vendredi, 20 novembre 2009
Aujourd'hui...
On a eu beau temps.
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jeudi, 19 novembre 2009
Note la plus courte jamais écrite par Lancelot, ou : le mot du jour.
Main
20:37 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
mercredi, 18 novembre 2009
La barbe !

Depuis toujours, je me rase au rasoir à main, avec gel rasant, baume post rasage et tout le tralala. TiNours, lui, préfère fonctionner à l’électricité. Question de sensibilité de peaux. Chacun ses tendances.
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à fin août, date où j’ai repéré un vilain petit bouton sous ma lèvre inférieure. Au début, je n’ai pas trop fait attention, mais au fil des jours, comme cette cochonnerie refusait de disparaître, et même semblait faire des petits, je me suis dit que ce n’était pas dû à un excès de chocolat (je ne suis pas fan) ni à de l’acné (il me faut bien admettre, malgré l’extrême jeunesse physique que j’ai su conserver, que j’ai passé l’âge....). J’ai donc pris rendez-vous chez le dermato. J’ai eu affaire à son assistante, dont le nom et l’accent avaient des consonances polonaises : « Il s’agit verrue. Peut-être dû rasoir sale. Vous pas inquiéter. Je brûler cela. Le mois dernier, autre patient très spectaculaire, partout couvert, le traitement a faire disparaître 90% »
Bon. Pas très rassuré, je me suis laissé asperger le menton de neige carbonique en pulvérisateur, tel un gâteau qu’on décore au sucre glace, en espérant que j’en sortirais entier à plus de 10%. « Vous attender croûtes tomber. » « Et dans l’intervalle, que dois-je faire ? » « Rien, pas inquiéter » «Et pour me raser ? » « Il n'y a pas problème... »
Très bien. Au fil des jours qui ont suivi, j’ai constaté avec plaisir que les boutons séchaient, et que les croûtes tombaient. Joie. Sauf que, la cartographie ainsi dessinée rendait hyper-difficile le cheminement du rasoir. J’avais beau faire terriblement attention, je coupais toujours une petite croûte quelque part. Qui saignait... Devinez la suite.... ? Tout fiers d’eux, ces cochonneries de bubons déménageaient pour aller s’installer ailleurs, trois millimètres plus haut, un centimètre plus bas... Ils proliféraient. Et pas qu’un peu.. Une calamité.
Que faire ? Retourner chez Bibiana Veruchkaia ? De toute façon, dans la mesure où je dois me raser tous les jours, ce ne serait que reculer pour mieux sauter. Son traitement à la neige carbonique avait bien été efficace, mais il fallait laisser sécher les boutons au moins un mois sans les embêter, à mon avis.
Alors, ne plus se raser pendant un mois... Bien embêtant, surtout que la rentrée avait eu lieu entretemps. Il allait falloir que je change de gueule en cours d’année, avec l’inévitable cortège des commentaires des uns et des autres, chose qui a l’art de m’horripiler... Mais je n’avais pas le choix. Entre être verru ou barbu, j’ai préféré la seconde option.
Quand on se laisse pousser la barbe, il y a plusieurs étapes. Je glisse rapidement sur l’état ‘fine couche de poils au menton’ (‘stubble of beard’ comme disent les anglo-saxons) tant appréciée des top-models et autres acteurs de la nouvelle vague. Là aussi, hélas, j’ai passé l’âge. Moi, au bout de trois jours sans rasage, je ne ressemblais ni à Brad ni à Léonardo à leurs débuts, mais j’avais plutôt une gueule de bandit calabrais trahi par la maffia. Remarque, ça peut plaire ! Au lycée certaines collègues m’ont gentiment complimenté : « Waow, ça te donne un air ‘baroudeur’ très sexy ». Je n’ai jamais réussi à déterminer quelle était la part d’honnêteté et celle de politesse dans leurs propos. Moi, quand je me regardais dans la glace, le baroudeur, je le trouvais plus hirsute que sexy. Mais le pire restait à venir.
Passé un certain âge, voyez-vous, les follicules pileux, ça a tendance à pâlir. Et même à blanchir. Pas besoin d’être très vieux pour cela d’ailleurs. Mes premiers cheveux blancs, je les ai découverts à 27 ans. Mais bon, j’ai aussi la chance d’avoir une tignasse brune de vrai peau-rouge, héritage de mon Papa, merci à lui. Les fils blancs ont toujours été noyés dans la forêt de mes tempes brunes. Et comme j’aime être coiffé très court, ça reste du domaine de l’élégant poivre et sel. Chez les mecs, c’est très bien vu, ça. Demandez à George ce qu’il en pense. ‘No soucy’, donc.
Eh oui mais... quand les cheveux blancs s’invitent dans votre bouc sans qu’on leur ait rien demandé, Clooney disparaît, bonjour l'Abbé Pierre, ou mieux, le père Noël ! Et même si la fête est prévue pour dans quelques semaines, pour moi y a pas urgence ! Quoi qu’il en soit, inexorables, les fils blancs apparaissaient, impitoyables stigmates de ma déchéance physique. Cheveux poivre et sel, Barbe sel et poivre. Quelques voix se sont élevées dans la tourmente de ma misère, pour l’adoucir... Notamment une collègue d’espagnol, qui m’a comparé à Sean Connery (merci, j'ai failli y croire....), ou la semaine dernière ma Fiso, qui m’a gentiment dit qu’elle trouvait ça excitant. Mais j’ai surtout eu droit à :
« Un instituteur de la 3° République » (TiNours)
« Alexandre Dumas » (Mimi)
Et en point d'orgue: « Ah ! Mon Dieu quelle horreur ! » (Ma mère.....)
Malgré toute l’admiration que j’ai pour l’auteur des Trois Mousquetaires, et le respect que je dois à aux fonctionnaires irréprochables figés dans un temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, je ne pouvais me résoudre à être assimilé à un MonDieuQuelleHorreur . Non, ça c’était non.
Lancelot, il essaie toujours de jouer la carte de la logique rationnelle. Je vous rappelle que l’enjeu crucial de cette bataille du bouc, c’était, finalement, non pas de me tranformer en bogosse, glabre ou barbu, mais de me débarrasser de ces cochonneries de pustules. Où en étaient-elles, au fait ... ? Ah ben, comment savoir, maintenant qu’elles étaient recouvertes d’une forêt enneigée... ? J’avais beau essayer d’écarter les poils à la lumière, avec l’aide d’un TiNours un peu sarcastique, armé d’une lampe qui rappelait celle du dentiste, c’était vraiment pas clair.
Alors, Lutter contre les poils blancs.... ? Utiliser une teinture... ? Gloups... Je ne suis vraiment pas expert en la matière. Pas envie d’aller demander conseil chez mon coiffeur, dont pour moi les capacités doivent se résumer à savoir manier une tondeuse. Alors, en supermarché, j’ai acheté un flacon de teinture à cheveux....
Et ce matin, profitant de mon mercredi de repos, et délivré de la probable ironie de mon TiNours qui doit bien faire tourner la marmite pendant que son mari se compte les poils du nombril, ce matin, donc, j’ai joué au petit chimiste. L’ennui c’est que les doses étaient prévues pour une chevelure tout entière, et qu’il fallait mélanger deux produits issus de deux flacons différents. Je n’allais tout de même pas préparer un quart de litre de teinture pour n’en utiliser que 10 mililitres, pour ma barbichette, tout de même ... ? Et puis, il fallait en garder pour les semaines à venir, puisque je me doutais bien que les poils blancs, ces sournois, réapparaîtraient à court terme. Surtout, une fois que le mélange est fait, il faut l’utiliser tout de suite, il ne peut se conserver. Alors, j’ai mélangé un peu des deux produits indiqués, et j’ai appliqué selon les indications. J’ai rincé, lavé, shampooiné. Et puis j’ai regardé le résultat dans la glace, avec une bizarre sensation. « Mouais, les poils blancs ont disparu, en effet. Certes, c’est bien coloré uniformément... Mais, mais... »
Y avait un reflet bizarre, qui me plaisait pas trop. C’était peut-être la lumière ? L’effet du shampooing ? Le fait que je ne m’étais pas bien séché... ? Bref. Lancelot, dans le miroir, lève les yeux au ciel, hausse les épaules, et va travailler à son bureau. Mais bon, il garde une gêne embêtante au fond du crâne... Ce reflet, c’était quand même bien, un peu... bleu....
Une heure après, retour devant la glace.
Confirmation.
George Clooney et l’Abbé Pierre ont fait place à Barbe Bleue.
Grand moment de désespoir. Inutile de vous dire que ce n’était pas la peine de me frotter vigoureusement le bouc avec un gant mouillé. Bleu j’étais, bleu je restais.
J’ai cours demain. J’imaginais déjà les fous-rires et les réflexions des uns et des autres : « Eh dis donc Lancelot, où t’as caché le cadavre de ta 7° femme... ? » « Tiens, je te rends la clé de ta salle, excuse-moi il y a une petite tache de sang dessus... » « Bonjour, Grand Schtroumph... ! »
Raaaaaaaa....
Que faire ? Réemployer ce foutu produit, pas question. Utiliser un marqueur fluo ? Un bout de charbon ?
Et puis, mes yeux sont tombés sur le rasoir.
Plus le temps de tergiverser sur l’état des boutons sous-jacents.
Déclenchement du plan ORSEC.
D’abord au ciseau : les poils affolés, voletaient partout dans la salle de bains...
Et puis la lame, allez, zou ! Adieu l’abbé, adieu Alexandre, adieu Sean, adieu l’instit ! J’ y allais sans précipitation, mais bien résolument. Que ça plaise ou pas, tout le monde s’accordait pour dire que cette barbe me vieillissait. De dix ans environ. En route pour l’ablation de ces dix ans.
C’est fini. Le lavabo est dans un état innommable, touffes de poils, magmas de mousse et de cheveux agglutinés, traces de teinture. Pas grave, je nettoierai ça plus tard. Je scrute anxieusement mon menton. Barbe bleue a disparu, mais a-t-il laissé la place à un varioleux rescapé de la grande peste de Marseille ?
Non. Mon menton est lisse, rose et frais. Des fesses de bébé Cadum

Ouf.
Il ne me reste plus qu’à évacuer les sinistres vestiges de ces dix années qui flottent dans le lavabo.
Demain est un autre jour.
19:10 Publié dans Lancelot fait son Bozo | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : barbe, rasage, bouc