si par miracle il disait « oui », je me demande à quoi ressembleraient nos trajets, version cinéma parlant. J’imagine ! Lancelot jacassant non-stop pour meubler un long silence angoissant, et lui impassible, avec la pancarte « tu m’emmerdes » affichée dans les yeux… Non non non…
Si je découvrais par hasard qu’il séquestre sa belle-mère à la cave, ou qu’il est impliqué dans une histoire avec la maffia qui le condamne au silence, je ne serais pas étonné. En attendant, je me demande comment ça se passe entre lui et la volière pépiante des premières Z ? Les imaginer ensemble, c’est visualiser un bonobo au milieu d’une nuée de perruches…
16:10 Publié dans Boulot | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : prof, bavard, muet, boulot, ch'ti
mercredi, 19 novembre 2008
Réveillé de bonheur
Dimanche soir, le téléphone de TiNours sonne : c’est Catherine qui appelle, comme prévu, pour demander si on peut glisser, dans leur vacance sudiste, un petit moment privilégié pour se jouer du Truffaut, le lendemain.
Le lundi matin est peu commode, et pour eux, qui vont probablement dormir tard, et pour moi qui reprends le boulot à 12h30. Reste la fin de l’après midi, avant qu’ils ne repartent en train vers leurs brumes du Nord. Je caricature, mais à peine. Rendez-vous est donc pris, devant la gare, pour 16h. TiNours qui est en réunion à la préfecture jusqu’à 18h30 ne pourra hélas pas se joindre à nous.
Une fois expédiées mes trois heures de cours de l’après-midi, je fonce à Montpellier dès 15h30. Sous un soleil radieux, et le bleu insolent du ciel, je passe devant la gare quand j’entends la voix familière de Jim m’appeler : « Salut Jules ! » J’avais le soleil dans les yeux, j’avais rien vu venir. Mais c’est bien lui. Deux bises ? Trois, à la montpelliéraine ? Quatre, comme il me le suggère ? Quand on aime on ne compte pas ! « Où est Catherine ? » « Là-bas en terrasse, avec Boby » Ooooh, je vais faire la connaissance de Msieur Boby… Je suis tout intimidé. Un blogueur célèbre, qui n’a fait qu’une apparition en commentaire (remarquée tout de même, en tout cas par moi !) dans une de mes notes il y a six mois ! On scelle ça par une virile poignée de main, lui et moi… Et puis, un gros câlin dans les bras de ma Catherine, qui me manquait tant depuis mon Paris-Carnets de juillet ! Me voici face à eux, assis à cette terrasse de café. Il fait chaud, il fait froid, j’enlève mon manteau, je le remets. Et vas-y que je te parle blog, technique, wifi, netvibes et connections diverses… Ahlàlà ces gens… Y a pas à dire, les blogueurs sont une catégorie de drogués à part.
Départ de Boby, accompagné de Jim qui va récupérer les valises dans son coffre. Le temps d’un nouveau poutou dans les bras de ma Catherine, et c’est reparti. Jim est de retour, dans son jeans javellisé, le chic du chic ! On dépose les bagages dans mon coffre, est-ce qu’on va s’attarder en terrasse ? Non, il fait trop beau. Marcher. Parler. Rire. Aimer.
Place de la Comédie, on parle d’une tragédie. Arrivés au Peyrou, on rêve et on s’extasie devant les jolies couleurs de cette fin d’après-midi, qui caressent la porte, et nos yeux, et nos corps. Catherine mitraille, elle veut immortaliser les choses. Hélas trois fois hélas, la batterie de son appareil lâche et ni Jules ni Jim ne peuvent la dépanner. Devant le bel aqueduc, il ne nous reste plus qu’à faire une pause en admirant le soleil qui descend doucement sur l’horizon. Le ciel a parfum d’automne, l’air vibre d’amitié partagée. Je l’écoute, lui, je la regarde, elle, avec une tendresse infinie.
Redescente vers le centre ville en donnant à Catherine quelques conseils de repérages de couples gays : « Deux hommes et une femme peuvent éventuellement faire illusion, quoique ! Mais deux hommes et un chien, alors là c’est sûr que… » Catherine m’interrompt, indignée « Je suis assimilée à un chien ??? » Ben quoi c’est mignon un gentil labrador, non ? Marre de cet anathème jeté depuis des mois sur les chiens, au bénéfice des chats, la plupart du temps. Il est grand temps de réhabiliter les Toutous. Les femmes aussi, d’ailleurs. Avant de me faire trucider par les féministes, laissez moi dévier, et vous raconter qu’on s’est faufilés, comme trois voleurs, dans l’ex Hôtel de Varennes, alias vieux musée de Montpellier, où on a pu admirer les belles voûtes, et où je me suis fait mousser en expliquant à Jim qui était Cambacérès, et ce que nous, homos, lui devons. Non, je ne recommencerai pas mon (bien maigre !) exposé ici. Si ça vous intéresse, allez vous renseigner sur Wikipédia ! Malheureusement le musée lui-même était fermé et je n’ai pas pu demander à Catherine et Jim leur avis sur l’immense portrait du Monsieur en question, que j’ai toujours trouvé fort appétissant (Cambacérès, pas son portrait… même si je n’ai pu appréhender celui-là qu’à travers celui-ci !)
On repart vers la gare, on récupère les valises… Retour à la case départ, dans le même bar où nous avions pris des consommations deux heures plus tôt (Merci Boby pour avoir payé mon café, au fait !). Le soir tombe, et il faut déjà se séparer. J’aurais voulu les serrer plus longtemps dans mes bras, les emmener à la maison, leur présenter mon TiNours, leur faire goûter notre cuisine, les garder au moins pour la nuit ! Mais tout le monde retravaille le lendemain, tôt. Tant pis. Ce sera pour une autre fois. Promis, hein ? On s’en fera un complet, hein, de remake de Jules et Jim ? Ah non, pas complet. Sans la fin de l’histoire. Elle était trop triste. Il n’y a pas de morts dans la nôtre. Aucun beau souvenir. Uniquement de beaux avenirs.
L’amitié, c’est de l’amour sans les ailes.

16:38 Publié dans Les blogpotes à Lancelot | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : blogs, potes, montpellier, cambacérès, truffaut
mardi, 18 novembre 2008
Une note courte !
Un de ces jours d’automne où s’annonce déjà l’hiver, où tout paraît plus immobile, plus distant. Le ciel, de sa gomme grise, efface, efface : bientôt il ne restera plus que l’essentiel : le sol dur, l’arbre nu…
14:04 Publié dans Les vagues à l'âme de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
samedi, 15 novembre 2008
Blogsturbation
Je passe du temps à bloguer, trop. Activité chronophage, s’il en fut. Mais j’y trouve mon compte. Alors. On n’a rien sans rien.
Ce temps-là se répartit entre les notes que j’écris (environ trois par semaine, en moyenne…) et les commentaires que je laisse, chez les autres. Ou bien ceux auxquels je réponds, chez moi. Et je me suis aperçu que je fais rarement les deux démarches en même temps. Ou à la suite, si on préfère. Quelquefois je me connecte simplement pour lire et commenter. A d’autres, j’ai une idée en tête, je me jette sur Word, je tape ma bafouille, je la reléchouille et je la publie. Mais il faut que j’aie l’esprit à ceci, ou à cela. Les deux démarches sont très différentes, dans ma tête.
Le débat éternel, dans le fait de bloguer, c’est : « Est-ce qu’on n’est pas purement et simplement en train de s’épiler le nombril, sans que ça n’aille plus loin, sans qu’on ne fasse rien avancer sur le fond des choses, concrètement ? » Je lisais ça hier ici et comme d’habitude, ça m’a donné envie de réagir. Et comme souvent, je me suis fendu d’un long commentaire. Je commence à être « réputé » (oh, très modestement, et pour un petit travers bien insignifiant, somme toute) pour la longueur de mes blablas. Des notes longues (j’en avais déjà parlé là) et des commentaires à rallonge. Ca me vaut quelquefois des petites réflexions amusées, mais toujours amicales, que j’accueille avec le sourire, et ma raquette de ping-pong prête à la réplique : PAF, je te renvoie la balle, qu’est-ce que tu dis de ça ?
Et c’est justement les échanges en commentaires qui m’ont fait me rendre compte d’un truc. Ce qui me plaît le plus, dans le fait de bloguer, ce n’est pas tant d’étaler mes pensées que d’en discuter a posteriori, ou de discuter celles des autres. Je suis toujours très déçu lorsqu’une note écrite par moi ne suscite aucun commentaire. Non pas parce que cela prouverait qu’elle est intéressante : il m’arrive souvent après relecture de me dire « Pfou c’est nul… » Mais bon… il est rare que je jette à la corbeille sans publier, si je suis parvenu à terminer la note. C’était ce que je pensais à un instant T, et même si la forme ne me satisfait pas totalement, j’envoie et je verrai bien ce qu’il en ressortira.
Ce n’est pas tant l’approbation des autres que je recherche, en commentaire, que leurs réflexions propres sur les sujets qui m’intéressent. J’aime quand les blogueurs rebondissent, me disent « Oui, mais… », ou bien : « Tu as peut-être omis de dire que… », ou : « N’oublie pas que… » et que le débat se prolonge. J’aime les débats. J’aime disséquer les arguments des autres, j’aime que l’on décortique les miens. Et, j’aime aussi faire cela à l’écrit. Je le confesse. A l’oral, ça va vite, et on peut rapidement perdre le fil de son argumentation, face à un interlocuteur trop brillant, ou sûr de lui, ou péremptoire. A l’écrit, on a le temps de réfléchir, de revenir en arrière sur des choses qui ont été écrites avant par l « interscripteur » et de mieux organiser sa pensée, sa réplique.
Je peux trouver aussi très frustrant d’avoir laissé chez quelqu’un un commentaire que je trouvais fondamental (non pas parce qu’il était suprêmement intelligent, mais parce que j’attendais vraiment une réponse sur des questions que je -me- posais) et de voir qu’on y aura répondu en deux lignes et demie, par une pirouette. Ou bien, encore pire : pas de réponse du tout. Très impoli, ça… Détestable, même. A chacun son éthique du blog. Personnellement je mets un point d’honneur à TOUJOURS REPONDRE individuellement aux gens, lorsqu’ils font l’effort de venir commenter. Mais je m’écarte du sujet. Ce que je veux dire, c’est que j’ai l’impression, à mon niveau, qu’être blogueur signifie, avant tout, échanger. Mon processus mental à moi, ce n’est pas du tout de chercher à « briller » (je ne me fais pas d’illusions sur mes talents en l’occurrence, tout au plus suis-je capable d’ « amuser », dans mes bons jours). Mais en écrivant mon quotidien, mes pensées, mes extases, mes coups de colère et de grisou, j’attends des échos. Des réactions. Des confrontations. Du répondant, quoi.
Bien souvent il m’arrive d’être plus inspiré pour commenter, chez les autres, ou pour répondre à un commentaire, chez moi, que pour écrire une note. Je trouve ça assez normal et banal : la soupe est servie, il suffit de dire si on la trouve à son goût ou pas. Inutile d’éplucher les légumes et de les faire cuire au préalable : processus agréable aussi, mais plus compliqué.
Et voilà, ce qui au fond, rend le processus du commentaire frustrant : les débats, on ne peut pas les prolonger sans cesse sur un blog, par manque de place, par manque de temps, et aussi parce que forcément, il y a un décalage entre notre ré »action de la veille à chaud et notre humeur du lendemain, à froid. Faut bien arrêter les frais à un moment ou à un autre. C’est le revers de la médaille au débat « écrit ».
Enculage de mouches… ? Ben, oui et non… Je dis et je redis que depuis que je tiens un blog, depuis que j’en lis ailleurs, j’ai l’impression d’avoir énormément appris en côtoyant, en « colisant », plutôt, les autres. Certains faits d’actualité qui m’étaient passé sous le nez ressurgissent, j’apprends aussi à me dire : « Tiens oui on peut voir les choses sous cet angle-là… pourquoi pas… ? ».
Alors oui, le fait que Lancelot mette en expansion sa conscience sur la planète et le cœur humain ne va pas révolutionner le monde. C’est pas ça qui va apporter une solution à la famine du Tiers-Monde, ou à la crise financière. Soit. Mais je ne suis pas le seul à bloguer. Si des centaines, des milliers de blogueurs le font, est-ce qu’au final il n’y aura pas un petit impact positif ? Un courant qui passera, une information mieux relayée, une solidarité mieux partagée ?
Le blog masturbatoire, où l’on est seul face à soi-même pour se faire plaisir, j’en ai un peu marre de ce cliché. A quoi bon le répéter, même et surtout sur blog ? Ca me fait penser à l’alcoolo qui se verse un verre en pleurnichant « je suis un ivrogne ». Si c’est vrai, ça, autant tout arrêter. Le plaisir qu’on a à écrire, il est tout de même limité. Il présuppose aussi un effort, un retour sur soi. Un élan vers les autres. Alors, OUI, bien sûr, ce n’est pas la même chose que monter une association, participer à une activité, se bouger physiquement pour que les choses s’améliorent. Mais au fait, l’un n’empêche pas l’autre ! On n’est pas forcément déconnecté de la vie réelle et de l’action, parce qu’on s’assoit une demi-heure par jour devant son clavier pour une branle épistolaire. Et surtout, lire et écrire permettent de découvrir. Découvrir permet de s’informer. S’informer permet d’agir. J’ai des exemples précis en tête de choses que le blog m’a fait faire, depuis le début. Du concret. Elles impliquent des gens, alors je ne peux détailler ici. Aucune importance de toute façon. Il y a eu trois ou quatre choses, si j’y réfléchis. C’est mieux que rien, non ?
23:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : bloguer, blogueur
jeudi, 13 novembre 2008
Liberté d'expression
TOUT

La chambre criminelle de la cour de cassation a "cassé" mercredi la décision de la cour d'appel à l’encontre de cet homme : "Si les propos litigieux, qui avaient été tenus dans la suite des débats et du vote de la loi du 30 décembre 2004, ont pu heurter la sensibilité de certaines personnes homosexuelles, leur contenu ne dépasse pas les limites de la liberté d'expression", a-t-elle considéré. "C'est une décision de grande ampleur dans la mesure où la plus haute juridiction sanctionne l'ensemble de la procédure et des poursuites au regard de la protection de la liberté d'expression", a réagi son avocat, saluant "l'aboutissement d'un long combat judiciaire".
La Cour de cassation a donc blanchi ce Monsieur, et annulé sa condamnation pour injure envers la communauté homosexuelle, estimant qu'il n'avait pas dépassé les limites de la liberté d'expression, en déclarant « L’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité »
Et lui, il est en-dessous de TOUT. Vous pouvez vous en apercevoir en commençant la lecture de cette note.
Je ne dépasse pas les limites de ma liberté d’expression, je fais une simple constatation.
17:43 Publié dans Les humeurs de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : homosexualité
Home

Une famille vit au milieu de nulle part, en bordure d’une autoroute désaffectée. L’aire goudronnée qui s’étend devant leur maison est devenue au fil des années un espace où l’on se fait bronzer, où l’on joue au hockey en rollers, où les jouets traînent. Le père (Olivier Gourmet), la mère (Isabelle Huppert) et leurs trois enfants vivent très heureux, dans une sorte de quotidien bohème rempli de fous-rires, et de chahutages complices.
Tout est remis en question le jour où le tronçon désaffecté est remis en circulation. La vie de la famille se retrouve brutalement bouleversée : physiquement (dangers, bruit, odeurs, pollution, indiscrétions) mais aussi, surtout, et de façon plus lente et sournoise, moralement car la nuisance permanence que constitue le flux infernal de la circulation va faire surgir des tensions, exacerber les animosités latentes, les angoisses oubliées, jusqu’à la folie.
Isabelle Huppert est parfaite dans sa composition de mère apparemment calme et détachée au départ, mais qui va peu à peu se laisser gagner par la démence, face à une situation qu’elle ne peut gérer. Ses névroses enfouies vont ressurgir lentement, jusqu’au climax final. Olivier Gourmet incarne un père de famille fort, aimant et terriblement séduisant, sur lequel on a envie de s’appuyer aussi, mais qui laisse transparaître ses fêlures petit à petit. Les deux filles aînées (Adélaïde Leroux, Madeleine Budd) et le jeune fils (Kacey Mottet) sont des personnages très différents chacun dans leur genre (la bimbo, la bonne élève renfermée et distante, le gamin espiègle et aimant) et attachants, qui appréhenderont la confrontation avec l’autoroute de façon très différente.
J’ai aimé que le film soit un huis-clos sans en avoir l’air : tout en étant ouvert sur l’extérieur (forcément, vu le thème), la famille n’interagit véritablement qu’avec elle-même et les personnages secondaires, même s’il y en a, n’interviennent pratiquement jamais. Et, bien sûr, au fil de l’histoire, le huis clos devient de plus en plus douloureux, jusqu’à l’étouffement.
Le thème aurait pu laisser la porte ouverte à un « dérapage onirique » comme il se fait souvent, et que j’ai en horreur. Il n’en a heureusement rien été. C’est justement là la force du scénario : au fur et à mesure que l’on monte dans la folie, dans le crescendo de cette confrontation névrotique entre une famille lambda et la monstrueuse toute-puissance d’un ruban de bitume, on est forcé de se dire que oui, la situation, tout en étant particulière, est tout à fait crédible, et que les personnages ont des réactions compréhensibles et excusables. On en vient à se demander comment on réagirait à leur place, et à ressentir physiquement leur malaise, jusqu’à l’ impression d’étouffement des dernières minutes avant la fin.
Ursula Meier a été récompensée du prix de la mise en scène au festival du film d'Angoulème pour ce premier film. J’espère qu’il sera suivi de beaucoup d’autres. J’ai vraiment adoré ‘Home’. Mon z’hom a aimé lui aussi, avec plus de bémols. Peut-être, il est vrai, aurait-on pu creuser davantage les rapports entre certains personnages. Et encore ! Le scénario se tient en lui-même, sans qu’on ait besoin d’en rajouter.
Original, bien ficelé et bien joué. J’ai lu (après coup) quelques critiques que j’ai trouvées très tièdes. Ca mérite un coup de pub plus chaleureux. D'un commun accord, TiNours et Lancelot décernent donc un 15 /20.

00:52 Publié dans Ciné | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : isabelle huppert, ursula meier, autoroute, film