dimanche, 17 août 2008
Sémantique et homophobie
En discutant sur un réseau de mecs l’autre jour, j’étais tombé sur un Italien avec qui j’avais engagé une conversation à bâtons rompus. Mais, alors que tout se passait très bien et que nous discutions agréablement, me semblait-il, au bout de vingt minutes, le voilà-t-il pas qui a interrompu brutalement la conversation :
« Preferisco fermare qui. Ciao »
« Ma perché ??? »
Il faut dire qu’avec mon caractère enculeur de mouches (entre autres…) je ne peux pas supporter qu’on me claque la porte au nez sans connaître le pourquoi du comment, et les tenants et les aboutissants…
A force d’insister, il a fini par me dire « A me piaciono soltanto gli attegiamenti virili, anche nelle parole »
Il recherchait un mec qui ait une attitude de MEC.
En termes plus clairs, il n’aime pas les folles. Bon, sur ce point, il ne pouvait se baser ni sur mon physique, vu que je n’avais pas branché pour lui ma cam et que donc il n’avait pas encore eu l’occasion d’admirer ma perruque Dalida et mes faux cils. D’autre part nous ne parlions pas au téléphone, et il ne pouvait commenter ma voix, roucoulant façon Mylène Farmer.
Alors quoi ?
J’ai fini par comprendre que deux termes que j’avais employés dans la conversation l’avaient « choqué ». Ah bon, lesquels ? D’abord, pour désigner TiNours, j’avais dit ‘Mio marito ‘ . Ca lui a pas plu, à l’autre. Alors quel terme aurais-je dû employer ? ‘Mio compagno’ me répond-il, du bout des lèvres et à contrecoeur…
Et c’est là que je voudrais marquer une pause et prendre le monde à témoin. Je repense à l’intéressante note que Christophe avait rédigée l’autre jour, intitulée ‘Des folles’. Il y écrit notamment, avec beaucoup d’humour :
« Certains cherchent avec beaucoup de détermination ce qui, selon eux, ressemble le plus à un hétéro. D'aucuns trouveront un rasé au Cox, d'autres une chemise de bûcheron au Quetzal. Pour quelques-uns (de plus en plus ?), il s'agira d'attraper un des musclors sur podium du Raidd ou un ours duveteux du Bear's Den... Constructions psychosociologiques de la virilité dans lesquelles il vaut mieux ne pas trop s'enfermer selon moi, au risque de se rendre extrêmement malheureux. »
Eh ben voilà. On est en plein dans cette paranoïa-là. D’autant plus exacerbée selon moi, que cette fois il ne s’agit même pas de look, mais des « bons termes » à employer dans la conversation. Si on vit avec un mec, il faut parler de lui en disant « mon compagnon » et non « mon mari ». Pourquoi, au fait, si l’on cherche un peu à gratter ? Est-ce parce qu’il n’existe pas de « mari » pour des homos, au sens légal du terme ? Outre le fait que TiNours et moi sommes pacsés et que je ne vais tout de même pas l’appeler « mon Pacsou » (même si c’est mignon au premier degré, c’est limite grotesque au second), quand je passe en revue la liste des termes possibles, aucun ne me paraît convenir :
« Mon Compagnon » ça me fait penser à compagnon de lutte, compagnon de maquis, compagnon de la chanson, même. Ca a un côté emphatique et solennel que je trouve grotesque, en l’occurrence. Ca fait penser à deux personnes, ou plus, qui avancent main dans la main, sur fond de Marseillaise. Des personnes qui sont là uniquement pour s’entraider, et sans amour. Or amour il y a.
« Mon Copain » ça fait ado pré-pubère, ça fait « génération podium », ça a un côté « jeune bênet » que je pense avoir dépassé, à mon âge.
« Mon Ami » (en précisant bien ‘ami-i’) : summum de la déshydratation.
« Mon Mari » pour en revenir à ce que je disais plus haut, c’est vrai que c’est faux d’un point de vue légal. Mais il ne faut pas oublier non plus que je parlais italien, et donc que j’ai utilisé le terme que je connaissais et qui me paraissait le plus approprié.
‘Mon conjoint’ ou ‘mon époux’ sont trop « connotés hétéros », à mon goût.
Reste « mon Mec ». C’est de loin le mot que je préfère dans ce contexte, et celui que j’emploie le plus souvent. Ca a une connotation vaguement agressive et, justement, « virile » (puisqu’on en est là) qui me plaît bien.
Je tiens à préciser que l’analyse que je viens de faire ici est bien sûr totalement subjective et n’engage que moi. On a tout à fait le droit de préférer tel ou tel autre terme, selon sa sensibilité propre. Mais moi, je n’impose rien à personne, et je ne sortirais pas un cruchon d’eau bénite si un copain me parlait de son mec en me disant « mon compagnon ». Je me retiendrais même de sourire, je crois.
Pour en revenir à ma conversation avec l’Italien en question, j’ai aussi commis la grave erreur d’utiliser le mot « frocie » en parlant des homos en général. Faute lourde de conséquences. Par la suite, d’autres copains italiens m’ont expliqué que pour parler des homos en Italie, on dispose du terme archi -galvaudé de ‘gay’ et … de rien d’autre. ‘Frocio’ au masculin, c’est un peu péjoratif. ‘Frocia ‘ c’est encore pire. Peut-être que Farfalino, s’il lit cette note, pourra éclairer davantage ma lanterne, mais voici mon interprétation personnelle : en gros, pour simplifier, « frocio » = « pédé » et « frocia » = « pédale » (avec ce que cela véhicule de nuances dans chaque cas). Et alors que j’utilisais ça tout à fait innocemment dans la discussion, sans vouloir aucunement choquer ni offenser (je parlais d’ailleurs en général, et je n’ai à aucun moment interpelé mon interlocuteur en lui disant « tu sei una frocia ») cela l’a (presque !) fait tomber évanoui et battre en retraite en brandissant un crucifix. Pour avoir employé ce terme, je me classais inévitablement dans la catégorie des follasses et plus aucun dialogue avec moi n’était possible.
Je m’en suis remis. Outre le fait que le mec en question ne présentait pour moi aucun intérêt (en tout cas pas sexuel) sinon le fait de pouvoir me payer une belle bavette en italien, tout ça m’a fait réfléchir à l’homophobie latente du langage.
Ici encore, je vais glisser sur ce que je connais mieux, le français. De quels mots disposons-nous pour désigner « les hommes qui aiment les hommes »?
« Homosexuel » ça pue le Larousse médical. C’est un terme qu’on peut éventuellement employer lors d’un coming-out pour rassurer les parents en leur laissant penser qu’il s’agit d’une grippe, mais pas un terme à utiliser de façon courante.
« Gay » personnellement, j’ai horreur de ça. Je ne crois pas avoir jamais prononcé la phrase « Je suis gay ». Ca fait trop anglo-saxon. Et puis, si au moment où je le dis, je suis un gay triste (ça arrive aussi…) cette litote m’ennuie.
« Homo » : mouais, bofff. C’est un peu mieux que ce qui précède, mais guère. Ca fait Bonux, ça fait Ajax, ça fait Ariel. Comme si je sortais d’une machine couvert de mousse avec des bulles s’échappant de mon nez et de ma bouche… Désolé, je suis issu de la génération-pub….
Reste « pédé ». Ca c’est un mot sur lequel la population reste terriblement divisée. Ma sœur, ça la fait bondir. Trop connoté, pour elle. Et puis invariablement, à une époque, y avait la cohorte des autres « pédés » justement, qui aimaient jouer à Maître Capello quand je prononçais ce mot devant eux… « Tu sais d’où ça vient… ? c’est le diminutif de… » Je les coupais immédiatement, ça m’horripilait, ce ton docte « Oui oui, pédéraste, ça veut dire qu’on aime les enfants, et c’est une perversion avec laquelle on ne doit pas amalgamer la communauté des « gays » et pati et pata. Oui, oui, oui….. ! Je sais je sais »
Eh ben moi, encore une fois, par provocation inconsciente (peut-être, je veux bien l’admettre), c’est, dans la liste, le terme que je préfère. J’aime dire « Je suis pédé », il y a encore là-dedans une certaine forme de « …et j’assume » « …et ça me plaît » « …et je vous emmerde » « …et je suis un mec quand même » « …et j’ai pas peur des mots » que j’affectionne.
Au final, il est marrant de constater que, bien sûr, les mots n’ont de connotations (homophobes ou pas, mais on peut élargir le débat) que celles qu’on veut bien leur laisser prendre, dans notre bouche. On pourrait aussi disserter à l’infini sur les nuances entre nègre et black, meuf et nana, etc etc… Bon, je me cantonne à ce que je crois connaître. Mais finalement, le fait que l’on hésite tant entre plusieurs termes, dont aucun n’est pleinement satisfaisant, au fond, traduit bien une certaine forme de malaise sur certains sujets, dans la société.
« Mon voisin et son mari ont un cousin qui est pédé lui aussi ». Comme je voudrais que dans 10 ans, 20 ans, ce style de phrase ne fasse pas plus d’effet que « Mon cousin et sa femme ont un voisin turc » … et que tout glisse dans une bienveillante indifférence, de part et d’autre…
20:39 Publié dans Les humeurs de Lancelot | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : langage, homophobie, sémantique, vocabulaire, folle
Commentaires
la force des mots déclenche les guerres, ne l'oublions pas... le langage est à la fois la chose la plus belle et la plus terrible que l'on possède...
Ecrit par : l'Elephant | dimanche, 17 août 2008
Bah moi je dis à l'occasion "mon mari" mais le plus souvent tout de même "mon copain" ;-) mais tu vas me répondre que ça ne t'étonne pas !
Ecrit par : Le bênet plus si jeune du coin | dimanche, 17 août 2008
C'est marrant parce que moi cela me semble tout à fait incongru de dire "mon mari" pour JP. Je dirais plus facilement mon mec.
Pour ce qui est de gay, pédé, homo, homosexuel... c'est le dernier qui me semble le plus en accord avec mon vocabulaire ou simplement homo. Pédé a pour moi un sens péjoratif (tout dépend aussi avec qui je parle). Je n'utilise quasi jamais gay pour dire homo ;)
Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | lundi, 18 août 2008
Moi perso, je trouve cette histoire assez bizarre. Je sais bien que les ritals sont collet monté sur ce genre de question mais je trouve le rateau bien rapide. Il n'y a pas eu de dialogue in vivo, vraiment ? Y a pas de honte à avouer qu'on zézaille quand on parle à un beau garçon.
Sinon, ami et homo c'est très bien. Chacun fait ce qu'il lui plait après tout.
Ecrit par : panama | lundi, 18 août 2008
Je ne suis pas assez italophone pour faire la différence entre gay et frocia. Ne serait-ce que parce que je n'ai jamais discuté de cela avec un rital (autre mot qui était raciste dans les années 40 -50, comme peut l'être niaqué, polaks, raton etc).
Personnellement, j'appelle mon mec, mon "compagnon" ou mon "amoureux" car "mon mari" fait trop hétérosexuel :) et en plus je ne suis ni marié ni pacsé. "Mon homme" aussi ça m'arrive.
Je me définis comme "homo" ou "homosexuel" quand je veux être très médical et neutre, "pédé" le plus souvent car je suis assez grossier à l'oral (c'est un mot argotique), "gay" presque jamais ou alors en anglais (par pu sauvegarde de la langue française).
Je suis assez d'accord avec le fait qu'on se désigne en fonction de son ressenti, de son vécu et de sa position en tant qu'homosexuel avec tout ce que cela peut véhiculer.
Ton histoire illustre assez bien que les homos peuvent aussi être homophobes et que l'homosexualité est diverse.
Ecrit par : Farfalino | lundi, 18 août 2008
Pourquoi se dire? Les hétéros ne le font pas pour eux-mêmes. Alors pourquoi nous, nous poser des questions?
Pour y répondre, moi, c'est "homo" (surtout pas gay) et mec, ou alors son prénom et c'est tout: aux autres de percevoir ce qu'il est pour moi, de se débrouiller à trouver des réponses à leurs interrogations.
Pour moi, mari ou homme sous-entendent femme, et je n'ai pas envie de mimer un schéma classique de la société dominante. Copain est banal. Ami est beau mais ne correspond pas. Mais comme dit Panama, chacun fait comme il veut. L'essentiel, c'est la sincérité de l'attache.
Ecrit par : calystee | lundi, 18 août 2008
@ l'Elephant : C'est justement cela qui est intéressant. Le langage permet de faire varier les nuances à l'infini et aussi de creuser davantage en nous et nos sentiments. J'aime les mots.
Le revers de la médaille, c'est effectivement qu'ils peuvent avoir des conséquences bien plus terribles qu'un simple débat sémantique.
@ Valérie : tu m'étonnes beucoup lorsque tu dis que tu trouves incongru de dire "mon mari"... Ah bon ??? Toi qui en as le droit sur le papier ? Et voilà un nouveau débat passionnant (enfin à mon goût !) relancé, on pourrait reprendre les termes utilisés chez les hétéros !
(Le simple fait d'employer ce terme ici -'hétéros'- pour te placer dans un groupe me paraît en soi un peu vulgaire. Pour moi tu n'es pas une "hétéro", tu es Val, mon amie, ma copine de blog. C'est FOU tout de même le poids et les incertitudes que tout ça peut soulever...)
@ Pan : on en a déjà discuté sur MSN : je t'ASSURE que ce mec ne présentait aucun intérêt pour moi, et donc n'étant pas "ému", je ne pouvais en aucune façon "zézayer" (d'ailleurs je ne "zézaye" jamais, espèce de C**). Et, OUI le dialogue s'est cantonné au clavier et à l'écran... et ne dépassera jamais ce stade, d'ailleurs, car il a disparu dans les limbes depuis (et je m'en fous... LOL).
@ Farfalino : "Mon homme" c'est très joli. J'y avais pas pensé au moment où j'ai constitué la liste... MAIS (continuons à enculer les mouches...) ça me fait penser à Edith Piaf ! Gênant tout de même....
"Gay" quand on parle anglais, oui, bien sûr ! ça va de soi ! Là non plus je n'avais pas pensé à le préciser ! Tu vois un peu le tableau, déclarer, par principe : "I am pédé"... LOL
@ Calyste : Je ne suis pas d'accord avec toi quand tu dis que les hétéros ne se "disent" pas. On entend bien "je vous présente mon mari" ou "voici ma femme"... Mais il est vrai que de nos jours, tellement de couples vivent sans être mariés...
Oui, au fond, à quoi bon "se dire"...? Tu as raison. mais là, on touche à un côté un peu névrotique en moi : pas de non-dits, tout doit être clair et net... Je m'étais longuement étalé sur ce trait bizarre de ma personnalité dans une autre note, il y a quelque mois... Si ça t'intéresse de la lire, c'est ici :
http://boatonthesea.hautetfort.com/archive/2008/05/14/bienvenue-chez-les-p-sys.html#comments
(sans aucune obligation, bien entendu... les élucubrations de Lancelot, hein... LOL)
Ecrit par : lancelot34 | mardi, 19 août 2008
Peut être est ce parce que l'on s'est connu très jeune (lui 16 et moi 18) que nous étions d'abord copain de cours, puis perdus de vue, retrouver un peu plus tard et longtemps sans être mariés (par obligation because problème avec les suisses) - Je n'ai jamais voulu me marier, j'ai un besoin viscéral d'être libre et dire MON mari me semble d'une part une atteinte à sa liberté, et d'autre part une atteinte à mon intégrité (perdre son nom de naissance malgré que l'on nous assure le droit de le garder, mais que les administrations se gardent de respecter)
JP est mon compagnon, mon homme, mon amour, mais Mon mari décidément cela passe mal.
Ecrit par : Valérie de Haute Savoie | mardi, 19 août 2008
c'est curieux comme on a chacun notre façon de percevoir les mots. Des "mon copain" à "pédé" je crois qu'il n'y en a pas un seul pour lequel je partage ton avis.
Personnellement, le terme homo me convient plutôt bien. Deux syllabe franches qui veulent bien dire ce qu'elle veulent dire sans pour autant trop s'apesantir.
Ecrit par : joss | mercredi, 20 août 2008
En lisant ton ancien billet, je me suis reconnu, vers la fin. Moi aussi, à un moment, il n'y a pas longtemps, j'ai maigri, considérablement, pour les mêmes raisons. J'aime beaucoup ton image de la pâte à pain qui gonfle à l'intérieur. C'est exactement ce que je vis dans ces moments-là. Et il faut expulser le trop-plein. Je l'ai fait par les mots écrits, depuis l'ouverture de ce blog qui, je crois, j'en suis sûr, m'a tenu la tête hors de l'eau. Je me rends compte aussi que je suis très bavard à l'oral. On me l'a dit, ça doit être vrai. A tel point qu'il me faut sans cesse faire attention à ne pas interrompre l'autre, parce que, dès qu'une idée est lancée, elle voltige dans ma tête et je me mets à disserter, disséquer, analyser, bifurquer, ironiser, etc.
En ce qui concerne "se dire", les hétéros emploient mari, femme, etc, mais ne se disent pas hétéros. Pourquoi, nous, éprouver le besoin de préciser? C'est un peu comme si nous voulions nous excuser ou alors les provoquer. Je ne me sens pas totalement différemment d'eux, sauf quand je baise. C'est un peu comme l'isoloir: certains votent à droite, d'autres à gauche, mais nous sommes semblables (quoique, en écrivant cela, je me pose la question!). Tout ça mériterait un long échange qui m'intéresserait. Voilà. Tu vois que je suis bavard!
Ecrit par : calystee | mercredi, 20 août 2008
>Tu vois un peu le tableau, déclarer, par principe : "I am pédé"
Tout aussi ridicule que "Je suis gay", non ? :) Je connais le terme de "fag" ou "queer" mais cela ne me correspond pas du tout.
Ecrit par : Farfalino | mercredi, 20 août 2008
@ Valérie et Joss : bien sûr, tout cela n'est qu'un débat très subjectif.... Mais amusant et agréable, je trouve.
@ Calyste : Tu es un peu comme Bougrenette qui m'a dit que son blog l'avait aidée à surnager dans des pérodes de crise. C'est beau de pouvoir en faire un instrument pour sa propre survie. Surtout quand, pour elle comme pour toi, les autres peuvent admirer les trésors qui y miroitent.
Le parallèle entre homo/hétéro et droite/gauche est un peu rude ! Mais hilarant !
"Ne pas se sentir différent d'eux sauf quand on baise" : hum... pas tout à fait d'accord... Là encore il y a matière à débat... mais l'espace commentaires n'y suffirait plus ! Il faudrait ouvrir un forum ! Et, avec des "bavards" comme toi ou moi, il risque de s'éterniser... Mais tout ça est tellement amusant et intéressant à la fois....
@ Farfalino : Y a aussi "poofter" ou "sissy" mais là on commence vraiment à tomber dans la carricature !
Ecrit par : lancelot | jeudi, 21 août 2008
My friend Michael was talking about this when we last met. They were married (or whatever the term for it is in the UK now) earlier this year, and he mentioned that when he recounted the weekend's doings and used "my husband", no-one at work turned a hair. But then he does work in the social services of a government office. Still, it should count as a step forward.
Ecrit par : Johnny | vendredi, 29 août 2008
@ Johnnie : a step forward in the UK, for sure. I assume they're more open-minded over there (as for language and terms to be used, at least) than in Southern Europe.
Ecrit par : lancelot | samedi, 30 août 2008
Je vais remuer encore des vieux trucs et je constate que nombre de ceux qui se sont exprimés ici ont dit des choses pas mal.
Personnellement, j'aurais horreur de me définir comme ceci ou comme cela, d'abord parce que je n'en ai pas besoin. Mais je conçois qu'il faille le faire parfois, surtout lorsqu'on ne fait pas partie du groupe dominant.
Je vais me permettre de faire un parallèle audacieux et donc limite. Je suis ce qu'on appelle communément un daltonien. Je n'en parle pas si la question ne se pose pas. Toutefois, lorsque la conversation vient sur ce sujet ou que je butte sur une couleur ou sur quelque chose que je suis le seul à ne pas voir, j'évoque mon daltonisme. Je l'évoque parce que dans le passé, le fait de l'avoir tu m'a été bêtement préjudiciable à plusieurs reprises. Pour moi, le daltonisme (ou plutôt la dyschromatopsie) ne change pas grand chose à ma vie de tous les jours et je ne le vis nullement comme une maladie mais comme une particularité. D'une certaine manière, il serait souhaitable que l'homosexualité soit à l'image du daltonisme.
Au sujet du vocabulaire (avec lequel je ne suis pas neutre puisque j'ai un temps été dans un entre-deux), "homosexuel" me paraît être le pendant de dyschromatopsie pour les daltoniens. "Homo", j'aime pas des masses, d'une part parce que tous les hommes sont des Homo sapiens et aussi parce que ça fait penser aux trois lettres de la lessives, et parce que ça sonne mal. "Pédé", je n'aime pas non plus, c'est même ce que j'aime le moins, notamment parce qu'à l'école et au collège, certains m'interpelaient ainsi (entre autres gentillesses du même genre) alors même que je ne savais pas encore de quoi il s'agissait. "Gay", pourquoi pas, mais il y a ce côté "culture gay" qui s'y accole et parce que ça ne va pas en français.
"Mec", j'aime pas trop, parce que j'aime pas du tout "meuf" ou "nana" dans le même genre. "Mon mari" ou "Mon homme", je trouve ça pas mal, peu importe l'orientation ou le type d'union. "Copain" et "copine", j'en ai horreur, ça fait gamins de 10 ans. J'aime bien "compagnon" ou "compagne", ceux avec qui on partage le pain, donc avec lesquels on vit. Et "ami(e)" n'est pas clair.
Alors voilà, j'en ai rajouté. On m'en voudra pas ?
Ecrit par : Cornus | vendredi, 28 août 2009
@ Cornus : Plus d'un an après, j'aime bien exhumer en ta compagnie les vieilles archives... Ne t'en fais pas, "on" t'en veut pas du tout, mon grand, bien au contraire ! J'ai l'impression d'être avec toi en train de nous ballader à la bougie dans l'arrière-bibliothèque pleine de toiles d'araignées : où avais-je caché la gnôle, déjà...? On va s'en taper quelques verres, hein ?
Daltonisme : affection gonosomique récessive. Hélas elle est située sur le chromosome X, ce qui lui permet de s'exprimer chez les garçons. Tout comme l'hémophilie. mais il est effectivement moins grave d'être daltonien !!
(Ah, ce que j'aimais les cours de génétique...)
Allez, tiens, vieux frère, reprends-en un verre... De gnôle, pas de daltonisme. Après, il sera temps de rentrer... Sinon Fromfrom va faire une scène !
Ecrit par : Lancelot | vendredi, 28 août 2009
Je peux utiliser mon homme, mon mec, mon mari (avec ironie), mon conjoint selon les circonstances... C'est le premier que je préfère de loin.
Sinon, parlant de moi "homo" 9fois/10. Gay jamais, je déteste. PD par provoc ou en parlant avec d'autres homos
Ecrit par : karagar | vendredi, 04 septembre 2009
Ça y est vlà KarregWenn, fallait qu'elle se ramène!C'est pas ma faute j'ai vu la porte du grenier qui était restée ouverte après Karagar.
Allez je fais mon petit catalogue. Gay j'aime pas, mais je l'utilise facilement pour des choses. Un café, une revue...Pédé me fait rire quand il est utilisé par les principaux intéressés. Sinon il pourrait me rendre violente. Come j'adore dire "salut les breizhoù" à mes potes bretons, et que je ne supporte pas d'entendre ce terme autrement.
J'aime bien "mon homme". Et je ne suis pas d'accord avec Calyste quand il dit que cela sous-entend femme. Pour moi c'est exactement l'inverse, c'est une occasion rêvée de banalisation.
Et quand il y a moyen de dire mon amoureux, alors là, merveille.
Et si on parlait des femmes?
J'ai mis un temps fou à pouvoir prononcer le mot lesbienne. Je le trouvais moche de sonorité, et limite larousse médical aussi un peu. Je m'y fais. Mais de toute façon quoi d'autre sinon une foule de termes que perso je trouve d'une immonde vulgarité.
Par contre il y a un mot que j'adore utiliser parce qu'il est neutre à la voix et convient aux 2 sexes, et parce qu'il y a de la tendresse. ""Mon chéri est au boulot". "Elle est partie en vacances avec sa chérie". Ou avec sa douce.
Bon évidemment, "Monsieur le Directeur, je vous présente ma chérie" c'est coton, dans tous les cas de figure.
Comme dirait Cornus, j'en ai rajouté, on ne m'en voudra pas?
Ecrit par : KarregWenn | vendredi, 04 septembre 2009
@ Karagar : Alors, on suit les traces de Maître Cornus...? Décidément... Je l'avais bien dit, que je l'engagerais comme Dir de Com, c't'homme.... Je vais finir par le faire pour de bon... Partout où il passe, chez moi, vous suivez ! Ca me fait plaisir, remarque... Mais s'il était pas là, mes vieilleries resteraient entassées au grenier sans visite... OUIN.
@ KarregWenn : Ben voui, partout où les Bretons (ou assimilés) ont laissé une odeur de Kouign Amann, on voit surgir une Bretonne !
J'ai beaucoup aimé ton passage sur les femmes, j'y avais pas pensé en écrivant la note. Je suis tout à fait d'ac avec toi sur "Lesbienne", c'est d'une mocheté... Et en lus c'est un terme que j'ai toujours trouvé absurde de tous les côtés. D'abord comme tu le dis ça a des sonorités médicales, ça fait penser à une maladie, comme "parkinsonienne". Et puis, toutes les femmes habitant l'Île de Lesbos étaient-elles forcément "lesbiennes" au sens sexuel du terme...? "No man's land" dirait Calyste, ben oui mais...
Je me suis toujours interrogé sur l'origine étymologique des termes 'gouine' ou 'goudou'. Quelqu'un a-t-il des précisions ....?
(Du "Gouign-Aman".... yuk yuk yuk... oui bon c'est nul je le sais... Mais l'idée m'a fait attrapper un fou-rire.... Excusez-moi, les Bretons, nulle intention de vous blesser... c'est juste ma konnerie qui s'exprime...)
Ecrit par : Lancelot | samedi, 05 septembre 2009
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